Agra Fil du 1er septembre 2026

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Pesticides : les Vingt-sept finissent par trouver un accord sur l’omnibus

Les ambassadeurs des États membres de l’UE (Coreper) ont fini par tomber d’accord, le 30 septembre, sur la proposition omnibus dans le domaine des pesticides. Un compromis a pu être trouvé sur le point le plus problématique de la négociation : l’abaissement à zéro des limites maximales de résidus (LMR) pour certains pesticides dont l'utilisation n'est plus autorisée dans l'UE en raison de leur caractère particulièrement dangereux. Le mandat convenu par le Conseil de l’UE maintient ce principe après une évaluation d'impact préalable. Le champ des substances concernées est même élargi à celles « dont les conditions spécifiques d'utilisation entraînent des risques inacceptables pour les abeilles mellifères ou les eaux souterraines ». Le reste du texte, sur les autorisations des substances actives, n’a pas évolué depuis plusieurs semaines. Les autorisations sans limite resteraient réservées aux seules substances classées à faible risque (ce qui ne couvre pas l’ensemble des molécules de biocontrôle), tandis que les autres substances pourraient bénéficier d’une autorisation allant jusqu’à quinze ans, avec un renouvellement pouvant atteindre vingt-cinq ans. La présidence irlandaise du Conseil espère désormais pouvoir entamer les négociations avec le Parlement européen une fois que celui-ci aura adopté sa position (probablement au mois de novembre), en vue de parvenir à un accord provisoire sur l’ensemble de ce paquet Omnibus d’ici à la fin de l’année.

UE/Thaïlande : alerte sur les secteurs sensibles en vue de la fin des négociations

Une semaine après avoir annoncé un accord commercial de principe avec les Philippines, la Commission européenne serait en passe de conclure les pourparlers pour un traité de libre-échange avec la Thaïlande, un de ses nouveaux objectifs. C’est ce qu’avancent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dans un message publié le 30 septembre. Le Copa-Cogeca en profite pour mettre en garde, une nouvelle fois, contre toute ouverture de marché supplémentaire pour les secteurs agricoles sensibles (volaille, sucre, riz, amidon) en raison de l’effet cumulatif avec les concessions déjà accordées dans d’autres accords. « L'ALE UE-Thaïlande peut offrir des opportunités, mais son issue finale doit être véritablement équilibrée et respecter pleinement les spécificités de l'agriculture européenne », précise le lobby agricole. De leur côté, les Betteraviers européens (CIBE) ont d’ores et déjà demandé l’exclusion du sucre des discussions commerciales tandis que l’association des transformateurs et des commerçants de volailles de l’UE (AVEC) avait appelé, le 15 septembre à suspendre les importations thaïlandaises après la publication d’un rapport d’audit sanitaire de Bruxelles révélant des manquements dans le système de contrôles officiels.

Pac/second pilier : le gouvernement veut retirer 100 M€ aux régions dans le PLF 2027

Dans le cadre du Comité des finances locales, le 30 septembre, le gouvernement a annoncé qu'il proposera, dans son projet de loi de finances (PLF) pour 2027, que soit supprimée la dotation annuelle de 100 millions d'euros (M€) que l'État verse aux régions depuis 2023 pour les aider à cofinancer les aides à l'investissement et à l'installation. Dans le cadre de la programmation Pac 2022-2027, le gouvernement avait décidé de confier la pleine gestion des aides non-surfaciques aux régions, et de transférer les budgets afférents d'aide d'État (100 M€) et de personnel (385 équivalents temps-plein). Depuis, les conseils régionaux gèrent environ 700 M€ d'aides Feader chaque année, qu'elles cofinancent pour un montant situé autour de 400 à 500 M€. Régions de France dénonce dans un communiqué un « choix incompréhensible » qui va « pénaliser directement la profession agricole ». Les régions espèrent que les débats parlementaires permettront d'effacer cette mesure du PLF. Si elle est maintenue, cette coupe – dont un projet de ventilation a été présenté aux régions – irait de 594 000 € pour la Guyane à 17,09 M€ pour l'Auvergne-Rhône Alpes. Dans un communiqué, l'Occitanie indique que la coupe de 15 M€ la concernant menace le cofinancement de 30 M€ de fonds européens.

