Agra Business | Unéal/Dijon Céréales, InVivo, pesticides et Wine Paris

hero

Féverole: une filière d'alimentation humaine lancée avec Unéal et Dijon Céréales

Dans les Hauts-de-France, Graine de choc, entreprise créée en 2019, développe la féverole pour l’alimentation humaine, sous forme de légumineuses classiques, mais aussi d'ingrédients pour l’agroalimentaire. Après plusieurs années de R&D, des industriels clients de Graine de Choc s’apprêtent à commercialiser leurs produits. Pour les approvisionner, la société s’est associée aux coopératives Unéal et Dijon Céréales. «Nous devrions, cette année, commercialiser une petite centaine de tonnes de féverole», estime Béatrice Maire, fondatrice de Graine de Choc. «Nous prévoyons des volumes entre 200 et 250 tonnes en 2026, et entre 700 et 800 tonnes en 2030.» La société travaille aussi au lancement d’une filière meunerie. La féverole améliore la structure du sol, tout en fixant l’azote de l’air. Elle est par conséquent un choix intéressant dans une rotation de grandes cultures. Graine de choc exige des semences certifiées bio, à faible teneur en vicine-convicine, des enzymes pouvant entraîner une anémie chez certains sujets. L’entreprise a prévu une marge nette pour les agriculteurs de 1000 €/ha. (Elena Blum)

Céréales: Episens (InVivo) vise 2 Md€ de chiffre d'affaires d’ici 2028

Lancé en 2023, le pôle Episens d’InVivo projette d’atteindre deux milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2028, contre un peu plus de 1 Md€ actuellement. Cette entité – qui regroupe les activités meunerie (Moulins Soufflet), ingrédients (AIT ingrédients) et boulangerie industrielle (Neuhauser) du groupe – a poursuivi ses investissements en 2024: acquisition de deux moulins, remise en route d’une ligne de production de viennoiseries sur le site mosellan de Neuhauser à Folschviller, et d’une nouvelle ligne de production de pains sur le site de Panpor au Portugal. Une nouvelle entité «Episens international» a également vu le jour avec l’ambition de peser 25% du CA global d’Episens. Chaque zone commerciale – Amérique du Nord, Asie, Europe, Amérique Latine et Afrique – est pilotée par des équipes locales et bénéficie d’une politique d’innovation spécifique, adaptée aux attentes des consommateurs et des cultures de chaque continent. En France, la stratégie d’Episens se décline notamment via le déploiement d’une filière «blé responsable» qui engage désormais près de 3300 agriculteurs (soit 300 000 t de farine/an) et d’une filière «bas carbone» pour agir sur le poste fertilisation. Le groupe précise que, lors de la récolte 2024, 20% des approvisionnements à l’échelle d’Episens étaient bas carbone. (Anne Gilet)

Pesticides: vers une confirmation d'annulation d'AMM contre Corteva, selon l’Unaf

L’Unaf (apiculteurs) indique que la cour d’appel de Marseille «devrait confirmer» l’annulation des autorisations de mise sur le marché (AMM) des insecticides Closer et Transform du fabriquant Corteva Agriscience, d'après un communiqué du 10 février. L’Unaf s’attend à ce que le juge suive l’avis du rapporteur public, lequel a conclu, lors d’une audience le 6 février, à l’annulation des AMM pour deux raisons. La première est que «les effets synergiques du sulfoxaflor avec les autres substances actives et les autres coformulants contenus dans les produits n’ont pas été pris en compte au stade de l’évaluation de l’innocuité du produit par l’Anses», rapporte l’Unaf. La seconde est que «l’AMM a été accordée en l’absence d’évaluation établissant que l'utilisation de ces produits n'entraînait pas d'effets inacceptables sur les larves d'abeilles, le comportement des abeilles ou la survie et le développement de la colonie, à court et à long terme, contrairement à l’exigence de la règlementation européenne». L’Unaf avait déjà obtenu l’annulation de ces AMM, elle-même annulée le 15 mars par le Conseil d’État pour une «erreur de droit» concernant les conditions d’emploi des produits.

Céréales à paille/fongicides: progressions des résistances, dont multiples (chercheurs)

Dans une note sur l’évolution des résistances aux fongicides sur céréales à paille parue le 6 février, Arvalis, Inrae et l’Anses dressent un état des lieux par maladie et par mode d’action. Face à une progression des souches résistantes, les instituts recommandent de «n’intervenir que si strictement nécessaire» et encouragent, en premier lieu, le recours «à la prophylaxie, aux variétés résistantes et aux outils d’aide à la décision». Pour minimiser la pression de sélection, la priorité est de diversifier les modes d’action au sein des programmes, sachant que, «sur blé comme sur orge, l’utilisation des SDHI doit être limitée à une seule application par saison». Sur blé, face à la progression des résistances multiples, il convient de «privilégier les fongicides multisites et les spécialités de biocontrôle». Sur orge, pour éviter de sélectionner davantage les souches présentant une résistance multiple, «le recours à l’utilisation d’un mélange trois voies QoI+SDHI+IDM doit être rigoureusement limité aux situations où l’helminthosporiose est très difficile à contrôler». Enfin, pour gérer les rouilles des céréales, le conseil est d’éviter de recourir aux SDHI, mais d’opter de préférence pour les traitements associant triazoles et Qol. (Anne Gilet)

