Agrafil du 5 juin 2026

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UE/États-Unis : face la perspective de nouvelles surtaxes, Washington tente de rassurer Bruxelles

Alors que la Maison Blanche souhaite imposer de nouvelles surtaxes au nom de la lutte contre le travail forcé, dont l'UE est l’une des cibles, le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a tenté le 4 juin de rassurer ses homologues européens sur ses intentions. « Nous tiendrons bien sûr compte de l’accord de Turnberry », conclu avec l'UE en juillet, a-t-il ainsi déclaré en marge d'une réunion ministérielle à l'OCDE à Paris. L’USTR a lancé le 2 juin une consultation publique en vue d’imposer des tarifs douaniers de 12,5 % pour 45 pays ayant échoué à instaurer une interdiction de l’importation de biens issus du travail forcé. L’UE, qui dispose d’une législation en la matière, ne serait taxée qu’à 10 %, car ses efforts sont jugés insuffisants. Des droits que Bruxelles estime « injustifiés », appelant Washington à respecter les engagements de la déclaration transatlantique de juillet. En effet, celle-ci contient déjà une clause dans laquelle les deux parties s’engagent à lutter contre le travail forcé. « Il existe une marge pour intégrer cet accord dans le cadre de notre démarche », a rétorqué Jamieson Greer, « à condition que l’Union européenne respecte ses engagements ».

Accord UE-Mercosur : les quotas 2026 se remplissent rapidement, y compris en bœuf

En attendant l’instauration d’un système de distribution par pays, les quotas d’exportation attribués en 2026 au Mercosur en miel, ovoproduits, riz et bœuf ont été rapidement remplis, profitant notamment à une poignée de sociétés argentines. Grace à une procédure administrative efficace, l'Argentine a raflé une grande partie des quotas d'exportation vers l'Union européenne, a déclaré Fernando Brun, le négociateur en chef de la diplomatie argentine, lors du congrès de la filière argentine du maïs (Maizar), tenu à Buenos Aires le 27 mai. « Le secteur privé argentin a répondu si vite à l’appel que le ministère de l’Agriculture brésilien a lancé, à la mi-mai, une alerte rouge sur son site internet », a-t-il expliqué. Le gouvernement du Brésil a confirmé l’épuisement des quotas de riz réservé au Mercosur en 2026. En ovoproduits, une seule entreprise argentine, Ovoprot, a expédié, au 15 mai, la totalité du quota trimestriel vers l’UE, soit 333 tonnes (t) d’œufs coquille et 74 t de poudre d’œuf entier. Les industriels du bœuf de l’Argentine et de l'Uruguay ont fourni en seulement quatre jours presque la totalité du nouveau contingent d’exportation de bœuf vers l’UE ouvert dans le cadre de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, soit 11 000 t pour une valeur totale de 160 M$ attribués pour les mois de juin, juillet et août, rapporte le média argentin El Cronista. (par notre correspondant Marc-Henry André)

Présidentielle: Retailleau et Tanguy esquissent le programme des LR et du RN

Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (LR), Marine Tondelier (Ecologistes), Jean-Philippe Tanguy (RN) et Aurélie Trouvé (LFI) se sont soumis le 4 juin aux questions des Jeunes agriculteurs lors de leurs congrès. Bruno Retailleau a fustigé la montée en gamme «exclusive», prônant la suppression du principe de précaution inscrit dans la Charte de l’environnement - demandée par la FNSEA, syndicat dominant allié des JA - ou d’agences comme l’OFB - demandée par la Coordination rurale. Il a aussi soutenu la réintroduction de l’acétamipride. Silencieuse après l’introduction de Jean-Philippe Tanguy, la salle s’est réveillée lors de son discours sur les dangers que représenterait pour le RN l’entrée de l’Ukraine dans l’UE: certains ont applaudi, d’autres soupiré en commentant que cela forcerait l’Ukraine à respecter les mêmes normes qu’eux. Son intervention sur les agricultrices qui n’ont selon lui «pas besoin d’un Etat nounou» a aussi fait réagir, avec quelques applaudissements et une remarque. La jeune agricultrice qui l’interrogeait lui a rappelé que c’était l’Etat qui avait «donné un statut» aux exploitantes, rare pique dans un format globalement policé.

