Fertilisation : Avril travaille sur un amendement à base de paille de colza torréfiée
Financés par un appel à projets de l'Ademe, des chercheurs d'UniLaSalle Beauvais et de Sorbonne université ont développé, en collaboration avec le groupe Avril, un nouvel amendement issu de la torréfaction (entre 200 et 300°C) de paille de colza, aujourd'hui laissée en champs. Le produit est appelé Biotorr en référence au biochar, qui est produit par pyrolyse (entre 300 et 700°C), explique le chercheur David Huben. D'après leurs premières études, le biotorr aurait un effet d'amendement à diffusion lente du phosphore et du potassium, mais il n'aurait pas d'effet significatif sur les rendements à court terme. Il stocke du carbone, mais moins que le biochar, et stimule davantage l'activité biologique des sols. À ce stade, l'analyse du cycle de vie (ACV) n'a pas encore été réalisée, ni de celle de la rentabilité économique (le coût est attendu moindre que celui du biochar) ou des effets agronomiques à long terme. Les résultats de l'ACV sont espérés d'ici la fin du projet de recherche, à l'automne. Alors que des filières importantes existent au Brésil ou en Chine, le biochar s'est très peu développé en Europe, et encore moins en France. Les freins sont réglementaires, mais aussi économiques. En grandes cultures, le biochar a souvent peu d'intérêt en Europe (voir notre enquête).
Machinisme : John Deere se lance dans la production de batteries électriques dans le Loiret (presse)
Selon un article des Échos du 28 janvier (article payant), le constructeur de matériel agricole d’origine américaine John Deere a annoncé le démarrage de la production de batteries électriques sur son site de Saran, dans le Loiret. Ces batteries serviront à équiper le premier modèle de tracteur 100 % électrique de John Deere, produit aux États-Unis, indique le quotidien économique. L’objectif est de produire deux packs de batterie par jour, et de passer à dix à l’avenir. Le projet a représenté un investissement de 13 M€, et permettra la création de quinze emplois. Le bâtiment qui accueille la ligne d’assemblage automatisée est un ancien site de stockage de 2 700 m2 reconvertis. L’État a participé au développement du projet, apportant 4,5 M€ sous forme d’avances remboursables et de subventions dans le cadre du programme France 2030. Toutefois, John Deere précise que le cœur d’activité de l’installation restera, dans sa globalité, le moteur à combustion. Le constructeur américain travaille sur des moteurs plus efficaces, moins polluants et plus sobres en énergie.
Coopératives : dans le Bas-Rhin, le Comptoir agricole s’en sort grâce au maïs
Le Comptoir agricole (Bas-Rhin) clôt un exercice 2024-2025 solide. « Le blé n’était pas exceptionnel, mais le maïs a été bon, et il représente 60 à 70 % des volumes de la coopérative », résume le directeur général Denis Fend. La coopérative dégage un chiffre d’affaires de 270,1 M€, en baisse de 20,6 M€. Deux sujets de préoccupation ont dominé les échanges avec les adhérents. Le premier concerne l’élevage bovin : la hausse du prix de la viande ne se traduit pas par une amélioration des marges des engraisseurs, en raison de l’envolée du prix des broutards, passés d’environ 1 000 à près de 2 000 € par tête. « À ce niveau de prix, la trésorerie devient un frein », souligne Denis Fend. La coopérative accompagne une évolution des pratiques, avec davantage d’engraissement de veaux. Le second point d’alerte concerne la filière houblon. Engagée depuis 2010, la coopérative fait face à une impasse technique. « La protection des plantes est devenue critique : il n’y a quasiment plus de produits homologués. On fonctionne à la dérogation, mais c’est insuffisant », alerte le directeur. La filière est trop modeste pour inciter les firmes à homologuer de nouveaux produits, et les dérogations, difficiles à obtenir, sont limitées à 120 jours. Avec 470 ha cultivés, dont 70 ha en bio, et des investissements lourds pour les planteurs, l’incertitude pèse sur l’avenir de la filière. (Elena Blum)
Lait infantile : Foodwatch porte plainte contre X aux côtés de huit familles
L'association Foodwatch a annoncé le 29 janvier avoir porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles accusant les fabricants de laits infantiles d'avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. « Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable », souligne l'association. La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l'intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité. « Les fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons », a déclaré l'avocat des familles et de l'Association européenne de défense des consommateurs, Me François Lafforgue. Depuis décembre, Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia), Lactalis (Picot), Vitagermine (Babybio Optima), Sodiaal (Nutribio) et Hochdorf (Bimbosan) ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d'une soixantaine de pays au total, dont la France, en raison d'un risque de contamination à la céréulide.
