Chambres d'agriculture : bientôt un conseiller «référent» pour chaque agriculteur
Dans le cadre de son Contrat d'objectif et de performance (COP) 2026-2031, signé le 23 septembre avec l'Etat, les chambres d'agriculture ont annoncé le déploiement de «conseillers référents pour chaque agriculteur». La mise en place se fera d'abord auprès des agriculteurs clients des chambres, puis de l'ensemble des exploitants. «Nous avions la volonté que chaque agriculteur ait un 06 pour poser n'importe quelle question, a expliqué Olivier Lebert, président de la chambre des Pays de la Loire. Le premier coup de fil ne sera pas payant, et nous allons nous organiser pour que les conseillers puissent apporter des réponses et de l'appui technique ». Le fait d'appeler un conseiller référent pour lui poser une question générique sera gratuit ; le service restera payant à partir du moment où le conseiller devra faire une recherche ou un travail d'accompagnement spécifique pour l'agriculteur. «Le conseil technique reste payant, il le devient quand il y a un travail spécifique fourni», a expliqué Sébastien Windsor.
Chambres d'agriculture: gouvernance inchangée d'ici 2031, gages sur le budget 2027
Les chambres d'agriculture et le gouvernement ont signé, le 23 septembre avec le gouvernement, leur Contrat d'objectif et de performance (COP) 2026-2031, qui ne contient «aucun élément de régionalisation nouveau», a indiqué le président de Chambres d'agriculture France, Sébastien Windsor en conférence de presse: «le niveau départemental reste l'échelon de conseil des chambres d'agriculture». La tête de réseau nationale ne disposera pas de pouvoir de contrôle ou de sanction nouveau, comme proposé par la Cour des comptes. Le décret de 2016 fixant des objectifs de mise en commun des fonctions supports fera simplement l'objet d'une «clarification» prochainement. Le gouvernement a également remisé les propositions de Bercy de nationaliser la collecte de la taxe affectée, à la manière des chambres de commerce, butant sur les très grandes disparités de taxation locales. Seul changement : la réserve de performance, part distribuée aux chambres départementales selon l'atteinte d'objectifs stratégiques, va passer de 8% à 10% du budget total. Présente auprès des chambres d'agriculture ce 23 septembre, la ministre de l'Agriculture a d'ailleurs signifié que le gouvernement proposerait un budget stable aux chambres d'agriculture dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027.
Pesticides : nouvel échec des Etats membres à se mettre d’accord sur le règlement omnibus
Les ambassadeurs des États membres (Coreper) ne sont, une fois encore, pas parvenus à trouver un accord sur la proposition omnibus dans le domaine des pesticides, lors de leur réunion du 23 septembre. Les discussions continuent de buter sur la question de l’abaissement à zéro des limites maximales de résidus (LMR) pour certains pesticides préoccupants non autorisés dans l’UE. Plusieurs États membres sont en effet préoccupés par les conséquences que cette décision pourrait avoir sur les échanges commerciaux. Suite à des demandes formulées par certaines délégation (notamment l’Italie) qui souhaitaient disposer de plus de temps pour examiner la proposition, la présidence Irlandaise du Conseil a donc décidé de reporter le vote en vue d'obtenir un mandat de négociation. Elle espère être en mesure de réinscrire le dossier à l'ordre du jour du Coreper dès que les conditions le permettront. Au Parlement européen également, cette question des LMR divise les eurodéputés qui sont censés adopter leur position lors de la plénière de novembre.
Pesticides : un captage d'eau pollué au flufénacet à La Rochelle, l'agglomération va porter plainte
La communauté d’agglomération de La Rochelle a annoncé le 23 septembre qu’elle allait porter plainte contre X cette semaine pour «atteinte à l’environnement», après la pollution ponctuelle aux pesticides d’un captage d’eau potable dans cette région céréalière. Les neuf puits d’une station de pompage qui alimente «environ 20.000 habitants», selon la collectivité, ont dû être déconnectés le 18 septembre, même si «la potabilité de l’eau n’est pas remise en cause». Des analyses ont révélé la présence de flufénacet ESA, un herbicide de la famille des PFAS bientôt interdit, à hauteur de 0,82 µg/L, au-dessus de «la limite de qualité» de 0,1 µg/L, mais «loin de la valeur sanitaire maximale fixée à 8,8 µg/L, à partir de laquelle il pourrait y avoir des effets sur la santé», a précisé à l’AFP Philippe Vansyngel, responsable du pôle eau de l’ex-région Poitou-Charentes à l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Des résidus de métolachlore NOA, dérivé d’herbicide interdit depuis l’été 2024, ont également été détectés. «Ce sont deux molécules que nous n’avons pas l’habitude de voir. Nous ne comprenons pas comment cette pollution a pu arriver. C’est pourquoi nous suspectons un déversement, accidentel ou non», a expliqué Guillaume Krabal, vice-président de la communauté d’agglomération chargé de l’eau potable, lors d’un point-presse.
