Agra Fil du 5 novembre 2026

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Commission européenne : initiative sur l'eau et directives Nature au programme de 2027

Dans son programme de travail pour 2027, présenté le 4 novembre, la Commission européenne confirme son intention de présenter une initiative européenne sur l’eau au deuxième trimestre, dont les contours restent à définir (législatif ou non) ainsi qu’un plan pour faire face aux vagues de chaleur pour notamment «renforcer la résilience de l’agriculture». De plus, une alliance pour l’assurance climatique sera lancée afin de «combler le déficit de couverture assurantielle face aux risques climatiques en Europe et à améliorer la gestion des risques». L’exécutif européen annonce également vouloir réexaminer les directives relatives à la protection de la nature (Oiseaux, Habitats ainsi que le réseau Natura 2000) d’ici le troisième trimestre afin de les simplifier. Bruxelles indique vouloir retirer sa proposition  de directive sur les allégations environnementales, un dossier au point mort depuis plus de deux ans. Le programme de travail ne mentionne pas, par contre, plusieurs dossiers agricoles pourtant attendus dans les prochains mois: la révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales (normalement prévue pour la fin 2026 ou début 2027) et la mise à jour des normes de bien-être animal pour les volailles et les porcs (dont le premier volet était programmé pour la fin de l’année et le deuxième en 2027). Ce deux sujets ne figurent pas non plus à l'agenda des prochaines réunions du collège des commissaires. Cette absence ne signifie néanmoins pas pour autant qu’ils ont été abandonnés.

Jeunes agriculteurs : les eurodéputés veulent sanctuariser 10% de la Pac pour les jeunes

Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont très largement adopté (par 44 voix et deux abstentions), le 4 novembre, le projet de rapport d'initiative de l’Irlandaise Maria Walsh (PPE, droite) concernant le renouvellement des générations en agriculture. Alors que les discussions sont en cours, ils appellent notamment à ce que 10 % du budget de la prochaine Pac soient réservés exclusivement aux jeunes agriculteurs. Une recommandation que Maria Walsh estime « sans aucun doute ambitieuse, mais absolument nécessaire ». Les eurodéputés plaident également en faveur d’instruments financiers adaptés, qui pourraient prendre la forme de prêts à taux réduit par exemple, ainsi que d’outils pour protéger les jeunes agriculteurs contre l'instabilité climatique et des marchés. Par ailleurs, ils souhaitent que des mesures soient mises en place afin de garantir la présence de services essentiels, d’infrastructures et des conditions de vie nécessaires dans les territoires ruraux afin d’attirer les jeunes agriculteurs. Enfin, ils demandent des mesures pour lutter contre les inégalités de genre alors que seulement 26 % des agriculteurs de moins de 40 ans sont des femmes. Le texte doit à présent être définitivement validé en séance plénière.

Ukraine : des avancées timides vers l’adhésion à l’UE au niveau agricole et sanitaire

Dans son rapport spécifique sur les négociations d'adhésion avec l'Ukraine, publié le 4 novembre en parallèle du paquet sur l'élargissement, la Commission européenne note que Kiev a effectué plusieurs avancées au cours de l’année écoulée. En effet, en 2026, deux groupes de chapitres de négociation ont été ouverts. L’objectif de l'Ukraine de clore ces négociations d’adhésion d’ici la fin 2028 reste néanmoins ambitieux et Bruxelles, même si elle soutient l’idée, considère qu’une accélération du rythme des réformes est nécessaire pour y parvenir. Au niveau agricole, l’exécutif européen avance que le pays réalisé  « de bons progrès », notamment grâce à l’adoption de la loi sur le soutien au secteur agricole. Toutefois, il indique que les recommandations formulées en 2025 n’ont été que partiellement mises en œuvre et qu’elles demeurent, dans une large mesure, toujours valables. Même constat en matière de sécurité alimentaire, où l’Ukraine reste « modérément préparée » malgré l’adoption de la loi modifiée sur la médecine vétérinaire et le bien-être animal, ainsi que l’extension de l’utilisation du système européen de contrôle des échanges et d’expertise (Traces). Bruxelles prévoit d’ouvrir « l’ensemble des groupes de chapitres restants avant la fin de l’année » dont celui sur l'agriculture, a indiqué le 4 novembre la commissaire européenne à l’Elargissement Marta Kos.

