Agra Fil du 5 octobre 2026

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Cadmium : les taux autorisés dans les engrais seront abaissés à 20 mg/kg en 2030

Le cadmium, un métal lourd toxique présent dans certains engrais, sera limité à 20 mg/kg d'engrais en 2030 contre 90 mg/kg actuellement, a annoncé le 2 octobre le ministère de l'Agriculture, selon l'AFP. Le cadmium « constitue un enjeu sanitaire particulier en raison de sa toxicité et de sa capacité à s'accumuler durablement dans les sols », a justifié le ministère dans un communiqué. Ce seuil de 20 mg/kg rejoint les recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), mais accélère le calendrier prévu de réduction de l'exposition au cadmium. Un projet soumis à consultation au printemps prévoyait d'atteindre cette cible au plus tard en 2038. Les seuils s'abaisseront progressivement, à 60 mg/kg au 1er janvier 2027, rejoignant les normes européennes, puis 40 mg/kg en 2028, explique le gouvernement. Un arrêté publié le 2 octobre fixe par ailleurs à 3 g/ha l'apport annuel de référence de cadmium pour plusieurs catégories de fertilisants à partir de 2027 (lire ci-dessous). En juillet, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué avoir obtenu d'Emmanuel Macron des « garanties » sur plusieurs sujets suffisantes pour qu'elle revienne sur sa démission, parmi lesquels la trajectoire de baisse du cadmium.

Engrais/cadmium : le « socle commun » au JO, trajectoire pour les boues de step à 2030

Attendus depuis quatre ans, les principaux textes du « socle commun » (un décret et deux arrêtés, n°12 et n°13), qui encadre les contaminations de l'ensemble des matières fertilisantes et supports de culture, sont parus le 2 octobre au Journal officiel. Prévu par la loi Agec de 2020, ces textes fixent de nouveaux seuils d’innocuité pour le cadmium, le chrome, le mercure et le plomb, ainsi que les flux de cadmium, chrome, cuivre, mercure, plomb et zinc. Ils prévoient aussi de nouveaux paramètres à respecter sur les dioxines, l’arsenic inorganique, le chrome 6 et les HAP inertes. Les textes parus ce 2 octobre fixent les références à date, mais pas de feuille de route sur les prochaines années, à l'exception du cadmium dans les boues de step (catégorie B2). Pour les boues et digestats, les flux sont abaissés à 10 g/ha/an en 2027, puis à 5 g en 2030. Aucun taux n'est fixé pour 2038 ; le CGAAER craignait que le passage à 2 g proposé par l'Anses ne grève les volumes disponibles. Dans les engrais potassiques, le texte fait passer le taux de cadmium de 90 à 60 mg/kg de P2O5 (soit le niveau européen), mais il ne fixe pas le calendrier de baisse - qui a été annoncé par communiqué le même jour (voir ci-dessus). 

Engrais/carburants : feu vert de Bruxelles à une aide d'État bulgare de 170 M€

La Commission européenne a approuvé, le 2 octobre, en vertu du cadre temporaire pour les aides d’État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime d’aides bulgare d’un montant de 170 millions d’euros (M€) destiné à soutenir les agriculteurs confrontés à la hausse des prix des engrais et des carburants. Dans le détail, ce régime prend la forme de subventions directes plafonnées à 50 000 € par bénéficiaire et s’applique jusqu’au 31 décembre. Dans son analyse, la Commission européenne a jugé le dispositif conforme aux conditions du METSAF, notamment parce qu’il est doté « d’un budget prévisionnel clair » et que les aides seront accordées pour « soutenir temporairement le développement d’entreprises actives dans la production primaire de produits agricoles ». Bruxelles a conclu que ce régime est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique », mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ».

Pesticides : des recours déposés au Conseil d'Etat contre l'épandage par drone

Cinq associations environnementales (Asfa, Amazona, Aeva, Vivre et Toti-Jon) ont déposé mi-septembre des recours devant le Conseil d’Etat contre un décret et deux arrêtés, pris en application de la loi du 23 avril 2025, qui autorisent l’épandage par drones dans les bananeraies ou sur des parcelles dont la pente dépasse 20%. Pour l’heure, seuls sont permis les produits de bio-contrôle, biologiques ou dits à faible risque. Mais «ce qui est à faible risque aujourd’hui, demain on ne sait pas», avertit Béatrice Ibéné, présidente de l’Asfa, l’une des associations ayant saisi le Conseil d’Etat. Cette vétérinaire redoute les «effets cocktails» de ces produits avec les pesticides qui persistent dans les sols, comme le chlordécone. Forte de l’interdiction de l’épandage aérien, obtenue en 2014 dans toute la France, Mme Ibéné refuse que cette pratique «revienne par la fenêtre». Elle s’appuie sur l’agence sanitaire Anses, qui juge trop peu robustes les trois essais menés en Martinique et censés garantir la sécurité des riverains. Face à ces craintes, l’attentisme prévaut en Guadeloupe. Les textes prévoient pourtant des garde-fous: la hauteur de vol est limitée à trois mètres, la vitesse à 18 km/h et la masse au décollage à 200 kilos.

