Agra Business | Jacquet Brossart/Poppies Bakeries, Tyson Foods, Famille Michaud, La Ruche qui dit oui

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Boulangerie : Jacquet Brossard cède son activité gaufre Milcamps au belge Poppies Bakeries

D’après un communiqué du 16 septembre, le spécialiste français de la boulangerie industrielle Jacquet Brossard (détenu par le groupe coopératif Limagrain) a annoncé la cession de son activité gaufre de marque Milcamps à la société Polcaf NV, filiale du groupe belge Poppies Bakeries, spécialisé dans la pâtisserie industrielle. Plus en détail, la vente en question concerne le site industriel basé à Dour (Belgique). Avec cette cession, l’entité française cherche à se recentrer « sur ses activités cœur de métier que sont la boulangerie et la pâtisserie industrielles ». Elle précise qu’elle compte accélérer son développement et renforcer ses positions sur ces segments. « L’activité gaufres requiert des expertises industrielles et commerciales spécifiques et un modèle économique distinct de nos métiers prioritaires », ajoute de son côté Alexandre Raguet, directeur général de Jacquet Brossard. Le communiqué indique par ailleurs que la cession « offre au site industriel de Dour et à la marque Milcamps de nouvelles perspectives de croissance ». Aucune information sur le nombre de salariés ou les capacités de production de l’usine n’a été divulguée.

Maïs : le ministère révise à la baisse de la prévision de production française, à cause du sec

Les services statistiques du ministère de l’agriculture (Agreste) ont nettement revu à la baisse leur prévision de production française de maïs grain 2025 entre les mois d’août et de septembre. Dans son dernier rapport du 16 septembre, ils tablent sur un volume de 13,36 Mt, contre 13,669 Mt précédemment. La raison : les épisodes de canicule et de sécheresse survenus durant l’été 2025. Les régions de l’Occitanie, des Pays-de-la-Loire et d’Auvergne-Rhône-Alpes ont particulièrement souffert. Petit bémol, la productivité est attendue en légère hausse en région Île-de-France par rapport à l’an passé. En 2024, la moisson était proche des 14,5 Mt, compte tenu de conditions plus humides. Le niveau de production attendu est, pour le moment, conforme à la moyenne quinquennale (+0,1 %). Les projections en tournesol ont, elles aussi, varié de manière significative d’un mois sur l’autre. Elles passent de 1,581 Mt à 1,496 Mt. Il s’agirait d’une légère progression par rapport à l’an dernier (+1,2 %), année de fortes pluies au moment des coupes, mais en recul de 15,6 % par rapport à la moyenne établie sur 2020-2024.

Blé/riz : le Pendjab, grenier de l'Inde, dévasté par les inondations

La saison s'annonçait prometteuse mais les inondations causées par les fortes pluies de la mousson ont dévasté les champs dans le nord de l'Inde, où récoltes et bétail tué en décomposition dégagent une odeur nauséabonde. L'Etat du Pendjab, considéré comme le grenier à blé du pays, a connu cette année des niveaux de précipitations supérieurs de 34 % à la moyenne, selon les services de météorologie. Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé une aide d'urgence de 150 millions d'euros. Le Pendjab est le principal fournisseur du riz et du blé livrés dans le cadre des programmes alimentaires d'urgence réservés aux Indiens les plus modestes. Les experts estiment que les pertes attendues cette année ne les menacent pas encore, qui disposent d'importants stocks. « La baisse des récoltes dans le Pendjab indien et pakistanais va lourdement peser sur les prix et les exportations de riz basmati », alerte toutefois Avinash Kishore, de l'Institut international de recherche sur la politique agricole de New Delhi. A l'heure où la hausse des droits de douane imposés à l'Inde par les Etats-Unis a rendu son riz basmati bien moins compétitif, les inondations risquent de lui porter un nouveau coup.

Sucre : l'américain Tyson Food renonce au sirop de maïs à haute teneur en fructose

Dans un communiqué du 15 septembre, le géant de l’agroalimentaire états-unien Tyson Food a indiqué qu’il mettra un terme à l’usage de sirop de maïs à haute teneur en fructose dans les aliments qu’il produit et distribue d’ici la fin de l’année 2025. Cette annonce fait suite à celle de Coca-Cola en juillet dernier, qui avait promis d’utiliser davantage de sucre de canne dans ses boissons. Les compagnies états-uniennes du secteur de l’agroalimentaire tentent de s’adapter à la politique du Secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy, visant à réduire la consommation de sucre, et donc de sirop de maïs, et à éliminer les colorants artificiels dans les aliments. L’industrie du maïs est bien entendu vent debout contre une telle mesure. Suite à l’annonce de Coca-Cola, le dirigeant de l’association des raffineurs de maïs John Bode avait déclaré que le remplacement du sirop de maïs par de la canne à sucre « coûterait des milliers d’emplois dans l’industrie agroalimentaire américaine, ferait baisser les revenus agricoles et augmenterait les importations de sucre étranger ».

