Agra Fil du 3 juin 2026

hero

Pac : les Etats membres réticents à l’idée de renforcer la définition de l’agriculteur actif

Lors d’un débat le 1er juin en comité spécial Agriculture, les experts des Etats membres ont exprimé leur préférence pour le maintien du statu quo, s’opposant à une définition plus stricte de la notion d’«agriculteur» dans le cadre de la future Pac. Après des discussions intenses, les ministres de l’Agriculture avaient obtenu le retour de la définition de l’agriculteur dans leur giron et non, comme le proposait la Commission européenne, dans celui des ministres des finances. Selon un projet préparé par la présidence chypriote, un agriculteur serait «une personne physique ou morale, ou un groupement de personnes (…) exploitant une exploitation dont l’activité principale est une activité agricole». Mais le dossier est loin d’être clos. Bruxelles souhaite en effet que cette définition soit complétée par la notion d’agriculteur actif. Dans le cadre de leurs plans stratégiques sur la Pac, la présidence propose que les Etats puissent préciser des éléments qui garantissent un lien plus étroit avec l’activité agricole tout en permettant une flexibilité suffisante pour couvrir la diversité des modèles agricoles, y compris les agriculteurs à temps partiel, les agriculteurs à activités multiples et les petits exploitants. La question sera approfondie par les ministres des Vingt-sept lors de leur réunion du 22 juin à Luxembourg et le dossier sera aussi abordé dans le règlement financier relatif aux plans de partenariats nationaux et régionaux, pour lequel la présidence compte faire adopter une orientation générale partielle le 16 juin.

UE/Etats-Unis : premier feu vert au Parlement européen, adoption définitive le 16 juin

Les eurodéputés de la commission du Commerce international (Cominta) ont, à une très large majorité (par 31 voix contre 6 et 3 abstentions), donné leur feu vert à l’accord politique obtenu le 19 mai à l’issue de négociations interinstitutionnelles concernant les textes mettant en musique la déclaration transatlantique obtenue en juillet à Turnburry (Écosse). Une adoption dont s’est félicité le social-démocrate allemand Bernd Lange, par ailleurs président de la Cominta. Il précise, en outre, que le texte inclut les principales revendications du Parlement européen comme « un filet de sécurité solide assorti d’une clause de déchéance (ou « sunset clause »), des dispositions en matière de révision et des garanties contre de nouveaux droits de douane américains ». L’adoption définitive de l’accord en plénière du Parlement européen devrait à présent avoir lieu lors de la séance du 16 juin à Strasbourg. Cela permettrait de finaliser la procédure avant la fin de la présidence chypriote (30 juin) du Conseil de l'UE et ainsi respecter la date butoir du 4 juillet fixée par le président américain Donald Trump pour imposer de nouvelles surtaxes.

Climat : l'ONU juge « probable à 80% » un épisode El Niño cet été

Le développement d’un épisode El Niño est probable à 80 % entre juin et août, augmentant le risque d’événements météorologiques extrêmes dans les prochains mois, a alerté le 2 juin l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Selon la dernière mise à jour de l’agence onusienne, les températures « exceptionnellement chaudes » des eaux du Pacifique tropical favorisent les conditions de la formation d’un épisode El Niño. L’OMM estime par ailleurs à environ 90 % la probabilité que cet épisode se maintienne au moins jusqu’à novembre et table sur un « épisode au moins modéré, voire fort ». Entre fin avril et mi-mai, la température de surface de la mer dans le centre-est du Pacifique équatorial s’est rapprochée des seuils caractérisant ce phénomène, sous l’effet des températures « exceptionnellement élevées » sous la surface, dépassant de plus de 6°C les normales saisonnières, note l’OMM. Parallèlement, les valeurs de l’indice d’oscillation australe, la composante atmosphérique d’El Niño, « concordent » avec la mise en place de conditions d’apparition du phénomène, ajoute l’organisation. « Nous devons nous préparer à un épisode El Niño potentiellement puissant, qui exacerbera la sécheresse et les fortes pluies et augmentera le risque de vagues de chaleur à la fois sur les terres émergées et dans les océans », a prévenu la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, citée dans un communiqué. 

