Agra Business | Viterra/Louis Dreyfus, Pernord Ricard/Mumm, Pink Lady, Biolait

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Négoce : feu vert de Bruxelles pour la vente d'actifs de Viterra à Louis Dreyfus

Dans un communiqué du 7 février, la Commission européenne a donné son accord pour le rachat d’actifs du négociant Viterra par son concurrent Louis Dreyfus Company (LDC). Elle considère que, même après l’opération, aucun problème de déstabilisation du marché ne surviendra, «compte tenu de la position limitée des entreprises», détaille le communiqué. L’opération concerne des outils de transformation de graines oléagineuses (colza et tournesol) basés aux Pays-Bas, en Hongrie et en Pologne. Pour rappel, cette transaction survient dans le cadre du rachat par Bunge de Viterra, deux géants du négoce international des grains, disposant d’installations à travers le monde. Pour pouvoir se conclure, des Etats où sont installés les actifs des sociétés, comme le Canada, réclament certaines conditions, afin d’empêcher des situations monopolistiques, susceptibles de déstabiliser les marchés locaux. L’UE demandait par exemple que Viterra cède certaines de ses possessions dans divers pays de sa zone d’influence. C’est désormais chose faite avec cette opération.

Protéagineux : recul des surfaces de pois d'hiver, progression de la féverole (semenciers)

Thierry Momont, président de la section céréales à paille et protéagineux de la Semae (interprofession des semenciers), a déclaré, lors de la Rencontre Filière Semences à Paris le 6 février, que les surfaces hexagonales de pois d'hiver « seraient divisées par deux » entre 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025). Plus en détail, elles tomberaient à 30 000 ha cette année, contre 60 000 ha l’an passé. Les semenciers tablent sur un chiffre de 100 000 ha à 120 000 ha tous pois confondus (hiver et printemps). Mais ces projections sont susceptibles d’évoluer fortement, en fonction des conditions climatiques du printemps. « Il se pourrait qu'on atteigne à peine les 100 000 ha au total. Le temps humide n'est guère favorable aux implantations de printemps. Heureusement qu'il s'est arrêté de pleuvoir », alerte le président. Selon Agreste, elles s’élevaient à 163 000 ha l’an dernier. En revanche, la féverole, moins sensible aux excès d'eau, verrait sa sole d’hiver progresser annuellement. « Elle doublerait, passant d’environ 30 000 ha à 55 000 ha voire 60 000 ha », se réjouit Thierry Momont. Environ 1/3 reste à semer au printemps. Agreste estimait la surface nationale l’an dernier, variétés d’hiver et de printemps confondues, à 78 000 ha.

Maïs OGM: le Mexique lève ses interdictions sur les importations des Etats-Unis

Le Mexique a fini par céder dans le conflit qui l’opposait aux Etats-Unis en publiant, le 5 février, un décret annulant les interdictions relative à l'importation de maïs blanc transgénique pour la consommation humaine (notamment la fabrication de tortilla) dans le pays. Les Etats-Unis se sont félicités, le lendemain, de cet abandon, eux qui avaient contesté cette législation adoptée en 2023 et obtenu gain de cause en 2024 dans le cadre de l'accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM). «Les Etats-Unis continueront à s'assurer que le Mexique applique ses engagements liées à l'ACEUM et que les mesures prises par Mexico concernant l'agriculture biotechnologique sont basées sur la science», a prévenu le bureau du représentant américain pour le Commerce (USTR) dans un communiqué. L'ACEUM qui a été signé durant le premier mandat de Donald Trump, fait l'objet d'une clause périodique de révision qui doit intervenir a priori en 2026. Mais de nombreux observateurs estiment que le président américain cherche à faire pression sur ses partenaires américains, via les droits de douane de 25% qu’il menace de leur imposer, afin d'avancer la révision de l'accord, voire pour le renégocier.

