Etats-Unis : Trump propose de nouvelles surtaxes au nom de la lutte contre le travail forcé
Le bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a lancé, le 2 juin, une consultation publique en vue de la mise en place d’un nouveau droit de douane à l’encontre de soixante partenaires commerciaux (dont l’UE) au motif qu’ils ne lutteraient pas suffisamment contre les importations de biens issus du travail forcé. Cette proposition doit permettre à l’administration Trump de trouver une voie légale pour rétablir les surtaxes douanières annulées en février par la Cour suprême. Dans le détail, l’USTR propose d’imposer des tarifs douaniers de 12,5% pour 45 pays ayant échoué à instaurer une interdiction de l'importation de biens issus du travail forcé. L’UE, qui dispose d’une législation en la matière, ne serait taxée qu’à 10% car ses efforts pour l’appliquer sont jugés insuffisants. Plusieurs produits ne seraient pas concernés par ces sanctions dont les semiconducteurs, le bœuf, le café ou les fruits. Les commentaires sont ouverts jusqu’au 6 juillet. Des audiences concernant les mesures proposées se tiendront le 7 juillet.
Médicament anti-obésités : première évaluation des effets sur le marché américain
Alors que près d’un adulte américain sur huit utilise un médicament anti-obésité de la classe des analogues du GLP-1, l’université du Michigan s’est penchée sur les conséquences de leur diffusion sur le secteur agricole étasunien. Dans une étude publiée le 21 mai, l’économiste agricole Bill Knudson indique que les effets de ces traitements devraient être particulièrement marqués dans les l’industrie agroalimentaire et de la restauration, mais également se répercuter sur plusieurs productions agricoles. Rien que pour l’industrie agroalimentaire, leur généralisation pourrait entraîner une perte de 30 à 55 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel d’ici 2030, selon J.P. Morgan. Le maïs, le soja, le sucre et, dans une moindre mesure, la pomme de terre, figurent parmi les productions les plus exposées. Selon l’étude, ces matières premières entrent dans la consommation de nombreux produits transformés, dont les achats tendent à reculer chez les utilisateurs de médicaments anti-obésité. La demande en viande bovine et porcine pourrait poursuivre son recul au profit de la volaille. Côté produits laitiers, les consommateurs semblent déjà se tourner davantage vers les yaourts, au détriment du fromage, du beurre et des glaces. Les fruits et légumes frais figurent également parmi les catégories bénéficiant de cette évolution des comportements alimentaires.
Présidentielle: Philippe veut modifier la Charte de l'environnement pour protéger l'agriculture
Edouard Philippe, candidat du bloc central à la présidentielle, a déclaré le 3 juin vouloir modifier la Constitution s’il était élu pour que les besoins de l’agriculture française soient mieux pris en compte dans la Charte de l’environnement. «Je propose de compléter la Charte de l’environnement (...) en indiquant que l’agriculture est un objectif légitime qu’il faut impérativement prendre en compte», a dit le maire Horizons du Havre à la presse lors d’un déplacement dans l’Ain, en marge du congrès du syndicat Jeunes Agriculteurs. Cela se fera par une «modification de nature constitutionnelle, qu’il faudra engager après l’élection présidentielle», a-t-il précisé depuis une exploitation piscicole et d’élevage ovin. La Charte de l’environnement a été intégrée à la Constitution française en 2005 et définit des droits et des devoirs en matière d’environnement. Elle sanctuarise notamment les principes de prévention, de précaution et de pollueur-payeur. «Je pense qu’à l’époque, l’idée c’était de faire avancer l’idée politique de la nécessité de préserver l’environnement, et c’était une bonne idée», a déclaré Edouard Philippe. Mais, alors que l’agriculture française traverse une crise comparable "à la sidérurgie dans les années 70", "je crois qu’on peut dire que l’objectif c’est de préserver les deux, et de ne pas privilégier l’un à l’autre", a-t-il poursuivi.