Sécheresse/canicules : la Nouvelle-Aquitaine rallonge son budget de 30 M€ pour la « résilience »

Après les Pays de la Loire et la Bretagne, c'est au tour de la Nouvelle-Aquitaine d'annoncer, dans un communiqué le 30 septembre, un renforcement de ses aides à l'investissement, de 30 millions d'euros (M€) sur 2026 et 2027, pour augmenter la « résilience » des agriculteurs, notamment des éleveurs, face aux épisodes de sécheresse et de canicule. Ces moyens sont issus du redéploiement de crédits régionaux et européens, indique la région. Dans le détail, l'enveloppe contient 6 M€ pour l'adaptation des bâtiments d'élevage aux fortes chaleurs et pour relancer le « plan de sécurisation de l’abreuvement des animaux aux champs » en 2027. En sus, 11 M€ serviront à renforcer le « plan de modernisation des élevages » et 1 M€ à « accompagner par du conseil près de 1 500 éleveurs bovins viande ». Enfin, une enveloppe de 1 M€ ira « renforcer les investissements en hydraulique agricole », et une autre de 4 M€ ira à l’« innovation agricole ». D'autres régions ont déjà annoncé des soutiens renforcés en faveur des agriculteurs touchés par la sécheresse : l’Île-de-France a annoncé 5 M€ d’aides. Au-delà du renforcement de ses aides, la Bretagne a annoncé l’activation d’un « dispositif de garantie de prêts bancaires pouvant mobiliser jusqu’à 50 M€ ». L’Occitanie et le Grand Est préparent leurs soutiens.

Fourrages/sécheresse : le Modef demande à Matignon une « intervention de l'armée »

À l'occasion de son entretien avec le conseiller agricole de Sébastien Lecornu, le 30 septembre, le Modef a demandé au gouvernement une « intervention de l'armée » pour acheminer des céréales vers les élevages des zones herbagères, où les manques de fourrages se font déjà ressentir. « Nous avons eu l'impression de lui faire découvrir la gravité de la situation des fourrages », a déclaré à Agra Presse le coprésident du Modef, Frédéric Mazer, éleveur dans le sud des Cévennes. « Des éleveurs nous appellent déjà pour nous dire qu'ils n'ont plus rien. Ce n'est pas de l'argent que l'on demande, mais des fourrages. » Le président du plus petit des syndicats agricoles craint que les récentes pluies n'aient touché que trop peu de régions herbagères. « En dehors des Cévennes, il n'y aura pas d'herbe. Les éleveurs ont six mois de réserve, ils en ont déjà mangé quatre. Que fait-on ? » Au 20 septembre, la pousse cumulée des prairies permanentes était inférieure de 40 % à la période de référence 1989-2018, selon le ministère de l'Agriculture. « On n’a jamais vu une situation comme ça », s’inquiétait le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), Patrick Bénézit, en conférence de presse le 1er septembre.

Changement climatique : Monique Barbut remet son plan pour accélérer l'adaptation

Après un été marqué par une succession de vagues de chaleurs, de canicules et d’incendies, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a remis le 30 septembre au Premier ministre Sébastien Lecornu ses mesures pour « accélérer » la mise en œuvre du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc-3). Publié en mars 2025, ce plan vise à adapter la France à un scénario de réchauffement climatique de 4°C à l’horizon 2100. Le cabinet de la ministre a confirmé auprès de l’AFP la date de remise du document à Matignon, mais n’a pas souhaité faire de commentaire sur son contenu. Le financement du Pnacc-3 reste flou, alors que le gouvernement prévoit un effort budgétaire de 54 milliards d’euros en 2027 pour réduire le déficit public. Un temps évoqué, le relèvement du plafond du Livret A pour financer les mesures gouvernementales et dégager quelque dix milliards d’euros par an a suscité l’opposition du lobby bancaire. Selon une évaluation publiée le 29 septembre par l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), la France aurait besoin d’environ dix milliards d’euros par an pour accélérer l’adaptation au changement climatique. Des dépenses à mettre en parallèle avec les pertes liées au changement climatique : les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe en 2026 ont coûté 113 milliards d’euros, dont près des deux tiers en Italie, en Allemagne et en France a estimé l’assureur Allianz le 25 septembre.