Importations ukrainiennes : Bruxelles est satisfaite des taux d’utilisation des contingents

A l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du Parlement européen du 4 novembre, la Commission européenne s’est félicitée de la mise en œuvre de l’accord commercial révisé avec l’Ukraine qui trouve, selon l'institution, le bon équilibre entre le soutien à l'Ukraine et la protection des agriculteurs de l'UE. Par exemple, Bruxelles indique que le quota de sucre est passé de 20 000 à 100 000 tonnes (contre un pic de 500 000 tonnes avec les mesures commerciales autonomes) et que l’UE a importé 80 000 tonnes début de l’année et ne devrait pas dépasser le volume du contingent. Même constat pour le blé où l’UE a importé 750 000 tonnes de blé tendre depuis le début de 2026 et s'attend à ce que le quota soit entièrement utilisé. Point de vigilance, néanmoins, pour l’exécutif européen concernant le respect par l’Ukraine de certaines normes de production de l'UE (bien-être animal, médicaments vétérinaires, additifs pour l'alimentation animale et produits phytopharmaceutiques) d'ici fin 2028. Kiev pourrait rencontrer des difficultés à se conformer aux délais concernant la protection des plantes et les normes de pollution de l'eau.

Elargissement de l’UE : le Monténégro pourrait être le 28e Etat membre dès 2028

Quelques semaines après la publication de sa communication destinée à préparer l’UE à une Union élargie, la Commission européenne a dévoilé le 4 novembre, son paquet sur l’élargissement 2026 qui fournit un état d’avancement des négociations d’adhésion en cours. Sans surprise, le Monténégro est le pays candidat le plus avancé dans les discussions. L'exécutif européen espère même être en mesure, sous réserve de l’accord des Etats membres, de conclure les pourparlers d’ici décembre avant de finaliser le traité d’adhésion au printemps 2027 afin de pouvoir le signer formellement en juin. Avec une telle feuille de route, une adhésion à l'horizon 2028 est jugée réaliste par la commissaire européenne à l’Elargissement, Marta Kos. Outre le Monténégro et l’Ukraine, l’Albanie et la Moldavie sont les deux autres pays les plus avancés dans la négociation et disposent de feuilles de routes pour 2027. « Le rapport publié aujourd’hui transmet un message clair : les réformes produisent des résultats et l’adhésion se rapproche pour les pays qui tiennent leurs engagements », a indiqué la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, lors de la conférence de presse.

Volailles : le retour du Brésil sur le marché européen soumis au vote les 16-17 novembre

La réinscription du Brésil dans la liste des pays autorisés à exporter de la volaille et du miel vers l’Union européenne sera soumise au vote des experts des États membres lors du prochain Scopaff* sur les contrôles et conditions d’importation les 16 et 17 novembre, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne à Agra Presse le 4 novembre. Le premier exportateur mondial en avait été exclu le 3 septembre en raison de son incapacité à prouver qu’il n’utilise pas d’antibiotiques comme facteur de croissance dans les volailles destinées au marché européen. Lors du dernier Scopaff, les 20 et 21 octobre, « la Commission a présenté les résultats de l’audit mené au Brésil sur la viande de volaille et le miel, qui se sont révélés positifs, sans formuler de recommandations ». L’exécutif européen « a confirmé son intention de proposer la réinscription du Brésil pour ces deux produits », a précisé son porte-parole. En 2025, l’UE a représenté 4,5 % des exportations brésiliennes de poulet (pour 672 M€). En revanche, pour la viande bovine, également exclue du marché européen pour les mêmes raisons, « la Commission n’a actuellement pas l’intention de proposer la réinscription ». Selon son porte-parole, « le Brésil n’est pas encore en capacité de certifier sa conformité de manière fiable sur toute la durée de vie » des animaux. * Comité permanent sur les plantes, les animaux et l’alimentation

Volailles : FNH dénonce l'orientation de la filière vers davantage de poulet standard

