Fromages : le bénéfice de Savencia en hausse malgré les « pressions sur le prix du lait »
Le fromager Savencia Fromage & Dairy (Tartare, Caprice des Dieux, St Môret) a vu son bénéfice net annuel augmenter de près de 11 %, à 107 millions d'euros (M€) en 2024, mais ses perspectives 2025 sont marquées par l'incertitude, entre « tensions géopolitiques » et « pressions sur les prix du lait ». Son chiffre d'affaires annuel a atteint 7,14 milliards d'euros (Md€), selon un communiqué publié le 6 mars. Cela correspond à une hausse de 5,14 %, mais le groupe évoque une croissance « organique » de ses ventes de 3,1 %, notamment en raison de normes comptables qui s'appliquent aux activités en Argentine, pays confronté à une hyperinflation et où Savencia a racheté Williner en 2023. Le résultat opérationnel courant, indicateur de rentabilité, a observé une hausse de 9,11 %, à 232,3 M€, « malgré la pression sur la marge dans un contexte d'inflation continue du prix du lait et de baisse des cotations des produits industriels », précise Savencia. Le groupe se garde de donner des prévisions pour 2025 face à un contexte « incertain et volatil ». Il évoque notamment les évolutions de la consommation mais aussi des « pressions sur les prix du lait » dans un contexte de « concurrence accrue » en France et à l'international.
Nutri-score : Annie Genevard refuse pour l'instant de valider la nouvelle version
À l'occasion d'une question au gouvernement, le 5 mars au Sénat, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a confirmé qu'elle refusait pour l'instant de valider la nouvelle version du Nutri-score, dont l'entrée en vigueur est suspendue depuis plusieurs mois à la parution d'un arrêté interministériel. « La décision a été prise il y a plus d’un an. L’arrêté est à ma signature, a expliquée l'ex-députée du Doubs. Je n’ai pas encore signé, je ne sais pas quelles sont mes marges de manœuvre pour en corriger les effets négatifs, mais croyez bien que je m’y intéresse de très près. » Et d'arguer que « le problème pour le roquefort chez vous, comme pour le comté chez moi ou pour toutes les magnifiques salaisons françaises, c’est que le classement de ces produits, remarquables, est très mauvais». Mais aussi que «le lait, par exemple, a été classé comme boisson et non plus comme aliment, ce qui est proprement scandaleux de mon point de vue ». Un argument défendu depuis plusieurs mois par les industriels du lait. « Quand le lait demi-écrémé passe de A à B, il reste extrêmement bien classé, rappelle Serge Hercberg », épidémiologiste, co-concepteur du Nutri-Score, interrogé par Le Monde. « Ce qui gêne le plus les industriels, ce sont les produits laitiers sucrés qui passent de B à D ou E. Mais ils ne peuvent pas défendre des produits indéfendables, alors il y a une dramatisation autour du lait. »
Insectes : Innovafeed vise la rentabilité en 2026, deux projets en France dans les tuyaux
Alors que ses deux principaux concurrents français, Ynsect et Agronutris, connaissent des difficultés, le troisième grand spécialiste français de l'élevage d'insectes Innovafeed annonce, dans un entretien accordé à nos confrères d'Agra Innovation le 6 mars, qu'il entend toujours « atteindre la rentabilité en 2026 », assurant être « en avance sur son business plan ». Innovafeed met en avant ses choix technologiques tournés vers la « faible émission carbone », notamment celui de l'insecte, « très productif ». L'entreprise rappelle que ses investisseurs, «dont certains sont aussi des clients», sont des industriels ou des « familly office », qui « n'ont pas besoin d'une rentabilité à court terme ». Partenaire de longue date de Tereos, dont l'amidonnerie de Nesle est directement reliée à son usine, la société aurait identifié deux projets comparable en France, sur lesquels elle ne peut pas encore communiquer ; il s'agirait là encore d'un « modèle très intégré, avec l'agro-industrie et la transformation de céréales ». Innovafeed évoque également un pilote aux États-Unis avec le géant du négoce ADM, et des projets en Europe et en Asie. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Distribution : CBI nouvel actionnaire majoritaire de Terroirs d’avenir
Terroirs d’avenir (produits issus de l’agriculture paysanne et de la pêche durable) a annoncé le 5 mars l’entrée à son capital de la holding CBI (pilotée par David Guinard) comme actionnaire majoritaire. CBI rachète les participations de French Food Capital et de Samuel Nahon, cofondateur. La société fondée en 2008 par Alexandre Drouard et Samuel Nahon, amorce ainsi une « nouvelle phase de développement », en renforçant le service auprès des restaurateurs, en ouvrant de nouvelles boutiques à Paris et en première couronne et en accélérant « la transition digitale de l'entreprise afin d'accroître efficacité et productivité », note la société dans un communiqué. Terroirs d’avenir compte aujourd’hui 13 boutiques à Paris et à Montreuil, emploie 130 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 20 M€ en 2024. CBI, holding de David Guinard – qui a cofondé le fonds à impact Cléry en 2022 – a pour filiale Culinaries (distributeur de vins naturels pour les professionnels et le grand public) et est propriétaire des restaurants et épiceries fines Yard. Terroirs d’avenir et Culinaries travailleront désormais en synergie pour proposer aux professionnels et aux particuliers un large éventail de produits alimentaires et de boissons.