Miel : vers une « mauvaise » récolte 2025 et des hausses de prix, selon Famille Michaud

La production de miel 2025 s’annonce « mauvaise » à cause des premières canicules intervenues à la mi-juin, a indiqué le conditionneur Famille Michaud Apiculteurs en conférence de presse, le 16 septembre. Bien qu’il soit encore beaucoup trop tôt pour connaître les prévisions officielles de récolte via l’observatoire de FranceAgriMer, Famille Michaud a pris le pouls de son réseau de « 600 apiculteurs » pour « pressentir » la quantité de miel qui sera produite cette année, a expliqué le directeur des achats, Damien Faggion. Vu « le printemps très bon », la miellée de colza, récoltée en avril, s’annonce « moyenne à bonne » avec des rendements de « à peu près 20 kilos en moyenne par ruche ». Les miellées de monofloraux (acacia, tilleul, chataîgnier, montagne) récoltées entre mai et mi-juillet sont « bonnes ». En revanche, ce serait la catastrophe pour les miellées d’été (tournesol, fleurs d’été, lavande) qui représentent « 70% de la production française ».  En tournesol, « on va avoir du mal à dépasser les 9 kilos par ruche » au lieu de « 25 à 30 kilos » habituellement, détaille Damien Faggion. En lavande de Provence IGP, « on ne va pas dépasser les 6 kilos par ruche » contre « 15 à 20 kilos » en temps normal. « Il faudra s’attendre à des augmentations de prix sur la saison à venir », ajoute-t-il. 

Miel : embellie en grande distribution, selon Famille Michaud Apiculteurs

« Le marché du miel en grande distribution reprend des couleurs », s’est réjoui le directeur marketing de Famille Michaud Apiculteurs, Romain Le Nouaille, en conférence de presse le 16 septembre. S’appuyant sur des données Nielsen, il a indiqué que le marché du miel en GMS « progresse aussi bien en valeur qu’en volumes ». En volumes, le cumul annuel mobile (CAM) des ventes est en hausse de 2,1% sur les douze derniers mois, et le cumul annuel à date (CAD) est en hausse de 2,3% entre janvier et août (P8). En valeur, le CAM augmente de 0,7% et le CAD de 0,4%. « La progression de Famille Michaud Apiculteurs en volumes est également en positif », a-t-il ajouté.  Concernant les parts de marché (PDM) du miel, Famille Michaud Apiculteurs détient « presque 45% » des PDM en valeur, « en CAD à P8 », à travers ses différentes marques (Lune de miel, Miel l’apiculteur, La ruche aux délices, Famille Michaud, Beeliz), indique Romain Le Nouaille. Un chiffre en « très légère régression, à -0,4 points (…) par rapport à l’an dernier », dû à la présence de plus de références de miels sous marques de distributeurs (MDD) dans les rayons, et au fait que les consommateurs recherchent « une dimension prix ». En volumes, le groupe familial détient « 45,7% » des PDM du miel. 

Engrais : au Brésil, NetZero lance une usine de biochar inédite, à base de canne à sucre

La start-up française NetZero, spécialisée dans le stockage de carbone, a annoncé le 16 septembre la construction d’une usine de biochar produit à partir de canne à sucre à Campina Verde, dans l’État brésilien du Minas Gerais. Après cinq usines de biochar produit à base de résidus de café (une au Cameroun, quatre au Brésil), la nouvelle unité de NetZero, dont la mise en œuvre est prévue en février 2026, innove en utilisant cette fois-ci les résidus de canne. « Nous sommes les premiers à l’avoir enregistré auprès du ministère brésilien de l’Agriculture comme moyen d’amendement du sol », souligne Olivier Reinaud, directeur général de NetZero, à l’AFP. La canne à sucre constitue, selon NetZero, le plus grand gisement agricole de matières premières pour le biochar : quelque 700 millions de tonnes de résidus sont produites chaque année dans le monde, dont le Brésil, premier producteur mondial, concentre à lui seul environ 40 % du volume. L’usine devrait dans un premier temps produire environ 4 000 tonnes par an à partir de feuilles de canne fournies par une importante entreprise agricole locale, qui utilisera ensuite le biochar pour enrichir ses sols. Ce projet ouvrira « la voie à une forte croissance », estime NetZero, qui veut « industrialiser le biochar dans les zones tropicales », là où les résidus végétaux sont disponibles en quantité et les sols en grand besoin d’être amendés. 