En conférence de presse le 4 novembre, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) a plaidé pour réorienter le marché du poulet vers une consommation plus durable au lieu de chercher à concurrencer les viandes importées en augmentant la production de poulet standard. Selon l’ONG, l’ambition de la filière de ramener la part des importations à environ un tiers de la consommation en prévoyant 2 200 nouveaux poulaillers d’ici 2035 est à la fois irréaliste et risquée pour les éleveurs investisseurs, car elle consiste à « répondre à la demande de filets et de produits transformés, face à des concurrents européens particulièrement compétitifs », écrit Thomas Uthayakumar, directeur du plaidoyer de FNH dans le communiqué diffusé en marge de la conférence. Dans son rapport de novembre intitulé « Poulet : les impasses de la course aux volumes », FNH propose une « feuille de route » alternative orientée vers les volailles bio et label rouge. Des contraintes seraient imposées aux distributeurs et aux restaurateurs, comme une part obligatoire de produits de qualité, ainsi qu’aux industriels, comme l’indication précise du pays d’origine des viandes utilisées. Ceci dans le cadre d’une politique publique d’alimentation moins carnée.

Volaille : LDC assigné en justice pour son logo « Bien-être animal »

Dans un communiqué du 4 novembre, les associations animalistes OABA et Welfarm annoncent avoir assigné LDC devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris afin de faire cesser l'utilisation du logo « Bien-être animal - Filière agricole engagée ». Les deux associations dénoncent l’usage abusif de ce logo lancé le 9 septembre par un collectif de volaillers « à l’initiative de LDC » et progressivement apposé sur des barquettes de poulet aux marques du groupe Le Gaulois et Maître Coq. Elles considèrent en effet qu’il autorise l’usage de poulets à croissance rapide et des densités d’élevage allant jusqu’à 38 kg/m2, deux pratiques « intrinsèquement incompatibles avec l’allégation affichée » et interdites dans le cadre de l’ECC (european chicken commitment) que prônent les associations de défense des animaux de ferme. Les deux associations rappellent avoir attiré l’attention de la DGCCRF en septembre sur ce logo, sans résultat selon elles. Leur communiqué du 14 septembre avec le CIWF et la fondation LFDA opposait les « logos trompeurs » à l’Etiquette Bien-Être Animal coconstruite avec les ONG. Une première audience doit se tenir le 18 décembre 2026

Influenza aviaire : le risque passe de « négligeable » à « modéré »

Selon un arrêté paru au Journal officiel du 4 novembre, le niveau de risque d’influenza passe de négligeable à modéré le 5 novembre sur le territoire métropolitain. Les autorités ont pris en considération « l'augmentation du nombre de cas dans l'avifaune sauvage dans plusieurs pays voisins » ainsi que « la dynamique de l'infection dans les couloirs de migration » rendant possible la diffusion du virus par ces oiseaux migrateurs. Le risque était qualifié de négligeable depuis le 3 juin après avoir été abaissé une première fois d’«élevé» à «modéré» le 26 avril, à l’issue de l’épizootie de l’hiver 2025-2026, permettant la levée de l’obligation systématique des confinements de volailles. La requalification en modéré vise «à renforcer les mesures de surveillance et de prévention», précise l’arrêté. En particulier, l’alerte est lancée immédiatement en cas de signes cliniques et la biosécurité est renforcée à l’encontre des sources de virus. La vaccination des canards, obligatoire depuis l’automne 2023 dans les élevages de plus de 250 têtes, permet de protéger l’ensemble des espèces élevées, selon les experts. Mais elle n’exclut pas les mesures de biosécurité adaptées à chaque niveau de risque et type d’élevage.