Distribution : l'ex-p.-d.g. de Casino Jean-Charles Naouri devant la justice en 2025 (presse)
L'ex-p.-d.g. du distributeur Casino, Jean-Charles Naouri, soupçonné d'avoir payé l’éditeur de presse Nicolas Miguet pour défendre artificiellement le cours de l'action entre 2018 et 2019, sera jugé à Paris pour manipulation de cours en bande organisée et corruption privée active, a appris l'AFP de source judiciaire le 6 mars. Le procès devrait se tenir devant le tribunal correctionnel de Paris du 1er au 16 octobre, selon la même source. La société Casino Guichard Perrachon est également citée devant le tribunal, pour manipulation de cours en bande organisée et corruption privée active. Contactée par l'AFP, l'entreprise a indiqué n'avoir, « à ce jour », « pas reçu de citation devant le tribunal correctionnel », et précisé que « la nouvelle gouvernance ne commente pas des faits antérieurs à son arrivée ». Trois anciens hauts cadres de l'entreprise seront également jugés pour les mêmes infractions. Les magistrats du parquet national financier (PNF) soupçonnent une manipulation de cours « orchestrée par Casino », selon leur note aux fins de poursuites rendu en décembre 2024 et dont l'AFP a eu connaissance.
Transport : la Commission européenne rouvre la porte aux biocarburants
La Commission européenne a présenté, le 5 mars, un Plan d’action industriel pour le secteur automobile européen qui prévoit, comme l’avait révélé deux jours auparavant la présidente Ursula von der Leyen, le report des normes d’émissions de CO2 visant à donner aux constructeurs un délai de trois ans pour s’y conformer. De plus, Bruxelles va « accélérer les travaux de préparation en vue de réviser le règlement » sur les normes d’émissions de CO2 des voitures et camionnettes neuves (adopté en 2023), qui prévoit d’interdire les moteurs thermiques pour les véhicules neufs dans l’UE à partir de 2035. L’exécutif européen promet de s’appuyer sur « une analyse factuelle, prenant en compte toutes les évolutions technologiques pertinentes et l’importance d’une transition économiquement viable et socialement équitable vers une mobilité à zéro émission ». La fin annoncée des moteurs thermiques pourrait donc être remise en cause. Une décision que salue le secteur européen des biocarburants. Le Bureau européen du biodiesel (EBB) espère que toutes les technologies contribuant à la décarbonation du secteur des transports – y compris les carburants durables, à faible teneur en carbone et renouvelables (dont les biocarburants) – seront autorisées à rivaliser sur le marché dans des conditions de concurrence équitables (et pas seulement l’électricité).
Pommes de terre : l’UNPT dénonce les pratiques déloyales d’industriels belges en France
Dans un communiqué du 5 mars, l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) dénonce « une stratégie de pression sur les engagements contractuels, actuels et futurs, se traduisant aujourd’hui par une révision unilatérale des volumes imposée par un opérateur belge majeur et en cascade toutes les structures qui lui sont liées ». Le déclencheur de cette opération est Clarebout, détenteur de l’usine de frites surgelées à Dunkerque, notamment destinées à l’export et aux MDD (marques de distributeurs). Plus en détail, l’industriel belge, suivi par d’autres, a annoncé ces derniers jours aux producteurs français disposer d’un surplus d’offre contractualisée pour la campagne commerciale 2025-2026, dû à un excès d’intention de plantation. En conséquence, il a été imposé une « réduction unilatérale » de leurs engagements de tonnages initiaux de 10 à 20 %, dénonce l'UNPT, alors même que les contrats d’engagements ont été signés par les producteurs ces derniers mois. L’association spécialisée de la FNSEA s'interroge sur les causes de cette situation : « S'agit-il d'un simple manque d’anticipation ou d’une volonté délibérée de déséquilibrer le marché afin d’exercer une pression à la baisse sur les conditions d’achat des producteurs ? »
Miscanthus : l’interprofession officiellement reconnue (JO)
Dans un arrêté paru au Journal officiel le 6 mars, les ministères de l’Économie et de l’Agriculture ont officiellement reconnu l’interprofession française du miscanthus (IFM) comme organisation interprofessionnelle pour le secteur du miscanthus. Alain Jeanroy, président de l'association France Miscanthus, a expliqué à Agra Presse que cette reconnaissance est une étape « dans le développement de la filière (…). L’IFM proposera un accord interprofessionnel à étendre pour financer des actions d’intérêt général ». Il a précisé que l’IFM, présidé par Cyril Cogniard, allait poursuivre le travail lancé par son association sur une meilleure connaissance de la plante et le développement de nouveaux débouchés, tels que les bioplastiques, la bioconstruction ou encore les SAF (carburants d’aviation durable). L’IFM est composée de trois collèges : producteurs de plants, producteurs de miscanthus et transformateurs-conditionneurs. La filière française du miscanthus est en croissance : ses surfaces ont « doublé lors des six dernières années, gagnant environ 1 000 ha par an », rappelle Alain Jeanroy, pour atteindre aujourd’hui environ 11 500 ha. Les débouchés sont principalement la litière animale pour la moitié des volumes produits, un quart environ pour le paillage horticole et la vigne, et le reste pour le chauffage.
