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Incendie dans l’Aude : Genevard annonce un fonds d’urgence de 8 M€

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Plus de 2 000 ha de terres agricoles, essentiellement des vignes, ont été endommagées par l’incendie historique qui a ravagé le massif des Corbières début août. Venue sur place le 14 août, la ministre de l’Agriculture a annoncé 8 M€ d’aides, dont des avances devant être versées dans les quinze jours.

En déplacement le 14 août dans l’Aude, à la suite de l’incendie historique qui a ravagé le massif des Corbières et affecté plus de 2 000 ha de terres agricoles, la ministre de l’Agriculture a annoncé « un fonds d’urgence de 8 M€ » pour l’ensemble des productions agricoles sinistrées. Cette enveloppe réclamée par les professionnels « servira à indemniser à la fois les pertes de récolte, les pertes de fonds […] et la destruction de bâtiments et du matériel agricole », a-t-elle indiqué devant la presse. Elle concernera « les terres affectées par le feu, les productions affectées par les fumées et par les mousses retardantes [utilisées pour lutter contre le feu], les productions impropres à la consommation et qui ne sont pas assurables », a précisé Annie Genevard. Son cabinet a précisé à la presse que le fonds d’urgence sera financé par « des crédits nationaux déjà obtenus et validés en interministérielle ». Autre aide annoncée par la ministre : « Un dispositif fiscal qui permettra d’exonérer les taxes foncières, à la main des préfets » (exonération de la TFNB).

Un premier guichet ouvert le 1er septembre

Dans le détail, le fonds regroupe 7 M€ d’aides à la trésorerie et 1 M€ de « prise en charge ciblée » de cotisations MSA, selon un communiqué du ministère. L’aide à la trésorerie est elle-même divisée en deux guichets ; le premier « sera ouvert du 1er au 21 septembre », comme l’ont annoncé la préfecture et la chambre d’agriculture de l’Aude dans un communiqué le 21 août. Les « exploitants situés dans le périmètre immédiat du feu » (carte en annexe du communiqué) pourront y déposer leur demande en vue d’un paiement « d’ici au 30 octobre ». Les montants et critères de cette aide seront communiqués plus tard, après concertation avec les professionnels. Une condition est déjà connue : s’engager « à ne pas vendanger » (ou à détruire la vendange si la récolte a commencé). Ce fonds interviendra « en complément des indemnisations » des assurances.

Comme annoncé par Annie Genevard, avant l’ouverture du guichet, les « exploitants touchés par les incendies et faisant face à de graves difficultés financières » peuvent déjà demander une avance en envoyant un formulaire par mail. Par la suite, le second guichet ouvrira le 22 septembre pour les vignes touchées par les fumées (paiement avant le 31 décembre), précise la chambre d’agriculture sur son site. Sur sa page dédiée à l’incendie, les internautes peuvent aussi faire des dons pour les agriculteurs sinistrés et demander la convention de mise à disposition (CMD) et le « bail Safer » qui permettent « d’acheter des raisins pour le millésime 2025 ».

Un plan d’avenir aux contours vagues

Interrogé par l’AFP, le président de la chambre d’agriculture de l’Aude Ludovic Roux estime que « le premier objectif est atteint après cette annonce ». « Ces 8 millions d’euros sont vitaux pour notre profession et on attend la suite », a-t-il réagi, à l’issue de la table ronde avec la ministre.

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Par ailleurs, Annie Genevard s’est engagée à revenir sur place « avant la fin de l’année » pour faire le point sur le plan à moyen terme annoncé par François Bayrou quelques jours plus tôt. Lors d’un déplacement le 6 août, le Premier ministre avait annoncé « un plan de sauvegarde et d’avenir » aux contours vagues. Ce « grand plan dont les Corbières pourraient être un laboratoire » sera élaboré « avec les élus locaux, les responsables professionnels, le gouvernement », a précisé M. Bayrou. Parmi les sujets cités, le locataire de Matignon a notamment évoqué les futures plantations de vignes et l’utilisation « d’essences [forestières] différentes », résistant davantage aux incendies.

1 500 ha touchés par le feu, 800 par les fumées

Le Premier ministre a notamment insisté sur l’apport des cultures dans la lutte contre les feux de forêt : « Partout où il y avait des vignes, pour l’essentiel le feu a été arrêté ». Le massif des Corbières « a deux orientations économiques », a relevé François Bayrou : « La vigne d’un côté et le tourisme de l’autre. Les deux sont atteintes. » Cet incendie est « un évènement qui est lié au réchauffement climatique et à la sécheresse », a-t-il rappelé.

Démarré le 5 août et probablement d’origine humaine, l’incendie a parcouru 16 000 ha et en a brûlé 11 133, selon les secours. Il devait être déclaré « éteint » au cours de la semaine du 25 août, selon L’Indépendant (article payant). Le ministère de l’Agriculture chiffre le bilan agricole « entre 1 000 et 1 500 ha directement touchés dans le périmètre de l’incendie », auxquels s’ajoutent « environ 800 ha [affectés] indirectement par le cône de fumée ». « L’essentiel des hectares touchés concerne la viticulture », précise la Rue de Varenne. Le feu a causé la mort d’une personne et détruit 36 maisons.

Aides à la trésorerie, exonération de TFNB et de cotisations MSA

« Partout où il y avait des vignes, pour l’essentiel le feu a été arrêté »

Carole Delga demande un plan d’investissement et des retenues collinaires

S’exprimant dans un communiqué le 14 août, quelques jours après l’incendie historique qui a dévasté le massif des Corbières, la présidente de la région Occitanie Carole Delga a appelé Emmanuel Macron à « lancer un grand plan national pour l’Occitanie, reconnaissant la spécificité du territoire régional face aux effets du changement climatique ». « Nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques : sécheresses, incendies, inondations, etc. », plaide-t-elle. « Ce que subit l’Occitanie aujourd’hui, demain les autres régions le subiront à leur tour. » Participant à la réunion sur les suites de l’incendie avec la ministre de l’Agriculture le 14 août, Carole Delga a plaidé pour que « l’État simplifie la construction de retenues collinaires ». Pour la présidente de région, il faut que l’État « définisse sans attendre le nombre et le dimensionnement de ces retenues dans les Corbières et qu’il nous garantisse l’autorisation de les réaliser rapidement ». Par ailleurs, la région Occitanie a annoncé « une série de premières mesures d’urgence », en particulier « sur le volet de la compensation des pertes subies et la préservation des activités viticoles, touristiques, économiques », ainsi que pour les collectivités locales (dispositif similaire aux inondations de 2018).