Ovins viande : le manque d’offre soutient les cours des agneaux

À 9,21 €/kgéc en semaine 43 (du 19 octobre), le cours de l’agneau entrée abattoir était supérieur de 4,5 % à celui de la même semaine de 2025, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire d‘Interbev. Une hausse due à la faiblesse des volumes disponibles, résultat d’importations de viande ovine « toujours en repli » et d’une « production [française] relativement stable », analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du mois d’octobre. Cumulée sur les huit premiers de 2026, l’offre de viande ovine disponible est en repli de 2,8 % par sur un an, à « 23 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit) ». La sécheresse estivale a encore aggravé le manque en freinant la croissance des agneaux. Après son habituel creux estival, le cours des agneaux va donc entamer sa remontée saisonnière (fêtes de fin d’année) depuis un niveau déjà élevé. Comme le remarque l’Idele, « pour certaines conformations, on constate toujours un écart de plus d’un euro entre les bassins Nord et Sud de la France, avec un prix plus élevé dans le Sud ». L’institut technique rappelle que « la saison de production bat son plein dans le Nord », ce qui « pèse sur les prix ». Au contraire, dans le Sud, « le creux de production démarre tout juste, et devrait se prolonger jusqu’à fin novembre ».

Maïs semence : une récolte 2026 peut-être un peu surestimée selon le président de l'UFS

Lors d'une conférence de presse à Paris le 4 novembre, le président de l'UFS (syndicat des semenciers) Olivier Paul, également directeur de Lidea (semencier, filiale d'Euralis) a déclaré que, à titre personnel, il estimait que l'objectif de production française de semences de maïs en 2026, évalué par le syndicat à 65-70 % du volume initialement espéré, pourrait être un peu surestimé. « De ce que je constate, la qualité est parfois encore moins bonne que prévu », a-t-il déclaré, ce qui implique qu'un plus grand nombre de lots qu'espéré pourrait ne pas être commercialisable. Les variétés précoces ont été les plus touchées par les canicules survenues l’été dernier, prévient l'UFS. Pour autant, l’organisation explique que l'approvisionnement du marché français sera globalement assuré, confirmant les informations transmises par l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) quelques semaines plus tôt. Des manques se feront ressentir au niveau de certaines variétés, notamment celles les plus précoces, confirme par ailleurs l'UFS. Premier producteur européen de semence de maïs, les exportations françaises devraient reculer, sans données précises. « Il est évident que nous privilégierons le marché français », prévient Olivier Paul.

Colza : « au mieux », les surfaces 2026/27 se stabiliseraient, selon l’UFS

Lors d’une conférence de presse à Paris, le président de l’UFS (syndicat des semenciers) Olivier Paul a déclaré que « nous nous attendons à ce que la sole française de colza de consommation (hors semence, NDLR) 2026 se stabilise au mieux aux alentours de 1,4 Mha ». Alors que le marché tablait plutôt sur une hausse des surfaces, compte tenu notamment de prix plutôt rémunérateurs, les conditions très sèches de l’été ont largement pénalisé le bon déroulement des travaux d’emblavement, engendrant parfois des retournements de parcelles. « On tablait sur une augmentation de la sole nationale de 10 % à l’origine. Mais vu les conditions météorologiques estivales, on sera satisfait de constater qu’il n’y a pas de baisse », ajoute le président de l’UFS. Les semis de colza destinés à la production de semences ont aussi souffert. Si aucun chiffre précis n’a pu être livré, le syndicat évoque également des retournements de parcelles, voire des transferts de production dans d’autres régions. « Chez Lidea (filiale semencière d’Euralis, NDLR), nous avons par exemple transféré 20 % de notre production en Espagne », lance Olivier Paul. 

Semences : l’UFS craint une baisse des ventes de semence certifiée pour la récolte 2027

Lors d’une conférence de presse à Paris le 4 novembre, les dirigeants de l’UFS (syndicat des semenciers) craignent une baisse des ventes de semences certifiées pour la récolte 2027. Les trésoreries des agriculteurs étant très chahutées, ils seront tentés de se tourner davantage vers les semences de ferme, craint l'UFS. Le syndicat prend l’exemple du blé : « cela fait des années que l’usage de semences certifiées recule. Mais l’an dernier, nous étions à 40 % de surfaces semées à l’aide de semences certifiées environ. Cette année, nous pourrions tomber à 30 % », prévient Régis Fournier, le vice-président. Une baisse de l’usage des semences certifiées pénalise les ventes des semenciers, et par ricochet les investissements dans leurs programmes de recherche, prévient l’UFS. Les semences de ferme peuvent également présenter une productivité et une qualité moindre lors des récoltes, ajoute l’organisation. Elle confirme par ailleurs la baisse des productions de semences pour 2026 : seulement 80-85 % en moyenne de l’objectif initialement prévu en tournesol, et 70 % en sorgho. Aucun chiffre précis n’a été livré en betterave et chicorée, mais les rendements sont en forte baisse. En soja, l’UFS explique qu’il est encore tôt pour se prononcer, mais il se pourrait « qu’on soit au niveau du maïs en termes d’objectif, soit 65-70 % », commente Olivier Paul. 

