Agra Fil du 2 octobre 2026

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Ministère de l'Agriculture : un budget en légère baisse proposé pour 2027

En ajoutant crédits budgétaires et taxe affectées, le budget du ministère de l’Agriculture proposé dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 sera de 3,94 milliards d'euros (Md€), contre 4 Md€ l'an passé, a annoncé le ministère des Finances le 1er octobre. En crédits de paiements, il passe de 3,5 à 3,3 Md€. Cette légère baisse intervient après deux ans de recul, qui suivaient une forte hausse, de plus de 1 Md€ pour le budget 2024, à 5,37 Md€ d'autorisations d'engagements. Comme annoncé par M. Lecornu à la rentrée, le budget prévoit un « suramortissement » des investissements pour les « projets d’avenir » entre 2027 et 2030. Selon l'AFP, le « TO-DE » (travailleurs saisonniers) passe de 449 M€ à « près de 600 M€ ». Le FNGRA (gestion des risques) est « renforcé » de 100 M€ (hausse de la taxe affectée et subvention), retrouvant son niveau de 2025. Le budget de l'Inao (origine et qualité) est augmenté (subvention et taxe rehaussées), tout comme celui de l'ASP (Agence de services et de paiement), de 18 M€. Selon l'AFP, la mission « sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation » perd une centaine de millions d’euros, mais 4 M€ de nouveaux crédits sont consacrés au suivi des PFAS dans l'alimentation, et les moyens de l'Anses sont rehaussés.

Ministère de l'Agriculture : FNSEA et JA insatisfaits, la Conf' critique le suramortissement

Réagissant auprès de l'AFP à la parution du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a dénoncé auprès de l’AFP un texte «pas à la hauteur des enjeux», en l’absence de mesures comme les prêts à taux zéro ou une aide supplémentaire sur le GNR. Dans un communiqué commun, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA déplorent que le texte ne contienne pas «les mesures immédiates de trésorerie tant attendues sur le terrain» et reste «silencieux sur le "plan de rebond" annoncé par le gouvernement il y a un mois». Parallèlement, les deux syndicats contestent la suppression d’une dotation de 100 millions d’euros par an versée aux régions pour les agriculteurs dans le cadre du PLF. La Confédération paysanne voit quant à elle dans le sur-amortissement «un piège dangereux» favorisant le «développement d’outils agro-industriels» au détriment des paysans, poussés à s’endetter. Dans ses 20 propositions budgétaires publiées le 1er octobre, le syndicat déplore aussi en creux que l’enveloppe d’urgence pour 2026 n’ait pas été rallongée, les montants nécessaires étant «20 à 100 fois» supérieurs aux fonds débloqués, et que l’agro-écologie ne dispose pas de plus de financements.

Forêt : vers des moyens renforcés pour la reconstitution des peuplements et l'ONF

Dans le cadre de projet de loi de finances (PLF) pour 2027, le gouvernement de rehausser «de près de 70 M€» d’autorisations d’engagement pour assurer la reconstitution des peuplements forestiers. En réponse au méga-feu de cet été, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait annoncé le 20 juillet que les moyens consacrés au renouvellement forestier seraient « très importants » dans le prochain budget. Dans une décision rendue publique le 15 juillet, le Conseil d'État, saisi par l’association Canopée, avait annulé le décret du 2 mai 2025 instaurant le régime d’aides au renouvellement forestier, faute d’avoir été précédé d’une consultation publique. Dans le PLF 2027, 100 M€ seront par ailleurs mobilisés sur le fonds vert en faveur de la forêt. Le financement de l’Office national des forêts (ONF) est porté à 236 M€, contre 229 M€ dans le PLF 2026 «renforçant notamment les moyens alloués à la prévention des risques, à la protection de la biodiversité et à l’adaptation des forêts au changement climatique». Les effectifs de l’opérateur seront par ailleurs préservés. Enfin, un nouveau programme entièrement dédié à la forêt est créé sur la mission « Écologie, développement et mobilité durables », pour un total de 417 M€ d’autorisations d’engagement