Porc : le géant chinois Muyuan lève du capital à la bourse de Hong Kong
Une dépêche Reuters du 29 janvier informe que Muyuan Foods, le principal éleveur de porcs en Chine, a introduit à la bourse de Hong Kong 274 millions d’actions pour un montant maximal de 10,7 Md$ HK (soit 1,37 Md$ US). Une opération dont près de la moitié est couverte par des investisseurs de référence menés par les géants d’Asie du Sud-Est Charoen Porkphand Foods (CPF, Thaïlande) et Wilmar International (Singapour).À lui seul, CPF investit 200 M$ US, selon le journal thaïlandais Kaohooninternational.com. Muyuan Foods, déjà coté à la bourse de Shenzhen (au nord de Hong Kong), a perdu de la valeur depuis un an sur fond de baisse de la consommation de viande de porc en Chine. Comme le rapporte Reuters, la société a indiqué ce mois de janvier qu’elle s’attendait à une baisse de bénéfice pour 2025 (entre -12,2 % et 17,8% par rapport à 2024), en raison de la chute des prix du porc. Muyuan Foods, qui a réalisé 16 Md$ US de ventes sur les neuf premiers mois de 2025, souhaite lever des capitaux pour investir en recherche et développement dans des domaines comme la génétique, l’« agriculture intelligente », la gestion de la nutrition ou la biosécurité.
Vin : le domaine Tariquet sort de procédure de sauvegarde
Le domaine Tariquet, important producteur de vin blanc et d'armagnac dans le Gers, est sorti de la procédure de sauvegarde engagée il y a un an, après notamment une succession de mauvaises récoltes, a-t-il annoncé le 29 janvier. Le tribunal de commerce d'Auch a homologué le plan de sortie de cette procédure dans son délibéré le 14 janvier, indique le domaine qui, avec 1 125 ha, est l'un des plus importants en taille en France. Cette procédure, qui avait notamment conduit à « geler le remboursement des créances passées », selon une source proche du dossier, a permis au domaine « de réorganiser son activité sur des bases saines, tout en poursuivant son exploitation », salue le communiqué. Tariquet a opté pour une « réduction ciblée des surfaces les moins rentables » et « les gammes de vins et d'Armagnacs ont largement évolué ». Les vendanges 2025 ont également été « meilleures ». Le plan de sortie de la procédure de sauvegarde prévoit notamment, toujours selon le domaine, « un redimensionnement et un étalement de la dette adapté aux changements de paradigme de la filière et au temps long de l'agriculture ». Dirigé par les frères Armin et Rémy Grassa, « cinquième génération » de cette famille à l'exploiter, il produit en moyenne huit millions de bouteilles de vin blanc et 120 000 bouteilles de bas-armagnac, précise le communiqué.
Spiritueux : les ventes de Rémy Cointreau renouent avec la croissance grâce aux États-Unis
Rémy Cointreau a annoncé le 29 janvier que ses ventes consolidées avaient renoué avec la croissance au troisième trimestre de l’exercice 2025-2026, grâce à l'amélioration des ventes sur le marché américain, un marché clé. Cette performance a permis de compenser la faiblesse du marché chinois, qui, outre un contexte toujours difficile pour la demande de spiritueux haut de gamme, a subi un effet calendaire négatif lié à la date tardive du Nouvel an chinois. Le fabricant du cognac Rémy Martin et de la liqueur Cointreau a indiqué que ses ventes avaient progressé de 2,8 % à périmètre constant pour atteindre 245,8 M€ au troisième trimestre. Les ventes de cognac, qui représentent l'essentiel de son chiffre d'affaires, ont progressé de 3,2 % au cours du trimestre, à 150,2 M€. Rémy Cointreau a annoncé en novembre un plan de transformation. Un « diagnostic approfondi » est mené en ce début d'année avec l'appui d'un cabinet de conseil externe, souligne-t-il. Cette « étape structurante » permettra de « définir et de prioriser les leviers de création de valeur, avant leur déploiement » sur l'exercice 2026-2027. Rémy Cointreau a connu deux années difficiles notamment sur ses gros marchés, les États-Unis et la Chine, affectés par des tensions géopolitiques et commerciales mais aussi des questions de pouvoir d'achat.