Présidentielle: Attal promet un programme à l'automne, Tondelier et Trouvé chahutées

Au congrès des JA le 4 juin, Marine Tondelier, plus chahutée, a affirmé ne pas vouloir «moins d’élevage» et ne pas être «contre le stockage de l’eau par principe», mais qu’il existait dans les deux cas un manque de démocratie, appelant au dialogue, au milieu de sifflotements ironiques dans la salle puis d’applaudissements timides. Gabriel Attal a promis un programme agricole pour l’automne, rédigé avec l’aide d’un ancien membre des JA, recevant des applaudissements nourris. Il a proposé, comme les autres avant lui, un accompagnement renforcé, notamment avec des mesures fiscales, pour l’installation des jeunes. Il a aussi assumé son soutien au retour de l’acétamipride et à la simplification pour la création de bâtiments d’élevage. Aurélie Trouvé a aussi eu droit à son lot de sifflets en évoquant «les fermes-usines» qui «appartiennent à des capitaux extérieurs». La salle a été plus calme quand elle a affirmé que certaines retenues d’eau étaient justifiées tout en affirmant être totalement opposée à plus d’irrigation. «Mais on ne peut pas dire :débrouillez-vous», a-t-elle ajouté, prônant un accompagnement financier renforcé.

« Projets d’avenir » : Genevard étudie la « piste » des reliquats bio pour les financer

Présente au congrès des JA le 4 juin, Annie Genevard a dit étudier la « piste » d’un financement des « projets d’avenir » par les reliquats d'aides à la bio non consommées. « Le Premier ministre et moi-même sommes particulièrement attentifs à la nécessité de pouvoir doter ces projets d’un accompagnement financier robuste », a-t-elle déclaré lors de son discours. « Plusieurs pistes » sont travaillées : « celle qui concerne les reliquats de la CAB (conversion à l’agriculture biologique), mais aussi celles associant financements publics et capitaux privés, afin de construire des outils capables de maximiser l’effet levier des financements engagés. Nous aurons besoin de l’ensemble des acteurs – État, régions, filières, banques, investisseurs, collectivités. » Interrogée ensuite par la presse, la ministre a précisé que, « parmi ces partenaires [privés], nous sommes en train de construire un pool d’appui ». Pour rappel, un arbitrage est attendu concernant la redistribution du reste de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 120 M€/an. Le 12 mai, Annie Genevard avait annoncé la destination d'une première partie de l'enveloppe : 40 M€ sont d'ores et déjà fléchés vers les Mesures agroenvironnementales (MAEC).

Jeunes Agriculteurs : Jocelyn Dubost, agriculteur dans l'Isère, élu président

À l'occasion du congrès du syndicat à Bourg-en-Bresse (Ain), Jocelyn Dubost, cultivateur en Isère de 31 ans, a été élu, le 4 juin, président de Jeunes Agriculteurs. Il succède à Pierrick Horel. Installé à Courtenay (Isère), à une quarantaine de kilomètres à l’est de Lyon, Jocelyn Dubost a repris en 2015 les 225 ha – 120 ha de céréales (maïs, blé, tournesol) et le reste en prairie – qu’il cultivait jusque-là avec son oncle. Sa découverte du syndicalisme remonte à 2014, en tant que bénévole pour un concours de labour. Il a ensuite gravi les échelons chez Jeunes Agriculteurs, devenant président de JA Isère (2020-2022), puis de JA Auvergne-Rhône-Alpes (2022-2026). À l’échelle nationale, Jocelyn Dubost souhaite poursuivre le travail sur les projets d’avenir, inscrits dans le projet de loi d’urgence agricole. « Nous demandons que les plans et contrats d’avenir soient financés par la mise en place d’une nouvelle contribution, assise sur la restauration hors domicile », a-t-il lancé dans son discours. La gestion de l’eau lui tient également à cœur. Dans le cadre de la loi d’urgence, il appelle à « placer les agences de l’eau sous la tutelle de l’État. Concrètement se sont les préfets qui doivent présider les comités de bassins [et] les commissions locales de l’eau. »

Engrais/cadmium : l'Assemblée nationale propose d'accélérer la trajectoire de baisse

Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’Assemblée nationale a largement adopté, en première lecture par 144 voix contre 22, une proposition de loi écologiste prévoyant une trajectoire plus ambitieuse que celle du gouvernement pour la réduction des taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés. Alors que l’exécutif envisage une baisse très progressive (à 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg d’ici 2038), la proposition de loi prévoit, elle, une baisse plus rapide : à 40 mg/kg dès 2027, puis à 20 mg/kg à partir de 2030. Le texte a été soutenu par l’ensemble de la gauche, ainsi que les groupes Modem, Horizons, et Renaissance. Le Rassemblement national a, lui, voté contre. Dans un esprit de compromis, le texte avait été réécrit par rapport à une première version, qui prônait une interdiction totale. Les débats mercredi 3 ont tourné autour de la question du rythme à imposer pour la baisse. Le Modem a tenté en vain de la limiter à 60 mg/kg, pour s’aligner sur la norme européenne. Un amendement présenté par Horizons, qui tentait d’adoucir la trajectoire proposée par le texte, en atteignant les mêmes cibles mais plus tard, a lui aussi été rejeté. Plus surprenant : le député EPR (macroniste) Jean-Luc Fugit, qui portait un amendement identique à Horizons, l’a finalement retiré, disant faire « le choix de l’apaisement ». Le député Eddy Casterman (groupe RN) a accusé son groupe d’avoir « cédé aux exigences de la gauche écologiste ». Réagissant dans un communiqué, les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA* se disent « consternées » et déplorent que l’Assemblée « vote une nouvelle surtransposition et tourne définitivement le dos à la souveraineté alimentaire ».
* AGPB, AGPM, CGB, Fop, UNPT

Pesticides/conseil stratégique : le projet de décret du gouvernement sur les conflits d'intérêt

Comme prévu par la loi Entraves (ou loi Duplomb), qui a mis fin à la séparation de la vente et du conseil des pesticides et rendu facultatif le conseil stratégique, le gouvernement a publié le 3 juin le projet de décret qui doit encadrer les conflits d'intérêts pour la délivrance dudit conseil stratégique et les agréments liés aux produits phytopharmaceutiques. L’une des principales dispositions du décret est contenue dans l’article 15, indiquant que les personnes prodiguant les conseils sur l’usage de produits de protection des plantes ne doivent pas être rémunérées sur la base de leurs ventes. Autre disposition notable : les personnes délivrant le conseil stratégique doivent être « titulaires d’un diplôme ou être de niveau V dans les domaines de l’agronomie, des productions végétales, de l’environnement de l’agroécologie, de la gestion des ressources naturelles ou dans des domaines équivalents ». Elles doivent également disposer d’une expérience professionnelle minimale de cinq ans dans le conseil agronomique. Le projet est disponible en consultation publique jusqu'au 24 juin.

Eau : le Sage Vilaine voté à « la rentrée prochaine », selon la ministre de l’Agriculture

La révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) du bassin de la Vilaine pourrait franchir une nouvelle étape dans les prochains mois. Une réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) le 25 juin et un vote sur les dispositions du document « peut (…) s’envisager pour la rentrée prochaine, une fois les derniers arbitrages rendus sous l’égide du préfet », a indiqué la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à plusieurs journalistes le 3 juin. Engagée en 2022, cette révision vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur un territoire qui englobe six départements. Son adoption, initialement prévue en décembre 2025, avait été reportée face à l’opposition de plusieurs syndicats agricoles : la FNSEA, les JA et la CR. Au cœur des tensions : l’interdiction d’herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l’érosion, situées dans une poignée d’aires d’alimentation de captage en eau potable. Elles avaient notamment conduit le Premier ministre Sébastien Lecornu à annoncer en janvier un moratoire sur les politiques de l’eau. Une décision alors vivement critiquée par plusieurs associations environnementales, collectifs locaux, mais également par la Confédération paysanne. Elles appellent à un rassemblement le 7 juin à Rennes, pour « montrer qu’il y a une résistance citoyenne » pour l’eau.

