Trois acteurs du monde de la nutrition et de la santé publique – Julie Chapon (cofondatrice de Yuka), Serge Hercberg (concepteur de l’affichage nutritionnel) et Mathilde Touvier (directrice de recherche à l’Inserm et présidente du Plan national nutrition santé, PNNS) – appellent les parlementaires à mieux encadrer le lobbying agroalimentaire, dans une lettre ouverte publiée le 7 septembre dans le Nouvel Obs. Ils alertent notamment sur les pressions exercées contre le Nutri-Score et Yuka, deux outils visant à rendre accessibles aux consommateurs des informations sur la qualité nutritionnelle des produits. Ces pressions se traduisent, notamment, par la multiplication des procédures judiciaires, la mise en doute des connaissances scientifiques ou encore la mobilisation d’institutions publiques au service d’intérêts industriels.
Pour mieux encadrer le lobbying agroalimentaire au Parlement, ils préconisent trois mesures. La première prévoit une formation obligatoire des parlementaires aux principales techniques de lobbying. Les signataires demandent par ailleurs que soient rendus publics les financements des organisations inscrites sur le registre des représentants d’intérêts auprès de la HATVP. Ils proposent enfin d’étendre au secteur agroalimentaire des obligations de transparence sur les liens entre experts et industrie. Les experts en nutrition devraient également déclarer leurs liens avec l’industrie, financements de recherche compris. Cette déclaration conditionnerait leur participation aux comités qui élaborent les recommandations de santé. La lettre intervient alors que les parlementaires pourraient être amenés à se prononcer sur une éventuelle obligation d’afficher le Nutri-Score lors de la prochaine session.
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JJ