Cognac : dans un marché tendu, feu vert à l’arrachage sans perte de rendement individuel

L’Inao a validé le 6 févier une modification temporaire du cahier des charges de l’AOC cognac visant l’arrachage sans perte de rendement individuel. «Face aux difficultés d’exportation liées aux restrictions chinoises», son comité vins et spiritueux a accepté la demande interprofessionnelle d’«un nouveau mécanisme de rendement individuel différencié», selon un communiqué. Le viticulteur pourra «conserver le volume de production d’une vigne arrachée temporairement en bénéficiant d’un volume compensateur équivalent», expliquait fin décembre l’UGVC (Union générale des viticulteurs pour l'AOC cognac). Et de souligner l’avantage en termes de coûts de production, «puisqu’on va produire autant sur moins de surfaces, en maintenant le même chiffre d’affaires». Nom du dispositif : Volume complémentaire cognac individuel (VCCI). «Ce VCCI ajouté au rendement annuel ne pourra pas dépasser 12 hectolitres d’alcool pur par hectare», précise le syndicat. Dans son communiqué, l’Inao y voit l’intérêt de «préserver l’équilibre économique des exploitations dans ce contexte de crise».

Spiritueux : Pernod Ricard envisage de céder le champagne Mumm (presse)

Pernod Ricard envisage de céder le champagne Mumm, a annoncé Reuters le 7 février. Le géant français des spiritueux cherche à se concentrer sur les marques haut de gamme de son portefeuille, d’après l’agence de presse citant cinq sources proches du dossier. «Pernod Ricard détermine et évalue régulièrement ses opportunités stratégiques et explore en permanence des options, y compris des cessions ou la rationalisation» des activités, indique le groupe dans un communiqué. Et d’ajouter qu'aucune décision sur une action particulière n'a été prise. Le 6 février, Pernod Ricard a révisé en baisse ses perspectives pour l'année 2024-25, «dans un environnement macro-économique difficile et des incertitudes géopolitiques accrues». Ce repli sera limité à quelques points de pourcentage, assure le groupe. Le géant français des spiritueux évoque «un contexte qui continue à se dégrader en Chine» et dans les ventes en aéroports en Asie, pénalisant Martell, sa marque de cognac. 

Train des primeurs : toujours pas de candidat pour gérer la ligne Perpignan-Rungis

Dans sa réponse à une question posée en octobre par le sénateur communiste Pascal Savoldelli (Val-de-Marne) portant sur l’avenir du «train des primeurs», le ministère des Transports, indique le 6 février qu’«aucun dossier n'a été déposé au 1er décembre 2024» en réponse à l’appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé par l’État en mai. Cet AMI portait sur une nouvelle solution d'acheminement  «idéalement en transport combiné», une fois le terminal de Rungis livré». L'arrêt anticipé de la circulation des trains avait été décidé fin juin 2024 pour permettre la construction d’une nouvelle gare multimodale appelée à remplacer la gare qui accueillait le train des primeurs - sa construction doit s'achever fin 2025/début 2026). «L'orientation du transport ferroviaire des flux primeurs entre Perpignan et Rungis vers la technique du transport combiné a fait en effet consensus auprès des acteurs du marché», rappelle le ministère. L'État accompagne ce projet et finance les travaux pour environ 15 millions d’euros. Lancée en 1986, supprimée entre 2019 et 2020, relancée en 2021 par Jean Castex alors Premier Ministre, cette ligne avait déjà fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) en juillet 2023, qui n’a pas abouti.