Pesticides : arrivée des drones attendue au 1er janvier en Martinique, attentisme en Guadeloupe

A la Direction de l’agriculture (Daaf) de Guadeloupe, «aucune demande d’autorisation» d'épandage de pesticides par drones n’a été déposée, indique Ramon Taae, chef du service de l’alimentation. Accaparés par une «sécheresse carabinée», les professionnels locaux temporisent, explique Philippe Aliane, directeur général du groupement Les Producteurs de Guadeloupe. M. Aliane salue une belle avancée, mais il attend l’issue des recours et rappelle qu’il faut évaluer la rentabilité d’un double équipement, tracteur et drone. En Martinique, le ton est tout autre. «C’est l’avenir pour lutter contre la cercosporiose noire!», une maladie des feuilles du bananier, s’enthousiasme Jean-Claude Marraud des Grottes, président du groupement Banamart, une coopérative de producteurs de bananes. Après des tests où les drones ne pulvérisaient que de l’eau, il espère lancer les essais réels «au 1er janvier 2027». Son objectif: utiliser «de 30 à 35%» de produits en moins. Son groupement envisage de déployer «une cinquantaine de drones», mais bute encore sur un point de la réglementation concernant les buses qui dispersent le produit. Surtout, ce producteur souhaite pouvoir, à terme, pulvériser par drone les traitements chimiques conventionnels, en raison de la précision de l’engin. 

Pesticides : dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre leur usage

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans l’Eure le 4 octobre, à proximité d’une usine de pesticides pour protester contre leur utilisation en agriculture, à l’initiative d’une cinquantaine d’organisations, a constaté l’AFP. La manifestation s’est tenue près d’une usine du fabricant de pesticides et semencier Syngenta, à Saint-Pierre-la-Garenne. Elle a rassemblé quelque 8.000 manifestants selon la préfecture, 15.000 selon les organisateurs. Après une manifestation dans une ambiance bon enfant, quelques heurts ont éclaté en fin de journée, donnant lieu à des tirs de gaz lacrymogène par les gendarmes, a constaté l’AFP. Le rassemblement est soutenu par une cinquantaine d’organisations, dont la Confédération paysanne et les ONG Soulèvements de la Terre, Cancer Colère et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest (CSVPO). Dans le même temps, d’autres manifestations sont prévues en Suisse ou en Angleterre, dans le cadre d’une campagne «internationale» contre «l’agrochimie», selon Nata, militante aux Soulèvements de la Terre. Les protestations visent «quatre multinationales: BASF, Corteva, Bayer qui a acheté Monsanto, et Syngenta», souligne-t-elle. De son côté, Syngenta assure respecter «pleinement le droit de se rassembler et de manifester», tout en qualifiant l’événement de «mal fondé». Concernant son usine dans l’Eure, «70% de la production actuelle du site est utilisable en agriculture biologique», souligne le groupe dans une réaction à l’AFP. Les activités y sont «arrêtées depuis vendredi matin et ce jusqu’à nouvel ordre» pour «des raisons de sécurité», précise Syngenta.

Coopératives : face à la baisse de collecte, Océalia envisage une activité partielle pour les salariés

« Au regard de la baisse marquée des volumes collectés cet été (-25 %) et cet automne (-50 %), nous envisageons de mettre en place une activité partielle pour près de 70 % des salariés de la coopérative, tant sur le terrain qu’en administratif, pour les trois mois à venir, confie Mathieu Staub, directeur général d’Océalia, interrogé par Agra Business. Les technico-commerciaux conserveront une activité à temps plein pour rester bien présents sur le terrain mais pour beaucoup, le travail se réorganise. Car face à une situation difficile, l’adaptation de nos charges est devenue une priorité définie par le conseil d’administration. » Seulement 10 saisonniers ont été recrutés cet automne, contre 150 l’an passé avec plus de 50 plateformes de réception fermées. « Alors qu’habituellement, nous faisons fonctionner 30 séchoirs, 19 ont été préparés et au final, seuls 2 sont ouverts : une situation qui nécessite, de fait, moins de main d’œuvre. » Pour accompagner au mieux ses adhérents, Océalia a mis en place une prime de recentrage pour qu’ils puissent livrer dans un silo ouvert, parfois un peu éloigné de leur ferme. Les magasins appro aussi enregistrent une baisse d’activité : moins d’intrants vendus, en grandes cultures (phytos, engrais) mais aussi en vigne (phytos, vente de piquets…), dans une région où les surfaces dédiées au Cognac reculent et où les viticulteurs ont réduit leurs investissements de production. (Anne Gilet)

