Agra Business | Naturalia, Casino, Prosol, Savencia, Cooperl, GCT

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Distribution : Michel Biero va rejoindre le groupe Prosol (presse)

L’ancien vice-président de Lidl Michel Biero, qui avait quitté le distributeur allemand début 2025, va rejoindre le groupe Prosol (Grand Frais), apprend-on le 5 mars dans la presse spécialisée. Comme le précise LSA (article payant), il sera à la tête de la branche « fruits et légumes », qui « représente plus de 50 % de l’activité de Prosol » (4,3 Md€ de chiffre d’affaires en tout). Le secteur fruits et légumes – central pour le groupe en termes notamment d’attrait des consommateurs – « occupe une bonne partie de ses effectifs aussi bien en entrepôts qu’en magasins », souligne le média spécialisé. Il comprend aussi des « unités de production, dont deux murisseries, un atelier de découpe et une unité d'ensachage ». En passe d’être racheté par l’américain Apollo Funds, le groupe Prosol nourrit d’importantes ambitions de croissance pour les prochaines années. Au cours de ses 25 années passées chez Lidl, Michel Biero avait notamment œuvré pour rapprocher le distributeur du monde agricole.

Distribution : toujours pas d'accord avec les créanciers de Casino, négociations en cours

Aucun accord n'a encore été trouvé entre le groupe Casino (Monoprix, Franprix, Cdiscount...), son actionnaire principal FRH et ses créanciers pour alléger le poids de sa dette, et les discussions « vont donc se poursuivre », a indiqué le groupe le 5 mars. Casino, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement, doit rembourser 1,4 Md€ en mars 2027, et a engagé fin 2025 des négociations avec ses créanciers (banques et fonds anglo-saxons) pour diminuer ce montant. Le groupe « entend mener à bien ses travaux en vue de l'adaptation et du renforcement de sa structure financière d'ici la fin du second trimestre 2026 », précise Casino dans un communiqué publié dans la soirée. En novembre, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal du groupe Casino, avait réclamé de baisser sa dette à 800 M€ (soit un abandon de 600 M€ de créances), en échange d'une augmentation de capital de 300 M€. Casino indique jeudi que FRH « a soumis le 17 février 2026 une nouvelle proposition visant à parvenir à une solution consensuelle, en proposant notamment une injection de liquidité et un renforcement des fonds propres plus importants » qu'en novembre. FRH pose cette fois 400 M€ sur la table, pour une dette contenue à 900 M€ (soit un abandon de 500 M€ de créances).

Bio : Naturalia affiche +8,3% de chiffre d’affaires en 2025

L’enseigne bio Naturalia (groupe Casino) voit son chiffre d’affaire (CA) augmenter de 8,3% en 2025, à périmètre constant, selon un article du média spécialisé Bio Linéaires. Chez le numéro 3 des distributeurs bio (derrière Biocoop et La Vie claire), le chiffres d’affaires HT s’établit à 310 millions d’euros (M€). Le trafic clients affiche une croissance similaire, de +8,2% sur un an. Sur le quatrième trimestre, le segment alimentaire est en hausse de 9%, et les ventes en ligne bondissent de 25%. De manière générale, la consommation de bio a connu une embellie en 2025. La consommation de produits à domicile a augmenté de 3,5 % en valeur, selon les données provisoires présentées par l'Agence bio le 26 février. Le 3 mars, La Vie claire annonçait une croissance de 7,4% de son CA en 2025, pour atteindre 348 M€, à périmètre constant.

Fromages : le résultat 2025 de Savencia pénalisé par la hausse des prix du lait

Le groupe Savencia Fromage & Dairy (marques Cœur de Lion, St Môret, Tartare, Caprice des Dieux) a annoncé le 5 mars un bénéfice net en recul de 30 % en 2025, affecté notamment par la hausse des prix du lait, dans un contexte de consommation « fragile » notamment en Europe. L'entreprise, deuxième groupe fromager français, a réalisé un bénéfice net de 74,7 M€. Elle évoque, dans un communiqué, « la flambée record des prix du lait », ainsi que des dépréciations d’actifs et des coûts liés à des projets d’optimisation. Le chiffre d'affaires annuel, de 6,96 Md€, a reculé de 2,6 %, du fait d'un effet de change défavorable, mais est en croissance de 1,6 % hors effets de change et de périmètre, souligne Savencia. Savencia Fromage & Dairy confirme en outre son rapprochement avec Savencia Gourmet, avec l'acquisition de ses activités chocolat (dont le chiffre d'affaires s'est élevé à environ 800 M€ en 2025). Pour 2026, les perspectives « demeurent marquées par un environnement incertain et volatil », avec un contexte de consommation toujours « fragile notamment en Europe », des « tensions géopolitiques et changements de paradigmes économiques entraînant un ralentissement de la croissance mondiale », des évolutions sur les taxes à l’international, énumère le groupe.

Porc: comment la Cooperl a réduit les GES de 20% pour son jambon «impact climat réduit»

La récupération du méthane issu des effluents d’élevage est le principal levier de décarbonation du jambon Madrange « jambon « impact climat réduit – 20% de CO2 ». lancé à la fin février, a expliqué Michaël Bérard, chargé d’études environnementales de Cooperl, à Agra Business. Les éleveurs fournissant cette filière méthanisent, individuellement ou collectivement, a indiqué l’ingénieur, réduisant ainsi de plus de 10% les émissions de leurs élevages. L’autre levier est la nutrition des porcs. Ceux de Cooperl étant non castrés, ils valorisent mieux l’alimentation. L’analyse de cycle de vie (ACV) de aliment économisé par ces porcs représente une moindre émission carbone de 8,6% par rapport au standard, une donnée enregistrée au titre du « porc bien-être de Cooperl » dans Agribalise, a souligné Michaël Bérard. Pour atteindre avec dix ans d’avance l’objectif de décarbonation agricole de 46% en 2050 (au titre des Accords de Paris, par rapport à 2015), soit dès 2040, Cooperl prévoit de méthaniser plus de 90% du lisier des élevages. Selon Michaël Bérard, moins de 10% des éleveurs de la coopérative méthanisent aujourd’hui. Cooperl a aussi engagé des travaux de R&D sur le mode de production des céréales servant à nourrir les porcs. 

Phosphates: la justice tunisienne rejette une plainte en référé contre GCT

La justice tunisienne a rejeté, le 26 février, une plainte en référé qui demandait la suspension temporaire de la production de Groupe chimique tunisien (GCT), entreprise publique qui fabrique des engrais phosphatés et de l’acide phosphorique. La justice a estimé que les accusations de contamination étaient infondées. Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l'une des ONG les plus engagées de Tunisie, a vivement critiqué cette décision, la qualifiant de « recul grave dans le traitement du dossier de pollution environnementale le plus lourd du pays ». « La pollution émanant des unités du groupe n'est pas une allégation : elle est attestée par des rapports officiels », affirme le FTDES. Cette affaire a été marquée par des dizaines de cas d’intoxications signalés en septembre et octobre, notamment chez des écoliers, ravivant le débat public sur la pollution industrielle. En signe de protestation, des milliers d'habitants étaient descendus dans les rues de Gabès pour réclamer la fermeture de l'usine. Inauguré en 1972 en bord de mer, GTC utilise de l’acide sulfurique et de l’ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates et rejette les résidus gazeux et solides en pleine nature. Le tribunal doit encore se prononcer sur le fond du dossier, et les plaignants prévoient de faire appel.