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Bovins : malgré la sécheresse, pas encore d’afflux en abattoir

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Selon l’Idele, il est encore trop tôt pour observer un éventuel afflux d’animaux en abattoirs qui serait lié à la sécheresse. Du côté du maigre, la campagne à venir devrait être marquée par des disponibilités en hausse et une demande européenne plutôt dynamique.

Malgré la sécheresse historique de cet été et les inquiétudes sur la ressource fourragère, « il n’y a pas eu d’afflux d’animaux dans les abattoirs », constate Caroline Monniot, responsable du service Économie des filières à l’Idele (Institut de l’élevage), interrogée par Agra Presse le 8 septembre. Sur les semaines 29 à 36 (du 13 juillet au 6 septembre), les abattages de gros bovins sont restés stables (-1 %) par rapport à la même période de 2025. Dans le détail, « il y a eu un peu de vaches laitières en plus » : + 7 % en un an, à comparer à « un niveau assez bas en 2025 », rappelle l’experte. Un phénomène également observé en Allemagne et en Irlande. « Selon la presse allemande, les abatteurs ont actuellement beaucoup de marchandises, mais sont inquiets pour les fêtes de fin d’année », souligne Caroline Monniot, car une partie des animaux habituellement abattus à cette occasion l’ont déjà été.

De leur côté, suivant la tendance de long terme, les abattages français de vaches allaitantes sont « toujours très réduits » (-9 %), tandis que les génisses reculent modérément (-4 %) et que les jeunes bovins allaitants sont stables (+ 1 %). La plus grande réactivité des éleveurs laitiers n’est pas une surprise, explique l’agroéconomiste de l’Idele, car ils assurent un suivi régulier des performances de leurs animaux, via la traite notamment. De leur côté, les éleveurs allaitants prennent habituellement leurs éventuelles décisions de décapitalisation à l’automne, au moment de rentrer les animaux en bâtiment.

Effectifs de jeunes mâles en hausse

Les prochaines semaines seront décisives pour l’évolution du cheptel, avec un important risque de décapitalisation dans un contexte de manque de fourrages généralisé. Selon les derniers chiffres disponibles, « la baisse du cheptel a fortement ralenti ces derniers mois, notamment pour les vaches à viande », constate Caroline Monniot. Fait rare ces dernières années : les effectifs de vaches allaitantes au 1er août ont augmenté de 0,5 % sur un an, soit + 16 000 têtes (pour un total de 3,33 millions de vaches). Quant aux vaches laitières, le rythme de la décapitalisation s’est nettement ralenti, à -1,8 % (contre 2,6 % au 1er janvier). Des signes toutefois insuffisants pour acter un arrêt de la décapitalisation, car on peut y lire l’effet à retardement des maladies vectorielles de ces dernières années, qui ont perturbé le calendrier habituel de reproduction. « C’est comme si les vaches allaitantes avaient vêlé plus tôt que d’habitude cette année », indique Caroline Monniot.

L’automne qui arrive marquera aussi le début de la saison des broutards. Après deux années perturbées par les maladies vectorielles, la campagne à venir devrait être marquée par de meilleures disponibilités. Au 1er août, les effectifs de mâles de six à douze mois nés de mère allaitante progressent de 5 % sur un an, à 631 000 têtes (-1 % par rapport à 2024), indique Caroline Monniot à Agra Presse. Tous ne pourront pas être exportés en vif, car « certains de ces animaux sont déjà mis en place [dans des ateliers d’engraissement] en France ». Pour les plus jeunes animaux (0-6 mois, nés entre février et juillet), les effectifs sont équivalents à 2025, et en recul de 8 % par rapport à 2024. Ce qui peut s’expliquer par la baisse tendancielle du cheptel et par l’effet de traine des maladies vectorielles de l’automne 2024 (décalage des naissances).

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Les cours ont repris des couleurs

Du côté de la demande européenne, Caroline Monniot perçoit du « dynamisme » pour la rentrée, après un été où la consommation a été « atone » en raison de la chaleur. Les exportateurs français « ont fait un bon été » vers les deux principales destinations, selon elle, avec 153 000 bovins exportés en Italie (+ 5 %) et 93 000 en Espagne (+ 4,5 %) sur les semaines 27 à 36 (du 29 juin au 6 septembre, données Traces-DGAL). Quant aux cours des broutards, après une chute au printemps, « ils se sont stabilisés » ces dernières semaines, voire « ont un peu remonté dans certaines catégories », note l’experte de l’Idele. Selon le tableau de bord d’Interbev, en semaine 36 (du 31 août), les broutards charolais de 350 kg cotaient à 4,70 €/kg vif, en hausse sur une semaine (+ 6 ct€/kg), mais largement en baisse sur un an (-22,8 %). Leurs homologues limousins de 300 kg connaissent une évolution similaire.

Pour toutes les catégories de bovins, les cours ont repris des couleurs – ou se sont stabilisés – après la dégringolade du printemps, qui avait provoqué des actions syndicales. À 7,18 €/kg pour la vache allaitante R ou encore à 6,43 €/kg pour le jeune bovin U, ils se situent à des niveaux légèrement supérieurs aux prix de revient des éleveurs (indicateur interprofessionnel pour le premier semestre 2026). Mais, prévient Caroline Monniot, « les prix de revient risquent d’augmenter au deuxième semestre si les éleveurs achètent des fourrages et si le GNR reste élevé ».

YG

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