Agra Fil du 14 août 2026

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Sécheresse : Genevard réunira les préfets le 27 août pour un « état des lieux »

La ministre de l’Agriculture a annoncé le 13 août sur RTL qu’elle réunira les préfets le 27 août pour qu’ils lui fassent un « état des lieux », afin de « calibrer » le plan d’aide aux agriculteurs affectés par la sécheresse et les canicules. Alors que la FNSEA a chiffré les besoins à plusieurs milliards d’euros, Annie Genevard s’est refusée à chiffrer l’enveloppe globale de ce « plan massif ». Comme annoncé, il comprendra notamment « des aides d’urgence d’appui à la trésorerie » pour les agriculteurs « les plus en difficulté » ; ce dispositif sera « à la main des préfets » et pourra être « déployé assez rapidement, dans les semaines qui viennent ». Par ailleurs, la ministre a indiqué que l’indemnité de solidarité nationale (ISN), visant à compenser « les pertes de production les plus importantes », sera dotée cette année de « plusieurs centaines de millions d’euros, sur la base des prévisions actuelles pertes de récolte ». Annoncé fin juillet et attendu pour la rentrée, le plan CASI (canicules, sécheresses, incendies) comprendra aussi des « prises en charge de cotisations sociales », des « dispositifs de simplification et de dérogation » et des mesures sur la gestion de l’eau, selon un communiqué du 5 août. « Ce n’est pas une sécheresse de plus, mais un épisode inédit aux conséquences très lourdes pour l’agriculture », estimé la ministre sur RTL le 13 août.

Sécheresse/jachères : les non éleveurs peuvent bénéficier des dérogations (ministère)

En raison « de l’ampleur et de la durée exceptionnellement longue de la sécheresse », la Commission européenne a autorisé la France à étendre à tous les agriculteurs – et non plus aux seuls éleveurs – les dérogations à l’interdiction de valoriser les jachères, indique la préfecture du Gers dans un communiqué le 7 août. Dans un contexte de manque de fourrages, les agriculteurs peuvent valoriser leurs jachères depuis le 8 août, « en les récoltant ou en autorisant leur pâturage par le troupeau d’un éleveur », selon le document. « Les services déconcentrés ont reçu des instructions » en ce sens, confirme le ministère de l’Agriculture dans un message à la presse le 13 août. « Toutes les préfectures sont autorisées à prendre ces dérogations. » Les préfectures de plusieurs départements se sont déjà saisies de cette possibilité d’extension aux non-éleveurs, dont notamment le Calvados, l’Eure, le Gers, l’Indre-et-Loire, ou encore l’Ille-et-Vilaine et la Vienne. Les deux types de jachères déclarés dans le cadre de la Pac sont concernées par les dérogations. D’une part les surfaces déclarées comme jachères « classiques », qui sont en règle générale interdites de valorisation durant une période de six mois devant inclure le 31 août. Idem pour celles déclarées comme jachères IAE (infrastructures d’intérêt écologique) dans le cadre des éco-régimes, qui ne peuvent normalement pas être valorisées entre le 1er mars et le 31 août. Pour bénéficier des dérogations, les agriculteurs doivent déposer des demandes individuelles auprès de leur DDT.

