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Bovins viande : la FNB somme Bigard de relever les prix

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Dénonçant une baisse « injustifiée » des prix à la production, les éleveurs de la FNB (bovins viande, FNSEA) se sont mobilisés le 28 juillet devant une quinzaine d’abattoirs du groupe Bigard. Un message qui s’adressait, au-delà du leader français, à l’ensemble de la filière bovine.

À l’appel de la FNB (producteurs de bovins viande, FNSEA) et des réseaux FNSEA et JA, seize abattoirs du groupe Bigard ont été ciblés mardi 28 juillet par les éleveurs afin de protester contre la baisse des prix. « 1 500 éleveurs [se sont relayés] sur les différents sites », rapporte le syndicat sur sa page Facebook. Le mouvement a été particulièrement suivi dans l’Ouest (Côtes-d’Armor, Vendée, Orne, Sarthe, Maine-et-Loire), mais aussi dans l’Est (Marne, Moselle) et en Bourgogne (Côte-d’Or, Saône-et-Loire). Des abattoirs ont également été ciblés dans l’Allier, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn et la Corrèze, ainsi que dans le département du Nord. Il s’agit du deuxième mot d’ordre lancé cette année, après quelques mobilisations plus sporadiques en mai.

Au-delà de Bigard, leader hexagonal de l’abattage, le message de la FNB s’adresse à « tous les maillons » de la filière, appelés à « stopper la baisse » et à « reprendre les hausses ». Après plusieurs années de flambée causée par la décapitalisation au niveau européen, les prix des bovins français ont décroché à partir d’avril. Selon le bulletin hebdomadaire de l’interprofession Interbev, les cours de toutes les catégories ont reculé en semaine 30 (du 20 juillet), de quelques centimes jusqu’à une chute spectaculaire de 64 centimes pour les broutards charolais de 350 kg. « Certaines catégories d’animaux ont été dévalorisées de 600 € » par tête, déplore le président de la FNB, Patrick Bénézit, sur Facebook. Les prix restent à des niveaux élevés, comparables voire supérieurs dans certains cas à ceux de 2025. Mais, dans le même temps, les charges des éleveurs « explosent », et ils ont « une sécheresse à affronter », explique M. Bénézit.

« Fake news » sur l’arrêt de l’export en vif

Depuis le printemps, la FNB dénonce une chute des prix « injustifiée » et conteste les arguments des acteurs du milieu de filière pour expliquer le recul des cours. Dans un communiqué du 21 juillet, le syndicat dénonçait ainsi les « fake news qui circulent » au sujet d’un « prétendu arrêt de l’export » de broutards. « Sur juin et juillet, près de 150 000 animaux vifs ont été exportés vers l’Italie et l’Espagne, soit un niveau équivalent à celui de 2025 », rétorque-t-il. Toutefois, à cette période, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) touchait la Lombardie et une partie de la France, restreignant le commerce, précise l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa dernière note de conjoncture. Du côté des jeunes bovins engraissés en France, les cotations ont continué de fléchir début juillet « sous l’effet d’un marché européen figé par la canicule », souligne l’institut technique. La FNB ajoute que, « en parallèle, les disponibilités ne vont pas s’améliorer ». Entre juillet et décembre, « ce seront 100 000 veaux mâles qui ne seront pas mis sur le marché », indique Patrick Bénézit, reprenant les données de l’Idele.

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Sur le marché intérieur, la consommation montre des signes de faiblesse, après avoir résisté des mois durant à l’inflation. En mai 2026, les achats de steak haché frais par les ménages français ont reculé de 17 % par rapport à mai 2025, alerte Patrick Rietmeyer, spécialiste des achats chez Carrefour, dans un message sur LinkedIn. Le recul de consommation s’accélère pour ce segment habituellement dynamique : les achats des ménages avaient cédé 8 % en avril (pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 %), selon les derniers chiffres disponibles sur le site d’Interbev.

Inflation de 16 % en un an

L’acheteur de Carrefour évoque une « chute historique des volumes », et ce « malgré le fait que les distributeurs ont réduit leur taux de marge sur ce type de produit ». Il attribue cette baisse à la flambée de la viande bovine dans les rayons, qui a connu selon lui « une inflation de 16,5 % sur un an ». Plus largement, la consommation globale de viande bovine, calculée par bilan (ne comprenant pas les stocks des industriels), a reculé de 5,7 % en mai 2026 par rapport à mai 2025. En cumul depuis le début de l’année, la consommation reste stable sur un an (-0,6 %). Un chiffre officiel largement mis en avant ces derniers jours par les éleveurs de la FNB.

YG

Les charges « explosent » et les éleveurs ont « une sécheresse à affronter »

En mai, une « chute historique des volumes » de steak haché