Bio : la consommation augmente de près de 5% (en valeur) sur le premier semestre
La consommation de produits bio a progressé de 4,8% en valeur au premier semestre 2026, annonce l’Agence bio dans un communiqué le 23 septembre à l’occasion de la Journée européenne du bio. Une croissance dans le sillage de l’année 2025, marquée par la reprise de la consommation (+3,6%) selon les chiffres communiqués mi-juin. « C’est très significatif. Encore une année comme ça et on aura rattrapé complètement les 15% de baisse qu’on a pu avoir il y a quelques années » avec la crise inflationniste de 2022, s’est félicité son président, Bruno Martel, auprès de l’AFP. Pour autant, la marge de progression est encore forte. Le bio représente « moins de 6% de la consommation à domicile, environ 1 % des approvisionnements des 250 000 restaurants et moins de 6 % des achats des 85 000 cantines », indique l’Agence qui rappelle les objectifs de l’Etat fixés pour 2030 (20% de bio en restauration collective selon la loi Egalim, 12% de bio dans toutes les assiettes selon la Snanc, 21% de SAU bio selon la loi d'orientation agricole). Côté production, sur le premier semestre, le nombre de producteurs bio est en hausse (+687) avec des entrées en bio qui progressent (+14%) et des sorties du bio en recul (-13%) par rapport à la même période l’an passé. Pour rappel, sur l’année complète 2025, le nombre d’exploitations engagées en bio avait diminué de 1,3 %, à 61 159 fermes.
Biodiversité : le plan de protection de la nature prend du retard, alertent les ONG
Les Etats ne sont pas en voie de protéger 30% des terres et des océans d’ici 2030 contrairement à leurs engagements, affirment des associations de défense de la nature dans un rapport repéré par l’AFP, publié à un mois du sommet international pour la biodiversité, la COP17, en Arménie. L’objectif « 30x30 », un engagement à protéger 30% de la nature d’ici à la fin de la décennie, est l’une des pièces maîtresses d’un accord international pour la nature, considéré comme l’équivalent de l’accord de Paris pour le climat, conclu par les Etats en 2022 à la COP Biodiversité à Montréal. Mais les engagements ne se traduisent pas assez vite dans les actes, constate ce rapport publié par les organisations de protection de la nature Campaign for Nature et Together for the Ocean. Environ 20% des terres et des eaux intérieures sont classées comme zones protégées ou conservées, et le niveau pourrait monter à 27% d’ici 2030 si les gouvernements respectent pleinement leurs engagements. Mais la protection des océans est loin des objectifs, avec 10% des océans protégés, un niveau susceptible de n’augmenter qu’à 12% d’ici la fin de la décennie, anticipe le rapport.
Climat : le chef de l'ONU organise un dernier sommet à New York avant son départ
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a convoqué le 23 septembre à New York une « réunion de haut niveau sur l’action climatique et la transition juste », son dernier sommet sur le climat avant la fin de son mandat en décembre, peu après la COP31 en Turquie. Après Antonio Guterres, les dirigeants turc, Recep Tayyip Erdogan, et australien, Anthony Albanese, ont pris la parole en tant que co-organisateurs de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat. Au menu, des appels à verdir les économies, à mieux financer la transition des pays en développement et à renforcer la résilience des sociétés face à un monde toujours plus chaud. La veille Antonio Guterres avait donné le ton en menant la charge contre l’industrie pétrolière, l’accusant d’avoir longtemps considéré « l’atmosphère comme une décharge à ciel ouvert ». Des déclarations qui rappellent ses nombreuses expressions frappantes lancées ces dernières années sur le climat, de « l’autoroute vers l’enfer climatique » à « l’ère de l’ébullition mondiale ». Des canicules et incendies records en Europe à la crue meurtrière provoquée par l’effondrement d’un glacier au Népal, la dernière année en poste de M. Guterres voit s’enchaîner les conséquences d’un climat qui se réchauffe. Et le phénomène El Niño qui s’annonce comme un record aggrave encore des conditions météorologiques extrêmes dans le monde.