Machinisme : Trump annonce une baisse des droits de douane sur le matériel agricole

Le président américain Donald Trump a signé, le 1er juin, un décret permettant d’alléger les droits de douane pour certains produits dont le matériel agricole alors que le secteur souffre d’une hausse des coûts en raison de la guerre au Moyen-Orient. Dans le détail, le texte permet d’abaisser de 25% à 15% les taxes sur les machines telles que les moissonneuses et moissonneuses-batteuses, ainsi que d’autres équipements agricoles. En outre, l’administration américaine souhaite inciter les entreprises étrangères à utiliser davantage d'acier et d'aluminium américains en leur faisant bénéficier d'un taux de droit de douane de 10 %, si leurs équipements comprennent au moins 85 % d'acier ou d'aluminium américain fondu et coulé ou fondu et moulé en poids. La Maison Blanche précise toutefois que ces modifications tarifaires destinées à « stimuler l’investissement à court terme », notamment dans l’agriculture, et à « reconstruire la base industrielle du pays » sont temporaires. Elles devraient entrer en vigueur à partir du 8 juin et être valables jusqu'au 31 décembre 2027.

Loi d'urgence : l'Assemblée nationale adopte le texte à une large majorité

À l'issue de son examen en première lecture, les députés ont adopté, le 2 juin, le projet de loi d'urgence agricole à 369 voix pour, et 178 voix contre, grâce aux voix du Rassemblement national, du centre et de la droite. L'examen du texte va se poursuivre au Sénat, où la droite est majoritaire. Il débutera en commission le 17 juin, puis en séance publique le 29 juin. En théorie, le centre et la droite sont en position de force ; ils disposent de sept voix sur quatorze en commission mixte paritaire (CMP), et peut-être d'une huitième si la règle du siège tournant est en leur faveur – cela dépendra du nombre de textes examinés avant le PJL. Le texte adopté en CMP devra toutefois convaincre l'Assemblée, où le Rassemblement national devrait jouer un rôle important. Lors d'un point avec la presse, le ministère de l'Agriculture a indiqué son satisfecit de retrouver la « quasi-totalité » des thèmes qu'elle souhaitait aborder, avec toutefois de grosses divergences avec le texte adopté par les députés sur les relations commerciales (instauration d'un prix plancher, suppression des tunnels de prix), le commerce international (interdiction des denrées produites avec des molécules interdites en France), ou encore l'approvisionnement des cantines (prix plancher, priorité aux produits locaux...). Le ministère ne manifeste pas de velléités d'introduire de nouvelles dispositions, notamment après le rapport sénatorial sur les marges ; il se dit en attente de propositions sur ce point.

Loi d’urgence/environnement: AgriParisSeine demande au Sénat de renforcer le texte

Dans un communiqué le 2 juin, le collectif d’agglomérations AgriParisSeine appelle le Sénat à « renforcer l’ambition » de la loi d’urgence agricole, qui devait être votée par les députés ce jour. Le collectif, qui rassemble neuf collectivités du bassin de la Seine du nord de l’Yonne au Havre, demande aux parlementaires d’introduire un objectif de 10% de produits équitables en restauration collective afin de garantir « une juste rémunération » des agriculteurs. « Le commerce équitable, c’est aussi un marché Nord-Nord avec des produits français qui représentent près de la moitié du marché équitable en France (49 %) », souligne-t-il. Il demande la suppression de l’allongement de la durée pendant laquelle la certification environnementale de niveau 2 (CE2) entre dans le champ des produits durables et de qualité en restauration collective. De plus, il regrette la suppression de « la notion de sobriété à l’hectare » dans le cadre de l’irrigation, et estime qu’il faut « hiérarchiser » les usages de l’eau « en priorisant les productions agroécologiques, sobres et respectueuses de la ressource, et orientées vers l’alimentation humaine ». Enfin, il propose de fixer un objectif « chiffré » de 25% de surfaces en agriculture biologique sur les captages d’eau potable les plus pollués, d’ici 2034.