Semences : l’UFS adresse 13 propositions aux candidats à la présidentielle 2027

Lors d’une conférence de presse à Paris le 4 novembre, l’UFS (syndicat des semenciers) a publié 13 propositions adressées aux candidats à l’élection présidentielle 2027 afin de soutenir la filière française des semences. La première est l’élaboration d’un plan quinquennal semences. « Nous n’avons pas de réelle stratégie de souveraineté alimentaire, que ce soit en France mais aussi en Europe. Pour ce faire, il faut une souveraineté semencière, et nous avons besoin d’un cap clair et durable », argue son président Olivier Paul. Il précise que la France pourrait s’inspirer d’autres pays qui ont adopté une mesure semblable avec des résultats tangibles, évoquant la Turquie et le Kazakhstan. Autre proposition d’envergure : l’inscription dans la constitution du principe d’innovation, afin de « rééquilibrer » les freins engendrés par le principe de précaution, pointe Rachel Blumel, la directrice générale. L’UFS souhaite également que le poids du ministère de l’Agriculture soit relevé, au moins au même niveau que celui de la Transition écologique ou de l’Economie. Le syndicat réclame également la sécurisation du crédit impôt recherche, « qui a été raboté ces dernières années, pénalisant nos activités », alerte Olivier Paul.

Engrais: les exportations africaines d’azote et de phosphore ont flambé en 10 ans (étude)

Selon le Baromètre 2026 des agricultures africaines, publié par la Fondation Farm, l’Afdi (développement international, FNSEA) et la Pafo (organisation panafricaine des agriculteurs) le 3 novembre, les exportations d’engrais du continent ont fortement progressé entre 2013 et 2023. L’augmentation concerne l’azote et le phosphore, mais pas la potasse. Selon les trois organisations, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Elles expliquent que « 65 % des terres arables africaines sont dégradées », et que « 24 pays appliquent moins de 10 kg/ha d’engrais, quand la moyenne mondiale s’établit à 135 ». Ainsi, les pays africains exportent leur production (80 % est exportée) avant de satisfaire leurs propres besoins. La production d’azote et de phosphore est très concentrée au nord du continent (Maroc, Nigéria, Egypte), et se spécialise dans les exportations, logistiquement plus simples et plus rémunératrices, justifie l’étude. Autre inquiétude : l’Afrique « ne produit pas d’engrais potassique, faute de réserve exploitable », pointe le baromètre, alors que les sols des pays sont très carencés.

Pesticides/fludioxonil : les Pays-Bas révoquent l’AMM du Pitcher car perturbateur endocrinien

Dans une décision du 28 octobre (document en néerlandais), le Conseil pour l'autorisation des produits phytosanitaires et des biocides (CTGB) des Pays-Bas révoque l’autorisation de mise en marché du fongicide Pitcher, à base de substance active fludioxonil, utilisé pour l’enrobage des bulbes à fleurs. Cette décision intervient conformément à la demande de la cour d’appel pour le commerce et l’industrie (CBB) de ce pays, le 11 août. Elle indiquait que le Pitcher n’aurait pas dû être autorisé sur le marché hollandais vu le caractère de perturbateur endocrinien (PE) du fludioxonil, identifié par l’Efsa en 2024, sachant que le caractère PE est un critère d’exclusion à niveau européen (voir notre dossier sur les pesticides ici et aussi là). L’ONG PAN Europe s’est réjoui dans cette victoire à la suite d’un long recours entamé en 2019, tout en estimant que beaucoup de travail reste à faire pour interdire complètement le fludioxonil. « La législation européenne est claire : les nouvelles données scientifiques doivent être prises en compte dans le processus décisionnel, mais l’autorité néerlandaise chargée des pesticides a refusé d’appliquer la loi. De nombreuses autres formulations de pesticides contenant du fludioxonil sont encore autorisées aux Pays-Bas et doivent encore être interdites », a réagi Hans Muilerman, responsable des produits chimiques chez PAN Europe, dans un communiqué. D’après l’ONG, le fludioxonil est présent dans 23 autres pesticides utilisés en agriculture et horticulture aux Pays-Bas. 