Fruits et légumes bio: les consommer réduit le risque de cancer du sein post-ménopause (étude)
Une étude de la cohorte Nutrinet-Santé, publiée en mai, montre que remplacer quotidiennement une petite quantité de fruits et légumes conventionnels par du bio réduit le risque de cancer du sein après la ménopause, rapporte le journal Le Monde le 2 juin (article payant). D’après l’étude parue dans l’American journal of clinical nutrition, pour chaque portion de 100g de fruits et légumes conventionnels remplacés par leur équivalent en bio, le risque de développer la maladie est réduit de 10%. Ce résultat est le fruit d’un questionnaire détaillé qui a permis de suivre plus de 31 000 répondants pendant sept ans. Le lien entre le bio et le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées était déjà apparu dans les précédents de travaux de la cohorte en 2018. Mais cette fois, le questionnaire a permis de recenser « une estimation fine des quantités d’aliments consommés » en contrepartie d’un échantillon de répondants « réduit » et d’une puissance statistique « plus faible », a expliqué la chercheuse à l’Inrae Emmanuelle Kesse-Guyot au quotidien. Néanmoins, « nous trouvons toujours cette même association, très robuste, entre consommation de fruits et légumes bio et réduction de l’incidence du cancer du sein chez les femmes ménopausées », poursuit-elle.
Pêches/nectarines : la récolte française attendue en légère hausse en 2026
La production française de pêches et nectarines devrait atteindre environ 224 000 tonnes en 2026, soit une hausse de 4 % par rapport à 2025 et de 10 % par rapport à la moyenne 2020-2024, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture commentées le 2 juin par l'AOP Pêches et Abricots de France auprès d’Agra presse. La production de pêches pavies devrait s’établir autour de 3 500 tonnes, un niveau comparable à celui de l’an dernier. Selon Alexi Bois, président de l’AOP, la production nationale s’est stabilisée ces dernières années grâce à un taux de renouvellement des vergers proches de 6 % lors des deux derniers hivers. En fruits ronds, les nectarines représentent près de 65 % des volumes produits, contre 35 % pour les pêches, un rapport qui se stabilise. La production de pêches plates devrait atteindre 1 500 tonnes et celle de nectarines plates, en forte progression, 3 000 tonnes, tandis que les pêches et nectarines sanguines devrait tourner autour de 2 000 tonnes. « D’ici la fin de la semaine, plusieurs entreprises françaises proposeront l’ensemble des couleurs des pêches et nectarines, dans le cadre du basculement entre les origines espagnoles et françaises », précise Raphaël Martinez, directeur de l’AOP, à Agra presse. La filière reste toutefois vigilante face au risque de grêle et d’orages, principale source d’inquiétude pour les producteurs.
Tomate : début de campagne marqué par des prix favorables (ministère)
La production nationale de tomates est estimée à 494 900 tonnes en 2026, en léger recul de 1 % sur un an selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste). Cette quasi-stabilité reflète des évolutions contrastées selon les bassins : hausse des volumes de 7% (106 200 t) dans le Sud-Ouest à la faveur d’une augmentation des surfaces sous serres (+4%, 459 hectares ), et baisse dans le Centre-Ouest (-15%, 71 400 t) avec des rendements attendus inférieurs à ceux de 2025. Le début de campagne a été marqué par une évolution favorable des prix. « Comme les années précédentes, les producteurs des régions du sud ont légèrement retardé leurs plantations sous serre pour le début de campagne, pour réduire les coûts d’énergie. Par ailleurs, les cultures ont été pénalisées par le manque de luminosité en février. » souligne Agreste. Du coup, l’offre en mars n’a pas couvert les besoins face à une demande dynamique, d’autant que la présence de la production importée du sud de l’Europe et du Maroc était moindre. Une situation renouvelée en avril : malgré la progression de l’offre française, la demande bien présente a permis de maintenir les cours à un bon niveau (33 % sur un an et + 34 % par rapport à la moyenne 2021-2025 sur le même mois).
