Agra Business | Lactalis, JBS, Compagnie des insectes/Agronutris, Nestlé

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Lait : Lactalis va investir 1 Md€ dans ses laiteries en France d'ici 2030

Lactalis va investir 1 milliard d’euros d’ici 2030 dans ses 69 laiteries en France pour les moderniser et améliorer leur performance. Parmi les sites qui bénéficient de ce programme d’investissement, Lactalis cite une nouvelle ligne de production à Bouvron (Loire-Atlantique), la construction de capacité de stockage à Clermont (Oise), l’extension des ateliers de fabrication fromage Petit Basque à Larceveau (Pyrénées-Atlantiques), le développement de ligne crème desserts à Bayeux (Calvados) ou encore le nouvel atelier de préparation à l’Hermitage (Ile-et-Vilaine). Outre le volet industriel, Lactalis va aussi investir dans les innovations pour le marché hexagonal, sachant que le groupe lance chaque année une centaine de nouveaux produits. Lactalis a vu ses ventes en France croître en volume de 1,4% au cours du 1er semestre 2025. Les meilleures ventes se font grâce aux fromages, notamment pour un usage culinaire à chaud, et à l’ultra-frais. Sur des marchés en recul comme le lait et le beurre, « Lactel continue de gagner des parts de marché » tandis que les marques de beurre (Président) « suivent le marché. »

Lait : projet d’action en justice contre Lactalis pour le versement de primes des salariés

L’association Justice pour nos primes indique qu’elle engage « une action en justice aux côtés de Maître Renaud Portejoie » afin de « permettre à chaque salarié et ex-salarié (de Lactalis, NDLR) d’obtenir les sommes qui lui reviennent légitimement », indique l’association sur son site actif depuis le 16 septembre. « Le total des participations éludées s’élève à environ 570 M€ » pour les années 2006 à 2024 selon l’association. Selon les calculs de l’avocat, plus de 30 000 salariés et ex-salariés pourraient être concernés. L’association fait référence à l’accord conclu fin 2024 entre Lactalis et le fisc français pour un montant de 475 M€. L’association estime que si Lactalis a reconnu avoir dissimulé des bénéfices, cela a eu une incidence sur le versement des primes de participation. « Plusieurs dizaines de salariés m’ont confié un mandat pour demander leur dû à Lactalis », indique l’avocat, qui souhaite entrer en contact avec Lactalis avant d’enclencher une procédure. Contacté par Agra Presse, Lactalis indique n’avoir pas été contacté, qu’il s’agit d'une « initiative isolée » et « que les dispositions du règlement d'ensemble datant de fin 2024 n’ont pas affecté les réserves d'intéressement et de participation des collaborateurs. »

Viande : le brésilien JBS voit des « opportunités » d’acquisition en Europe (actionnaire)

Selon le principal actionnaire de JBS, leader mondial de la viande, « il existe de nombreuses opportunités [pour racheter des entreprises concurrentes] en Europe et dans d'autres pays », rapporte Reuters le 16 septembre. Le marché européen de la viande est « fragmenté », a considéré Wesley Batista lors d’un évènement retransmis en direct. Plus largement, le géant mondial de la viande entend « sans aucun doute » continuer à racheter des concurrents pour se développer. Mais une croissance externe apparaît compromise outre-Atlantique, « en raison des préoccupations concurrentielles qui seraient soulevées par les autorités antitrust », rappelle l’agence de presse. « Je ne peux plus acquérir de transformateurs de bœuf, de porc ou de poulet, car nous détenons environ 20 % à 25 % du marché nord-américain pour ces trois protéines », a expliqué M. Batista. C’est aussi le cas au Brésil, mais pas en Europe. Le groupe brésilien s’est introduit à la Bourse de New-York cette année, ce qui lui permet selon Reuters « d'accéder à un plus large éventail d'investisseurs, ce qui l'aide à réduire son coût du capital et à concurrencer des acteurs tels que Tyson aux États-Unis, ainsi que de grands rivaux cotés au Brésil, dont Minerva ».

Insectes : La Compagnie des insectes prend le contrôle d’Agronutris

Le producteur d’insectes Agronutris a annoncé le 17 septembre l’arrivée à son capital de La Compagnie des insectes et de Nutrition Biologie International (famille Lagarde) comme nouveaux investisseurs. Ils participent à une levée de fonds d’environ 10 M€, à laquelle ont souscrit les actionnaires historiques Mirova, Nutergia et Bpifrance. A l’occasion de cette opération, La Compagnie des insectes, producteur d’insectes comme Agronutris, devient actionnaire majoritaire. Ce nouveau tour de table permet de pérenniser le site de production de Rethel (Ardennes) et ses 80 emplois. « La Compagnie des insectes nous apporte de nouveaux débouchés comme les éleveurs d’insectes pour les œufs et les larves, l’oisellerie pour les larves soufflées et l’élevage de volailles pour les larves vivantes », explique Cédric Auriol, directeur général d’Agronutris. En revanche, la holding EAP Group, maison-mère d’Agronutris, qui avait été placée en redressement judiciaire en juillet, « devrait s’acheminer vers une liquidation », selon une source proche du dossier. Les 40 salariés du site de Toulouse sont concernés ; une partie d’entre eux assuraient la R&D qui devrait être transférée à Rethel.