Carburants aéronautiques durables : une taxe kérosène pour les financer

Une taxe frappant les fournisseurs de kérosène est prévue dans le projet de loi de finances 2027, afin de financer le développement de projets dans les carburants durables (non fossiles) pour l'aviation. Cette « contribution » est prévue parmi les mesures de « renforcement des incitations environnementales dans le secteur des transports ». Elle concernerait les fournisseurs de carburants sur « le territoire métropolitain », et serait calculée « au prorata des volumes de kérosène fossile mis à la consommation », précise le texte. La France tâche de se conformer à ses obligations européennes, qui prévoient la montée d'une offre de carburants d'aviation non fossiles, actuellement difficiles à trouver. Le règlement européen RefuelEU Aviation prévoit ainsi une part de carburants non fossiles de 6 % minimum à partir de 2030 dans les réservoirs des avions décollant depuis l'UE, contre 2 % aujourd'hui. La « contribution » est prévue pour financer un système permettant aux compagnies aériennes de se fournir, elles qui sont très critiques face aux prix très élevés et au peu de disponibilité de tels carburants non fossiles.

Sucre : le gouvernement propose une taxe sur les sucres ajoutés et les additifs

Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, présenté le 1er octobre, le gouvernement instaure une nouvelle taxe sur les produits «transformés, emballés», contenant des sucres ajoutés et des additifs, pour lutter contre l’obésité et la progression des maladies chroniques. Le barème de cette taxe sera «croissant selon la teneur en sucres». Serge Papin, longtemps dirigeant du groupement de distribution Système U avant d’entrer au gouvernement en octobre 2025, a argué la veille sur LCI d’un "enjeu" sanitaire, car "il y a trop d’obésité" et de "diabète": "aujourd’hui, un gamin de 9 ans a mangé autant de sucres (...) que son grand-père qui a vécu toute une vie", a illustré le ministre Selon Les Echos, le gouvernement en attendrait 200 millions d’euros de recettes, montant déjà avancé par des députés dans des amendements déposés à l’automne 2025. Le gouvernement s’était alors opposé à une telle taxe après l’adoption en commission à l’Assemblée d’un amendement de députés du camp présidentiel taxant de 4 à 35 euros par quintal les produits transformés sucrés. La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait rendu un avis défavorable, considérant que d’autres leviers pouvaient permettre d’atteindre les objectifs sanitaires, comme des accords avec les industriels. 

Miel : léger recul de la production française en 2026 (interprofession)

Selon l’enquête conduite par Agrex Consulting auprès de 986 apiculteurs, l'interprofession apicole InterApi annonce, dans un communiqué paru le 1er octobre, que la production de miel 2026 se situerait autour de 33 700 t, soit un niveau supérieur à la moyenne des dix dernières années, mais en repli de 2,5 % par rapport à 2025. « Les périodes caniculaires ont fortement pénalisé plusieurs miellées d’été, notamment le tournesol et la lavande », constate l'interprofession. Mais les écarts entre régions « demeurent marqués », précise Interapi. Première région, l’Auvergne-Rhône-Alpes est en légère hausse de 4 % par rapport à 2025, la Bretagne enregistre une production en hausse de 68 % sur un an, tandis que le Grand Est recule de 27 % (après une année 2025 « exceptionnelle »). La production de lavande est en retrait, à environ 400 t, contre près de 1 500 t lors des bonnes années. Le miel de tournesol resterait lui aussi à un niveau faible, avec seulement 3,5 % de la production nationale. La veille, l'Unaf (syndicat) a produit sa propre estimation, à environ 18 à 20 000 t, inférieure à celle de 2025. Elle est à nouveau divergente avec celle de l'interprofession, qui la contestait l'an passé, soulignant que la sienne était la plus proche de celle de FranceAgriMer.