Bovins/DNC : le ministère met en place des visites de surveillance de la vaccination

Un arrêté du ministère de l’Agriculture paru au Journal officiel le 30 septembre instaure des « visites de surveillance » de la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette surveillance active est organisée par le préfet et réalisée dans un « échantillon d’élevages » par des « vétérinaires sanitaires mandatés ». Elle concerne les zones de vaccination, divisées en zones « ZV 1 » (vaccination préventive dans une « bande tampon » sans foyer) et « ZV 2 » (zones réglementées autour des foyers). D’une part, des visites sont organisées « pendant la période de vaccination », c’est-à-dire jusqu’au 30 septembre en ZV 1 et jusqu’au 31 décembre en ZV 2. Ce calendrier de vaccination est d’ailleurs entériné par l’arrêté ; il avait été fixé par le ministère en juillet, après consultation du Cnopsav (« Parlement du sanitaire »). D’autre part, les visites de surveillance se poursuivent après la période de vaccination, dans un délai fixé par le règlement européen n°2023/361 : 8 mois en ZV 1 (surveillance clinique et analyses) et 26 mois en ZV 2 (surveillance clinique et analyses jusqu’à 14 mois, puis surveillance clinique seule). Aucun cas de DNC n’a été observé en France depuis le début 2026. À l’issue de cette période de surveillance qui débute, les zones ZV 1 pourraient recouvrer leur statut indemne à partir du 1er juin 2027.

Pastoralisme : une députée EE-LV dépose une proposition de loi transpartisane

Dans un communiqué paru le 24 septembre, la députée EE-LV Marie Pochon (Drôme) annonce avoir déposé, avec des députés de huit groupes parlementaires (hors extrême-droite), une proposition de loi (PPL) visant à « renforcer le pastoralisme ». Ce texte, qui fait suite à une mission d’information qui a rendu ses travaux en 2025, contient une dizaine d'articles, visant à renforcer la protection et le financement de cette activité (création d'un fonds dédié, sans montant associé). Les mesures visent aussi bien la « gouvernance » des zones pastorales (extension des plans pastoraux territoriaux existant en Auvergne-Rhône-Alpes), leur foncier (création de zones pastorales dans les documents d’urbanisme), le statut des bergers (définition, convention collective, accord de branche) et des chiens de protection (rôle renforcé de l'État dans la médiation et l'information), ou les pratiques environnementales (mise en place de PSE dédiés). En outre, la PPL créerait une définition du pastoralisme dans le Code rural, et reconnaîtrait « la spécificité de cette forme d’élevage extensif fondée sur la mobilité des troupeaux ». Enfin, des articles visent à garantir « un maillage territorial suffisant des services pastoraux sur l’ensemble des territoires concernés par des activités pastorales » et, pour ce faire, à assurer un maillage « suffisant des services d’abattage ».

Influenza : fin de la contrainte de l’enclos pour poulets et pintades en plein air

En cas de risque élevé d’influenza, les poulets et pintades élevés en plein air ne seront plus concentrés sur un parcours « réduit » mais auront accès à leur parcours si celui-ci est « adapté », en vertu d’un arrêté publié dans le Journal officiel du 30 septembre. Cette sortie peut intervenir dès la 8e semaine d'âge et après information préalable du préfet. Elle est aussi conditionnée « à l'obtention d'un résultat conforme lors de l'évaluation annuelle de la biosécurité » (prévue par l'arrêté du 29 septembre 2021) et au respect d'une densité permettant la claustration des volailles en bâtiment fermé. Interrogée sur la portée de cet arrêté, Marie Guyot, directrice du Synalaf (labels avicoles) indique que la décision ministérielle répond à une demande des filières fermières, en épargnant aux éleveurs d’installer les enclos d’un parcours réduit. « Nous avons démontré par les chiffres que les gallinacés de plein air étaient très peu touchés par l’influenza », justifie l’ingénieure. Elle rappelle que les canards ont eu précédemment cette possibilité de parcours adapté. Le syndicat attend l’instruction technique de cette décision pour informer formellement ses adhérents.

Lapin : des effets sur les élevages différents selon les régions (interprofession)

Interrogé par Agra Presse sur les effets des canicules de l’été 2026 sur la filière lapin, le Clipp (interprofession) maintient qu’elle a plutôt bien résisté dans les Pays-de-la-Loire, principale région de production. Explication : les élevages du sud de la Loire sont parés contre les coups de chaud. En Bretagne, deuxième région de production, et dans les Hauts-de-France, les canicules ont eu pour effet principal de fatiguer les reproductrices. Afin de les ménager, les éleveurs limitent les inséminations. En raison de cette moindre reproduction d’une certaine baisse de prolificité, les élevages affectés par les canicules, en Bretagne essentiellement, devraient voir leur production du second semestre 2026 réduite de 10 à 15%, selon les dernières estimations du Clipp. Dans cette filière structurée (95 % des éleveurs étant en OP), sous contrat, les éleveurs sont à la fois naisseurs et engraisseurs. Le lapin est généralement une activité annexe d’une ferme. Le Clipp est engagé à atteindre 30% de logements alternatifs aux cages (essentiellement pour l’engraissement) en 2030.