Relations commerciales : des cadres anonymes dénoncent la guerre des prix (rapport)

Un rapport de l’ONG britannique Inside Tack dénonce la guerre des prix en France entre distributeurs, et ses conséquences néfastes sur l’ensemble de la chaine de valeur agroalimentaire. « Le prix bas » est « devenu un système de pilotage de toute la chaîne » qui « ne fait pas disparaître les coûts » mais « les déplace vers les agriculteurs, les industriels et les consommateurs », est-il écrit dans ce rapport publié le 2 juin et rédigé à partir des témoignages anonymes d’une quinzaine de cadres dirigeants de l’agroalimentaire et de la distribution. Aussi, ils demandent plus de transparence sur les ingrédients et la qualité nutritionnelle, « corriger les angles morts d’Egalim » en « empêchant que la pression soit simplement déplacée des matières premières agricoles vers les autres lignes de coûts » grâce à des audit et plus de contrôles des Fraudes, « encadrer publicité, promotion et mise en avant des produits les plus problématiques pour la santé et l’environnement », stopper les péréquations de marges au détriment des « produits sains, frais, bio ou durables », par exemple en mettant en place des taux de TVA différenciés. Les auteurs demandent enfin aux industriels d’arrêter « des reformulations qui dégradent la qualité, des changements de sourcing qui affaiblissent les filières et des innovations surtout destinées à contourner la négociation ».

Moissons : avec une semaine d'avance, top départ donné en Charente-Maritime

Avec une semaine d’avance, les moissonneuses sont entrées en action dans les parcelles d’orges fourragères de Charente-Maritime, parmi les départements traditionnellement les plus précoces. « Les premiers hectares ont été récoltés le 29 mai, confirme Olivier Melin, directeur de la coopérative de Tonnay Boutonne. Il s’agit de la deuxième année la plus précoce depuis 2011 où la moisson avait également, cette année-là, débuté le 29 mai. Les premiers résultats sont bons, tant en quantité qu’en qualité mais attention, ces parcelles ont été semées tôt, ont été bien conduites et n’ont pas souffert de l’épisode caniculaire du mois de mai. » Après les quelques passages pluvieux attendus cette semaine, les chantiers devraient rapidement s’enchainer : après les orges, place au colza et au blé, « autour du 15-20 juin », prévoit Olivier Melin. Chez Terre Atlantique, Christian Cordonnier, le directeur général, précise que « la récolte des orges n’a, à date, pas vraiment commencé dans notre secteur ». En revanche, dans le sud de la Vendée quelques parcelles d’orge ont déjà été moissonnées mais les quelques millimètres tombés ce mardi matin devraient stopper les chantiers. (Anne Gilet)

Blé : la récolte australienne devrait chuter d’un quart (gouvernement local)

La récolte de blé en Australie devrait chuter de plus d’un quart cette saison, selon un rapport gouvernemental publié le 2 juin, alors que les agriculteurs font face à des conditions de sécheresse et à une flambée des prix du carburant et des engrais alimentée par le conflit au Moyen-Orient. Le pays devrait voir sa récolte plonger de 26 % par rapport à l’année dernière pour atteindre 26,7 Mt, d’après l’évaluation trimestrielle du ministère australien de l’Agriculture. Les prévisions pour cette récolte de blé se situent 23 % en dessous de la moyenne sur cinq ans et 8 % en dessous de la moyenne sur dix ans, selon le rapport gouvernemental. Les agriculteurs devraient réduire de 12 % la superficie totale des terres ensemencées en blé, ajoute le document, qui invoque une baisse de rentabilité par rapport à d’autres cultures et des conditions « très sèches » dans les régions du nord. « Si le conflit au Moyen-Orient persiste, le coût des intrants risque de rester élevé plus longtemps, ce qui pourrait peser sur la production », précise le rapport. Le gouvernement fait également état d’une prolifération de populations de souris dans certaines parties de l’Australie-Occidentale et de l’Australie-Méridionale.