Maïs OGM : au Mexique, le Congrès interdit la culture, mais pas les importations
Par une réforme constitutionnelle, adoptée le 5 mars par le Congrès, le Mexique interdit la culture du maïs génétiquement modifié. Néanmoins, rapporte l’AFP, les importations de céréales OGM ne sont pas concernées. Une semaine après son approbation par la Chambre des députés (chambre basse), le projet de la présidente socialiste a été validé par 97 voix contre 16 au Sénat. Il doit, à présent, recevoir le blanc-seing de la majorité des États du pays (soit au moins 17 sur 32) où le parti au pouvoir est majoritaire. L’amendement en question précise que la culture du maïs au Mexique « doit être exempte » de modifications génétiques réalisées « à l'aide de techniques qui surmontent les barrières naturelles ». L’AFP ajoute que le texte permet de planter des céréales améliorées grâce à des méthodes de sélection fondées sur des pratiques traditionnelles, mais interdit la culture de maïs modifié à l'aide de « techniques biotechnologiques modernes ». Cette réforme constitutionnelle intervient quelques semaines après la publication d’un décret annulant les interdictions relatives à l'importation de maïs blanc transgénique pour la consommation humaine, sujet d’un différend avec les États-Unis.
Alimentation animale : la filière européenne réclame un dialogue stratégique
Au Salon de l'agriculture, les représentations française, espagnole et italienne de la nutrition animale, ainsi que le vice-président de la fédération européenne (Fefac), ont réclamé au commissaire européen Christophe Hansen et à Catherine Geslain-Lanéelle, directrice de la stratégie à la DG Agri, l’ouverture d’un « Dialogue stratégique sur le futur des productions animales en Europe » et le maintien d’une production européenne de vitamines et d’acides aminés essentiels. Un exercice qui se situerait dans la continuité du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE, conclu en septembre 2024. La Fefac a appelé à dialoguer avec « tous les maillons de la filière afin d'améliorer leur compétitivité et leur attractivité », rapporte sur LinkedIn Nicolas Coudry-Mesny, président d’Eurofac (filière française) et vice-président de la Fefac. Les représentants ont notamment souligné la nécessité d’ « un accès compétitif » au sucre servant à la production par fermentation et d’un coût énergétique maîtrisé. Ils ont aussi réclamé, dans le cadre du processus de simplification (Omnibus), de limiter le contrôle du devoir de vigilance à la première mise en marché (production et importation en Europe) et d’adapter les exigences à l’égard des matières premières importées en fonction du risque de déforestation par pays et zone de production.
Agenda de la semaine agricole du 10 mars 2025
Lundi 10 mars
Conférence de presse de l'Afa (adjuvants)
Mardi 11 mars
Vote des États membres sur l'interdiction du flufenacet et du flutolanil (comité permanent sur les produits phytosanitaires, jusqu'au 12)
L'Assemblée examine la PPL sur les Safer
La Coméco de l'Assemblée examine la PPL SRP+10
Conférence de la Coopération agricole Luzerne déshydratée
Conférence de presse de la FNCCR (régies) sur l'eau potable
Visioconférence stress hydrique/choux-fleurs (Vegepolys)
Conférence de presse Medfel 2025, à Paris
Mercredi 12 mars
Journées Pesticides de Végéphyl, à Montpellier (jusqu’au 13)
Conférence de presse des sénateurs de la Coméco sur la PPL sur l'assouplissement du ZAN
Jeudi 13 mars
Le Sénat examine la PPL sur l'assouplissement du ZAN
Conférence de Saipol sur la cameline (biocarburants)
États généraux de la lutte contre le gaspillage alimentaire
L'Inrae présente les résultats de 14 projets Dephy Expé
Vendredi 14 mars
Examen par les ambassadeurs des États membres (Coreper) du compromis sur les NGT
Assemblée générale des Agriculteurs méthaniseurs de France, dans le Rhône
Remise du prix Benoît Maria pour l'agroécologie paysanne
Université de la Terre de l’Unesco, avec l’OFB