Circuits courts : La Ruche qui dit Oui ! et CrowdFarming se marient

Les deux plateformes, La Ruche qui dit Oui ! et CrowdFarming, engagées l’une comme l’autre dans un mode de distribution direct entre les producteurs et les consommateurs, ont annoncé leur rapprochement le 16 septembre 2025. « Notre ambition est de créer une vraie alternative aux modèles de distribution existants pour permettre à tous les européens de consommer des produits de qualités en direct des producteurs, en devenant le plus vaste réseau de circuit court en Europe », explique Philippe Crozet, CEO de la Ruche qui dit Oui ! dans une interview à Agra Innovation. Le nouvel ensemble représentera plus de 10 000 agriculteurs et 1,5 million d’utilisateurs réunis, pour un volume d’affaires de 100 M€ sur la base des chiffres consolidés en 2024. Les deux entreprises continueront à exister en propre, mais d’importantes synergies sont envisagées. « La consolidation de nos deux modèles favorisera une amélioration des marges pour les producteurs grâce à une optimisation de la logistique », ajoute le CEO. Les producteurs de La Ruche pourront en outre bénéficier du programme de transition vers une agriculture biologique et régénérative, développé par les cofondateurs de CrowdFarming. « Ce programme est un des volets très intéressant que pourra nous apporter CrowdFarming », indique encore Philippe Crozet. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).

Bio/distribution : La Fourche lève 31,5 M€ pour soutenir sa forte croissance

La Fourche, leader en France de la vente en ligne de produits bio, vient de lever 31,5 M€ (lire l’article complet sur Agra Innovation) pour « financer sa forte croissance via l’extension de la mécanisation de son entrepôt tout en maintenant une trajectoire saine grâce à l’atteinte de la rentabilité en 2025 », explique la société dans son communiqué du 16 septembre 2025. Ce financement a été mené auprès de Bpifrance, via son fonds Large Venture, du fonds d’impact Astanor et des investisseurs historiques. La société qui compte plus de 150 000 adhérents enregistre une croissance de 36 % sur l’année en cours. « La Fourche projette de dépasser les 100 M€ de chiffre d’affaires d’ici la fin de lannée et d’atteindre ses premiers mois de rentabilité », indique-t-elle dans son communiqué. Implantée depuis fin 2022 en Allemagne, le plus important marché bio d’Europe, la société compte également utiliser ces fonds pour étendre l’activité de sa filiale Ackerherz, sur le territoire D-A-CH (Allemagne, Autriche et Suisse). Entreprise à impact depuis l’origine et certifiée BCorp depuis 2022, La Fourche profite également de cette nouvelle étape pour devenir société à mission autour de 5 cinq objectifs. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Etiquetages : Biocoop embrasse le Nutri-score, en plus du Planet score et d'Origin’Info

La coopérative Biocoop va intégrer le Nutri-score à l’affichage de ses produits de marque Biocoop, annonce-t-elle dans un communiqué le 15 septembre. Cela signifie que, d’ici la fin d’année, « plus de 200 produits alimentaires de la marque Biocoop » afficheront quatre repères-clefs de transparence pour le consommateur : le Nutri-Score, donc ; le logo Origin’Info que Biocoop déploie depuis fin 2024, le Planet-score que Biocoop a rejoint en septembre 2023, et le label AB (agriculture biologique) qui constitue l’ADN du distributeur spécialisé bio.  Les quatre mentions seront affichées dans une fenêtre intitulée « Nos engagements » sur les emballages des produits. « C’est grâce à notre exigence sur la qualité, l’origine France et l’impact environnemental de nos produits que nous pouvons être les premiers à assumer l’affichage de l’ensemble de ces repères » déclare le directeur général de la coopérative, Franck Poncet, cité dans le communiqué. 