Noisettes : Unigrains investit dans Unicoque pour l'aider à augmenter la valeur ajoutée

Unigrains, société d'investissement de la filière céréalière (AGPB, AGPM), a annoncé dans un communiqué du 30 septembre avoir souscrit à une émission de titres participatifs d’Unicoque, la première coopérative française de la filière noisette. L’opération vise à accompagner la coopérative dans le développement de produits transformés à plus forte valeur ajoutée et dans une meilleure valorisation de la noisette française, à rebours de son modèle historiquement fondé sur les volumes. Cette nouvelle phase s’articulera autour du développement des activités de décorticage et de transformation, de l’amélioration des capacités de casserie et de tri, du renforcement de la production agricole grâce à la R&D et de nouvelles pratiques culturales. La coopérative souhaite également valoriser les coproduits issus de la noisette dans des applications telles que la biomasse, les emballages, la cosmétique ou la nutrition. Créée en 1990, Unicoque rassemble près de 285 producteurs, traite 10 000 tonnes de fruits à coque par an et représente plus de 80 % de la production française de noisettes. En 2026, elle prévoit de réaliser un chiffre d’affaires d’environ 40 millions d’euros, dont près de la moitié à l’export. 

Endives : baisse de rendements attendue pour la campagne 2026-2027

La production française d’endives (chicons) 2026-2027 pourrait être grevée par les canicules, estime Pierre Varlet, directeur de l’Apef (producteurs), contacté par Agra Presse. « Les effets des canicules vont se faire sentir. Il faudra s’attendre à une baisse des rendements, c’est déjà le cas pour les variétés hyper précoces. Les producteurs pourraient rencontrer des problèmes de maturité : des endives plus petites, plus légères et surtout n’ayant le potentiel de conservation sur 12 mois ». Pour la campagne 2025-2026, la production a atteint 134 300 t, soit +4 % par rapport à 2024‑2025, selon le RNM. « Nous avons eu une belle production », se félicite Pierre Varlet. Surtout, la gestion de la campagne semble avoir été meilleure : « Les frigos se sont vidés à la vitesse demandée par le marché. Les producteurs ont compris qu’il n’était pas possible de vivre toute une saison de commercialisation à 1,20€ le kilo ». La campagne a aussi été marquée par une relative stabilité des cours grâce à cette offre maîtrisée : « Les prix ont connu un creux entre février et avril, au moment où les autres origines, Belgique et Pays-Bas, sont entrées sur le marché, avec de se redresser. Cette année, les endives du Benelux ont été très présentes avec de forts volumes qui ont aussi pesé sur notre capacité d’exportation »,  précise Pierre Varlet. 

Ail : l’origine espagnole pèse sur le segment « premier prix » (syndicat)

Selon le RNM (FranceAgriMer) le marché de l’ail en France restait dans l'ensemble calme au 25 septembre, avec des écoulements réguliers. « Comme la récolte était précoce cette année, la commercialisation a débuté avec deux semaines d’avance. À date, l’ensemble des distributeurs ont basculé sur l’origine française. Même si certains continue encore avec le produit espagnol, sur le segment des premiers prix, ce qui entraîne les cours vers le bas», détaille Hélène Rouffaud, animatrice au sein de l'Aniail (Association nationale interprofessionnelle de l'ail) contactée par Agra Presse. L’Espagne a fortement concurrencé l’ail français en 2026 : « Elle a perdu des parts de marché sur les États-Unis, ce qui l’a poussée à rediriger des volumes vers le marché européen », explique-t-elle. Le différentiel des coûts de production et de main d’œuvre entre les deux origines a fait le reste. À titre d’exemple, le 29 septembre, sur le marché de Rungis, l’ail violet sec 60-80 mm espagnol présentait un prix moyen de 4€/kg contre 7,50€/kg pour son équivalent français. Pour rappel, les calibres ont été très hétérogènes cette année, et l'interprofession a appelé la distribution à valoriser les petits calibres. L’ail premier prix représente 40% des volumes (20% il y a deux ans).