Grandes cultures : Coopérative U veut développer une filière avoine bio française

Dans un communiqué du 2 octobre, le distributeur alimentaire Coopérative U a annoncé la signature d’un nouveau  « contrat de filière » de trois ans pour ses flocons d’avoine bio à la marque U Bio. L’engagement porte sur 1 300 t d’avoine brute bio, correspondant à 650 t de flocons. Cela représente l’intégralité des volumes de deux références (formats 500 g et 900 g), soit plus d’un million de paquets, précise Coopérative U. L’objectif est ainsi de structurer une filière biologique intégralement française, « du champ jusqu'au rayon ». Le nouveau contrat lie le distributeur à l’Union de coopératives Fermes Bio, au floconneur Avena bio et au conditionneur Dailycer. L’avoine est cultivée par Fermes Bio, transformée dans l’Yonne par Avena bio, puis conditionnée par Dailycer. Le contrat intègre un prix minimum versé aux producteurs, complété d’une prime Filière U, dont les montants n’ont pas été communiqués. Les partenaires déploient également « un plan de progrès co-construit avec l’amont agricole » pour accompagner l’évolution des pratiques agronomiques. « La structuration de cette filière avoine illustre notre volonté de consolider la valeur agricole et industrielle en France », déclare Bertrand Morand, responsable des filières de Coopérative U.

Pomme de terre : Lidl mise sur «l’agriculture régénératrice» pour une de ses gammes

Dans un communiqué du 1er octobre, l’un des principaux acteurs français de la grande distribution Lidl a annoncé que sa gamme de pommes de terre « Terre de Progrès » allait désormais être produite selon les principes de «l’agriculture régénératrice». Le projet comprend la participation de trois fournisseurs : Parmentine, Vitalis, et Pom'Alliance. Ces derniers regroupent dix producteurs de pomme de terre. Sept d’entre eux suivront le programme Sols Vivants de l'ONG Earthworm Foundation. Les trois autres « sont engagés dans une démarche évaluée par le tiers de confiance Pour Une Agriculture Du Vivant (PADV) au moyen de l'Indice de Régénération (dont 2 intégrés au programme Covalo) ».  Les volumes concerneront 1 500 t/an. Pour sécuriser les investissements des agriculteurs et ses approvisionnements, Lidl propose un contrat de deux ans. Pour rappel, les exploitants agricoles participant à ces programmes reçoivent une prime afin d’obtenir les moyens de modifier leurs pratiques de production. « La sécurisation de notre filière passe par un changement de modèle agronomique », déclare dans le communiqué Jean-Christophe Monnez, directeur des achats Lidl France.

Pommes/poires : les promesses estivales de la FCD « globalement pas tenue », selon l'ANPP

Les promesses qu'avaient faites les distributeurs de la FCD, le 18 août, d'adapter leurs pratiques commerciales aux épisodes de sécheresse et de canicule, « ne sont globalement pas tenues et les meilleures copies ont à peine la moyenne », estime l'ANPP (producteurs de pomme et de poires) dans un communiqué le 2 octobre. En matière de prise en compte des coûts de production, la filière constate une hausse moyenne de 0,12 €/kg en Golden et Gala, ce qui laisse « encore les deux tiers du chemin à parcourir ». Concernant l'origine, l'offre de pommes « repose quasi exclusivement sur de l'origine France (...) à l'exception de Lidl et de quelques magasins d'autres enseignes ». Mais, en poires, « toute la distribution française, à part Intermarché et Aldi » propose une offre d'origine Belgique, Pays-Bas ou Portugal, selon l'ANPP. L'engagement qui a été le mieux tenu est celui de l'agréage, note la filière : « Pour ne pas voir les rayons se vider, les enseignes ont rapidement revu leurs exigences pour accepter des calibres plus petits. Certains agréeurs continuent toutefois à faire preuve d’un zèle malvenu pour cette récolte. »