Tomates/phytos : aux Pays-Bas, les Fraudes s’inquiètent du haut niveau d’infractions
En 2025, l’Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) a inspecté vingt-neuf producteurs de tomates afin de vérifier leur utilisation des biocides, tels que les désinfectants et les produits anti-rats. Seuls 10 % des producteurs inspectés étaient en conformité avec la réglementation. Il s’agissait de deux producteurs biologiques et d’une entreprise effectuant des tests sur les variétés de tomates. Les 90 % restants n’utilisaient pas les produits correctement ou ne possédaient pas les autorisations requises. Les erreurs sont multiples : ajout de ces substances à l’eau d’irrigation, désinfection incorrecte du matériel dans la serre, utilisation de biocides non autorisés pour les cultures (chlore), absence d’autorisation pour certains produits anti-rats… « Chez quatre producteurs, un sous-traitant a ajouté un produit phytosanitaire à un biocide autorisé, puis l’a utilisé pour la désinfection par nébulisation dans une serre vide. Cette pratique est interdite », souligne la NVWA. Au total, cette dernière a infligé des amendes aux vingt-six entreprises fautives. Pour des infractions moins graves, elle a émis sept avertissements officiels. Au total, quatre-vingt-sept infractions ont été constatées. La NVWA mène des enquêtes pénales complémentaires sur cette affaire.
Vin : le nouveau plan d’arrachage de 130 M€ a le feu vert de Bruxelles
Le nouveau plan d’arrachage définitif de vigne, annoncé à l’automne au salon Sitevi, a le « feu vert » de Bruxelles, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture le 3 juin. Ce dispositif de 130 M€ a reçu « lundi 1er juin l’approbation de la Commission européenne », indique la Rue de Varenne. FranceAgriMer, à l’issue d’un conseil spécialisé le 8 juin, doit ouvrir « le plus rapidement possible » la téléprocédure permettant de toucher l’aide nationale de 4 000 €/ha. Après un premier plan d’arrachage de 120 M€ en 2024-2025, Annie Genevard, « à la demande des vignerons », s’était engagée à en lancer un deuxième « pour répondre aux difficultés structurelles rencontrées par un certain nombre de bassins viticoles face à la baisse de la consommation de vins, rouges en particulier », rappelle le ministère. Restait à obtenir une modification de la règlementation européenne, qui a été validée en mars dans le cadre du « paquet vin ». Sans attendre, FranceAgriMer avait ouvert dès le 6 février le guichet de 130 M€ pour l’arrachage définitif de vignes. Ce nouveau dispositif vise à « apporter un soutien immédiat face à la crise de marché que traverse le secteur en contribuant au rééquilibrage pérenne des volumes de production au regard d’une demande en rapide et profonde évolution », selon le communiqué.
Champagne : Maison Pommery en passe d’être repris par l’allemand Henkell
La maison de champagne Pommery, plombée par ses dettes, a annoncé le 2 juin être en négociations exclusives avec le fabricant allemand de mousseux Henkell « pour une période de deux mois » en vue d'un « rapprochement stratégique ». « Ce projet de partenariat entre deux groupes familiaux donnerait naissance à un acteur mondial des vins effervescents, bénéficiant d’un portefeuille de marques fortes et complémentaires, ainsi que d’une présence commerciale internationale », selon un communiqué. Si le projet devait aboutir, Henkell deviendrait l'actionnaire majoritaire de Maison Pommery, nouveau nom de Vranken Pommery depuis janvier, précise l'entreprise. « Il n’existe à ce stade aucune garantie que les négociations en cours aboutissent à une opération », ajoute-t-on. Cette annonce survient alors que le groupe, lourdement endetté, est dans l'attente du bouclage de son refinancement avec les banques. La publication de ses comptes définitifs pour 2025, déjà reportée une première fois au 4 juin, est désormais fixée au 30 juin. Les comptes préliminaires publiés le 30 mars faisaient état d'un résultat net en forte reprise en 2025 à 32 M€ contre 900 000 € en 2024, année plombée par des ventes en baisse. Mais selon ces comptes, la dette financière nette ne s'était réduite qu'à 754,4 M€ fin 2025, contre 758,3 M€ au 31 décembre 2024.