PLF 2027 : Lecornu prêt à discuter avec les socialistes pour « enrichir » le plan CASI
Le Premier ministre Sébastien Lecornu propose de rencontrer les parlementaires PS pour bâtir un nouveau « compromis » sur le budget, selon un courrier daté du 22 septembre. Sébastien Lecornu propose aux députés et sénateurs socialistes de les rencontrer pour tenter de bâtir sur le budget 2027 un « compromis », comme celui noué l’an dernier, dans un courrier au groupe PS révélé par Le Monde et obtenu par l’AFP le 23 septembre. Il leur demande de « mesurer » les conséquences d’une absence de budget en cas de censure, qui exposerait les Français à « l’austérité la plus dure », et prévient que ce « blocage » pourrait se « prolonger » au-delà de la présidentielle qui devrait être suivie par des élections législatives. Il assure que ce dialogue pourrait permettre de « faire aboutir » plusieurs chantiers touchant à l’hydroélectricité, la protection de l’enfance, l’indemnisation des victimes du chlordécone. Il dit sa volonté de faire aboutir la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, premier texte examiné à l’Assemblée nationale avant le budget. Il compte aussi sur les socialistes pour « enrichir » le plan de soutien CASI au secteur agricole touché par la sécheresse de l’été, ou amender celui sur le logement pour les sinistrés des incendies.
GNR : la FNSEA demande le doublement des aides aux agriculteurs
La FNSEA a réclamé un doublement des aides aux agriculteurs pour l’achat de gazole non routier (GNR), invoquant l’envolée des prix des carburants. Le président du syndicat Arnaud Rousseau a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de la FNSEA qu’il demandait que l’aide pour l’achat de gazole non routier (GNR) passe à 30 centimes par litre, contre 15 centimes depuis avril. « Depuis le début de la semaine, le gasoil non routier pour l’agriculture a dépassé 1,50 €/l HT, rendant son acquisition extrêmement difficile pour les agriculteurs à la veille des travaux d’automne », a-t-il détaillé. « Pour nous, les 15 centimes annoncés par le gouvernement tenaient la route à partir du moment où les gasoils étaient autour de 1,20 €/l », a ajouté M. Rousseau. Le syndicat souhaite aussi que cette aide vienne « en pied de facture (...) pour accélérer les remboursements, qu’ils soient immédiats ». « Nous nous rendons compte que les remboursements d’avril, de mai, de juin tardent dans un certain nombre de départements. Ça n’est pas acceptable pour les agriculteurs de faire cette avance de trésorerie », a-t-il déploré.
Agriculteurs en difficultés: Agri’Ecoute devrait dépasser 6000 appels en 2026
La MSA (sécurité sociale agricole) rapporte « une augmentation des sollicitations » de son service d’écoute en ligne Agri’Ecoute, consécutif en partie à l’épisode de sécheresse qui frappe le monde agricole, rapporte l’AFP le 23 septembre. «Nous arriverons possiblement à 6 000 à la fin de l’année car on redoute que ça s’accentue cet hiver. Les agriculteurs rencontreront des difficultés à nourrir leurs bêtes, ils vont faire un bilan financier. Il y aura les répercussions de cet été très difficile pour l’ensemble des filières agricoles », analyse Magalie Rascle, directrice déléguée aux politiques sociales. Elle souligne par ailleurs que « les premiers motifs d’appels ne sont pas les problèmes financiers mais l’isolement, la pression familiale ou encore l’agribashing ». Pour mémoire, Agri’écoute avait recensé 4 230 appels en 2025. « Cette sécheresse majeure a des effets considérables sur la santé psychologique et physique des exploitants », confirme Jean-François Fruttero, président de la CCMSA (Caisse centrale), « L’agriculture est en train de basculer dans une crise plus structurelle que conjoncturelle ». Outre la ligne dédiée au mal-être agricole, la MSA s’appuie aussi sur son réseau de sentinelles. La MSA propose aussi un échéancier de paiement des cotisations ou l’aide au répit, un service de remplacement.