Blé dur: la sole française baisserait encore cette année (Arvalis)

Lors de la Journée blé dur du 6 février à Aix-en-Provence, Matthieu Killmayer, animateur filière blé dur d’Arvalis, a déclaré qu'il estimait «un recul d’environ 5% de la sole hexagonale de blé dur entre 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025), à environ 227 000 ha». Pour rappel, plus de 500 000 ha étaient cultivés en France en 2010. Depuis 2018, la superficie a presque continuellement diminué chaque année. La projection peut encore évoluer, selon les conditions météorologiques du printemps 2025. Une des principales causes de cet effritement des assolements est le mauvais souvenir des récoltes obtenues l’an dernier, tant en volume qu’en qualité, qui a pu décourager certains agriculteurs à ressemer. Tous les bassins de production constateraient des replis. Les plus importants concerneraient le Sud-Ouest et le Centre. «Dans le Sud-Ouest, les qualités n’étaient pas toujours mauvaises l’an dernier, mais les rendements ont fortement chuté. On a constaté du 10 q/ha, voire même des parcelles non récoltées. Et ce en raison d’attaques de pucerons et de cicadelles, spécialement, dans l’Aude et la Haute-Garonne», témoigne Matthieu Killmayer.

Ouverture des programmes opérationnels de la Pac: les cinq nouveaux secteurs choisis

Réservés aux fruits et légumes depuis leur création en 1996, les programmes opérationnels (PO) de la Pac ont été ouverts à de nouvelles filières, comme permis par la programmation 2024-2027. Pour l'attribution des PO intitulés «Autres secteurs», les filières choisies sont les suivantes, indique FranceAgriMer, interrogé par Agra Presse: fourrages séchés; plantes vivantes et produits de la floriculture; veaux sous la mère Label rouge; oléoprotéagineux et légumes secs; et cuniculture. Et de préciser que le secteur du riz «a finalement renoncé au dispositif». Sur l'année 2024, trois secteurs ont déjà bénéficié d'une aide: fourrages séchés (quatre programmes) pour 3,6 M€ en 2024 et 4,7 M€ en 2025; plantes vivantes et produits de la floriculture (trois programmes) pour 4 M€ en 2024 et 3,9 M€ en 2025. Et enfin veaux sous la mère Label rouge (neuf programmes) pour 2,2 M€ en 2024 et 2,1 M€ en 2025. En 2024, trois programmes sont prévus pour les oléoprotéagineux et légumes secs, pour 0,6 M€; et sept programme en cuniculture, pour 0,5 M€. Deux nouveaux programmes vont démarrer dans la filière veaux sous la mère Label rouge en 2025, pour 0,1 M€. Une enveloppe d'environ 10 M€ avait été annoncée en 2022 pour ces «autres secteurs» par le ministère de l'Agriculture. Un budget qui attirait les convoitises, notamment des filières porc et lait, qui ne sont pas retenues jusqu'à présent.

Porc: en Allemagne, première croissance de la production de viande porcine depuis 2016

Après sept années de réduction, la production allemande de viande porcine a renoué avec la croissance en 2024, selon un état provisoire de l’Office fédéral des statistiques (Destatis). Elle a augmenté de 1,9% par rapport à 2023, mais reste à près de 25% du précédent record de 2016. Les abattoirs ont abattu 44,6 millions de porcs en 2024 (+1,2% par rapport à 2023), dont 1,3 millions de porcs importés (-9,2%). L’abattage de porcs élevés en Allemagne a en effet augmenté de 1,6% pour atteindre 43,3 millions de têtes. La remontée de la production de viande porcine en Allemagne succède à deux années de forte chute. En effet, l’indice (base 2000) de la production de viande porcine est passé de 126,6 en 2021 à 107,2 en 2023. En juillet 2023, Business France avait donné plusieurs explications à cette forte baisse: la baisse de la consommation, les difficultés à l’exportation en Asie liées à la présence de la fièvre porcine africaine (PPA) outre-Rhine, ou encore les coûts élevés de l’énergie et des aliments pour porcs. La baisse de la production avait entraîné l’augmentation des importations de porcs élevés hors d’Allemagne, de 20% au premier semestre 2023.