Protéogineux/lait: Olga lance un ingrédient à base de lentille pour boissons protéinées

Olga (ex-Triballat-Noyal) a annoncé le 29 septembre le lancement de l’ingrédient Ingood Clear, présenté comme « la première alternative végétale européenne à base de lentille pour les boissons protéinées ». Précisément, il s’agit d’un « hydrolysat de protéine de lentille française (…) translucide, soluble, faiblement visqueux et riche de plus de 70% de protéines, ce nouvel ingrédient répond à la fois aux contraintes de formulation des industriels et aux nouvelles attentes des consommateurs », selon un communiqué. Olga estime que son ingrédient offre « aux industriels une grande liberté aromatique pour développer des boissons protéinées répondant aux attentes sensorielles des consommateurs. » Avec cet ingrédient, Olga veut répondre à l’essor des boissons riches en protéines « clear », fluides, translucides et légères, par oppositions aux boissons épaisses. En s’appuyant sur une protéine végétale, Olga veut se différencier de la concurrence qui utilise le plus souvent des protéines animales, en particulier laitières. Olga rappelle que « le marché européen de la clear protein connaît une forte progression », marquée par une hausse de 39% des lancements de poudres protéinées clear entre 2020 et 2025.

Vols à la ferme : légitime défense non retenue pour un éleveur, condamné à de la prison

La cour d’assises de la Marne a condamné le 24 septembre Jean-Louis Leroux, l’éleveur qui avait tiré sur un voleur de gasoil dans son exploitation à Ambrières, peut-on lire dans la presse. Il écope de cinq ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique. Retenant une altération de son discernement au moment des faits, la cour a en revanche exclu la légitime défense. La nuit du 1ᵉʳ février 2020, Jean-Louis Leroux (53 ans), victime de dizaines de vols, avait ouvert le feu sur trois hommes, blessant l’un d’entre eux. Cette affaire avait suscité l’indignation du monde agricole, qui avait organisé une marche à Reims, en soutien à l’éleveur. Concernant les coaccusés poursuivis pour vols, ils sont tous reconnus coupables. Diego H. (19 ans), qui a frôlé la mort, est condamné à deux mois avec sursis. Un autre homme à quatre mois de sursis. Tous les deux avaient un casier judiciaire vierge. Le troisième, récidiviste, à dix mois avec sursis probatoire pour une durée deux ans.

Accidents du travail : en Europe, un manque de données concernant l’agriculture

Dans une note d'orientation publiée le 22 septembre, le projet européen Safe Habitus (programme Horizon Europe) met en lumière d'importantes lacunes dans les statistiques de l'UE concernant les accidents agricoles. Elle estime que 42 % des accidents mortels et 38 % des accidents non mortels survenus dans les exploitations agricoles ne figurent pas dans les chiffres officiels de l'ESAW (statistiques d’Eurostat sur les accidents du travail). « Cet écart n'est pas aléatoire : il exclut systématiquement les agriculteurs indépendants et les travailleurs familiaux, qui constituent la majorité de la main-d'œuvre agricole », pointe Safe Habitus. Selon une estimation, le bilan annuel réel des accidents agricoles dans l'UE s’élèverait à environ 545 décès et 206 000 blessures non mortelles, « soit respectivement 1,7 et 1,6 fois les moyennes déclarées de 316 décès et 127 000 blessures. Le caractère volontaire de la couverture demeure la principale cause structurelle de la sous-déclaration pour SafeHabitus : certains Etats membres disposent de systèmes d’assurance accidents obligatoire couvrant les agriculteurs et les travailleurs familiaux, d’autres non.  SafeHabitus appelle à « une réponse nécessaire et coordonnée à l’échelle de l’UE » impliquant la Commission européenne, Eurostat, Eurofound (politiques sociales), l’EU-OSHA (agence d'information sécurité et santé au travail), le SLIC (inspection du travail) et les États membres.