Céréales : progression modérée des prix attendue dans les prochains mois (analystes)

Lors d’une conférence de presse de présentation du rapport Cyclope 2026 à Paris le 2 juin, le président de la société d'études Cercle Cyclope Philippe Chalmin a déclaré que, concernant les céréales, « une hausse des prix est à attendre dans les prochains mois ». La fermeture du détroit d’Ormuz, provoquant une hausse des cours des engrais, constitue bien entendu un facteur haussier. La météo sera aussi à surveiller, car « la probabilité de voir apparaître un phénomène El Nino est de 80 %, et celle d’un super El Nino de 35 % », rappelle l’expert, susceptible d’affecter les récoltes dans diverses régions du globe. François Luguenot, collaborateur de l’ouvrage et spécialiste de la partie céréales, insiste sur le fait que, plus que les engrais, « c’est le bilan mondial des céréales qui fait le prix ». Or, ces bilans, malgré des prévisions de recul entre 2025-2026 et 2026-2027, « restent assez lourds, avec d’importants stocks ». Ainsi, le Cercle Cyclope table plutôt, pour le moment et avec toute la prudence qu’il se doit, sur une progression relativement modérée des prix. Reste à connaître l’intensité du phénomène El Nino, la situation météorologique en zone mer Noire et la situation du détroit d’Ormuz, entre autres, qui pourraient intensifier, atténuer, voire inverser, les prévisions.

Pesticides : les ventes sont reparties à la hausse en 2024 dans l'UE

En 2024, les ventes de pesticides dans l'UE ont atteint environ 316.000 tonnes, soit une hausse d'environ 8% par rapport à 2023, selon les données d’Eurostat publiées le 2 juin. «Ce niveau reste toutefois le deuxième plus bas enregistré depuis le début de la série de données en 2011, et inférieur de 12% à la moyenne 2011-2021», tempère toutefois le service de statistiques de la Commission européenne. Et d’ajouter que l’augmentation de 2024 «est principalement due aux conditions agro-météorologiques, notamment aux fortes pluies, qui ont entraîné un recours accru aux fongicides et aux molluscicides». Depuis 2011 les ventes de pesticides ont diminué dans 14 Etats membres - les plus marquées étant enregistrées en République tchèque (-44%), Italie (-43%), Irlande (-42%) et Portugal (-40%). Mais elles ont augmenté dans six Etats membres dont la France(+12,2%). «Ces nouvelles données contredisent l'affirmation de la Commission européenne selon laquelle l'utilisation des pesticides aurait diminué de 61 % dans l’UE», a réagi l’association PAN Europe qui dénonce depuis des années l'indicateur de risques harmonisé sur lequel s’appuie Bruxelles pour mesurer l'utilisation et l’impact des pesticides dans l’UE. En 2025, sur la base de cet indicateur, l’exécutif européen estimait qu’entre 2018 et 2023, l’utilisation et les risques liés aux pesticides chimiques avaient diminué de 58% par rapport à la période de référence 2015-2017.

Protéagineux: 50 ha semés pour la première recolte de pois chiche Label Rouge

À l’occasion d’un point presse le 2 juin, la coopérative vendéenne a célébré la première récolte de pois chiche certifié Label Rouge. Cette année, 50 ha ont été semés pour une prévision de récolte entre 100 et 150t. « L’ambition est claire : un développement régulier, structuré et durable, en cohérence avec la montée en puissance du Label Rouge et la croissance du marché des légumineuses françaises de qualité », évoque la Cavac. L’arrêté d’homologation de ce signe officiel de qualité avait été publié en décembre 2025. Il précise les variétés et le type de sol pouvant être utilisés pour la culture, mais aussi la densité de semis, le calibrage et la méthode de tri. Les pois-chiches Label Rouge seront vendus en magasin sous les marques propres à la coopérative que sont Ovlac et Grain de vitalité, ainsi qu’en marque de distributeur. « L’objectif était de structurer une filière différenciante, rémunératrice et durable, capable de répondre aux attentes du marché », indique la coopérative dans le communiqué de presse. Au sein de la Cavac, le pois-chiche représente déjà 1000ha, produit chez une centaine d’agriculteurs pour une production totale de 2500t, soit 4 % de la production française. La coopérative souhaite doubler ce chiffre à horizon 2030 et atteindre 20 % des volumes en Label Rouge.