Saisonniers : en Italie, meurtre de quatre ouvriers agricoles afghans et pakistanais
La police italienne a interpellé, le 2 juin, deux Pakistanais soupçonnés du meurtre de trois ouvriers agricoles afghans et d'un autre de nationalité pakistanaise dont les corps ont été retrouvés à bord d'un fourgon incendié dans le sud de l'Italie, a rapporté l’AFP citant les médias italiens. La carcasse du véhicule a été découverte près du village d'Amendolara, située dans une vaste zone agricole de la région de Calabre, dans une station-service. Les images de vidéosurveillance celle-ci montrent deux individus bloquer les portières du fourgon de l'extérieur avant d'y déverser un liquide. On y voit ensuite un départ de feu, immédiatement suivi de la fuite des deux suspects. Un autre Afghan a raconté avoir survécu au massacre en brisant la vitre d'une fenêtre avant de s'enfuir et ajouté que les Pakistanais arrêtés l'avaient menacé, lui et les autres, avec des couteaux et des armes à feu, et les avaient contraints à travailler sans être payés. 14 incendies criminels de véhicules transportant des travailleurs pakistanais auraient été recensés ces derniers mois dans ce même secteur. La Calabre est le théâtre de vives tensions entre migrants, exacerbées par des différends liés à la répartition du travail agricole, à l'obtention de titres de séjour et au logement.
Relations commerciales : les GMS dénoncent le « réquisitoire sans nuance » du rapport Guhl
La déléguée générale de la FCD (distributeurs) Judith Jiguet a pris la parole le 3 juin pour dire tout le mal qu’elle pensait du rapport sénatorial d’Antoinette Guhl sur les marges des distributeurs et des industriels. Elle s’est dit « profondément choquée », « abasourdie » et « en colère » au sujet d’un rapport qualifié de « réquisitoire sans nuance » qui finit « par discréditer celui qui l’écrit ». Et qui « donne le sentiment d’avoir choisi son coupable » avant de le rédiger. Pour soutenir son argumentation, la FCD a publié une « note de décryptage » pointant douze affirmations du rapport qu’elle juge fausses. Parmi elles, la FCD dément que, sur 100 euros de valeur alimentaire, 40 euros reviennent à la grande distribution, avançant plutôt le chiffre de 8,90 euros. La FCD explique que le rapport se base sur une « réinterprétation et une agrégation de données erronées » issues des travaux sur l’euro alimentaire de l’économiste Philippe Boyer (données 2018) publiés par l’OFPM. Cette étude donne le chiffre de 40% qui agrège restauration, grossistes, services et commerce alimentaire. Le document de la FCD bat en brèche les affirmations clés du rapport sur d’autres thèmes comme la dépendance économique, la concentration des enseignes, les centrales d’achat, y compris européennes ou les péréquations entre les rayons.
Relations commerciales : la FCD craint les conséquences du rapport Guhl
La déléguée générale de la FCD (distributeurs) Judith Jiguet s’est dit « très inquiète » au sujet des conséquences que pourraient avoir les recommandations émises par le rapport sénatorial d’Antoinette Guhl sur les marges des distributeurs et des industriels. Prenant la parole devant la presse le 3 juin, elle craint que certaines recommandations puissent se retrouver dans la loi d’urgence agricole bientôt étudiée au Sénat, ou dans un futur texte législatif, même si elle reconnaît s’interroger sur la constitutionnalité de certaines recommandations. La FCD demande ainsi que le législateur prenne en compte plusieurs points : renforcement du rôle de l’OFPM pour exiger des industriels qu’ils lui transmettent leurs données, traitement différencié dans les relations commerciales des PME réalisant un chiffre d’affaires mondial inférieur à 350 millions d’euros, appui aux contrats tripartites pluriannuels en suivant l’exemple de la filière laitière, obligation de faire figurer l’origine des ingrédients dans tous les produits alimentaires et suppression de l’option 3 permettant l’opacité sur la matière première agricole lors des négociations entre transformateurs et distributeurs.