Semences de maïs: production insuffisante, risques de tension pour les semis 2027

La production de semences de maïs n’échappe pas à la règle : elle aussi a été fortement impactée par les conditions climatiques hors norme de ce printemps et de cet été, tant sur la quantité que sur la qualité. « À l’échelle nationale, la profession estime que 70 à 75 % des objectifs seraient atteints, révèle Pauline Boussin-Fort, chef marché semences de maïs chez Bayer Dekalb (18 % de parts de marché). Il manquerait donc entre 25 et 30 % des volumes attendus. Mais derrière ces chiffres se cachent de fortes disparités selon les régions, les Pays-de-la-Loire, le Centre et le Poitou-Charentes étant les plus impactées. Chez Dekalb, nous devrions nous en sortir un peu mieux que la moyenne nationale. » Toutefois, la chef marché n’exclut pas de possibles tensions sur certaines variétés pour les prochains semis, à commencer par les maïs « mixtes », destinés aussi bien au marché du grain que de l’ensilage. « Les éleveurs vont chercher à reconstituer leur stock de fourrage : la sole de maïs fourrage devrait fortement augmenter en 2027 ». Dans les zones davantage tournées vers les grandes cultures, certains agriculteurs pourraient, à l’inverse, après plusieurs années compliquées, être tentés d’arrêter le maïs grain même si, à date, les cours se portent plutôt bien. (Anne Gilet

Semences : naissance de Vylor, spin-off de Corteva

Dans un communiqué du 1er octobre, le groupe américain Corteva a annoncé la finalisation de la séparation de son activité semence, qui devient une entreprise autonome, prenant le nom de Vylor. Chuck Magro en devient le président directeur général, pendant que Nicolas Perraud prend le poste de directeur général de sa branche française. Sur les dix prochaines années, Vylor espère mettre sur le marché « douze innovations portant sur le maïs, le soja ou en encore le blé ». Elle prévoit par exemple le lancement de quatre variétés de soja sur le marché mondial d’ici 2035, dont une exclusivement dédiée à l’Amérique latine. En maïs, le groupe développe notamment « la première variété de maïs NGT multi-résistant aux maladies, qui doit permettre de protéger les rendements tout en réduisant la complexité de la gestion des récoltes ». En blé, le semencier lancera « fin 2027, aux Etats-Unis, Xpedite, le système utilisé pour créer son blé hybride exclusif ». En matière d’objectifs financiers, Vylor vise 11,9 Md$ de ventes nettes et 3,7 Md$ d’Ebitda d’ici 2029, contre respectivement 11,2 Md$ et 3,3 Md$ actuellement.

Engrais: la Fnab réclame l'extension de l’aide aux engrais organiques

Dans un communiqué du 1er octobre, la Fnab (producteurs bio) demande que les agriculteurs bio puissent être éligibles à l’aide aux achats pour l’ensemble des engrais et amendements organiques autorisés en agriculture biologique, arguant que leurs prix ont eux aussi fortement progressé. Elle pointe le fait que lorsque les cours des engrais de synthèse flambent, les agriculteurs conventionnels ont tendance à se reporter sur les engrais organiques, renchérissant leurs coûts. L’organisation étaye ses propos via « des données Insee couplées à des remontées d’agriculteurs et des coopératives bio », qui décrivent une hausse des cours des « engrais organiques élaborés (bouchons) ou les fientes atteignant parfois 20 % à 30 % ». La Fnab regrette que l’aide ne cible que les engrais azotés de synthèse, alors même que les objectifs du plan engrais à moyen terme sont de réduire l’usage des intrants conventionnels. Pour la Fnab, la mesure d’urgence stimule exclusivement leur demande, maintenant « une dépendance structurelle aux énergies fossiles et aux importations ». L’organisation réclame enfin « une concertation rapide avec les services du ministère de l’Agriculture pour définir les critères d’éligibilité précis des types d’engrais organiques concernés ».