Irrigation : les restrictions d’usage de l’eau se multiplient dans l’Hexagone

Quelques jours après l’épisode de chaleur exceptionnel qui a touché la France, plusieurs préfectures ont mis en place des mesures de restrictions d’usage des prélèvements en eau dans leur département. Si le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) jugeait encore le niveau des nappes « satisfaisant » en avril, il soulignait déjà l’incertitude des prévisions pour l’été. Dans les Pyrénées-Orientales, où plusieurs secteurs du département ont été placés en vigilance, en alerte ou en crise, la préfecture estime, dans un communiqué du 2 juin, que la récente vague de chaleur, associée au démarrage de la saison d’irrigation agricole, a accéléré la baisse des débits des cours d’eau. Des mesures ont également été prises dans les Pyrénées-Atlantiques, où les agriculteurs du bassin de l’Ousse des Bois doivent réduire de moitié leurs prélèvements. Dans la Vienne, les restrictions concernent le bassin de la Dive, tandis que plusieurs secteurs ont été placés en alerte ou en alerte renforcée en Vendée et en Dordogne. La Saône-et-Loire et la Seine-Maritime sont, quant à elles, passées en vigilance sécheresse. Selon les départements, les mesures vont de simples appels à la sobriété jusqu’à l’obligation de réduire les volumes prélevés, notamment pour l’irrigation agricole.

Chlordécone aux Antilles : une présence qui persiste dans certains aliments (étude)

Le chlordécone reste présent dans certains aliments consommés aux Antilles, notamment les produits issus de la pêche, plus de trente ans après l'interdiction de cet insecticide, montre une étude publiée le 4 juin par l'Anses. Selon l'AFP, « les produits de la pêche – poissons, crustacés et mollusques – sont la catégorie d’aliments présentant les plus forts niveaux de contamination », conclut ce travail basé sur des analyses réalisées depuis 2021 sur plus de 700 échantillons. Sa publication intervient au lendemain de l'adoption par le Parlement, le 2 juin, d'une loi reconnaissant une « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone, un insecticide largement utilisé jusqu'au début des années 1990 dans la cultures de bananes et interdit depuis plus de trente ans. À certains titres, les résultats de l’étude de l’Anses sont encourageants. Les taux de chlordécone sont, globalement, en baisse dans les aliments consommés aux Antilles par rapport aux précédentes études de l’agence sanitaire. Le chlordécone n'a pas été détecté dans les fruits, et il ne l'a été qu'à faible dose dans les légumes et légumes racines. Mais deux grands types de produits continuent à présenter des taux conséquents, en particulier quand ils sont issus de circuits " informels " : les œufs et les produits de la pêche, poissons comme mollusques.

Établissements vétérinaires : Bruxelles assigne la France devant la CJUE

La Commission européenne a décidé le 4 juin de saisir la Cour de justice de l'UE d'un recours contre la France concernant sa réglementation encadrant les établissements vétérinaires. Bruxelles estime que les règles françaises exigeant qu'une majorité d'actionnaires pratiquent la profession de vétérinaire au sein de l'entreprise, et que les actionnaires vétérinaires soient présents dans chaque établissement au moins à temps partiel, créent des obstacles injustifiés à l'établissement de professionnels vétérinaires. La Commission déplore également que « la France empêche les vétérinaires établis dans d'autres États membres de fournir des services transfrontières temporaires et occasionnels en France ». Fin 2023, pour limiter les pouvoirs des groupes d’investissement rachetant des établissements vétérinaires, le ministère français de l’Agriculture avait adopté une doctrine pour « garantir aux vétérinaires associés qui sont majoritaires d’assurer le contrôle effectif de leur société ». La Commission européenne a engagé cette procédure d'infraction contre la France depuis 2024 et considère que les efforts déployés jusqu'à présent par les autorités nationales sont insuffisants, ce qui l’a convaincue de saisir la CJUE.

Bovins viande : les prix des vaches rebondissent, pas ceux des jeunes bovins

Après plusieurs semaines de baisse, les cotations nationales des vaches (entrée abattoir) ont connu un rebond en semaine 22 (du 25 mai), apprend-on dans le bulletin hebdomadaire d’Interbev publié le 4 juin. Par rapport à la semaine précédente, les vaches U gagnent 8 ct€/kgéc, contre 2 ct€/kgéc pour les vaches R et 3 ct€/kgéc pour les vaches O. « Les cours des vaches avaient un peu reculé après Pâques mais cette période semble se clôturer », observait l’Institut de l’élevage (Idele) dès le 28 mai dans son bulletin Tendances, notant que « les effectifs se présentant à l’abattage restent toujours très faibles ». « Le marché s’est réajusté sur quasiment toutes les catégories et montre à présent des signes de stabilisation. » Les prix des broutards exportés vifs se stabilisent, tandis que ceux des jeunes bovins (JB) engraissés en France continuent leur chute (-4 ct€/kgéc en semaine 22, pour les conformations U et R). Due « traditionnellement à une demande qui diminue après l’hiver », cette baisse saisonnière est « particulièrement marquée » cette année, dans un contexte de « baisse de pouvoir d’achat en Europe », analyse l’Idele. En hausse quasi continue depuis 2024, les cours de tous les bovins ont chuté en avril ; une baisse « injustifiée » pour la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), qui a déclenché des actions syndicales.