GNR : le Conseil des prélèvements obligatoires propose de temporiser sur la fiscalité
Dans un rapport sur l'avenir de la fiscalité de l'énergie paru le 3 juin, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), institution associée à la Cour des comptes, propose que le secteur agricole et forestier conserve son tarif réduit sur le gazole non routier (GNR) « le temps de bénéficier de solutions alternatives viables aux énergies fossiles ». Le CPO plaide toutefois pour que ses modalités de mise en œuvre (remise intégrale dès la facturation) fassent l’objet « d’une évaluation de son efficacité dans la lutte contre la fraude ». Rappelant que la suppression du GNR agricole a fait l'objet de trois reports successifs, puis d'une annulation en 2025, et d'une remise temporaire supplémentaire depuis avril en raison de la guerre en Iran, les auteurs estiment que cet « échec » s’explique « notamment par l’importance de l’exposition du secteur agricole et de l’industrie agroalimentaire à la concurrence internationale, mais aussi par l’absence de solution technique mature pour la décarbonation des engins agricoles ». Par ailleurs, pour le CPO, « une révision de l’accise ne répondrait que partiellement aux enjeux de décarbonation du secteur, qui relèvent principalement de sources non énergétiques ». Et de souligner la prépondérance des émissions liées au méthane et au protoxyde d'azote dans le bilan carbone du secteur.
Biocarburants avancés : le Conseil des prélèvements obligatoires veut une meilleure fiscalité
Dans un rapport sur l'avenir de la fiscalité de l'énergie paru le 3 juin, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), institution associée à la Cour des comptes, recommande aux autorités françaises de flécher davantage les incitations fiscales au développement des biocarburants vers ceux dits avancés. L’organisme juge par ailleurs nécessaire une révision « des tarifs réduits applicables aux biocarburants de première génération », afin de « garantir leur sécurisation au regard du droit de l’UE ». Elle pointe notamment le fait que « le taux de taxation du carburant E85 (essence contenant 85 % d’éthanol) est inférieur aux minima définis par l’UE ». Consciente de l’échec de la tentative gouvernementale de supprimer les tarifs réduits appliqués au B100 (carburant contenant 100 % de biodiesel) et à l’E85, elle recommande de développer « des données fiables et objectives de surcoût afin de fonder les réductions d’accise » sur les biocarburants sur des preuves plus solides. Plus globalement, le CPO juge nécessaire « d’aligner les taux d’accise qui ne respecteraient pas les minima prévus par la directive européenne de taxation de l’énergie » et « de mettre en conformité les incitations au développement des biocarburants avec la directive RED III ».
Colza : possible hausse de la sole européenne 2026/2027, selon Lidea
Dans un communiqué du 2 juin, le chef de marché tournesol et colza du groupe semencier Lidea, Sébastien Poitevin, a indiqué que « pour cette année 2026, nos perspectives sont résolument optimistes à l'échelle européenne » quant à la surface européenne de colza. Contacté par Agra Presse, Sébastien Poitevin s’est montré prudent, n’avançant aucune prévision chiffrée, beaucoup d'évènements pouvant survenir dans les prochains mois, notamment les conditions climatiques. Mais « si tout va bien, on peut penser que la sole va augmenter », précise-t-il. Les prix du colza sont en effet plus rémunérateurs actuellement que d’autres cultures, comme le blé ou l’orge par exemple. De plus, « il est possible de réduire les apports azotés en sortie d’hiver en colza si les conditions d’implantations sont bonnes », ajoute-t-il. Cette caractéristique pourrait jouer dans les décisions d’assolements des agriculteurs durant l’été, qu’ils soient français ou européens. Sébastien Poitevin signale par ailleurs que les récoltes de semences de colza ont débuté sur des parcelles gérées par Lidea en France, en raison des températures élevées qui accélère le développement des plantes. Mais il est encore trop tôt pour en déterminer les résultats, tempère-t-il.
