Dans un entretien à Libération paru le 16 août, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut indique qu’elle est favorable à « une norme maximale de 20 mg/kg [de cadmium dans les engrais] à horizon 2030, contre 90 mg/kg actuellement ». Une cible qui constituerait une accélération notable par rapport à la position actuelle du gouvernement. Un arrêté est attendu pour fixer une trajectoire de réduction de ce métal lourd toxique présent dans les engrais phosphatés. Après une première marche à 60 mg/kg de P2O5 en 2027, le texte mis en consultation avant l’été prévoit pour 2030 une teneur maximale de 40 mg/kg. Le projet d’arrêté prévoit ensuite, pour 2032, un rapport du gouvernement sur la possibilité de passer à 20 mg/kg au plus tard en 2038. Plus rapide, la trajectoire proposée par Monique Barbut est identique à celle inscrite dans la proposition de loi du député écologiste Benoit Biteau, adoptée par l’Assemblée début juin. De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau avait plaidé en juin pour une trajectoire européenne, tout en relativisant les inquiétudes sur le surcoût provoqué par cette réduction.
Par ailleurs, la ministre a jugé que les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé la quasi-totalité de la loi d’urgence agricole le 14 août, ne sont « pas surprenantes », tout en saluant des clarifications « utiles ». « Je veillerai à ce qu’aucune pression ne soit exercée sur l’Anses pour tenir des délais qui ne seraient pas compatibles avec les exigences d’une expertise scientifique rigoureuse », affirme-t-elle, alors que la loi a ouvert la possibilité de déroger à l’interdiction de deux néonicotinoïdes, après avis de l’agence sanitaire. Pour rappel, après l’adoption de ce texte par le Parlement fin juillet, Monique Barbut avait présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’avait refusée.
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YG