Grandes cultures/bio : le gouvernement finance un projet de Milpa en ABC

Dans un communiqué du 30 septembre, le ministère de l’agriculture a annoncé la mobilisation de 15,3 M€ pour deux projets visant à réduire « l’usage des produits phytopharmaceutiques tout en préservant la rentabilité » des exploitations agricoles, dans le cadre de France 2030. Les fonds soutiendront les projets Pragmatic, porté par la société de conseil Milpa spécialisé dans les grandes cultures, et Coop protect, porté par l’union de coopératives Rougeline, spécialisée dans les fruits et légumes. Le projet Pragmatic vise à appliquer les principes de l’agriculture biologique et régénératrice, également appelée agriculture biologique de conservation (ABC), explique à Agra Presse l’un des cofondateurs de Milpa Etienne de la Grandière. Alors que 6 000 ha de grandes cultures sont actuellement engagés dans le programme en France, Milpa vise 50 000 ha d’ici 2030, soit 330 exploitations, et de passer à un indicateur de fréquence de traitements (IFT) compris entre 0 et 0,3. De son côté, Coop protect objective de réduire de 20 % l’IFT chimique sur 143 ha de tomates, fraises et concombres produits sous serre, soit 49 sites de production en Nouvelle-Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans la vallée du Rhône.

Amidonnerie : le chiffre d’affaires passe sous les 3 Md€ en 2025, alerte l’Usipa

Lors d’une conférence de presse précédant son assemblée générale annuelle à Paris le 1er octobre, l’Usipa (amidonniers) prévoit un nouveau recul du chiffre d’affaires de l’amidonnerie française en 2025, de 6,5 %, à 2,9 Md€. La flambée des coûts de l’énergie plombe la compétitivité des usines françaises et européennes, qui perdent des parts de marché sur le marché intérieur mais aussi à l’export. Ajoutons à cela une consommation alimentaire atone, qui reste le débouché principal de l’amidon. L’Usipa pointe une perte de compétitivité structurelle de la filière, les exigences européennes en matière de décarbonation étant bien supérieures aux concurrents internationaux, engendrant des surcoûts. L’année 2026 ne s’annonce guère meilleure, avec des récoltes en grandes cultures en nette baisse. Si le blé s’en sort à peu près, celle de maïs s’annonce catastrophique, laissant supposer le recours accru à l’import, prévient le syndicat. Il réclame ainsi plus de moyens pour accélérer sa décarbonation tout en maintenant sa compétitivité. Cela passe par l’éligibilité à certaines aides européennes, l’adaptation du rythme de la réduction des volumes de quotas carbone gratuits, ou encore la possibilité de recycler les eaux usées traitées en France.

Riz : les Pays-Bas expérimentent la culture pour lutter contre l'affaissement des sols

Pour lutter contre l'affaissement des sols, les Pays-Bas sont en train d’expérimenter la culture de riz. Les chercheurs à l’origine du projet espèrent que la riziculture pourra contribuer à résoudre l’affaissement des sols tourbeux qui s’assèchent, abaissant encore davantage certaines zones des Pays-Bas. « C’est extraordinaire », s’exclame Philippe Terheggen, président de l’association Land van Ons, qui a mis les champs à disposition pour cette culture. Il s’agit pour l’instant d’un essai sur 0,6 hectare. Les acteurs du projet espèrent produire environ trois tonnes de riz à grains courts. Une première récolte expérimentale a déjà été effectuée l’an dernier. L’équipe travaille avec une trentaine de variétés différentes, provenant notamment de Russie, de Chine, du Japon et d’Ouzbékistan, pour déterminer lesquelles s’adaptent le mieux au climat néerlandais. Environ un dixième du territoire néerlandais est constitué de tourbières, que les agriculteurs drainent pour y faire pousser de l’herbe destinée à nourrir leur bétail. En séchant, la tourbe libère des millions de tonnes de dioxyde de carbone tout en provoquant un affaissement des sols, jusqu’à plusieurs centimètres par an dans les zones les plus touchées.