Bovins viande : les exportations reculent début 2026, en vif comme en viande

Au premier trimestre 2026, les exportations françaises de viande bovine « ont subi un revers de 11 % comparé à 2025 », constate l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances publié le 28 mars. Principale explication, selon l’Idele : la viande de jeunes bovins (JB), qui représente la moitié de l’export français, est « moins bien positionnée à l’export [en termes de prix] depuis mi-octobre comparée à certaines origines européennes ». Le marché européen du JB est « sous pression », explique l’Idele, car « les prix élevés et la réduction du pouvoir d’achat liée à la flambée des prix de l’énergie freinent la demande ». De quoi accroître l’actuelle baisse saisonnière des cours. S’y ajoute une « forte hausse » des importations de viande bovine en provenance des pays tiers, qui viennent concurrencer les productions du Vieux continent. Fait marquant : au premier trimestre, le Brésil est devenu le premier fournisseur de l’Italie, détrônant la Pologne et la France, comme le souligne Les Marchés (groupe Réussir). De son côté, l’export en vif, spécialité française, recule aussi lourdement début 2026. En baisse depuis plusieurs années, les envois de broutards ont enregistré une baisse de 15 % au premier trimestre 2026, « avec seulement 261 000 têtes envoyées », selon l’Idele.

Élevage/évènementiel : 2 000 animaux attendus au Sommet de l’élevage, sans vaccination

Pour la 35e édition du Sommet de l’élevage, qui se tiendra du 6 au 9 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), 2 000 animaux devraient être présents, pour lesquels l'obligation vaccinale « n'est pas prévue à ce stade », a indiqué le président du salon Jacques Chazalet le 4 octobre, selon l’AFP. Le protocole sanitaire sera « le plus souple et le plus rassurant possible », a déclaré en conférence de presse M. Chazalet, qui ne souhaite pas « appliquer le principe de précaution à outrance ». En 2025, en pleine épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le sommet s'était tenu sans vaches, faisant passer le nombre de bêtes présentes de 2 000 à 700. Cette année, pour ce retour « attendu » des vaches, deux races bovines seront mises à l'honneur : la limousine, côté bovins allaitants, et la jersiaise, côté bovins laitiers. Les organisateurs du Sommet espèrent accueillir 125 000 visiteurs et battre un record de fréquentation. En 2025, celle-ci avait fortement diminué, en grande partie à cause de l'absence des bovins. Par ailleurs, pour la première fois, le Sommet de Cournon comportera un pôle « sanitaire et santé animale » qui regroupera, lors de tables rondes et de conférences, les principaux acteurs du secteur, tels que des vétérinaires, ou encore les laboratoires.

Fraises : forte pression sur les prix, malgré une demande soutenue (ministère)

Le début de la campagne des fraises a été marqué par une forte pression sur les prix, malgré une demande soutenue, selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) publiée le 29 mai. En moyenne sur l’ensemble du mois de mars, les prix ont été inférieurs de 7 % à ceux de 2025, mais supérieurs de 7 % à la moyenne 2021-2025. L’arrivée de très gros volumes en avril, avec une concurrence des principales régions de production ainsi que des pays étrangers (Espagne et Belgique notamment) a continué de peser sur les prix. « Dans le Sud-Ouest, la mise sur le marché des fraises cultivées sous serres chauffées a été retardée, tandis que les productions traditionnellement plus tardives (à froid) sont finalement entrées en récolte plus tôt. Cette inversion des calendriers a provoqué un pic de production dans ce bassin sur les deux dernières semaines d’avril », souligne Agreste. En avril, les prix ont été inférieurs de 4 % à l’an dernier, mais supérieurs à la moyenne quinquennale (+2%), dans le contexte favorable d’une période chaude et ensoleillée stimulant la consommation. Dans un communiqué de presse le 4 juin, l'AOPn Fraises de France appelle à la mobilisation de « chaque consommateur » pour « pérenniser cette production sur notre territoire et limiter la dépendance au produit d’import. D’autant que les consommateurs peuvent actuellement trouver de belles promotions en magasin. »