Meunerie : les importations de farine de blé augmentent encore, rapporte l’ANMF
Dans un communiqué du 2 juin, l’ANMF (représentant la meunerie française) indique que les importations de farine de blé en France ont une nouvelle fois progressé. Elles s’élevaient à 420 000 t en 2025, contre 400 000 t en 2024, d’après les douanes françaises. En conséquence, « le déséquilibre de la balance commerciale s’amplifie en 2025 », estimé à 210 000 t, prévient l’association. L’Allemagne et la Belgique concentrent plus de 80 % de la part des importations. Au total, ces imports, ayant progressé de 45 % en deux ans, représentent désormais 11 % de la consommation française de farine de blé. Cela illustre les difficultés de compétitivité de l’activité hexagonale, qui fait face à une concurrence croissante, alerte l’ANMF. Par ailleurs, le chiffre d’affaires des meuniers français est en recul, « dans un contexte marqué par une pression sur les prix alimentaires ». Il passe de 2,01 Md€ à 1,84 Md€ entre 2024 et 2025. Le président Jean-François Loiseau réclame dans le communiqué « une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives ».
Céréales/triallate : Générations futures envisage des recours contre les dérogations
Dans un communiqué le 3 juin, l’association Générations futures annonce étudier « les possibilités de recours » contre les possibles dérogations de 120 jours que le ministère de l’Agriculture s’apprêterait à accorder à des produits à base de l’herbicide triallate. En effet, au congrès de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) le 26 mai, la ministre Annie Genevard avait déclaré que la demande de dérogations était possible. Générations futures estime que « la proposition de la ministre est purement scandaleuse » pour plusieurs raisons sanitaires. Dans ses conclusions sur le triallate publiées en 2020, l’Efsa relève que le triallate a des propriétés génotoxiques (altération de l’ADN, NDLR) qui ont été observées dans trois études in-vitro, ce qui en fait un « sujet de préoccupation critique » ( « critical area of concern », NDLR). Une telle qualification devrait empêcher l’autorisation ou le renouvellement du produit, explique l’agence sur son site web. De plus, l’Anses a retiré les autorisations de mise en marché (AMM) de l’Avadex 480, en septembre 2023, et du Parnass C, en février 2024, car ils peuvent notamment entraîner « un risque inacceptable » de contamination des eaux souterraines et sur les arthropodes non-cibles, et qu'un risque d’effet nocif pour le consommateur « ne peut être exclu ».
Loup : un rapport sénatorial sur le pastoralisme réclame la fin du statut de protection
« L’État français doit avoir le courage de mettre sur la table le sujet d’un nouvel abaissement du niveau de protection du loup », lit-on dans la synthèse du rapport de la mission d’information du Sénat sur le pastoralisme, adopté le 3 juin par la commission des Affaires économiques, à l’unanimité (abstention du groupe écologiste). Après le récent abaissement au niveau d’espèce simplement « protégée », ce nouveau déclassement retirerait le loup de liste des espèces protégées par la Convention de Berne et la directive européenne Habitats. Par ailleurs, le rapport propose aussi « supprimer le reste à charge de 20 % pour les éleveurs pour le déploiement des mesures de protection » contre le loup, avec un financement par le ministère de la Transition écologique. Sur treize recommandations, cinq portent sur la gestion du loup, qualifié de « menace existentielle pour le pastoralisme ». Sur les autres sujets, les élus veulent notamment « maintenir voire renforcer » l’ICHN dans la prochaine Pac, inclure les « produits issus du pastoralisme » dans les objectifs Egalim en restauration collective, ou encore « faciliter les retenues collinaires multi-usages » pour stocker l’eau. Des dispositions dont certaines sont incluses dans deux textes bientôt examinés par le Sénat : le projet de loi d’urgence agricole (fin juin) et la proposition de loi sur la montagne (début juillet).