Céréales : l’Ukraine a attaqué le plus grand port céréalier de Russie

D’après un article de Reuters du 12 août repris dans plusieurs médias, le port de Novorossiysk, plus grand port d’exportation de grains de Russie, a subi une attaque ukrainienne. L’activité des deux plus grands terminaux céréaliers du site a même été suspendue, ont rapporté quatre sources industrielles anonymes à l’agence. Le premier terminal dispose d’une capacité d’export de 8,5 Mt/an, pendant que celle du second s’élève à 7,1 Mt. Des dégâts auraient été rapportés sur les deux sites, sans plus de précision. Les prix des céréales, particulièrement du blé tendre, au départ du port de Novorossiysk constituent la référence du marché physique mondial. Les cours du blé tendre sur Euronext ont d’ailleurs progressé de 4 à 5 €/t sur la récolte 2026. Rappelons que l’Ukraine subit également, de son côté, d’importantes difficultés pour exporter ses grains, en raison des attaques russes. Les deux pays cherchent des routes alternatives à la mer Noire, qui restera de toute manière difficilement remplaçable. Illustration : dans son rapport mensuel paru hier soir, l’USDA a revu à la baisse les exportations de blé de ces deux pays pour 2026-2027. Les exportations russes sont attendues à 46 Mt, contre 47,5 Mt en juillet, et celles en provenance d’Ukraine à 13,5 Mt, contre 14,5 Mt le mois antérieur.

Foncier : hausse confirmée de l’indice des fermages, de +3,23 % pour 2026

Comme prévu, le loyer des terres agricoles est revu en hausse de 3,23 % pour 2026, selon un arrêté paru le 13 août au Journal officiel. « L'indice national des fermages s'établit pour 2026 à 127,04 » (contre 123,06 en 2025), indique le texte. Cela confirme les prévisions de nos confrères de Réussir, déduits des Comptes de l’agriculture de la Nation, publiés le 7 juillet. Le calcul de l’indice repose en effet à 40 % sur l’évolution de l’inflation sur un an (+1,09 % entre 2024 et 2025) et à 60 % sur celle du revenu brut d’entreprise agricole (RBEA) rapporté à la surface depuis cinq ans (+4,72 % entre 2024 et 2025). 2026 marque ainsi la dixième année successive d’augmentation de l’indice national des fermages. Depuis 2009, il a grimpé de 27 %, n’ayant reculé qu’en 2016, 2017 et 2018. Pour la Coordination rurale (CR), il s’agit d'« une nouvelle charge pour des exploitations déjà fragilisées par la sécheresse, la canicule et un contexte économique mondial incertain ». Dans un communiqué le 15 juillet, l’organisation réclamait « un gel immédiat de l’indice national des fermages pour la campagne 2026, afin de préserver la trésorerie des exploitations et de laisser aux fermiers un répit financier le temps que la situation économique et climatique se stabilise ». Une demande restée vaine.

Pesticides : une exposition prolongée augmenterait le risque de maladie de Charcot (étude)

Une étude menée par des chercheurs québécois tendrait à montrer que l'exposition professionnelle aux pesticides augmente considérablement le risque de développer une sclérose latérale amyotrophique (SLA, maladie de Charcot), rapporte le site ALS News Today le 10 août. L'étude, publiée par la revue Occupational & Environmental Medicine, se compose d’une revue systématique d'études publiées entre 1990 et 2025 (plus de 700 publications) et d'une analyse. Huit études cas-témoins portant sur 1 734 personnes ont été retenues pour l'analyse principale. Les chercheurs ont constaté que les travailleurs ayant été exposés aux pesticides dans le cadre de leur métier présentaient un risque de développer une SLA supérieur de 58 % aux autres travailleurs. Parmi les catégories de pesticides évaluées, les herbicides étaient associés à un risque accru de 71 %, les insecticides et les fongicides, de 57 % et 61 % respectivement. « Malgré le nombre limité d'études et une certaine hétérogénéité, nos résultats viennent renforcer les preuves suggérant que l'exposition professionnelle aux pesticides pourrait accroître le risque de SLA », précisent les chercheurs. Les pesticides ont été évoqués pour la première fois comme un facteur de risque de la SLA il y a plus de 40 ans.