Melon : bonne perspective pour l’IGP melon du Haut-Poitou en 2026

Dans un communiqué de presse le 4 juin, le syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou annonce de bonnes perspectives pour la saison 2026. La récolte prévue devrait avoisiner les 12 000 t de melons, dont 3 000t labélisables et certifiées IGP melon du Haut-Poitou. Un tonnage qui perdure d’une campagne à l’autre depuis quelques années (sauf en 2023, où une météo favorable avait permis de produire 15 000 t). « On est sur des filières pérennes, qui durent, avec une production plutôt égale d'année en année, malgré les aléas climatiques », expliquait Camille Raimbault, responsable qualité, au micro d’Ici Poitou fin mai. Par ailleurs, les contrecoups géopolitiques n’ont pas eu de grande répercussions sur la mise en culture jusqu’à présent : « Les producteurs ont tout ce qu'il faut en termes de fournitures de plastique, notamment pour le paillage. Ce qui va être plus inquiétant d'ici quelques semaines, c'est le coût des transports pour expédier les palettes, celui du carburant pour refaire les cuves après l'utilisation des tracteurs pendant les chantiers de plantation », estime Camille Raimbault. À cheval sur quatre départements (Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Vienne et Deux-Sèvres), les onze producteurs sont répartis sur 1 350 ha de cultures. La commercialisation s’étale sur environ trois mois, de fin juin à début octobre.

Tomates d’industrie : le groupe CAPL lance sa propre ligne de cosmétiques

La coopérative CAPL, basée à Tarascon (Bouches-du-Rhône), va lancer cette année sa propre ligne de produits cosmétiques à partir des sous-produits de la transformation de tomate, a appris Agra Presse. Ce ne sont pas ses premiers pas dans cette filière. Depuis 2021, au travers de sa filiale Phenix en Provence, elle traite toutes les parties de la tomate : les graines pour la confection d’huile, la peau pour la cire, l’hydrolat pour les crèmes. Pour ce faire, elle a investi cinq millions d’euros pour développer des ingrédients à base de tomates entrant dans la composition de produits cosmétiques. La CAPL a mis en place plusieurs procédés comme l’extraction par CO2 supercritique ou une tour de séchage adaptée pour la tomate, un modèle unique en Europe. « Nos produits sont distribués par Roberlet à Grasse. Nos clients nationaux et internationaux (Aroma Zone, Shiseido, Chromavis…) apprécient une transformation décarbonée et n’utilisant pas de solvant », précise Patrice Florenti, directeur de la coopérative. Le groupe CAPL traite environ 85 000 t de tomates par an provenant de 50 producteurs adhérents.

Fleurs : Bruxelles va aider l’Arménie après les restrictions commerciales de la Russie

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé, le 4 juin que l’UE se tient « fermement » aux côtés de l’Arménie, alors que le pays est en proie à des restrictions commerciales de la part de la Russie depuis fin mai. Bruxelles s’est ainsi engagée à importer des fleurs que Erevan ne peut plus désormais expédier vers la Russie. « Un chargement de 10 000 fleurs est attendu demain (le 5 juin, NDLR.) en Lettonie », a précisé Ursula von der Leyen à l’issue de son entretien téléphonique avec le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan. Avant d’ajouter que « d'autres suivront ». L’UE avait déjà dénoncé le 1er juin des tentatives de « coercition » de la part de la Russie, accusée de vouloir influencer le scrutin du 7 juin. Les Arméniens sont, en effet, appelés aux urnes pour des élections législatives à valeur de test sur le soutien de la population à la volte-face géopolitique de Nikol Pashinyan, qui se détourne de l’allié historique russe au profit des Occidentaux, au grand dam de Moscou.