Fruits/no-low : le fabricant de jus Alain Milliat vise une part de 30 % de ses ventes

Le spécialiste du jus de fruit premium Alain Milliat, basé à Valence (Drôme), lance une nouvelle gamme sur le marché du no-low (peu ou pas d’alcool), « en croissance prometteuse », a-t-il annoncé le 17 septembre en conférence de presse. Présent depuis une douzaine d’années dans les jus de raisin de cépage, le fabricant sort deux pétillants : le pinot noir « blanc de noirs » et le chardonnay « blanc de blancs ». Quelque 200 000 bouteilles seront commercialisées, autour de 14 et 16 euros. Alain Milliat, qui affiche un chiffre d’affaires d’environ 20 M€ à « +10 % par an », explore ainsi une nouvelle piste de croissance. « Objectif d’ici deux ou trois ans : passer de 20 % à 30 % des ventes en sans alcool », affirme le directeur général Pierre-Olivier Gandon. Le marché lui semble assez « prometteur ». D’après ses chiffres issus du cabinet IWSR, le no-low passera cette année la barre des 600 M$ en France, avant d’atteindre 636 M$ en 2026, puis 675 M$ en 2027, 712 M$ en 2028. Alain Milliat s’appuie sur une gamme complète, avec des concentrés à diluer, des prêts à boire pétillants. Ses jus de raisin de cépage, chardonnay blanc, sauvignon blanc, merlot rouge et cabernet rosé, proviennent d’un seul vigneron de Gaillac (Tarn). Idem pour les deux pétillants, lancés au 1er octobre.

Céréales : stocks d’orge au plus haut depuis 16 ans, léger allègement en blé (FranceAgriMer)

Dans ses derniers bilans du 17 septembre, FranceAgriMer a revu à la hausse sa prévision de stock d’orge français de fin de campagne 2025-2026, dépassant les 2 Mt, en hausse de 500 000 t entre juillet et septembre. Si ce chiffre se vérifiait en juin 2026, il s’agirait d’un plus haut depuis 2009-2010. Celle en blé tendre régresse d’environ 200 000 t sur la période, à un peu plus de 3,6 Mt. Pour rappel, Argus Media prévoyait 4 Mt fin août. Concernant l’orge, l’essentiel du relèvement des réserves s’explique par la révision à la hausse de la projection de la collecte de plus de 300 000 t, à 10,155 Mt, et l’évaluation des stocks de début de campagne, de 200 000 t, à 1,132 Mt. En blé, l’essentiel de la baisse est justifié par le relèvement de la prévision des exportations vers les pays-tiers, de 350 000 t entre juillet et septembre, à 7,85 Mt. « Les exports sont assez dynamiques en ce début de campagne. (…) On prévoit 2,5-3 Mt vers le Maroc, de bons chiffres en Afrique Subsaharienne. Il y a des chargements vers l’Égypte, le Bangladesh, la Thaïlande », justifie Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques à FranceAgriMer. 

Coopérative : Terrena dédie 48 M€ par an pour installer de nouveaux agriculteurs

La thématique des installations était au cœur du stand de Terrena lors du Space, qui se déroule du 16 au 18 septembre, à Rennes. « Nos adhérents sont plutôt sereins et affichent l’envie d’entreprendre », constate Olivier Chaillou, le président du groupe, interrogé par Agra Business. Cela tombe bien ! La coopérative poursuit sa dynamique pour accueillir de nouveaux agriculteurs, toutes productions confondues. « Notre objectif est d’être à l’écoute de nos clients de l’aval et d’investir en conséquence pour fournir les volumes nécessaires, explique-t-il. En élevage de poules pondeuses par exemple, nous visons 100 nouveaux bâtiments dans les 5 ans : 70 projets sont déjà enclenchés depuis deux ans. 50 bâtiments dédiés à la volaille de chair devraient également être rénovés ou construits d’ici 5 ans. Et plutôt que de vendre nos broutards à l’étranger, l’idée est de les engraisser chez nous : cela pourrait représenter 40 000 jeunes bovins, en plus des 150 000 déjà élevés par nos adhérents. » Pas question non plus de ralentir sur le lait : Terrena cherche 40 millions de litres supplémentaires. « Sur les douze derniers mois, nous avons installé près de 400 jeunes agriculteurs », rappelle-t-il. L’enveloppe dédiée : près de 48 M€ par an. « L’accompagnement n’est pas que financier. Nous apportons aussi un appui technique, indispensable pour asseoir les projets ». (Anne Gilet)