Agriculteurs en difficulté : davantage d'agricultrices nouvellement installées (Solidarités paysans)
Solidarités paysans indique dans son rapport annuel le 23 septembre que 30% des personnes qu’elle accompagne sont des nouveaux installés en agriculture. Ils sont âgés en moyenne de 40,5 ans. Cette moyenne recouvre des profils différents, entre les jeunes agriculteurs installés dans le cadre d’une reprise de la ferme familiale et ceux en reconversion professionnelle plus tardive. Et il s’agit de plus en plus de femmes : elles représentent désormais 43,2 % des personnes accompagnées et installées depuis moins de 10 ans. « C'est une évolution majeure des profils accompagnés par le réseau », observe l’association. D’une manière générale, ils se retrouvent prioritairement dans quelques filières agricoles : en maraîchage (16,6 % des personnes accompagnées), dans l’élevage caprin-ovin-lait (11,6 %) et dans l’élevage bovin-lait (12,4 %). Cela s’expliquerait par des filières en crise, dont les aléas économiques ajoutent une incertitude supplémentaire pour les nouveaux installés (en élevage bovin-lait notamment), « une très inégale répartition des aides, mais aussi des filières qui nécessitent moins d’investissement et de financement au démarrage et qui constituent une porte d’entrée plus adaptée, mais souvent plus précaire, dans le métier ».
Agriculteurs en difficultés : l’élevage en tête des accompagnements de Solidarité paysans
Le premier rapport annuel de l’association Solidarité Paysans a été dévoilé le 23 septembre, basé sur 3 639 situations individuelles et quelque 4 100 accompagnements d’agriculteurs en difficulté, réalisés en 2025. L’élevage représente aujourd’hui la part la plus importante des personnes accompagnées par l’association, soit 59,48%. L’élevage bovin (lait, viande, mixte) est particulièrement représenté, totalisant 36,89%. Plus de 81 % sont des hommes, plus âgés que dans d’autres filières, et installés depuis plus de dix ans, dans 82 % des cas sur des surfaces moyennes de 50 à 100 ha pour la plus grande part. Les régions Normandie (59,7% des fermes en élevage bovin), Bretagne (49%), Bourgogne-France-Comté (53,5%) et Aura (36,8%) sont très concernées. « La persistance de petites fermes en élevage en Bretagne, en difficulté économique, contraste avec les élevages en Auvergne-Rhône-Alpes, plus grands et confrontés plus souvent à des questions juridiques, techniques et de gestion et à une conjoncture économique instable », détaille Solidarité paysans. Les autres branches de la filière sont loin derrière : élevage caprin-ovin à 9,86%, volaille à 3,56%, équin à 3,32 et 5,85 « d’autres élevages ».
Maraîchage : de petites fermes exclues du plan CASI dans certains départements (syndicats)
Alors que la ministre de l'Agriculture avait annoncé que le maraîchage ferait partie des critères de fléchage du « fonds de réarmement » du plan CASI (sécheresse), certains préfets de département « instaurent des planchers de surface qui excluent de fait les plus petites fermes », rapporte la Confédération paysanne dans un communiqué le 23 septembre. Et de citer les cas de l'Ariège et la Drôme. Le syndicat souligne que 58 % des exploitations de fruits et légumes françaises font moins de 3 ha. Par ailleurs, la Conf' regrette que la préfecture de la Vienne exclue « les fermes qui ne sont pas bénéficiaires de l'aide Pac petit maraîchage ». Selon le syndicat, « très peu » d'exploitations maraîchères l'obtiennent « du fait des modalités très contraignantes de cette aide ». Dans d'autres départements, des syndicats agricoles de tous bords ont refusé de participer aux travaux de fléchage des aides. Dans le Lot-et-Garonne, les principaux syndicats (FNSEA, JA, Conf', Coordination rurale) ont signifié leur refus dans une lettre commune, intitulée « 853,48 € par agriculteur : l'État se fout de nous et abandonne les agriculteurs ». La Conf' a aussi fait la chaise vide dans l'Indre et l'Ardèche. Contactés, les autres centrales nationales ne nous ont pas apporté cette précision.