Bovins : un premier cas d’orthobunyavirus détecté dans le Calvados (presse)

Le nouvel orthobunyavirus apparu en France cet été a été confirmé en Normandie par l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), indiquent nos confrères de Réussir Lait le 13 août. Le cas remonte au week-end dernier (8 et 9 août), et a été observé dans un élevage bovin du Calvados, selon le GDS de l’Orne (groupement de défense sanitaire). « D’autres suspicions sont en cours d’investigation » dans le Calvados et la Manche, ajoute l’organisation. Il s’agit du premier foyer hors de la zone d’émergence dans l’Est de la France. Fin juillet, la présence de ce nouveau virus de type Shamonda a été observée « dans une dizaine d’exploitations de vaches laitières des départements du Doubs, du Jura, de l'Ain, de la Haute-Savoie et de la Savoie », ainsi qu’en Suisse et en Allemagne, rappelle le ministère de l’Agriculture. « La situation est évolutive », ajoute la Rue de Varenne. Appartenant au même sérogroupe que le virus de Schmallenberg, ce nouveau virus est suspecté d’avoir provoqué diarrhées et pertes de production chez des vaches laitières ; les analyses sont encore en cours. Toutefois, « son impact est pour le moment jugé faible dans les élevages touchés », relativise le ministère.

Ruminants : 485 foyers de FCO-3 depuis début juin, le Sud-Ouest en première linge

Depuis le début de la nouvelle campagne de comptage, le 1er juin, le ministère de l’Agriculture a comptabilisé, au 6 août, 485 foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3), quasiment tous situés dans le Sud-Ouest. Affectant les ovins, bovins et caprins, cette maladie vectorielle est présente dans une vaste zone s’étirant de l’Hérault jusqu’aux Pyrénées-Atlantiques et de la Dordogne jusqu’au Cantal. Les départements pyrénéens apparaissent comme les plus touchés, notamment les Pyrénées-Atlantiques (195 foyers), les Hautes-Pyrénées (63) et l’Ariège (48). En dehors du Sud-Ouest, seules la Haute-Savoie et la Manche connaissent actuellement des cas (respectivement quatre et un). Lors de la campagne 2025-206, l’Hexagone avait dénombré plus de 7 600 foyers de FCO-3 ; l’Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire), aujourd’hui épargné, était alors particulièrement touché. En revanche, aucun cas du sérotype 8 n’a été détecté depuis le 1er juin (plus de 3 300 foyers en 2025-2026). Idem pour la FCO-4 (aucun cas en Corse en 2026, et depuis 2018 en Fance continentale). Avant l’été, une nouvelle campagne de vaccination, partiellement à la charge des éleveurs, a été relancée contre la FCO-1, absente de France mais présente en Espagne.

Porc : hausse maximale du cours à Plérin sur fond de manque d'offre

Le jeudi 13 août, le Marché du porc français (MPF) a enregistré 5 ct€/kg de  hausse, soit la variation maximale permise par sa convention, une évolution qui « confirme la forte tension liée au manque d’offre de porcs face aux besoins des abatteurs », selon son compte-rendu. Cette hausse porte le cours moyen de référence de la carcasse à 1,705 €/kg. La pression sur l’approvisionnement est d’autant plus forte que la canicule ralentit la croissance des animaux. Ainsi, la semaine précédente, les abattages Uniporc avaient continué de légèrement reculer, tandis que le poids moyen ne progressait que de 110 g, « confirmant l’absence de reconstitution significative de l’offre », selon le MPF. Les analystes décrivent cette hausse française « dans un contexte européen désormais nettement plus ferme ». Ils signalent, dans le commentaire du 13 août, que l’Allemagne a relevé une nouvelle fois sa cotation de 10 ct€/kg. De son côté, « l’Espagne, après une progression plus modérée, pourrait accélérer son mouvement haussier sous l’influence des marchés allemand et français », supposent-ils. Le cours français a continuellement progressé depuis le 15 juin, quand il était à 1,438 €/kg.