Microalgues : Fermentalg démarre l’exercice 2026 avec optimisme
Fermentalg, spécialiste des biosolutions à partir de micro-organismes aquatiques, a réalisé un chiffre d’affaires de 13,4 M€ en 2025, en hausse de 17 % par rapport à 2024, « grâce à une fin d’année dynamique », selon son communiqué du 28 janvier (lire l’article complet dans Agra Innovation). La fin d’année 2025 a notamment confirmé le fort potentiel de la nouvelle gamme Ωrigins, présentant une composition et des apports nutritionnels équivalents aux huiles de poisson et qui « a suscité un fort intérêt, notamment auprès des industriels laitiers ». De même, son colorant bleu naturel Galdieria Blue, dont la production des premiers lots industriels a démarré au début de l’année, devrait donner de « premiers revenus significatifs dès cette année ». De quoi donner à Fermentalg « l’ambition d’atteindre 20 M€ de chiffre d’affaires » en 2026. Afin de supporter financièrement l’accélération de sa croissance pour atteindre l’équilibre opérationnel, Fermentalg indique être « en pourparlers prometteurs avec son partenaire stratégique, Huvepharma, en vue d’obtenir un soutien financier d’un montant maximum de 4 M€ sous forme d’obligations convertibles ». (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Distribution : Naouri, ex-p.-d.g. de Casino, condamné à quatre ans de prison, dont un an ferme
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict le 29 janvier en condamnant Jean-Charles Naouri, ex-p.-d.g. de Casino, à quatre ans de prison, dont un an ferme aménageable à domicile sous surveillance électronique, pour corruption privée active et diffusion d'informations fausses ou trompeuses, rapportent les Echos (article payant). L'accusation de manipulation de cours qui pesait sur lui n'a, elle, pas été retenue par les juges. Il est aussi condamné à verser une amende d’un million d’euros (M€) et à indemniser les parties civiles. La société Casino est condamnée à une amende de 40 M€, dont 20 M€ avec sursis. Le parquet avait réclamé 75 M€ d'amende contre le distributeur en tant que personne morale pour son rôle dans cette affaire. Jean-Charles Naouri a indiqué qu’il allait faire appel de cette condamnation. Lors des débats, les représentants du parquet avaient pointé une manipulation de cours « orchestrée par Casino » de septembre 2018 à juin 2019, mais aussi l'« intention frauduleuse des dirigeants et cadres de Casino ainsi que de Nicolas Miguet dans la diffusion d'un feuilleton manipulatoire ».
Coopératives : Philippe Parmentier prend la direction générale de Terre Comtoise
La coopérative Terre Comtoise, implantée dans le Doubs, annonce, dans sa lettre d’information du 26 janvier, avoir confié la direction générale à Philippe Parmentier. Une décision actée par le conseil d’administration lors de sa séance du 23 janvier. Il remplace Aude Bertout, qui avait endossé cette mission en septembre 2024 avant de prendre, en octobre 2025, la direction de la CAC 68. Philippe Parmentier occupait, depuis septembre 2016, le poste de directeur de l’activité machinisme du groupe Terre Comtoise avec en plus, depuis un an et demi, celui de directeur général délégué des métiers agricoles. Dans ses nouvelles fonctions, il sera assisté de David Scrive en qualité de directeur délégué : ce dernier pilotait le pôle distribution grand public. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 2 février 2026
Vendredi 30 février
Sébastien Lecornu lance les « contrats d’avenir » en agriculture (déplacement en Eure-et-Loir)
Lundi 2 février
Les députés examinent en séance publique la PPL sur l'éducation à l'alimentation
Premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, parrainées par Laurent Duplomb
Visioconférence de l'IFV et l'Itab sur la biodiversité au vignoble
Mardi 3 février
Conférence de presse annuelle de la Collective du bioéthanol
Conférence de presse du groupe Ecotone (bio)
Visioconférence sur les prairies et la qualité de l'eau, par le Centre de ressources captages
Rendez-vous de la restauration collective durable du bassin de la Seine
Conférence de presse de l’AOP nationale Carottes et Radis de France
Procès dans l’affaire du faux champagne du vigneron Didier Chopin, à Reims
Mercredi 4 février
Congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), dans le Puy-de-Dôme, jusqu’au 5
La mission d’information du Sénat sur la DNC rend ses conclusions
Les députés examinent une PPL sur les captages en commission du Développement durable
Rencontre filière semences (interprofession)
34e édition du Prix national de la dynamique agricole
Colloque de la fondation Gabriel Péri sur « l'exploitation agricole familiale française »
Salon Fruit Logistica à Berlin (Allemagne), jusqu’au 6
Jeudi 5 février
Conférence de presse de la Fnil (laiteries)
Concours des miels de France, de l’Unaf (apiculteurs)
Conférence de presse du Gofar Tour 2026 (robotique agricole)
Rencontre annuelle Ecojardin (espaces verts) à Paris-La Défense
Assemblée générale de l'Association des sélectionneurs français à Versailles
Colloque « Géopolitique du numérique en agriculture », à l’Esa d'Angers
Vendredi 6 février
Journée Blé dur organisée par Arvalis
Conférence LCA sur la santé des coopératives au Cese