Concombre: production grevée par le sec, demande soutenue, envolée des prix
Selon une note des services de statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 23 septembre, la production française de concombre enregistrerait un recul de 5% par rapport à 2025 avec 182 600 tonnes. Cela reste néanmoins supérieur de 3% à la moyenne sur 5 ans. « Les conditions caniculaires ont impacté la production en plein air et plus particulièrement dans les bassins Centre-Ouest et Est (respectivement – 44 % et – 36 % sur un an). Sous serre, le recul de la production est moindre, et même en progression de 6 % sur un an dans le bassin Sud-Est en lien avec une augmentation des surfaces et la résistance des systèmes sous abri (serres climatisées, irrigation maîtrisée).» analyse Agreste. Il est indiqué une hausse de 4 % des surfaces sous serre dans le bassin Sud-Est alors les surfaces nationale restaient relativement stables (+1% à 1 104 ha). Parallèlement, les fortes chaleurs ont entrainé une forte hausse de la demande à partir de juillet, après un début du mois de juin calme. « Le marché reste déséquilibré en raison des vagues de chaleur : la production nationale, même complétée par un approvisionnement européen (Espagne, Belgique et Pays-Bas), ne suffit pas à alimenter une demande très soutenue », précise Agreste. Du coup, sur juillet, les prix ont été supérieurs de 26 % à ceux de 2025 et de 46 % à la moyenne quinquennale. En août, les prix demeuraient à un niveau particulièrement élevé (+ 31 % sur un an).
Oignon : aux Pays-Bas, rendements en forte baisse, flambée des prix
Aux Pays-Bas, premier producteur européen d'oignon, les surfaces sont restées stables en 2026 (à 36 619 hectares) mais la campagne se caractérise par des rendements en baisse et des calibres plus petits, selon l’analyse de l’Institut néerlandais des statistiques (CBS), reprise par le site Italiafruit le 23 septembre. La superficie consacrée aux oignons jaunes a augmenté pour atteindre 27 249 hectares, tandis que celle des oignons rouges a diminué, passant de 6 295 à 5 370 hectares. Côté rendement, les dix champs suivis par la plateforme néerlandaise d'analyse de données Boerenbusiness affichent une moyenne de 52,8 tonnes par hectare, contre 67,2 en 2025. De plus, seulement 50 % du produit mesuré dépassent 60 millimètres, avec d'énormes fluctuations d'un champ à l'autre (de 13 à 83 %). La situation influe sur les prix : les agriculteurs vendaient leurs oignons à peine plus de 0,10 €/kg, tandis qu’aujourd’hui, le prix avoisine les 0,30 €/kg. Le prix moyen des oignons conditionnés, selon Boerenbusiness, est également passé de 0,21 € à 0,375 €/kg, avec des volumes hebdomadaires d’environ 30 000 tonnes, un niveau très haut. Selon le secteur, la récolte devrait être comprise entre 1,2 et 1,3 million de tonnes, contre plus de 1,7 million de tonnes en 2025.
Olives : récolte « assez conséquente » attendue pour l'olive noire de Nyons
À quelques semaines de la récolte, le syndicat de l'olive noire de Nyons a annoncé une récolte « assez conséquente » pour 2026-2027, malgré les températures exceptionnellement chaudes des derniers mois. « On a été inquiets pendant une partie de l'été mais finalement on s'est rendu compte que le printemps pluvieux, où les sols avaient eu l'occasion de bien recharger leurs réserves, a été bénéfique pour l'olivier », souligne selon Anne Laurent, directrice de la coopérative du Nyonsais et administratrice du syndicat de l’olive noire de Nyons interrogée par Ici Drôme Ardèche. Le bassin de Nyonsais devrait produire environ 3 000 tonnes d’olives, soit une récolte beaucoup plus important que celle de la campagne précédente, selon Anne Laurent. Pour l’instant, la chaleur n’a pas eu d’effet négatif sur la qualité des olives, mais la filière reste toutefois prudente, les conditions météorologiques d’ici à la récolte de l’olive nord de Nyons pouvant encore faire évoluer la situation. Pour les olives à huile, la récolte débutera en novembre et pour les olives de bouches, elle débutera fin décembre, en fonction des conditions météo. Un automne très doux et très pluvieux peut en effet retarder la récolte pour faire de la bouche : le cahier des charges de l'olive noire de Nyons exige que 60 % des fruits soient fripés. Or, par temps pluvieux et doux, l’olive a du mal à friper et peut perdre ses caractéristiques.