Serres : lancement d’un réseau international dédié à l'agriculture en environnement contrôlé

Aux Pays-Bas, l’université et centre de recherche de Wageningen annonce sur LinkedIn le 3 juin le lancement d’un nouveau réseau international dédié à l'agriculture en environnement contrôlé (AEC). Son objectif est d'accélérer le partage des connaissances et de rendre l'expertise plus accessible pour la filière serriste en maraichage et horticulture. À vocation internationale, ce réseau baptisé HortINspire proposera « des solutions performantes adaptées aux conditions climatiques locales, aux technologies disponibles, aux options de financement, aux exigences du marché et aux besoins en connaissances ». Sur un site dédié, les membres bénéficieront d'un accès à des sessions thématiques régionales, des réunions d'experts en ligne et des événements de réseautage. « Un producteur apporte des questions et des perspectives différentes de celles d'une agence gouvernementale ou d'un investisseur. En réunissant ces acteurs, HortINspire renforce la collaboration au sein du secteur de l'horticulture sous serre. » Jacqueline van Oosten, initiatrice du réseau au sein du département d'horticulture sous serre de Wageningen. HortINspire sera officiellement lancé le 10 juin lors du salon GreenTech Amsterdam.

Spiritueux : le bénéfice de Rémy Cointreau en net recul sous l'effet des droits de douane

Rémy Cointreau a annoncé le 4 juin un bénéfice net annuel en recul de 35 % pour son exercice décalé 2025-2026, sous l’effet de droits de douane additionnels appliqués en Chine comme aux États-Unis et de coûts de production accrus. Le groupe de spiritueux, qui a engagé ce printemps un plan de transformation, prévoit pour 2026-2027 « un retour à une croissance organique durable du chiffre d’affaires » et « une légère amélioration organique de la marge opérationnelle courante ». Pour cette année, le groupe a annoncé un bénéfice net de 79 millions d’euros (M€), pour un chiffre d’affaires de 935 M€, en repli de 5 %. Son activité est pénalisée aussi par les taux de change (dollar et yuan) et par une situation « complexe » en Chine, malgré un bon dernier trimestre pour le cognac dans la région Asie-Pacifique. Les résultats sont cependant légèrement supérieurs aux attentes des analystes, d’après Bloomberg, ce qui faisait grimper l’action à la Bourse de Paris. Dans les premiers échanges, vers 9h10 heure locale, le titre Rémy Cointreau prenait 9,49 %, à 41,06 €, peu après avoir grimpé de plus de 10 %.

Coopératives : Vivescia va déployer huit centrales photovoltaïques sur du foncier non exploité

Deux dans les Ardennes, deux dans l’Aube et quatre dans la Marne : le groupe Vivescia (3,8 Md€ de chiffre d’affaires, 9 000 adhérents) compte implanter huit centrales photovoltaïques au sol, sur des terrains jusque-là non exploités, pour « valoriser durablement des actifs immobiliers, tout en associant performance économique et production d’électricité renouvelable », explique Cédric Cogniez, directeur général des activités agricoles et filières céréalières chez Vivescia. Ces projets, à taille industrielle, visent une production supérieure à 500 kilowatts-crête (kWc). En phase d’exploitation, cette opération devrait permettre de générer pour Vivescia une enveloppe de plus de 3 M€ de création de valeur, étalés sur une trentaine d’années, sans mobilisation d’investissement financier pour le groupe. Pour déployer ce projet, Vivescia a retenu Amarenco, acteur de référence du photovoltaïque à l’échelle européenne (déjà plus de 2 000 projets menés, 650 MW installés en 2025). Ce dernier assurera l’intégralité du développement des centrales – études, démarches administratives, financement, construction, exploitation-maintenance et démantèlement des installations en fin de vie – et portera l’ensemble des risques associés. En plus du foncier, Vivescia apportera son appui sur des points clés comme la sécurisation des terrains ou la concertation locale. (Anne Gilet)

Coopératives : les activités nutrition animale d’Oxyane regroupées sous l’entité Altévia