Horticulture : aux Pays-Bas, le projet d’augmentation de la TVA reporté

Aux Pays-Bas, le Conseil des ministres et le ministre des Finances, Eelco Heinen, ont décidé de retirer l’augmentation de la TVA à 21% sur les produits horticoles du Plan fiscal 2027 et de reporter l’examen de cette mesure au Plan fiscal 2028, rapporte l’interprofession néerlandaise VBW sur son site Internet le 3 novembre. Le VBW, en collaboration avec plusieurs partenaires de la filière, avait récemment de nouveau attiré l'attention sur les conséquences majeures d'une éventuelle hausse de la TVA lors d'une consultation directe avec la Commission permanente des finances de la Chambre des représentants. Plusieurs partis politiques avaient alors indiqué qu'ils maintiendraient les conséquences d'une hausse de la TVA au cœur du débat politique dans un avenir proche. Le taux réduit de TVA à 9 % reste donc applicable pour le moment. Mais la profession reste mobilisée : « Nous considérons l’écartement temporaire de la mesure comme une étape importante et la confirmation que nos efforts collectifs portent leurs fruits. Nous restons néanmoins vigilants. La mesure a été reportée, mais pas encore définitivement abandonnée. » Une étude récente avait chiffré à 800 M€ la perte de chiffre d’affaires qu’engendrerait la mesure pour le secteur floricole néerlandais.

Climat : les financements de l'adaptation doivent être décuplés, selon l'ONU

Les pays en développement auront besoin de 305 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour s’adapter au changement climatique, soit près de dix fois le montant qu’ils reçoivent actuellement des nations riches, indique le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans un rapport publié le 4 novembre. Le financement de l’adaptation au changement climatique sera un sujet brûlant de la COP31, la conférence des Nations unies sur le climat, qui démarre le 9 novembre à Antalya (Turquie). Il vise à protéger les pays face à un climat en mutation, par des mesures allant de la construction de digues à la culture de variétés résistantes à la sécheresse. En 2024, ces financements n’ont progressé que d’environ un milliard de dollars, pour atteindre entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars, selon le rapport 2026 du PNUE. « Le monde n’est pas prêt à s’adapter aux conditions climatiques actuelles, et encore moins à celles qui résulteront d’un dépassement du seuil de 1,5 °C », déclare dans un communiqué Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. Elle appelle les États à intensifier leurs efforts lors de la COP31 pour concrétiser l’objectif adopté l’an dernier de tripler les financements de l’adaptation d’ici 2035. 

Compensation écologique : Lepage dénonce le projet de décret de mise en œuvre différée

Dans une tribune partagée sur LinkedIn et envoyée à la presse le 2 novembre, l’avocate Corinne Lepage (ex-ministre de l’Environnement) alerte sur le projet de décret relatif à la mise en œuvre différée des mesures de compensation des atteintes à la biodiversité, que doivent respecter les maîtres d’ouvrage. Pour l’avocate, le projet de texte est une « régression environnementale » car il signifie que « la compensation viendra plus tard. Ou jamais ». « L'État délivre ainsi un permis de réaliser des projets adossés à des compensations au mieux aléatoires, au pire virtuelles », déplore-t-elle. Ce projet de décret, prévu par la loi de simplification économique du 26 mai 2026, est soumis à consultation publique jusqu’au 13 novembre. Il « précise les conditions de recours à la mise en œuvre différée », afin de tenir compte notamment des « contraintes invoquées par le maître d’ouvrage » relatives au foncier, aux actes juridiques et aux cycles biologiques des espèces. Il « encadre les modalités d’autorisation et de suivi » par rapport au délai sollicité. Et il « prend en compte les pertes nettes intermédiaires de biodiversité », sachant que l’objectif ultime à la fin du délai accordé demeure d’avoir « une absence de perte nette, voire un gain de biodiversité ».