Noisettes : une aide de 11,7 M€ pour trouver des alternatives aux phytos
Le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) de la Stratégie Ecophyto 2030 s’est réuni le 21 septembre. Parmi les avancées présentées figure notamment le projet « Booster la lutte intégrée par l’innovation, la diversification et l’économie durable » (Boliide), déposé par la filière noisette dans le cadre du dispositif « Prise de risque amont aval et massification de pratiques visant à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques sur les exploitations agricoles » (PRAAM), rapporte rapporte un communiqué du gouvernement. Il bénéficie de plus de 11,7 millions d’euros de l’État (sur un budget total du projet de 17,9 M€) et vise à réduire l’utilisation de pesticides dans la filière noisette tout en garantissant un revenu durable aux producteurs. Depuis plusieurs années, la filière noisette est confrontée au fléau de la punaise diabolique et aux dégâts du balanin, alors que l’interdiction de l’acétamipride en 2018 a réduit les solutions disponibles pour lutter contre les ravageurs. En 2024, la filière noisette française a subi une forte importante de production en raison de facteurs climatiques et sanitaires. Ces difficultés ont donné lieu à un suivi rapproché de la filière, afin notamment d’identifier des solutions face à l’augmentation de la pression des ravageurs. Une enveloppe maximale de 3 M€ a également été mobilisée pour compenser une partie des pertes de chiffre d’affaires des exploitations les plus touchées.
Vin : le crémant menacé par les déviances de concurrents européens (producteurs)
Victime de son succès, le crémant est menacé par les déviances de concurrents européens, a alerté le 23 septembre la FNPEC (producteurs). La filière française est en train de perdre son « monopole » face des voisins n’ayant « pas les mêmes priorités et la même vision » du produit, a déclaré le coordinateur Louison Bosse-Platière. Pourtant, la réglementation européenne protège le terme « crémant », soumis notamment à trois conditions : méthode traditionnelle, vendange manuelle, zone géographique. Sa mise en œuvre diffère en Allemagne et Italie, d’après la FNPEC. Outre-Rhin à partir de 2024-2025, « les néo-producteurs ne respectaient pas le règlement européen ». La fédération dit leur avoir fait corriger le tir. En Italie depuis 2025, le terme "crémant" intègre certains cahiers des charges de vins effervescents. Mais reste à bien le distinguer du reste, pointe la FNPEC. Sa crainte : « Une même entreprise pourra, au sein d’une même appellation, produire du vin pétillant, du vin mousseux, du vin mousseux de qualité, de la méthode charmat, de la méthode traditionnelle, voire de la méthode ancestrale, sans distinction visuelle, sans distinction de cépage ni distinction de parcelles ». La fédération dit avoir informé l’administration française pour qu’elle sensibilise au problème son homologue transalpine.
Cognac : le négociant Sazerac condamné pour rupture de contrat
Assigné par des viticulteurs charentais pour rupture de contrat, le négociant Sazerac a été condamné par la justice le 22 septembre, selon l’UGVC (producteurs d’AOC cognac). « Le tribunal de commerce d’Angoulême a donné raison aux 45 viticulteurs accompagnés par l’UGVC dans le litige qui les oppose à Sazerac, se réjouit l’organisation. Leurs contrats devront être exécutés conformément aux engagements pris, pour les quatre années prévues. » Le négociant américain a déjà annoncé qu’il ferait appel, « compte tenu du contexte économique gravement dégradé du marché du cognac et du fait que les contrats résiliés par Sazerac ne peuvent juridiquement pas être exécutés », rapporte le média Charente libre. Réaffirmant « sa volonté d’accompagner les viticulteurs qui subissent depuis plusieurs années une crise d’une ampleur inédite », le groupe souligne que près de 40 viticulteurs ont déjà trouvé un accord avec lui « dans le cadre de solutions transactionnelles équilibrées », des dédommagements pour certains, de nouveaux contrats pour d’autres. Le président de la Cnaoc (vignerons AOC) Jérôme Bauer salue, dans le communiqué de l’UGVC, la condamnation du 22 septembre, estimant que « la portée de cette décision dépasse le Cognac » : elle vient « rappeler une exigence essentielle : un contrat doit être respecté ».