Oléagineux : la sole française de semences reculerait encore en 2026 (profession)

Lors de son assemblée générale du 2 juin à Lescar (64), l’Anamso (multiplicateurs de semences oléagineuses) a annoncé tabler sur un nouveau recul de la surface française de semences de cultures oléagineuses en 2026. Dans le détail, la sole globale (incluant tournesol, colza, soja) tomberait à 27 550 ha, contre 28 718 ha en 2025. En colza, elle passerait de 10 932 ha en 2025 à 10 150 ha en 2026. Cet effritement se justifierait par la très bonne récolte 2025, ayant engendré d’importants stocks de semences, et limitant ainsi les besoins d’assolements. La baisse est encore plus marquée en soja, passant de 5 063 ha à 4 100 ha. Néanmoins, les surfaces étant réduites, la profession n’identifie pas d’explication significative. En revanche, celle de tournesol progresserait de manière notable, contrebalançant quelque peu les replis concernant les autres espèces. Elle passerait de 12 723 ha à 13 300 ha. Elle accompagne ainsi la progression de la culture principale. Autre justification : de nouveaux marchés se montreraient dynamiques, notamment de la part de clients du Kazakhstan. Bien entendu, ces chiffres restent provisoires, et peuvent être amenés à évoluer durant les prochains mois.

Biocarburants : leur retour en grâce pourrait peser sur les prix alimentaires, alerte la FAO

Dans un message posté sur le réseau social LinkedIn le 2 juin, l’économiste en chef de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Maximo Torero, alerte les décideurs sur la tentation de favoriser la production de biocarburants pour répondre à la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient. Alors que le choix de cette solution pourrait s’avérer attrayant, il estime, au contraire, qu'il «détournerait les denrées alimentaires vers les marchés énergétiques» et favoriserait une crise alimentaire. Pour appuyer son propos, il fait le parallèle avec la situation de 2008 où les subventions aux biocarburants aux États-Unis et dans l’UE pour répondre à la hausse du prix du pétrole avaient fait augmenter la demande pour les cultures utilisées dans cette production. Il met en avant une étude affirmant que 70% de l’augmentation du prix du maïs et 40% de la hausse du prix du soja à l'époque pouvaient être expliquées par les biocarburants alors qu’en parallèle, les coûts de production alimentaire subissaient déjà la hausse des prix de l’énergie et des engrais et que les stocks de céréales étaient faibles. Selon lui, dans la situation actuelle, «c’est le moment pour les décideurs de résister à l’augmentation artificielle de la demande de biocarburants».

Carburants : un régime d’aides d’Etat espagnol de 54 M€ validé par Bruxelles

La Commission européenne a approuvé, le 2 juin en vertu du cadre temporaire pour les aides d'État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime espagnol d’aides d’Etat d'un montant de 54 millions d'euros (M€) destiné à soutenir les entreprises agricoles confrontées à la hausse des prix des carburants et à en réduire l’impact. Dans le détail, ce régime prendra la forme de subventions directes. Les entreprises éligibles pourront recevoir 0,20 € pour chaque litre de gazole acheté entre le 22 mars et le 30 juin. L’exécutif européen ajoute que l’aide pourra couvrir jusqu’à 70 % des coûts supplémentaires de carburant résultant de la crise au Moyen-Orient. Dans son analyse, la Commission européenne a conclu que le régime espagnol est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique » mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ». Le régime espagnol sera d’application jusqu’au 31 décembre.