Ours : un éleveur raconte avoir été chargé par un ours sur l’estive d’Arréou (presse)

D’après la presse locale, un éleveur aurait été chargé par un ours sur l’estive d’Arréou (Ariège) vendredi 7 août. Éleveur à Soula, Daniel Delteil était monté aider les bergers « pour retrouver un patou, disparu depuis plusieurs jours », rapporte France 3 Occitanie. Photos à l’appui, il raconte avoir été « chargé par un ours brun, qui se serait arrêté à quelques mètres de lui seulement », grognant et la gueule ouverte. Sa chienne de troupeau a également été attaquée et grièvement blessée. M. Delteil indique avoir « déjà vu l'animal quinze jours plus tôt, cette fois à une dizaine de mètres ». D’après le média public, une enquête de l’OFB serait en cours pour déterminer s’il s’agit du même individu, auquel cas il pourrait être classé comme « ours à problèmes ». Plus largement, l’élevage de brebis de M. Delteil aurait subi « 38 cas de prédation ». L’éleveur « craint notamment que l'ours ne se soit trop accoutumé à l'homme », décrivant des tirs d’effarouchement devenus « inefficaces » et des attaques répétées sur des chiens de protection. Pour rappel, fin juillet, la justice avait suspendu un arrêté préfectoral autorisant des tirs d’effarouchement renforcé sur l’estive d’Arréou, pour insuffisance de moyens de protection ; quelques jours plus tard, la préfecture a pris de nouveaux arrêtés, qui ont connu le même sort.

Serres/énergie : aux Pays-Bas, 200 M€ pour poursuivre le développement de la géothermie

Aux Pays-Bas, un dispositif de financement de 200 millions d'euros (M€), mis en place par les banques ING et Rabobank, va être lancé pour permettre la prochaine phase d'un pôle d'énergie géothermique à Centraal Oostland, une région de serres horticoles située en Hollande-méridionale, indique Gaïa Energy, entreprise néerlandaise partenaire du projet, sur son site Internet. Ces fonds soutiendront le développement de nouveaux puits géothermiques, l'extension des infrastructures de chaleur, ainsi que « la poursuite des efforts de durabilité dans le secteur horticole sous serre de la région ». À mesure que le réseau de chaleur s'étendra, plus de 30 exploitations devraient pouvoir accéder à cette énergie durable. Cela leur permettrait de réduire leur dépendance au gaz naturel, tout en renforçant la sécurité d'approvisionnement et la compétitivité de l'ensemble du secteur. « La géothermie exige de la patience et une collaboration étroite. Ce financement nous permet de poursuivre la construction d'un système de chaleur intégré où la géothermie, les infrastructures et l'approvisionnement sont harmonieusement coordonnés. À Centraal Oostland, nous démontrons que cette approche intégrée est non seulement techniquement réalisable, mais qu'elle peut concrètement voir le jour », se félicite Nico Kuipers, directeur général de Gaia Energy.

Kiwis : les importations françaises en hausse sur la campagne 2025-2026

Durant la campagne 2025-2026 du kiwi français (de novembre à avril), les importations ont augmenté de 4 % par rapport à la période précédente, souligne une note d’information de FranceAgriMer publiée le 6 août. Cette hausse s’explique principalement par la progression de l’offre italienne sur la période (+15 %). La production transalpine a en effet été portée par une augmentation des surfaces cultivées et une diversification de l’offre, notamment avec le kiwi jaune. L’origine italienne domine les flux d’importation française avec 55 % de parts de marché. L’autre fournisseur de la France est la Grèce, avec 15 % de parts de marché sur la campagne 2025-2026. Une des raisons avancées tient au dynamisme de la consommation : entre novembre 2025 et avril 2026, les achats de kiwis ont augmenté de 8,7 % sur un an, succédant à une progression supérieure de 9 % sur un an entre mai et octobre 2025 (période où l’offre néozélandaise domine). « Ce qui prouve qu’il y a un véritable engouement des ménages français pour le kiwi mais que la période de production française est peu prise en compte. Les Français n’hésitent pas à acheter des kiwis d’importation », analyse FranceAgriMer.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.