Vin: ouverture du salon Wine Paris, sur fond de craintes de guerre commerciale

Le salon du vin Wine Paris a ouvert ses portes le 10 février, alors que plane la menace de taxes douanières de la part des États-Unis. Lors de l’inauguration, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a évoqué «le regain de tensions géopolitiques». «La perspective d'une guerre commerciale que ravivent les élections américaines est une très grande menace. Le gouvernement est déterminé à défendre ses opérateurs», a-t-elle affirmé. «À l'heure où on se parle, il n'y a pas d'annonces concernant la filière des vins et spiritueux» de la part du gouvernement Trump, «mais il nous faut être vigilants», «ne pas subir», «être attentifs» et «sans naïveté», a renchéri Laurent Saint-Martin, son collègue au Commerce extérieur. Annie Genevard a par ailleurs rappelé un soutien à la trésorerie pour la viticulture et les filières touchées par le climat et les crises sanitaires: «Les premiers prêts [de consolidation garantis par l’État] seront signés pour le Salon de l’agriculture». De son côté, Nathalie Delattre, ministre déléguée au Tourisme, a souligné l'ambition de la France de «devenir la première destination œnotouristique en Europe dans le cadre de notre stratégie 2030». Le pays compte 10 000 caves ouvertes à la visite, selon des données publiées le 10 février par Atout France. L'Hexagone a accueilli 12 millions d'œnotouristes en 2023 (+20% par rapport à 2016).

Raisin de table: en Italie, le raisin noir et le «sans pépins» progressent

Lors du salon Fruit Logistica, qui s’est tenu à Berlin du 5 au 7 février, l’association de la filière italienne du raisin de table (CUT) et le service de soutien à la filière horticole italienne (CSO) ont présenté les données d’évolution du secteur du raisin de table. Résultat: entre 2022 et 2023, le raisin blanc a enregistré une baisse de 1%, passant de 71,9% des parts de marché à 70,9%, tandis que le raisin rouge maintient sa position (22%) et que le raisin noir progresse (7%). «Une légère progression qui confirme toutefois une tendance à la baisse du raisin blanc pour les fournisseurs», rapporte un communiqué du CSO. En revanche, l’évolution est nettement plus marquée en ce qui concerne les parts de marché entre raisin sans pépins et raisins avec pépins. En 2022, le CSO a ainsi enregistré une part de 53% pour le raisin sans pépins, contre 47% pour celui avec pépins. Un an plus tard, le sans pépins a encore renforcé sa position, atteignant 58%, contre 42% pour les variétés traditionnelles avec pépins. Après la pomme, le raisin de table occupe la deuxième place en matière de production et d’exportation dans le secteur des fruits et légumes italiens, rappelle Massimiliano Del Core, président de l’association CUT. Avec près de 70% du volume total de raisins de table importés, la botte est notamment le principal fournisseur de la France en raisins de table.

Roumanie/Bulgarie: face à l'inflation, appels au boycott des supermarchés

L'exemple croate fait des émules: les consommateurs sont appelés à boycotter les supermarchés le 3 février en Roumanie, confrontée à l'inflation la plus élevée de l'Union européenne, avant la Bulgarie le 6 février. En Roumanie, c'est l'extrême droite, en plein essor, qui a lancé le mouvement. «De telles hausses de prix sont inacceptables», a ainsi déclaré la semaine dernière dans une vidéo sur Facebook l'ex-candidat à la présidentielle Calin Georgescu, arrivé contre toute attente en tête du scrutin de novembre, annulé par la suite sur fond de soupçons d'ingérence russe dans la campagne. Il a appelé les Roumains à délaisser la grande distribution pour privilégier «les marchés locaux et boutiques de proximité» vendant des produits roumains. L'inflation, liée selon les économistes à la forte dette et à la lenteur des réformes dans un pays corrompu, s'est élevée à 5,5% en 2024, après avoir atteint un pic de près de 14% en 2022. Une situation qui a alimenté le vote pour les partis d'extrême droite lors des récentes élections. Au total, les trois formations souverainistes ont récolté aux législatives début décembre un tiers des suffrages.

Céréales: l'union de collecte ECU recrute son futur directeur général

L’union de collecte ECU (Europe Crop United), qui assure la collecte et la commercialisation de près de 900 000 tonnes de céréales (dont 65% de maïs) de la CAC (Coopérative agricole de céréales) en Alsace et de sa voisine allemande ZG Raiffeisen, recherche son (ou sa) futur directeur général. Michèle Waegele, qui assure cette fonction depuis 2020, fera valoir ses droits à la retraite en janvier 2026. «L’objectif est vraiment d’anticiper», confie-t-elle à Agra Business. «Nous sommes conscients que le profil recherché est assez pointu, mais nous sommes ouverts à toutes les candidatures, expérimentées ou non. L’idéal serait bien sûr que le futur directeur général parle couramment allemand!» (Anne Gilet)

Pesticides: Clotilde Bois-Marchand nommée directrice du Contrat de solutions

Clotilde Bois-Marchand, ingénieure agronome, remplace Marianne Sellam à la direction de l’association Contrat de solutions, qui rassemble les représentants de firmes (Afaïa, UFS, Phyteis, etc.), l’amont (LCA, FNA, chambres, etc.), les représentations de filières et les interprofessions. Clotilde Bois-Marchand a travaillé à la FNSEA en tant que responsable des dossiers environnementaux, avant de rejoindre, en septembre 2021, l'association Contrat de solutions, en tant que cheffe de projets. Quant à Marianne Sellam, elle est désormais directrice scientifique et technique de l’Acta. (Elena Blum)