Bovins : après la location de génisses, Gestel propose du refinancement de cheptel
Dans un communiqué du 3 juin, l’entreprise Gestel, spécialisée dans la location financière de bovins, annonce le lancement de deux nouvelles offres permettant le refinancement de cheptel et l’accès progressif à la propriété des animaux. Le refinancement passe par un dispositif de cession-bail : les éleveurs vendent des animaux à Gestel, tout en continuant à les exploiter en location. En dégageant de la trésorerie, l’opération permet de « financer le développement de l’exploitation, renforcer un apport dans le cadre d’un financement bancaire ou encore investir progressivement dans d’autres actifs, notamment immobiliers, afin de préparer leur avenir patrimonial et leur retraite ». Quant à « l’accès progressif à la propriété du cheptel », il permet aux éleveurs de « devenir propriétaires de leur troupeau sur plusieurs années », et donc de « s’adapter à leur rythme économique » et de « préserver leur trésorerie ». Avec ces deux nouvelles offres, Gestel compte « élargir » son réseau d’éleveurs et « doubler [son] troupeau dans les cinq prochaines années », indique Fabien Vallaud, directeur de la relation éleveurs. Créée dans les années 70, Gestel finance des génisses prêtes à vêler, allaitantes et laitières, pour « près de 1 000 éleveurs » (plus de 40 000 animaux en gestion, pour un coût moyen d’environ 28 € par mois).
Viande cultivée : le Français Parima franchi une étape clé en Australie et en Nouvelle-Zélande
Après Singapour, le Français Parima, né du rachat Vital Meat par Gourmey en octobre 2025, vient de franchir une étape réglementaire clé dans le processus d’approbation pour la viande cultivée en Australie et en Nouvelle-Zélande (lire l’article complet). Parima « a réalisé l’évaluation de sécurité fondamentale du nouveau processus d’approbation alimentaire de Food Standards Australia New Zealand (FSANZ) pour la viande cultivée en Australie et en Nouvelle-Zélande, devenant la première entreprise hors de la région à atteindre ce stade, et seulement la deuxième au monde (après la société australienne Vow, ndlr) », annonce Nicolas Morin-Forest, CEO de Parima et cofondateur de Gourmey le 27 mai 2026 sur son compte LinkedIn. Le groupe entre maintenant « dans les dernières étapes du processus en attendant la consultation publique et l’approbation finale », précise encore le dirigeant, qui en revanche ne donne aucun détail sur la date présumée d’une possible commercialisation des produits en Australie et Nouvelle Zélande. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Installation : rivés sur le Net, les jeunes en mal d’info pour piloter la ferme (étude)
Comment bien informer les nouveaux agriculteurs : une étude Ipsos, montrant des attentes « peu satisfaites », donne des recommandations. « Seul un nouvel installé sur dix s’estime très satisfait de l’information qu’il reçoit », révèle cette enquête présentée le 3 juin aux instituts techniques (Acta). En cause, un « manque de pertinence et de personnalisation ». Il s’agit d’être « plus précis », les agriculteurs cherchant « du concret » et « moins de théorie », avance l’institut de sondage. Et surtout de diffuser l’info via le digital. 46 % des nouveaux agriculteurs s’informent du pilotage de l’exploitation d’abord via les réseaux sociaux. Viennent ensuite les moteurs de recherche (34 %), les sites internet (33 %). Un tiers suivent des formations. L’étude se penche sur le type d’info jugée le plus utile pour piloter la ferme. Météo et climat arrivent en tête (29 %), puis les sujets techniques autour des productions végétales et animales. Hors pilotage de l’exploitation, les jeunes installés attendent plus d’informations sur la santé et le bien-être animal (22 %), l’adaptation au changement climatique (20 %). Par ailleurs, la formation continue suscite un fort intérêt (à 92 % jugée importante), notamment celle des instituts techniques (82 % d’intéressés). Ce besoin porte sur la technique de production (47 %), loin devant la gestion et économie (28 %), la transition et adaptation (19 %).