Pommes à cidre : récolte en baisse de 50% en 2026, à un niveau historiquement bas

La récolte de pommes à cidre 2026 est estimée en baisse de 50 % par rapport à 2025, soit « l’une des plus mauvaises récoltes qu’ait connues la filière cidricole française », rapporte l’Union nationale interprofessionnelle cidricole (Unicid) dans un communiqué du 28 septembre. Cette baisse des volumes va entraîner une forte pertes de revenus pour les producteurs de pommes, alors que les charges liées à l’entretien des vergers demeurent. D’ores et déjà, de nombreuses exploitations sont confrontées à « d’importantes difficultés de trésorerie ». Cette raréfaction de la matière première va également affecter les producteurs de cidres, qui rencontrent des difficultés d’approvisionnement en pommes. Au-delà de la campagne actuelle, la filière s’inquiète de l’état des vergers, soumis pendant plusieurs mois à un stress hydrique et thermique « particulièrement intense ». Selon l’Unicid, cet épuisement du verger pourrait en effet entrainer des difficultés pour prochaine campagne. Elle appelle à la mobilisation de tous autour de la filière cidricole française. « Derrière ces chiffres, ce sont plus de 4 000 emplois, des producteurs, des entreprises, souvent familiales, des vergers et des savoir-faire ancrés dans nos régions.», souligne Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unicid.

Pommes bio : la filière Juliet maintient ses volumes, malgré les chaleurs records

Malgré un été marqué par des vagues de chaleur intense, la filière Juliet prévoit de récolter 23 000 tonnes de pommes bio, un niveau équivalent aux années précédentes, a-t-elle indiqué dans un communiqué du 30 septembre. Contrairement à d’autres variétés davantage affectées par les pics de chaleur estivaux, la pomme Juliet est une variété tardive, ce qui lui a permis de limiter son expositions aux périodes les plus chaudes de la saison. Pour rappel, la production française est attendue en baisse de 24 % en moyenne, à 1,162 millions de tonnes, en raison d’une baisse de productivité liée aux conditions climatiques estivales extrêmes. « Dans un contexte climatique de plus en plus exigeant pour l’arboriculture, cette récolte conforte les choix engagés par notre filière depuis vingt-cinq ans », souligne Jean-Noël Carles, président de l’association « Les Amis de Juliet ». L’ambition de la filière est de poursuivre ce développement, en France et dans le monde. Sur les 23 000 tonnes récoltées en 2026, 16 000 tonnes sont destinées au marché du frais. Parmi elles, dont 10 000 tonnes alimenteront la France, et l’Europe. Les 6 000 tonnes restantes prendront la voie de l’export maritime, notamment vers l’Asie (Vietnam, Malaisie, Singapour, Taïwan).

Foncier : Bruxelles épingle les restrictions imposées par la Bulgarie aux étrangers

La Commission européenne a adressé, le 1er octobre, un avis motivé complémentaire à la Bulgarie lui demandant de modifier sa législation sur l'acquisition de terres agricoles pour la rendre conforme au traité de l'UE. La loi bulgare sur la propriété et l'utilisation des terres agricoles impose en effet aux personnes souhaitant acquérir des terres agricoles de résider ou d'être établies depuis plus de cinq ans dans le pays. Introduites en 2014, ces règles nationales restreignent de manière disproportionnée l'acquisition de terres agricoles par des non-résidents et des entités récemment établies, estime la Commission européenne. Bruxelles avait déjà adressé un avis motivé sur ce sujet à la Bulgarie en 2016 mais, déplore-t-elle, « bien que diverses discussions aient eu lieu, la situation perdure à ce jour ». Entre temps, la Cour de justice de l'UE a rendu arrêt en janvier 2024 qui confirme que les règles de l'UE relatives à la libre circulation des capitaux s'opposent à ce qu'il soit exigé d'une personne qu'elle réside dans un pays pendant plus de cinq ans pour pouvoir acheter des terres agricoles. Si la Bulgarie ne met pas sa législation nationale en conformité avec le droit de l'UE dans un délai de deux mois, la Commission pourrait décider de saisir la Cour de justice de l'UE.