Viande in vitro : le suédois Remeat va se doter d’un site pilote, au sud du pays

Après avoir levé 1 M€ en mars 2025, Remeat annonce qu’il va installer une usine pilote en Suède d’ici la fin de l’année. « Le pilote Remeatery sera installé à la Prepilot Plant de l’université de Lund d’ici la fin 2025 et sera validé avec des partenaires et clients au printemps 2026 », indique un communiqué de Biotech Heights, l’accélérateur de start-up qui accueille Remeat à Lund. Deux bioréacteurs de 300 litres seront installés sur le site pilote, selon le média suédois Ny Teknik. « Forts de nos nombreuses années dans l’industrie brassicole, et de notre expertise en biologie cellulaire, nous avons développé un bioréacteur de qualité alimentaire capable de répondre aux normes élevées pour la culture de cellules de mammifères. Notre Remeatery supporte également les processus à base de levures et de bactéries, comme la fermentation de précision, ce qui étend considérablement ses applications au-delà de la viande cultivée », explique Marten Schmidt, directeur technique de Remeat, cité par Biotech Heights. Le but de la start-up est de valider sa méthode de production, et de montrer qu’une production à plus grande échelle est possible. L’objectif de Remeat n’est pas de devenir producteur, selon le média, « mais de vendre des cellules optimisées aux industriels alimentaires » qui produiront eux-mêmes. 

Lait : Sodiaal obtient un prêt de 70 M€ de la BEI pour sa R&D

La coopérative Sodiaal a obtenu un prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) d’un montant de 70 M€, selon un communiqué diffusé le 16 septembre. Ces fonds seront dédiés à des investissements dans la R&D, l’innovation et la décarbonation engagés par la coopérative pour la période de 2025 à 2028. « Nous avons prévu d’investir au total un milliard d’euros sur les cinq prochaines années dans nos usines et dans les fermes des adhérents, dont une part importante dans l’innovation », déclare Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal. « Nous avons déjà beaucoup travaillé sur les économies d’énergies et d’eau, et nous nous consacrons actuellement à la nutrition en réduisant les teneurs en sucre et en additifs de nos produits. Il nous reste encore à poursuivre le travail sur le recyclabilité des emballages, un projet pour lequel nous mettons en place une filière de recyclage des pots de yaourts, et demain des emballages de fromage », poursuit-il.  Sodiaal a déjà obtenu un prêt de la BEI en 2018, pour un montant de 40 M€ sur des projets d’innovation et de R&D.

Foncier : en Occitanie, la Foncière agricole augmente de 2,7 M€ son capital

La Foncière agricole d’Occitanie augmente son capital et s’ouvre au financement participatif citoyen, a annoncé le 16 septembre la région, qui en est à l’initiative. Créée en 2022, elle entre dans « une nouvelle phase de développement avec une augmentation de son capital, porté à 4,16 M€, soit 2,7 M€ supplémentaires », d’après le communiqué. L’opération est menée avec « trois nouveaux actionnaires, dont la Banque des Territoires qui s’engage pour la première fois dans une foncière agricole régionale ». Par ailleurs, l’ouverture au financement participatif se matérialisera « d’ici quelques mois », avec la création d’une SCA (société en commandite par actions). Objectif : « augmenter le nombre de dossiers soutenus et financer jusqu’à 25 % des futurs portages via l’épargne des citoyens et investisseurs privés ». Depuis sa création, la Foncière agricole d’Occitanie a accompagné 23 jeunes dans leur installation, selon le communiqué. Ses investissements atteignent 2,4 M€, son portage concerne 442 ha (585 ha prévus d’ici à la fin de l’année). La structure réunit l’Arac Occitanie, le Crédit Agricole, la Safer, Banque Populaire, la Caisse d’Epargne, la chambre d’agriculture, La Coopération agricole.

Protéines alternatives : Hervé Salomon nommé PDG de Swap (ex-Umiami)

Swap (ex-Umiami), fabricant d’alternatives végétales à la viande, a annoncé le 16 septembre la nomination d’Hervé Salomon comme PDG. Après plusieurs postes chez Kraft Foods, Mondelez, Upfield (Flora Food Group) et Pierre Martinet, Hervé Salomon aura pour mission « renforcer la présence de la marque sur les marchés clés et d’accélérer son déploiement à l’international ».

Biscuits : un nouveau directeur commercial France chez Mondelēz

Dans un communiqué du 16 septembre, le groupe Mondelēz International, leader de la biscuiterie en France (détenteur des marques LU et Belin, entre autres), a annoncé la nomination d’un nouveau directeur commercial France, en la personne de Nicolas Thebault, officiellement en poste depuis le 8 septembre. Il avait auparavant occupé diverses fonctions dans le secteur de l’agroalimentaire, chez Danone et Barilla. « Avant de rejoindre Mondelēz International, Nicolas exerçait en tant que senior advisor auprès d’acteurs du private equity, de start-up en France et à l’international », ajoute le communiqué.