Distribution : Carrefour veut racheter Coccimarket et Coccinelle à Colruyt (presse)

Carrefour souhaite acheter pour 155 millions d'euros le distributeur spécialisé dans le commerce de proximité Codifrance dont Coccimarket et Coccinelle, au groupe belge Colruyt, selon des informations du média La Lettre. L'offre de Carrefour, déposée pendant l'été, a été examinée le 25 septembre en conseil d'administration par Colruyt et « est en bonne voie d'aboutir », selon La Lettre. Carrefour s'engage « à reprendre les 500 salariés et les deux bases logistiques de Codifrance pendant dix-huit mois ». « Les discussions achoppent toutefois encore sur quelques points, comme le nombre de franchisés prêts à passer dans le giron de Carrefour ou encore le choix des magasins situés en Belgique que le distributeur français céderait en parallèle à Colruyt », ajoute La Lettre. Contacté, Carrefour n'a pas souhaité commenter ces éléments. Créé en 1969, Codifrance est un distributeur alimentaire spécialisé dans les commerces de proximité. Sur son site, il dit assurer l'approvisionnement de plus de 3 000 supérettes, dont 800 sous enseigne Coccinelle, Coccimarket, Panier Sympa, VivÉco et Épi Service. L'entreprise a également deux entrepôts de 25 000 m2, l'un dans le Calvados et le second dans le Loiret, où se situe son siège. Son chiffre d'affaires s'est établi à 300 millions d'euros en 2025.

Restauration collective : en Paca, le collectif Relocalisons se lance, financé par la région et l'UE

Le projet collectif Relocalisons, visant la restauration collective de la région Paca, annonce, dans un communiqué le 15 septembre, son « déploiement opérationnel ». Il sera porté pendant deux ans par près de trente acteurs territoriaux (PAT, industriels, Elior, Marché de gros Saint Etienne du Grès…), dont neuf seront cofinancés par la région Sud (171 872 €) et le fonds européen Feader (257 807 €). Entre autres travaux, les partenaires vont identifier les producteurs et établir un paiement équitable avec Max Havelaar France. Dans trois établissements pilotes de restauration collective, les équipes et convives seront accompagnés « vers une cantine plus durable, alliant formation aux produits bruts et éducation au goût ». Et pour faire le lien avec l’agriculture, une logistique opérationnelle sera mise en place. Il s’agira d’aligner « la temporalité de l'amont » avec celle de l'aval et la composition des menus, à travers la planification des cultures.

Sénatoriales : de nouvelles têtes agricoles, dont d'anciens élus CR et FNSEA

Parmi les sénateurs élus pour la première fois lors du scrutin du 27 septembre, plusieurs personnalités agricoles se détachent. Ancien président du CNJA, ancien vice-président de la FNSEA, ancien président de la FRSEA Massif central et ancien vice-président de chambre d'agriculture, l'éleveur Pascal Coste a été élu en Corrèze pour Les Républicains (LR), après avoir été président du conseil départemental depuis 2015. Dans l'Aisne, c'est l'ancien élu de la Coordination rurale, ancien président national des chasseurs de petit gibier, double actif (juriste et exploitant agricole), Paul Mougenot, qui a été élu après plusieurs mandats d'élu local. Sous le mandat de Véronique Le Floc'h, il avait organisé une conférence de presse du syndicat au Musée de la chasse et de la nature. Selon le journal Le Monde, il rejoindrait le groupe d'extrême-droite. Deux autres élus agricoles devraient l'y rejoindre : l’ancienne torera et éleveuse de taureaux, Marie-Pierre Callet, dans les Bouches-du-Rhône ; et l'ancien agriculteur et maire de Cailly (Seine-Maritime), Léon Levasseur.

Ovins : Patrick Soury élu président de la FNO

Patrick Soury a été élu président de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) lors d’un conseil d’administration électif, qui s’est tenu dans la foulée du congrès du syndicat, le 30 septembre à Agde (Hérault). Éleveur en Charente, M. Soury est également président de la section ovine d’Interbev (interprofession bétail et viandes), depuis 2020. Élu pour trois ans, le nouveau bureau de la FNO compte 16 membres en tout, dont trois vice-présidents – Claude Font (Haute-Loire), François Monge (Drôme), Jean-François Hirigaray (Pyrénées-Atlantiques) – et deux secrétaires généraux – Xavier Ingremeau (Deux-Sèvres) et Stéphane Desplas (Aveyron). Inscrivant son mandat dans « la continuité », le nouveau président a estimé que « notre priorité doit rester le revenu des éleveurs ». « La reconquête de la production sera l’un des grands défis de cette mandature », insiste-t-il, en citant trois leviers : « enrayer la baisse du cheptel, installer de nouveaux éleveurs et remettre des agneaux français dans les assiettes ».