Un traitement curatif de la pollution de l’eau en nitrates et en pesticides est « en moyenne trois fois plus coûteux, que de réduire la pollution à la source, toutes choses égales par ailleurs », selon les conclusions d’une étude menée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie, dévoilée par le média Contexte, et dont l’AFP a pris connaissance le 7 septembre. Le ratio « s’aggrave lorsque la collectivité traite de faibles volumes et lorsque les eaux brutes sont plus fortement chargées en polluants ». Rappelant que les collectivités et leurs services d’eau font face à un « mur d’investissement » pour l’entretien de réseaux vieillissants, l’étude a souhaité « évaluer et comparer, du point de vue économique, les coûts de scénarios préventifs de protection des captages et curatifs de traitement de l’eau brute ». Elle a analysé 21 aires d’alimentation de captage (AAC), « en chiffrant des scénarios sur la base des caractéristiques propres à chacune ».
Si, à long terme, globalement, le curatif coûte 3,2 fois plus cher que le préventif, « pour le service d’eau potable, l’écart en faveur du scénario préventif » se creuse : « Si l’on raisonne du point de vue du reste à charge supporté par le service d’eau », le coût du curatif devient alors « 13 fois plus important », indique l’étude. En outre, l’étude souligne que le scénario préventif comporte « de multiples cobénéfices : coûts évités de surtraitement par une maîtrise voire une amélioration de la qualité des eaux brutes, moindre pollution des milieux naturels, coûts sanitaires liés aux pesticides évités, etc. ». Mais le scénario du « tout préventif » se heurte aux difficultés de mise en œuvre, « sachant que la décision de changer les pratiques agricoles ne revient pas à la collectivité, et dépend d’un contexte national et régional favorable à l’agroécologie », conclut cette étude.
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Le coût du curatif peut même être 13 fois plus important dans certains cas
AFP