Pommes : Pink Lady vise une croissance annuelle à deux chiffres d’ici 2030

À l’occasion du salon Fruit Logistica qui s’est tenu à Berlin du 5 au 7 février, le nouveau président de l’association Pink Lady Europe a annoncé, dans un communiqué, l’ambition d’atteindre 100 millions (M) de consommateurs annuels de la marque de pommes d’ici 2030 contre 70M en 2024. Pour atteindre cet objectif, l’association prévoit de commercialiser 360 000 tonnes de pommes, soit environ deux milliards de pommes. Autrement dit, elle vise une croissance annuelle à deux chiffres, au sein de ses marchés clés, avec des augmentation de volume attendues de 13 % en Allemagne, de 15 % en Italie et de 17 % en France. Une croissance qui doit s’appuyer sur trois piliers, à savoir celui de replacer le consommateur au cœur de la stratégie de marque via notamment «une analyse approfondie des données», mais également celui de développer des outils technologiques visant à «mieux produire» face aux défis climatiques. Enfin, Pink Lady Europe souhaite renforcer les liens entre producteurs, distributeurs et consommateurs. Depuis le début de la saison pomicole actuelle, les ventes ont augmenté de 4% par rapport à l’année précédente. Les principaux marchés sont l’Allemagne (24% des volumes européens de Pink Lady), le Royaume-Uni (18%), la France (16%) et l’Italie (8%), avec une croissance notable de 13% en Allemagne et de 16% en Italie depuis le début de la saison. 

Bovins viande: au moins 70% d’herbe pour le veau d’Aveyron et du Ségala IGP

Le comité national LR/IGP/STG de l’Inao, réuni le 31 janvier, a approuvé le nouveau cahier des charges de l’IGP «veau de l’Aveyron et du Ségala», qui intègre «plusieurs dispositions agroenvironnementales», a annoncé l’Institut de l’origine et de la qualité le 4 février. Ces nouveaux critères visent à «préserver la biodiversité et renforcer la place de l’herbe», d’après un communiqué. Comme le précise l’Inao à Agra Presse, les élevages devront présenter une autonomie alimentaire «d’au moins 70%», et leur surface fourragère principale (SFP) devra comporter au moins 70% d’herbe. Deux autres dispositions visent à préserver la biodiversité. D’une part, les exploitations devront afficher au moins 3% d’infrastructures agroécologiques dans leur SAU (ou au moins 80% de parcelles de moins de 6 ha et de prairie permanente). D’autre part, elles devront comporter au moins 70% de prairies permanentes dans leur SAU ou «au moins 10% de légumineuses». Une procédure d’opposition de deux mois va désormais s’ouvrir avant validation du nouveau cahier des charges. Le veau d’Aveyron et du Ségala (404 exploitations pour 14 000 veaux en 2023) est «un veau non sevré et allaité au pis, ayant à disposition une alimentation complémentaire (fourrages, céréales notamment)», rappelle l’Inao.

Lait bio: après Lactalis, Bioliat annonce aussi un prix stable sur l'année 2024

Après Lactalis, c'est au tour de Biolait d'annoncer, dans un communiqué le 7 février, un prix stable pour ses adhérents sur l'année 2024. «Je suis fier d’annoncer ce prix du lait aux producteurs. Un prix stable, salutaire dans le contexte de la bio que nous connaissons», déclare le président Philippe Marquet, cité dans le communiqué. Le collecteur annonce un prix du lait payé en 2024 à 483 €/1000 litres (contre 482 €/1 000 l l'an passé), auprès des 2100 éleveurs (stable), dont la production 2024 a été de 245 millions de litres de lait bio (270 millions de litres en 2023). De son côté, Lactalis avait aussi annoncé il y a quelques semaines avoir maintenu le prix du lait à 508 €/1000 l (contre 504 €/1000 l en 2023). Une semaine après que le groupe Lactalis a annoncé son intention de réduire ses volumes de 450 millions de litres (Ml) de lait d’ici 2030, Biolait s'était engagée «à étudier toute demande de nouvelle adhésion» de la part de producteurs laitiers laissés sans contrat, à condition «de nouvelles dispositions» qui seraient prises par l'Etat. L'OP demandait la mise en place de programmes opérationnels (PO) dont bénéficient d'autres filières au titre de la politique agricole commune (Pac), ainsi que «le financement direct de la logistique sur les zones peu denses».