Vin : la Cave de Cairanne en passe de sortir du redressement judiciaire

L’aboutissement d’une « remontada » : après douze ans de redressement judiciaire, la coopérative vauclusienne Cave de Cairanne, est quasiment sortie de cette procédure, a-t-elle annoncé le 2 juin. « Nos créances sont soldées, a déclaré le directeur Denis Crespo. Le tribunal n’attend plus que l’ordonnance du mandataire judiciaire pour clôturer le redressement. » Une étape décisive s’est jouée en mars avec le rééchelonnement par le Crédit Agricole des 2,4 M€ de dettes sur 10 ans. Fin 2015, elles s’élevaient à 8 M€ remboursables sur 14 ans. L’outil était surdimensionné, avec une cuverie de 120 000 hl pour 13 000 hl vinifiés. Recruté à cette époque, Denis Crespo a transformé le modèle économique. La Cave de Cairanne a noué un partenariat avec le négoce Les Grandes Serres, lui offrant stockage, vinification à façon pour quelque 500 000 € /an. Sa nouvelle stratégie : montée en gamme et développement du bio. « On a cessé de vendre en grande distribution », retrace le directeur. Un recentrage est opéré vers les cavistes, les grossistes, plus une présence chez Biocoop. L’export se développe (30 % des ventes aujourd’hui). Autre changement décisif, le vrac est mieux valorisé, avec comme clients les grands négoces de la Vallée du Rhône. Résultat, la cave coop dégage un chiffre d’affaires de 10 M€ (contre 4,5 M€ en 2015).

Fièvre catarrhale ovine : nouvelle vaccination contre la FCO-1, à la charge des éleveurs

D’après un arrêté paru au Journal officiel le 2 juin, l’État mettra gratuitement à disposition des éleveurs plus de 800 000 doses de vaccins contre la fièvre catarrhale ovine de sérotype 1 (FCO-1). Toutefois, le texte prévoit que, pour cette seconde campagne, qui durera jusqu’au 31 décembre 2026, « les frais vétérinaires inhérents à la prescription et à l'acte d'injection sont à la charge de l'éleveur ». Dans le détail, les 813 191 doses pourront être utilisées pour protéger les ovins, bovins et caprins dans « tous les départements de France métropolitaine », comme le précise une instruction technique du 21 mai. La FCO-1 est actuellement présente en Espagne, mais pas en France. À l’été 2025, le ministère de l’Agriculture avait mis en place une première campagne de vaccination préventive pour un million d’ovins et 700 000 bovins, dans un « cordon sanitaire » le long des Pyrénées. Les doses et l’acte de vaccination étaient alors pris en charge par l’État. En ce printemps 2026, deux sérotypes de la FCO sont présents dans l’Hexagone, en particulier dans l’Ouest (Bretagne et Normandie notamment) : la FCO-3 (avec 7 606 foyers) et la FCO-8 (avec 3 342 foyers entre le 1er juin 2025 et le 7 mai 2026). Quant au sérotype 4, il est encore classé comme endémique en Corse, mais pas en France continentale.

Élevage/évènementiel : pas de baisse de réservation au Space, assurent ses organisateurs

Près de 900 exposants sont inscrits pour le prochain Space, qui se tiendra à Rennes du 15 au 17 septembre, a-t-on appris le 2 juin lors d’une conférence de presse, en présence d’Annie Genevard. Représentant « 80 % du réalisé de 2025 » (1 230 exposants), ce niveau est habituel pour cette période de l’année, expliquent les organisateurs, alors qu’un récent conflit social entre salariés et dirigeants faisait craindre des retards. Pour la préparation de cette 40e édition, le salon professionnel a reçu le soutien de Valérie Le Roy en tant que « manager de transition ». Actuellement à son compte, l’ancienne directrice du Salon international de l’agriculture a expliqué œuvrer avec « six salariés » du Space et « trois personnes en free-lance ». Par ailleurs, après deux éditions perturbées par les maladies animales, les animaux présents au Space devront être vaccinés contre la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) et contre la maladie hémorragique épizootique (MHE). Parmi les nouveautés de l’édition 2026, le salon accueillera pour la première fois la Ferme digitale, dans un « village de l’agtech » regroupant une douzaine de start-up. Enfin, l’Espace pour demain, élaboré avec la chambre d’agriculture de Bretagne, sera consacré à la thématique de l’eau.