Investissements des agriculteurs : le Crédit agricole observe un rebond au premier semestre

Après un recul de 9,2% à 8,7 milliards d’euros des prêts accordés aux agriculteurs en 2024 par le Crédit agricole, le premier financeur de la branche a annoncé une reprise de 5,4% à 4,4 milliards d’euros au premier semestre 2025, à l'occasion de sa conférence de presse annuelle au Space à Rennes le 16 septembre. Alors que les difficultés en viticulture, en céréales et ovins avaient marqué 2024, toutes les filières sauf la viticulture, restant en crise, ont porté la reprise au premier semestre 2025. Les plus fortes croissances concernent l’aviculture (+14,3%), après deux années de recul liées à l’influenza aviaire, et l’élevage en bovins viande (+12,4%). La baisse des taux a favorisé l’emprunt, a souligné la banque. En Bretagne, les crédits avaient reculé en 2024 de 4,2% à 896,5 millions d’euros, entraîné par les filières laitière et polyculture-élevage. Ils ont progressé, de 8,1% à 475,4 millions d’euros au premier semestre 2025, au gré de l’amélioration des résultats et du fait les besoins d’investir, notamment dans la modernisation des bâtiments d’élevage porcin et la transformation des structures de ponte.

UE/Israël : Bruxelles propose de suspendre les préférences commerciales

Comme prévu, la Commission européenne a adopté, le 17 septembre lors de la réunion hebdomadaire du collège des commissaires européens, sa proposition visant à suspendre les préférences commerciales accordées à Israël dans le cadre de l’accord d’association. Cette proposition fait suite à l'annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son discours sur l'état de l’Union, le 10 septembre. Concrètement, cette suspension signifie que les importations israéliennes seront soumises à des droits de douane équivalents à ceux de la nation la plus favorisée (NPF) qui sont appliqués à tout autre pays tiers avec lequel l'UE n'a pas conclu d'accord de libre-échange. En 2024, les exportations israéliennes vers l’UE se sont établies à 15,9 milliards d’euros. Seuls 37% de ces importations seront concernés par les sanctions et le secteur agroalimentaire, notamment les fruits et légumes, devrait être particulièrement touché. L’exécutif européen avance que le droit NPF va être de 8% pour certains fruits et jusqu’à 40% pour d’autres. Etant donné que la politique commerciale est un sujet de compétence exclusive de l’UE, cette proposition va devoir obtenir l’assentiment d’une majorité qualifiée du Conseil de l’UE, soit 55% des Etats membres représentant 65% de la population. Une fois passée cette étape, cette proposition devra être notifiée au Conseil d’association avant de prendre effet 30 jours après.

Agroalimentaire : Pablo Isla nommé président de Nestlé après la démission de Paul Bulcke

Nestlé a annoncé le 16 septembre la démission de son président Paul Bulcke. Selon des informations de presse, des investisseurs auraient fait pression pour obtenir la démission de Paul Bulcke qui fut directeur général de Nestlé pendant près d'une décennie avant d'en devenir président du conseil d’administration en 2017. Paul Bulcke, qui devait rester président jusqu'en avril 2026, a déclaré qu'il avait « pleinement confiance dans la nouvelle direction de Nestlé » et s'est dit « fermement convaincu que cette entreprise formidable est bien positionnée pour l'avenir ». Actuellement vice-président du conseil d’administration, « Pablo Isla assumera la présidence du conseil d'administration à compter du 1er octobre », a indiqué Nestlé dans un communiqué. Ce changement de président intervient dans un contexte compliqué pour Nestlé. Le 1er septembre, la société avait annoncé le licenciement avec effet immédiat de son directeur général, le Français Laurent Freixe, pour cause de « relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe ». Le même jour, le groupe l'avait remplacé par Philipp Navratil, patron de Nespresso depuis juillet 2024.

Coopérative : Creully a recruté son nouveau directeur général

Guillaume Prioult est, depuis le mois dernier, le nouveau directeur général de la coopérative de Creully (127 M€ de CA, 245 000 t de collecte). Il remplace Stéphane Carel qui va quitter l’entreprise implantée dans le Calvados. Guillaume Priout était, depuis janvier 2021, directeur des activités productions végétales de Le Gouessant. La coopérative bretonne a indiqué à Agra Business, lors du Space, que le recrutement de son successeur était quasi terminé. (Anne Gilet)