Loup : Genevard veut pouvoir reporter les tirs non-utilisés d’une année sur l’autre

« Je me bats, en ce moment-même, pour que les tirs non-utilisés lors d’une année puissent être reportés sur l’année d’après », a annoncé Annie Genevard au congrès de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) le 30 septembre. Cette possibilité ne concernerait qu’une poignée de loups, les plafonds étant presque totalement consommés ces dernières années. Selon les chiffres officiels, en 2025, 190 loups ont été abattus (y compris illégalement) sur un plafond de 192. Les chiffres des années précédentes sont du même acabit : cinq loups « résiduels » en 2024, deux en 2023, cinq en 2022, etc. Par ailleurs, la ministre de l’Agriculture est revenue sur la possibilité pour les éleveurs d’utiliser des lunettes de tir à visée nocturne, introduite par la loi d’urgence : « Les décrets seront publiés début décembre 2026, après les consultations obligatoire d’usage ». Annie Genevard s’est enfin montrée rassurante sur la suspension des tirs par le préfet coordonnateur du Plan loup, qui a été facilitée par un décret paru cet été. « Je veux vous rassurer : il n’y a pas de distinction entre territoires », a-t-elle affirmé. Avant de promettre : « Suspendre les tirs atomiques est l’arme atomique : le préfet utilisera d’autres outils avant cette solution ».

Lait : les distributeurs listent leurs exigences avant les négociations commerciales

La FCD (grande distribution) a énoncé le 1er octobre ses exigences vis-à-vis des industriels laitiers avant les négociations commerciales qui commencent dans un mois. Se présentant comme les défenseurs des intérêts des éleveurs, et des dispositions de la loi Egalim, « la FCD demande que la contractualisation entre producteurs et industriels intervienne avant toute négociation avec la distribution. » La grande distribution « exige que les évolutions de la matière première agricole (MPA) soient respectées et reversées aux producteurs ». Elle demande aussi que les industriels maintiennent « les volumes de lait français, comme les distributeurs s’y engagent pour leurs MDD » et renforcent l’affichage sur l'origine des laits et des ingrédients laitiers utilisés. Ces demandes interviennent dans un contexte de tensions accrue dans la filière laitière. L’amont, affecté par les fortes chaleurs, des pertes de production et des fourrages et inquiet du manque de fourrage à venir, voit dans la revalorisation du prix payé une « urgence absolue », selon un communiqué du 1er octobre de la FNPL (éleveurs, FNSEA) qui soutient la prise de position de la FCD. L’association spécialisée demande aussi que la restauration hors foyer et l’export jouent leur un rôle dans la valorisation du lait.

Lait : les industriels dénoncent «une diversion» des distributeurs

Après la publication le 1er octobre d’une série d’exigences de la part de la FCD (distributeurs) vis-à-vis de l’industrie laitière, la Fnil (industriels) a réagi sans tarder. Dénonçant une « charge de la FCD pour faire diversion à la veille des négociations commerciales », François-Xavier Huard, PDG de la Fnil, a rappelé que la contractualisation dans la filière laitière ne souffre « d’aucun dysfonctionnement majeur ». « On arrive pour négocier toujours avec un contrat, le problème n’étant pas de négocier avant, mais tout au long de la négociation commerciale », souligne-t-il. Sur l’exigence de respect de l’évolution de la matière première agricole (MPA) et de son reversement aux producteurs réclamée par le FCD, il demande que cette MPA soit respectée dans le box de négociations par les distributeurs. « On demande que le prix du lait ne soit jamais remis en cause par les distributeurs », déclare François-Xavier Huard. Enfin, sur la demande de valorisation de l’origine France du lait utilisé par les industriels, il rappelle que « 99% des produits laitiers fabriqués en France le sont à partir de lait français » et s’étonne de la présence en GMS de produits premier prix importés, comme l’emmental par exemple. Il réitère également la demande que les produits fabriqués en France destinés au marché français soient négociés exclusivement en France, et pas dans une centrale européenne. 