Céréales : 237,5 M€ de pertes de marge de collecte dans les coopératives (LCA)
Lors d’une conférence de presse à Paris le 23 septembre, Antoine Hacard, président de La Coopération agricole (LCA) Métiers du grain, a estimé les pertes de marge de collecte des coopératives céréalières en 2026 à 237,5 M€. La raison est connue : les récoltes ont chuté, spécialement en maïs, en tournesol ou en encore en orge de printemps, compte tenu de la sécheresse. Si l’on remonte jusqu’à 2024, « ce sont 540 M€ de perdu », a renchéri le président, qui alerte sur la capacité toujours plus faible des coopératives à amortir les crises agricoles. Leur capacité à rémunérer au mieux les agriculteurs s’en retrouve également affectée. Il s'attend également à une hausse des surfaces mises en jachère pour la récolte 2027, constatant que les coûts de production augmentent pendant que les prix des grains, après avoir connu une certaine hausse, sont en train de stagner, restant légèrement en dessous des charges. LCA métiers du grain a donc réitéré ses deux demandes principales, à savoir une hausse du taux de garantie de l’aval de 70 % à 80 % (caution de l’Etat sur les stocks auprès des banques), et une sécurisation des prix et de la disponibilité des engrais.
Alimentation animale : la production a reculé de 80 000 tonnes pendant les canicules
En conférence de presse le 23 septembre, le Snia (fabricants d’aliments du bétail) a souligné la baisse de la production nationale (coopératives comprises), de 80 000 tonnes entre mai et août 2026 par rapport à la même période de 2025, en raison de la transformation des besoins des filières affectées par les canicules. Cette baisse globale résulte du recul des aliments pour porcs et volailles, de plus de 160 000 tonnes, et de l’augmentation des aliments pour bovins, de plus de 80 000 tonnes, du fait du manque de fourrages. Ces variations sont considérables à l’échelle de cette industrie qui a produit en 2025 19,6 millions de tonnes d’aliments composés, dont 5,7 Mt en élevages de bovins et 0,7 Mt pour les ovins et caprins, selon les statistiques éditées par le Snia. Du côté des ruminants, les fourrages manquaient déjà en 2025 dans certaines régions, conduisant les éleveurs à recourir davantage aux aliments composés. Le marché laitier était dynamique l’an dernier, ce qui a favorisé une hausse de 4,9% de la production d’aliments pour vaches laitières. Tandis que les aliments pour bovins viande ont poursuivi leur croissance, à hauteur de 1,9%, et les fabrications pour les petits ruminants de 0,8%.
Alimentation animale : 950 millions d’euros d’investissements nécessaires d'ici 2030
Afin de remettre à neuf les 289 usines d’aliments composés et de tenir les objectifs de souveraineté nationale des filières animales, 950 millions d’euros d’investissements seront nécessaires d’ici à 2030, a annoncé le Snia en conférence de presse le 23 septembre. « C’est 300 fois 3 millions d’euros », a schématisé Dominique Breton, qui préside le syndicat des fabricants depuis le 1er septembre. Ce montant a été déterminé par une enquête auprès des adhérents du Snia et de la branche nutrition animale de La Coopération Agricole. Le nouveau président du Snia considère que les appels à projet de l’Etat ne sont pas adaptés aux PME du secteur qui maillent le territoire, du fait de leur complexité. Aussi, le Snia réitère-t-il sa revendication d’un mécanisme fiscal de suramortissement, également portée par la Meunerie française. Sans un tel dispositif dans la Loi de finances 2027, près d’un tiers des investissements nécessaires ne pourront être financés, selon les entreprises. Le Snia fait valoir dans son dossier de presse que le suramortissement en nutrition animale coûterait entre 10 et 20 millions d’euros aux finances publiques.