Lait : Lactalis acquiert le fabricant britannique de produits protéinés Protein Works

Lactalis a annoncé le 1er juin l’acquisition du fabricant britannique de produits de nutrition sportive et bien-être Protein Works. « Fondée en 2012 et basée à Liverpool, Protein Works développe et commercialise une large gamme de produits de nutrition à base de protéines (…). Son portefeuille comprend des préparations pour boissons protéinées, des substituts de repas, des compléments bien-être et des snacks », détaille un communiqué de Lactalis. Protein Works réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 65 millions d’euros et emploie 150 salariés, notamment dans son site industriel de Liverpool, selon Lactalis. Protein Works repose sur un modèle entièrement intégré en fabriquant et en vendant exclusivement en ligne directement au consommateur. La marque est présente au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en France, en Irlande, en Belgique et en Italie. « Cette acquisition marque une nouvelle étape dans la stratégie de Lactalis visant à renforcer sa présence sur le segment en forte croissance de la nutrition active », indique Lactalis. Le groupe est déjà présent sur le créneau des produits à forte teneur en protéines, et développe notamment la marque Delical dans le secteur de la nutrition clinique.

Produits laitiers : General Mills va céder ses boutiques Häagen-Dazs en Chine

L’américain General Mills a annoncé le 1er juin avoir conclu un accord définitif pour la cession de ses boutiques Häagen-Dazs en Chine continentale à un groupe d’investisseurs incluant Ningji. La finalisation de la transaction est prévue cette année sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. « Dans le cadre de cet accord, l’acquéreur recevra une licence exclusive de General Mills pour utiliser la marque Häagen-Dazs dans les boutiques de glaces et dans l’activité de coffrets-cadeaux en Chine continentale. General Mills continuera de détenir et d’exploiter les activités de vente au détail et de restauration Häagen-Dazs en Chine », indique General Mills dans un communiqué. Ningji est « une entreprise chinoise exploitant l’une des marques de thé à la croissance la plus rapide du pays, avec un réseau de plus de 3 000 salons de thé premium en restauration rapide », précise l’industriel américain. « Cette cession illustre une nouvelle fois le recul des marques étrangères » en Chine, analyse Reuters, où les enseignes développent désormais leurs produits plus rapidement et pratiquent des prix plus agressifs. General Mills déclare de son côté vouloir se concentrer « sur les marques et canaux offrant les meilleures perspectives de croissance rentable. »

Volaille : l’Ukrainien MHP va intégrer Nitsiakos, premier volailler grec

Dans un communiqué du 30 mai, le géant ukrainien de l’aviculture MHP informe de son accord d’investissement avec les actionnaires de Nitsiakos, premier volailler de Grèce, visant à acquérir cet agro-industriel ayant réalisé 540 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. MHP grimperait graduellement jusqu’à 70 % des parts sociales du groupe familial en trois ans, sous réserve d’acceptation des autorités de la concurrence, visant à terme 100% du capital. MHP conforte ainsi son implantation dans le sud-est de l’Europe. En 2019 en effet, il a acquis le Slovène Perutnina Ptuj qui produit des œufs et de la volaille en Croatie, Bosnie-Herzégovine et en Serbie et a des bureaux commerciaux en Autriche, Macédoine et Roumanie. Nitsiakos complète le puzzle en Grèce, lui apportant une filière volaille complète allant de l’aliment jusqu’aux produits élaborés et aux aliments pour chiens et chats. MHP conclut son communiqué sur l’état de ses acquisitions à l’international, ayant débuté avec Perutnina Ptuj et s’étant poursuivies en 2025 avec le groupe espagnol Uvesa. Coté à la bourse de Londres et ayant son siège à Chypre, le groupe céréalier et avicole MHP réalise 3,766 milliard de dollars de chiffre d’affaires (rapport financier 2025), soit environ 3,2 milliards d’euros et emploie plus de 39 000 personnes. 