Volaille : SBV prévoit 12 000 dindes «Côté Jardin» par semaine pour Grand Frais en 2028

Le boucher Despi (Grand Frais) a récemment signé un partenariat de sept ans avec SBV (Société bretonne de volaille), filiale de LDC, pour la fourniture de dindes élevées selon le cahier des charges « Côté Jardin ». Ces dindes disposent d’une véranda et de 30 % de surface supplémentaire par rapport à la moyenne nationale en élevage classique, ainsi que des objets à picorer, jouets et perchoirs. Au début de cet hiver, la filiale de LDC devrait livrer aux rayons traditionnels de Grand Frais un tonnage hebdomadaire (essentiellement du filet) équivalant à 3 000 tonnes dindes, indique le directeur général de SBV  Laurent Girard. Ce tonnage doit quadrupler d’ici à 2028. Le DG prévoit que l’élevage se partagera à égalité entre les trois organisations de producteurs impliquées (Huttepain Bretagne, Eureden et Selco). Il rapporte l’estimation de ces OP selon laquelle les vérandas équiperont autant de bâtiments d’élevage préexistants que de bâtiments neufs. Et que les constructions et aménagements nécessaires seront financées « quasiment à 100% » par Despi, SBV et les OP, moyennant un investissement collectif d’un million d’euro par an pendant 7 ans. 

Consommation: avec la sécheresse, les prix des produits frais en hausse de 10% sur un an

Les prix des produits frais ont connu en France une forte hausse en septembre : ils ont augmenté de presque 10% sur un an, accélérant nettement par rapport à août, où la hausse était pourtant déjà bien marquée à +5,9%, selon les données provisoires de l'Insee publiées le 30 septembre. Cette hausse particulièrement forte s’explique en partie par un été marqué par plusieurs épisodes de canicules et de sécheresse qui ont durement affecté la production agricole. L'alimentation globale, qui englobe les produits frais, voit ses prix augmenter de 1,5%, contre 1,1% en août. Au global en France, l'inflation a atteint 3% sur un an en septembre, toujours nourrie par la forte hausse dans l'énergie. Après avoir augmenté de plus de 16% en août, les produits énergétiques ont vu leurs prix flamber de plus de 21% en septembre. Toute l'Europe est d'ailleurs concernée par l'inflation : sur un an en septembre, elle frôle les 5% en Espagne, atteint 4,2% en Italie, et passe à 3,3% en Allemagne, à son plus haut niveau depuis trois ans, là aussi dopée par les prix de l'énergie. Dans ses prévisions économiques publiées mi-septembre, la Banque de France soulignait que le pays devrait connaître une inflation moins forte que le reste de ses voisins européens.

Bio : 15,5% de professionnels en infraction sur un échantillon ciblé par la DGCCRF