Oeufs: flambée des prix aux Etats-Unis depuis un an à cause de l'influenza aviaire

Aux Etats-Unis, le prix moyen de la boîte de douze oeufs, toutes qualités confondues, a progressé de près de 65% sur un an, passant d'environ 2,5 dollars en décembre 2023 à 4,15 dollars un an plus tard, selon un institut statistique officiel. A Washington et dans sa banlieue, les rayons oeufs des supermarchés sont régulièrement vides ou presque. Certains magasins limitent le nombre de boîtes 
vendues par client pour éviter une pénurie. Les oeufs «deviennent chers», commente auprès de l'AFP Samantha Lopez, une étudiante de 26 ans, rencontrée dans une grande surface de la capitale américaine. "C'est assez difficile, (...) mon budget pour la nourriture est déjà très serré.» Pour se justifier de cette hausse des prix, les grandes surfaces n'hésitent pas à placarder des affiches dans les rayons, comme à Washington: «Il se peut que vous remarquiez une augmentation du prix des oeufs en raison de la récente épidémie de grippe aviaire dans le Midwest», le coeur agricole des Etats-Unis, prévient l'une d'elle.

Emballages : tous les Biocoop devraient collecter les contenants en verre en 2025

Tous les magasins Biocoop auront des points de collecte pour emballages de verre réutilisables en 2025, contre 80% aujourd’hui ; la coopérative Biocoop l’a déclaré ce 6 février à l’occasion d’une visite autour de son magasin pionnier de Villeneuve-d’Ascq (Nord), qui fonctionne en boucle locale avec le brasseur Moulins d’Ascq. Les boucles de réemploi sont déployées à l’échelon national depuis 2020 avec l’assistance de Citeo. En pratique, les bouteilles et pots de verre signalisés sont collectés, puis lavés et commercialisés par une quinzaine de prestataires locaux, auprès desquels s’approvisionnent les fournisseurs Biocoop. «Maintenant que les dispositifs sont en place, le principal enjeu pour nous consiste à sensibiliser nos consommateurs», explique Nicolas Dauvé, chargé R&D emballages, dans le dossier de presse diffusé. La pédagogie sera employée, ainsi qu’éventuellement la consigne, comme dans certains magasins consignant les contenants entre 30 et 50 cts. L’enseigne constate qu’un tiers des émissions de CO2 liés aux emballages de sa marque sont dues aux contenants en verre qui ne représentent pourtant que 9% des ventes.

Agrivoltaïsme : une proposition de loi transpartisane limite les projets à 5 MWc

Une proposition de loi (PPL) transpartisane, sur le point d’être déposée par le député Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne), et qu'Agra presse a pu consulter, vise un «partage territorial de la valeur agrivoltaïque», limitant la puissance des installations et proposant un fonds de redistribution. Selon le texte, «une installation agrivoltaïque ne peut dépasser une puissance installée de 5 MWc par exploitation». Des limites existent déjà via les chartes départementales, portées par les chambres d’agriculture, mais restent très disparates (de 1 MWc en Bretagne à 50 MWc en Haute-Marne), d'après notre enquête. La PPL propose un fonds de redistribution territorial «en faveur des projets visant à la structuration économique des filières agricoles, à l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques ou à la transition agroécologique». Un autre volet porte sur la «sécurisation juridique» des contrats. Entre le propriétaire et le producteur agrivoltaïque, un bail emphytéotique doit être conclu, selon le texte, ajoutant que «le propriétaire est rémunéré par l’énergéticien, dans la limite maximale de la rémunération octroyée à l’agriculteur». Entre le producteur agrivoltaïque et le preneur, la convention-cadre s’accompagne d’«un cahier des charges et des servitudes» relatives à «l’entretien et à la conservation, les services rendus à la production agricole, les servitudes».