Oxyane annonce, le 4 juin, la nouvelle identité de son pôle nutrition animale : Altévia. Une seule bannière qui regroupe les différentes entités historiques, Seal (DNA, SNA et Bioséal), Soréal Sud-Est et Sofragrain, soit six sites industriels implantés dans l’Isère, la Drôme et l’Ain. « L’union de nos savoir-faire et de nos équipes renforce notre ancrage territorial, du Territoire de Belfort jusqu'à la Corse, au plus près de nos éleveurs et des filières d'élevage », précise le groupe. Derrière ce changement de nom, l’ambition reste, elle, identique : « accompagner le monde agricole vers une performance durable grâce à des solutions nutritionnelles d'excellence et adaptées au terrain ». Chez Oxyane, le pôle nutrition animale pèse près de 175 M€ de chiffre d’affaires, pour 320 000 t d’aliments fabriqués et près de 5 500 éleveurs livrés. (Anne Gilet)

Incendie dans l’Aude : un agent de l'ONF présenté à des juges d'instruction

Selon l'AFP, un agent de l'Office national des forêts (ONF) est présenté jeudi 4 juin pour un interrogatoire de première comparution devant des juges d'instruction de Montpellier dans le cadre de l'enquête visant à établir les causes du méga-feu des Corbières en 2025, a indiqué le parquet. L'agent a « contesté son implication dans ces faits lors de sa garde à vue », entamée mardi 2, tandis que deux autres agents ont été « remis en liberté mercredi soir sans charge retenue à ce stade de la procédure », a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc'h. Les gardes à vue des trois agents étaient les premières connues dans l'enquête sur l'origine du gigantesque incendie de Ribaute, déclenché le 5 août 2025, qui a parcouru 17 000 ha, en brûlant plus de 11 000. Les trois agents ont été entendus sur d'éventuelles « infractions de destructions involontaires par incendie », avait précisé mercredi M. Lescouarc'h. Selon une source proche de l'enquête, les placements en garde à vue avaient pour but de confirmer ou d'infirmer le fait que ces agents pouvaient être impliqués dans le départ de feu, tandis qu'une autre source proche a évoqué des soupçons de « négligence » pesant sur les trois fonctionnaires. D'après Midi Libre, les enquêteurs cherchent à établir si une cigarette jetée par la fenêtre d'une voiture de patrouille de l'ONF pourrait être à l'origine de l'incendie.

Agenda de la semaine agricole du 8 juin 2026

Lundi 8 juin
181e session du Conseil de la FAO, à Rome, jusqu'au 11 juillet.

Mardi 9 juin
Colloque sur le photovoltaïque organisé par le Ser, à Strasbourg
Assises de la Fict (industriels charcutiers et traiteurs)
Premières Rencontres des fondations actionnaires
Conférence de presse de la fromagerie Dongé
Lancement d’Urbanaa, outil d’évaluation de la durabilité des projets d’agriculture urbaine

Mercredi 10 juin
La Commission européenne présente sa proposition pour augmenter les fonds de la réserve agricole afin de soutenir les agriculteurs touchés par l'envolée des prix des engrais
Journées nationales de Un Plus Bio, à Nîmes (Gard), jusqu'au 11
Voyage de presse Florette France/McDonald’s France, à Le Soler (Pyrénées-Orientales)
Conférence de presse de l'AOP Festival

Jeudi 11 juin
Commission de l’Agriculture du Parlement européen, à Bruxelles
Rencontre « Manger local, un levier de transitions » à l'Assemblée nationale 
Assemblée générale de la Cooperl (porc) et inauguration du nouveau siège, à Lamballe (Côtes-d’Armor)
Réunion d'information organisée par Cristal Union, à Troyes
Conférence de presse de Kronenbourg sur l’hôtellerie-restauration
Assemblée générale de Végépolys Valley, à Angers
Visioconférence d’Amarenco sur l'agrivoltaïsme et la viticulture
Présentation d'une étude sur le bio face aux arbitrages des consommateurs par So.bio et l'Ifop
Porte ouvertes professionnelles au Campus Fruits Rouges, à Allemant (Aisne)

Vendredi 12 juin
Congrès de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA), à Angoulême
Conférence Marchés mondiaux des viandes (Idele)
Bourse internationale de Paris, organisée par Agro Paris Bourse
Visites de plateformes de recherches de semences, organisées par Semae

Dimanche 14 juin 
Sommet des pays du G7, à Evian-les-Bains

Erratum sur le comité directeur d’Interbev

Contrairement à ce qui était indiqué par erreur dans l’Agra Fil daté du 4 juin, l’ancien président de la section veaux d’Interbev est bien Gilles Gauthier, et non Guillaume Gauthier (FNB, président de la commission Enjeux sociétaux).