Influenza aviaire : le gouvernement abaisse le niveau de risque à « négligeable »

Par un arrêté paru au journal officiel du 2 juin, le ministère de l’Agriculture abaisse le niveau de risque épizootique d'influenza aviaire hautement pathogène à « Négligeable » sur l'ensemble du territoire métropolitain, levant notamment la contrainte de claustration sans supprimer la surveillance virale. Il justifie cette décision par l’« amélioration de la situation sanitaire dans l'avifaune sauvage », aussi bien en France que dans les pays voisins. Le niveau de risque était passé d’élevé à modéré le 27 avril. La plateforme française Esa sur les épizooties montre dans son bulletin hebdomadaire du 27 mai une situation apaisée depuis un mois au niveau européen, quelle que soit l’espèce sauvage (cygnes, oies, goélands, mouettes, grues, rapaces, etc.). En élevage, des cas ont été déclarés en Haute-Garonne en mai et la circulation virale reste active en Pologne. Mais ils ne remettent pas en cause le niveau de risque négligeable en France. Une zone réglementée persiste jusqu’à la mi-juin, selon la chambre d’Agriculture de Haute-Garonne, autour du foyer détecté le 18 mai dans une basse-cour à proximité d’un élevage infecté. 

Incendie dans l’Aude : appel à développer le pastoralisme et conforter la vigne (rapport)

Dans un rapport publié le 1er juin, les inspecteurs du CGAAER (Agriculture) et de l’IGEDD (Transition écologique) proposent de « développer le pastoralisme » et de « maintenir la viticulture » dans la zone des Corbières qui avait été dévastée par un incendie historique en août 2025. Initié par François Bayrou, alors Premier ministre, le Plan d’actions « Corbières 2032 » vise à « construire, avec les acteurs locaux, une vision partagée de l’avenir du territoire ». Pour ces 16 communes dont l’économie est « largement structurée par l’agriculture », les inspecteurs formulent 21 recommandations regroupées en quatre axes. Au sein de l’axe « Recomposer le territoire pour créer plus de résilience », ils suggèrent de « créer des sites pastoraux » à travers notamment une « association foncière pastorale ». La vigne, pilier de l’agriculture locale, devra faire l’objet d’une « discipline professionnelle collective de plantation de cépages plus résistants à la sécheresse ». Dans ce même axe, les auteurs suggèrent aussi de « restructurer le foncier communal et privé et envisager une gestion collective ». Un autre axe vise à « gérer collectivement les ressources en eau pour l’ensemble des usages » (clarifier le potentiel de stockage ; piloter et gérer collectivement des forages ; créer une instance de gestion unique et collective de l’eau). Enfin, les deux derniers axes portent sur la gouvernance et l’attractivité.

Agroéquipement : un nouveau dirigeant pour le groupe propriétaire d'Agriaffaires

Dans un communiqué du 1er juin, le groupe Leboncoin, propriétaire d’Agriaffaires, plateforme en ligne de commerce de matériel agricole, a annoncé la nomination au poste de directeur général Kieren Cooney. Sa prise de fonction sera effective fin juin. Après une période d’intérim, il succède à Antoine Jouteau, qui avait quitté ses fonctions fin 2025 « pour se consacrer à de nouveaux projets professionnels », rapporte l’AFP. Kieren Cooney a occupé des fonctions de direction générale dans des groupes de télécommunications tels TPG Telecom, Foxtel ou Vodafone, mais aussi de médias comme NBC Co, peut-on lire dans le communiqué.