Etiquetage fruits/miel : la Belgique en retard sur la Directive Petit déjeuner

La Commission européenne a demandé le 1er octobre à la Belgique de lui notifier l’ensemble des mesures nationales de mise en œuvre des directives Petit-déjeuner, dont fait partie l’étiquetage du miel mais aussi des jus de fruits ou des confitures, alors que le délai de transposition a été fixé au 14 décembre 2025. Une procédure d’infraction avait été lancée janvier avec l’envoi d’une lettre de mise en demeure à l’encontre de plusieurs Etats membres dont la Belgique. Depuis, l’exécutif européen indique que le pays a notifié plusieurs mesures de transposition, mais n’a toujours communiqué aucune disposition transposant l’article 3 et l’annexe II de la directive 2024/1438, qui concernent les confitures, gelées et marmelades de fruits ainsi que la purée de châtaignes sucrée destinée à la consommation humaine. Si la Belgique ne se plie pas à cet avis motivé dans les deux mois, la Commission européenne est en droit de saisir la Cour de justice de l’Union européenne.

Élevage : Genevard attendue sur la Pac et l’assurance des prairies au Sommet de Cournon

Après de récentes actions syndicales portant notamment sur l’assurance des prairies, les représentants des éleveurs attendent Annie Genevard sur ce sujet brûlant au Sommet de l’élevage, du 6 au 9 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Le syndicalisme majoritaire conteste régulièrement l’évaluation des pertes, estimée par un indice satellitaire depuis la réforme de 2023. Dans un contexte de sécheresse historique cet été, « on se retrouve avec des pertes fourragères évaluées à la moitié de ce que donne la réalité », a indiqué David Chauve, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, lors d’une conférence de presse le 2 octobre. Et de prévenir que « les éleveurs pourront avoir des réactions un petit peu virulentes ». Autre dossier dans le viseur : la future Pac, au sujet de laquelle la FRSEA « attend le positionnement de la ministre, sur la scène européenne comme sur les arbitrages nationaux ». Plaidant pour « une Pac très orientée vers la production », David Chauve craint notamment « des fragilités qui peuvent arriver » pour l’enveloppe de l’ICHN. Dernier sujet sur la table : le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), Patrick Bénézit, appelle les opérateurs « à ne pas jouer le court terme » sur les prix des bovins, qui ont lourdement chuté au printemps, avant de se stabiliser à la rentrée.

Bovins/DNC : contraintes allégées sur les mouvements d’animaux en BFC et Aura (ministère)

À la veille du Sommet de l’élevage, le ministère de l’Agriculture a annoncé le 2 octobre des allègements à venir sur les restrictions de mouvements liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes. À partir du 19 octobre, les bovins de ces régions « pourront être exportés vers tous les États membres, et non plus seulement l’Italie, l’Espagne et la Suisse, sous couvert d’un examen clinique et d’une vaccination valide des seuls animaux qui partent ». Quant aux mouvements en France, ils verront leurs contraintes « allégées ». Ces assouplissements sont la conséquence d’une « évolution de zonage », qui vient d’être « acceptée par la Commission européenne » : la zone vaccinale 2 (ZV 2, anciennes zones réglementées) présente dans ces régions devient une zone vaccinale 1 (ZV 1, vaccination sans foyer). Le passage en ZV1 implique aussi une surveillance moins longue. La France a obtenu cette évolution grâce à « la bonne dynamique de revaccination » en BFC et Aura. « Dans quelques semaines, cette campagne de revaccination sera pleinement déployée en Occitanie, ce qui permettra, dès lors que la dynamique sera bien engagée, de porter auprès de la Commission européenne une demande similaire pour obtenir les mêmes allègements », précise la Rue de Varenne.

Loups/bovins : l'expérimentation du Doubs retoquée au tribunal administratif (association)

Dans un jugement rendu fin septembre, le tribunal administratif du Doubs a annulé plusieurs arrêtés préfectoraux pris en 2004 par la préfète coordinatrice du Plan loup, qui aménageaient une expérimentation de tirs facilités dans le Doubs pour protéger les bovins, rapporte Ferus, qui avait déposé plainte. Selon l'association, le juge a retenu l'idée que les tirs ne pouvaient être autorisés avant analyse technico-économique démontrant la « non-protégeabilité » des troupeaux. Depuis 2024, le cadre réglementaire a évolué. D'abord, un arrêté paru au Journal officiel le 22 juin 2025 précise les conditions dans lesquelles des tirs de défense contre le loup peuvent être accordés aux élevages bovins au titre du caractère « non protégeable ». Deux voies permettent d’y accéder. Le cadre général suppose qu’un élevage ait subi une prédation au cours des 12 derniers mois et qu’il ait mis en place au moins une « mesure de réduction de vulnérabilité », dont la liste a été créée par l’arrêté. Le second cas concerne les « territoires soumis à un risque avéré de prédation » (cercle 0 ou 1), où il faut justifier d’une « analyse technico-économique territoriale validée par le préfet coordonnateur ». Plus récemment, la loi d'urgence agricole, promulguée en août, prévoit que les troupeaux de bovins soient reconnus comme ne pouvant être protégés. Mais un arrêté reste à paraitre pour préciser les conditions dans lesquelles le régime de déclaration de tirs de défense s'applique.