Grèce : treize nouvelles arrestations dans le cadre de l’enquête sur les fraudes aux aides Pac
Nouveau coup de filet de la police grecque dans le cadre de la vaste enquête liée au détournement des fonds de la Pac dans le pays. Treize personnes ont été arrêtées le 3 juin dans le nord de la Grèce, près des villes de Kozani et d’Agrinio, pour une fraude dont le montant a été estimé à plus de 2,5 millions d’euros, selon des informations de la police reprises par l’AFP. Ces arrestations s’ajoutent aux trente-neuf personnes interpellées les 25 et 26 mai à Thessalonique et sur l’île de Crète pour une fraude évaluée à 7,5 millions d’euros et aux dizaines d’autres personnes qui avaient déjà été arrêtées en octobre, dont le chef présumé du réseau. La découverte de cette fraude présumée aux subventions de la Pac distribuées par l’Opekepe (l’Agence grecque des aides de la politique agricole commune), depuis dissoute, avait été révélée le 26 mai 2025. « Un nombre important de personnes » avaient ainsi obtenu des aides agricoles entre 2019 et 2022 en revendiquant à tort des terres publiques comme des pâturages déclarés sur des sites archéologiques, des oliveraies sur le terrain d’un aéroport militaire ou des plantations de bananes sur le mont Olympe.
Agriculture régénératrice : deux start-up françaises du secteur fusionnent
Dans un communiqué du 3 juin, deux start-up françaises spécialisées dans l’agriculture régénératrice, Genesis et ReGeneration, ont annoncé leur fusion, pour créer une nouvelle entité, dénommée Hedge. Cette annonce a été lancée lors du World Living Soils Forum à Arles les 3 et 4 juin, « réunissant les principaux acteurs engagés en faveur de la santé des sols ». Plus en détail, Genesis est à l’origine une société de « mesure de la santé des sols et de la performance environnementale des chaînes d’approvisionnement agricoles ». De son côté, ReGeneration s’était spécialisé dans la certification et la valorisation des projets d’agriculture régénératrice. L’opération a été jugée nécessaire dans un contexte de forte croissance de l’agriculture régénératrice, engendrant une concurrence plus intense entre les acteurs. Dans ce contexte, les budgets sont « plus contraints », les exigences en matière « de retour sur investissement, de besoins de preuves et de cadres de certification plus structurés » s’accroissent. De leur côté, « les agriculteurs ont besoin que leurs efforts de transition soient mieux reconnus, mieux mesurés et mieux rémunérés ».
Alimentation animale : Dominique Breton élu président du Snia
Dans un communiqué du 3 juin, le Snia (représentant les fabricants d'aliments pour animaux) a annoncé l'élection de Dominique Breton à sa présidence. « Soutenu à l’unanimité par le Conseil d’administration, il prendra ses fonctions le 1er septembre », précise le communiqué. Il succède à François Cholat, en poste depuis 10 ans, et dont le mandat arrive à échéance. François Cholat poursuivra d’ailleurs « son engagement aux côtés du Snia en qualité d’expert conseiller jusqu’en décembre 2026 ». Dominique Breton évolue depuis 22 ans au sein du groupe Sanders. Il assure la direction de Sanders Bretagne depuis 2019. Il est également vice-président de Nutrinoé en Bretagne et « siège depuis 2018 au Steering Group de la Fédération Européenne des Fabricants d’Aliments Composés (Fefac) ».