En 2024 et 2025, plus de 4 800 professionnels vendant des produits biologiques ont été contrôlés, dont 15,5 % ont fait l'objet d'injonctions de mise en conformité ou, dans le pire des cas, d'amendes et de procès-verbaux transmis au parquet, indique la DGCCRF (répression des fraudes dépendant du ministère de l’Economie) dans un communiqué diffusé le 1er octobre. Ce taux ne reflète toutefois pas l'état de l'ensemble du marché, prévient la DGCCRF, étant donné que ces contrôles s'appuient sur un ciblage préalable. L'administration cite en exemple un producteur de champignons qui vendait en toute connaissance de cause, en plus de sa propre production certifiée bio, plusieurs tonnes de champignons d'agriculture conventionnelle achetés auprès d'un grossiste, le tout sous l'étiquette bio. Beaucoup de contrôles ont mis au jour des professionnels vendant du bio sans être certifiés ou déclarés auprès de l'Agence bio. Face aux professionnels de bonne foi, la DGCCRF indique avoir fait preuve avant tout de pédagogie. Parce qu'ils sont généralement vendus plus chers, les produits bio présentent « un risque de fraude important », souligne la DGCCRF. Le marché bio est reparti à la hausse (+3,6% en 2025 selon l'Agence bio) après plusieurs années en demi-teinte.

Outre-mer : le CGAAER propose de mettre en cohérence l'octroi de mer avec le Posei

Dans un rapport sur l’efficacité de l'octroi de mer, remis au printemps et publié le 30 septembre, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) a fait plusieurs propositions de réforme de cette taxe perçue sur les importations et exportations par les départements et régions d’Outre-Mer (Drom). En premier lieu, les hauts-fonctionnaires demandent de résoudre la « complexité du système, son manque de lisibilité globale », qui pourrait entraver « l'arrivée de nouveaux acteurs sur les marchés à l’importation, souvent pointée comme nécessaire aux Drom ». Leur deuxième proposition vise à mettre en cohérence ces octrois avec le Posei, en instituant des taux à 0 % d’octroi de mer externe pour les produits qui bénéficient de subventions européennes à l’importation, et une exonération d’octroi de mer externe pour « les investissements bénéficiant de subventions publiques européennes ou nationales ». En matière de développement, ils recommandent de concentrer l'octroi sur des productions « locales de niche », plutôt que des « produits du quotidien à fort volume de consommation ». Par ailleurs, les auteurs visent « à terme » la mise en place d’un autre type de taxation, la contribution interprofessionnelle étendue (CIE), telle qu'elle existe à La Réunion.

Engrais : Arthur Portier (ex Argus Media) chez Timac Agro

Arthur Portier, ancien analyste-consultant senior d’Argus Media France (ex-Agritel), occupe désormais le poste de directeur grands comptes au sein du producteur d’engrais Timac Agro, filiale du groupe Rouiller, et ce depuis le 1er octobre. Arthur Portier intervenait régulièrement dans les médias, spécialement sur BFM Business, pour livrer ses analyses des marchés céréaliers.

Agenda de la semaine agricole du 5 octobre 2026

Lundi 5 octobre
Session plénière du Parlement européen
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Conférence de presse sur les résultats annuels de Bonduelle 2025-2026

Mardi 6 octobre
Sommet de l'élevage, à Cournon, jusqu'au 9
Salon Fruit Attraction 2026, à Madrid
Séminaire légumineuses, organisé par le Groupe filière légumineuses (GFL)
Conférence de presse des Vignerons coopérateurs de France
Baromètre des circuits courts en Bretagne (Ille-et-Vilaine)

Mercredi 7 octobre
Conférence EGEA 2026 (fruits et légumes), à Montpellier
Journée Inrae-Agro Montpellier-IFV-CTNSP sur la génétique de la vigne
Visioconférence sur les leviers de maintien des systèmes herbagers du bassin Adour-Garonne

Jeudi 8 octobre
Conférence de presse organisé par Cargill sur la recherche et l'innovation
Visioconférence du centre de ressources captages (retour d'expérience des Civam)

Vendredi 9 octobre
Conférence de presse du syndicat des Côtes du Rhône/ Inter Rhône/UMVR sur un prix d'orientation
Congrès AFDR (droit rural), à Strasbourg
Conférence de presse du projet Coopeara, au Sommet de l'élevage

Samedi 10 octobre
Débat sur la sortie des pesticides dans le cadre de l'élection présidentielle, dans le Nord