Lait : l’AOP abondance veut modifier son cahier des charges sur le fourrage

L’AOP Abondance mène actuellement une réflexion pour modifier de manière pérenne son cahier des charges. « Pour s’adapter au changement climatique, nous réfléchissons actuellement à une modification du cahier des charges afin de pouvoir donner un peu plus de foin provenant de l’extérieur de notre zone délimitée », explique Joël Vindret, directeur du Syndicat de fromage abondance à Agra Presse, prévoyant un dépôt de dossier à l’Inao d’ici la fin 2026. Le cahier des charges actuel prévoit que les éleveurs se sourcent en foin extérieur à la zone à hauteur de 30% maximum. Les fortes chaleurs de cet été ont touché les éleveurs de l’AOP qui ont obtenu une modification temporaire du cahier des charges auprès de l’Inao, publiée au JO le 26 août. Elle prévoit de pouvoir se fournir en foin extérieur à la zone à hauteur de 70%, contre 30%, de pouvoir donner aux vaches un mélange de fourrage haché et de concentrés et de baisser le nombre de jour de pâturage à 120 contre 150. L’AOP abondance fait partie des AOP savoyardes (reblochon, beaufort, raclette, et.) à avoir demandé des modifications temporaires de leur cahier des charges à cause de la sécheresse et du manque de fourrage. A l’échelle des produits laitiers, ce sont 39 AOP ou IGP laitières françaises qui ont demandé des modifications temporaires portant sur l’alimentation des animaux.

Distribution/Russie : Poutine pourrrait rendre les actifs d'Auchan en cas d'accord avec l'Occident

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé le 1er octobre que les actifs des compagnies occidentales dont la Russie a pris le contrôle sur son territoire, parmi lesquels Auchan, Nestlé et Leroy Merlin, pourront être rendus en cas d'accord avec Moscou. Interrogé au forum politique de Valdaï sur le retour de ces actifs en cas de « scénario favorable » avec les Occidentaux, M. Poutine a répondu « Oui, ils les récupéreront ». « Nous ne prenons rien à personne, nous ne volons rien et nous ne nationalisons rien », a insisté M. Poutine, indiquant que les filiales locales en Russie de ces groupes avaient été placés « sous administration externe ». Ces dernières semaines, les autorités russes ont placé sous "administration temporaire" les actifs en Russie des groupes Auchan, Metro, Leroy Merlin et Nestlé. Le Kremlin avait justifié cette mesure par leur appartenance à des pays « inamicaux » envers la Russie et soutenant l'Ukraine. Plusieurs centaines de milliards d'euros d'actifs russes sont gelés en Europe depuis le début du conflit avec l'Ukraine, ce que la Russie dénonce comme illégal au regard du droit international. Elle assimile les sanctions visant ses sociétés à de la concurrence déloyale.

Copa-Cogeca : l’Italien Massimiliano Giansanti rempile pour un nouveau mandat de deux ans

Les organisations agricoles de l’UE (Copa) ont confirmé, le 2 octobre, la réélection pour un nouveau mandat de deux ans de l’Italien Massimiliano Giansanti à la tête de l’organisation. Cet entrepreneur agricole, par ailleurs président de la Confagricoltura - une des principales organisations agricoles italiennes -, avait pris la suite de Christiane Lambert en septembre 2024. L’ensemble du bureau reste inchangé, dont le Français Franck Sander, président de la CGB et vice-président de la FNSEA. « Nous nous battrons pour défendre une politique agricole commune forte, obtenir un budget accru qui suive le rythme de l’inflation, faire avancer le programme de simplification et garantir une politique commerciale cohérente de l’UE. C’est maintenant qu’il faut agir », a réagi Massimiliano Giansanti après sa réélection. La veille, les coopératives agricoles de l’UE (Cogeca) avait également maintenu sa confiance au Suédois Lennart Nilsson (LRF) pour un mandat qui s’étendra jusqu’en 2027. Le Français Mickael Marcerou a également été reconduit parmi les vice-présidents de l’organisation.