Lait : la production mondiale devrait reculer au 4e trimestre 2026
La production mondiale de lait devrait reculer au 4e trimestre 2026, prévoit Rabobank dans une étude publiée en ligne. « La croissance de la production des sept principaux bassins laitiers mondiaux devrait ralentir au second semestre 2026, avec un recul de la production au quatrième trimestre, avant de rester globalement stable au premier semestre 2027 », écrivent les auteurs. Ce ralentissement se produit dans un contexte de hausse régulière de la production mondiale depuis plusieurs années. Parmi les explications, le facteur climatique est mis en avant pour certaines régions du monde. « La croissance aux États-Unis et en Australie devrait se poursuivre à un rythme plus modéré, tandis qu’El Niño constitue un risque baissier pour la production néo-zélandaise et que la dynamique de production en Amérique du Sud continue de s’essouffler. » A l’échelle de l’UE, l’Idele, dans sa dernière Tendance Lait du 21 septembre, note que « d’autres effets de ces épisodes de chaleurs extrêmes et du manque d’eau restent à venir et pourraient peser sur la collecte à court et moyen terme. » Avec le manque de fourrage, sa piètre qualité, et ses effets sur la reproduction, tout comme la hausse des intrants, « la production de lait de l’UE pourrait être sous pression dans les prochains mois. »
Ovins : en congrès le 30 septembre, la FNO élira un nouveau président
À l’occasion de son congrès, le 30 septembre au Palais des congrès du Cap d'Agde, dans l’Hérault, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) se choisira un nouveau président ou une nouvelle présidente. À la tête du syndicat depuis une dizaine d’années, Michèle Boudoin, éleveuse dans le Puy-de-Dôme, ne se représentera pas à ce poste, a-t-elle annoncé. Le nom de son successeur sera connu à l’issue d’un conseil d’administration électif prévu le jour-même ; le nouveau président ou la nouvelle présidente entamera alors un mandat de trois ans. Aucun candidat n’est encore connu, indique-t-on du côté de la FNO, les candidatures étant habituellement déclarées au dernier moment. Avant l’élection, la FNO organisera une table ronde sur la future Pac post-2027, avec la présence de l’ancien Premier ministre Michel Barnier, d’Arnaud Rousseau (FNSEA), d’Hervé Guyomard (Inrae) et d’Emmanuel Fontaine (FNO). L’occasion d’évoquer la place de l’élevage ovin dans les propositions de la Commission européenne (budget de l’UE et architecture de la Pac).
Influenza aviaire/PPA : Bruxelles va verser 73 M€ à l’Italie au titre de la réserve agricole
Les États membres ont donné leur feu vert, le 17 septembre lors d’une réunion du comité sur l’organisation commune des marchés (OCM), au versement à l’Italie d’un financement de 73 millions d’euros provenant de la réserve agricole 2027 afin de contribuer (à hauteur de 50%) à indemniser les agriculteurs des zones touchées par des foyers d’influenza aviaire et de peste porcine africaine (PPA). Ce montant a été établi sur la base d’un montant d’indemnisation fixe par animal et par œuf. Dans le détail, Bruxelles précise que cette aide représentera un montant total de 61 millions d’euros pour les producteurs de volailles et d’œufs pour les foyers de grippe aviaire survenus entre septembre 2022 et mars 2025 et de 12,5 millions d’euros pour les producteurs de viande porcine concernant les foyers de peste porcine africaine survenus entre le 1er novembre 2024 et le 30 avril 2025. La Commission européenne indique que les paiements cofinancés par la réserve agricole devront être effectués au plus tard le 31 mai 2027.
Sénat : Duplomb serait soupçonné de détournement de fonds publics (presse)
Selon les informations du journal Médiacités, le sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb serait visé par une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. L'existence de cette procédure n'a été « ni confirmée, ni infirmée » par le procureur de la République de Clermont-Ferrand, auprès des médias locaux qui s'en sont fait l'écho. L'affaire porte sur la campagne 2025 pour la présidence du parti Les Républicains, durant laquelle Laurent Duplomb soutenait Laurent Wauquiez face à Bruno Retailleau. À la suite d’une enquête de Médiacités, un conseiller régional écologiste élu en Haute-Loire avait signalé au tribunal judiciaire du Puy-en-Velay que la collaboratrice du sénateur LR aurait poussé maires et élus de Haute-Loire à adhérer au parti et à voter pour Laurent Wauquiez. Selon La Montagne, Laurent Duplomb avait déclaré à l'époque que « sa collaboratrice s'était engagée sur son temps personnel, avec ses moyens personnels ».
Syndicats : la CR recrute un ancien collaborateur d’un eurodéputé socialiste
La Coordination rurale (CR) a recruté en tant que chargé d’affaires publiques Raphael Ferretti, ex-collaborateur de l’euro-député socialiste François Kalfon, en remplacement de Margaux Sciandra, a-t-on appris auprès du syndicat, confirmant une information du média Contexte. Margaux Sciandra quittera le syndicat pour rejoindre un groupe de poissonnerie. Raphael Ferretti travaillait avec M. Kalfon depuis janvier 2026. Il a également été conseiller municipal au sein de la commune du Kremlin-Bicêtre (94).