Agra Fil du 4 novembre 2026

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Engrais : les importations françaises d’urée algérienne seraient menacées (presse)

Selon un article de Reuters du 23 octobre, l’Algérie aurait demandé à ses producteurs d’urée de cesser d’exporter l’engrais vers la France en raison des mauvaises relations entre les deux pays, selon des diplomates et des sources du secteur interrogés par le média. Comme pour l’arrêt des importations algériennes de blé français depuis 2024, les sources anonymes ont indiqué qu’aucune annonce officielle du gouvernement algérien n’a été faite. Contactée par Agra Presse, l’Afcome (négoces d’engrais) précise qu'un seul des deux producteurs algériens d'urée serait concerné, qui s’avère être le plus important. L’Algérie représentait en 2025 environ 30 % des importations hexagonales d’urée, rappelle l’organisation. Pour le moment, les conséquences de la décision sont assez réduites, les achats français étant assez restreints d’après l’Afcome. Mais la situation doit être suivie de près, notamment via les données douanières, avec une demande qui pourrait s’intensifier prochainement. En cas de confirmation et d’application des restrictions sur l’offre algérienne, les prix de l’engrais pourraient grimper.

Etats-Unis : Trump a promis 15 Md$ aux agriculteurs avant les élections de mi-mandat (presse)

À la veille des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, stratégiques pour la suite de sa présidence, l’administration Trump a multiplié les promesses envers les agriculteurs américains pour un montant de 15 milliards de dollars qui viennent s'ajouter aux 13,8 Md$ de subventions régulières aux cultures. C’est le constat dressé par le média américain Associated Press (AP) dans un article publié le 1er novembre. Dans le détail, plus de la moitié de ce montant (8Md$) sont issus du programme Harvest Fuel Relief (aides au carburant pour la récolte) destiné à aider les producteurs à faire face aux perturbations temporaires des marchés et à la hausse des coûts du diesel. Au-delà, l’article recense également au moins 5 Md$ sous forme de prêts garantis pour les éleveurs et les pêcheurs, 1,8 Md$ supplémentaires pour les propriétaires fonciers ayant participé à des programmes de conservation, 573 M$ alloués à des projets de fabrication d'engrais, 57 M$ à l'expansion des entreprises de transformation de la viande ainsi que 86,6 M$ de subventions pour financer des projets innovants dans les cultures spécialisées.

Politiques agricoles : les soutiens publics à un niveau record dans le monde (OCDE)

Après plusieurs années de baisse, le soutien public à l’agriculture a connu entre 2023 et 2025 une augmentation de près de 15% (soit 121 milliards de dollars, Md$), atteignant ainsi 950 Md$, un niveau record. C’est le principal constat dressé par l’OCDE dans son rapport annuel sur le suivi des politiques agricoles publié le 2 novembre. Dans le détail, les auteurs soulignent que dans les pays de l’OCDE, cette hausse est principalement liée aux importants montants versés en aides exceptionnelles à court terme qui ont permis de faire face aux crises successives plutôt qu’à renforcer la résilience du secteur aux risques futurs. Dans les économies émergentes cette croissance découle avant tout d’un renforcement du soutien des prix du marché. Le rapport note aussi que près de 80 % des aides aux exploitants sont accordées sans aucune exigence (seules 5,7 % sont liées à l’adoption de mesures environnementales volontaires et 15 % au suivi d’une norme). Parmi les plus de 150 recommandations spécifiques du rapport, les auteurs estiment qu’il est avant tout nécessaire de cibler plus efficacement les soutiens, de renforcer les outils de gestion des risques systémiques pour mieux anticiper les chocs ou encore d’investir dans la résilience à long terme en consacrant davantage de ressources à la recherche et à l’innovation.

UE/Royaume-Uni : un accord sur les questions SPS en passe d’être finalisé (presse)

Alors qu’un sommet UE-Royaume-Uni se tiendra à Bruxelles le 20 novembre où la simplification des règles sanitaires pour les produits alimentaires est un des principaux sujets à l’ordre du jour, le média britannique BBC croit savoir, dans un article publié le 3 novembre, que les parties se sont entendues sur un projet d’accord dans le domaine. Ce texte doit permettre de mettre en musique les engagements politiques convenus lors du précédent sommet en mai 2025. Selon la BBC, l’accord autoriserait donc la reprise des exportations vers l’UE de saucisses, burgers ou semences de pommes de terre en provenance du Royaume-Uni. Par ailleurs, l’obligation de présenter des certificats sanitaires et phytosanitaires d’exportation pourrait être supprimée ainsi que les frais d’inspection, les certificats biologiques, certains droits portuaires et d’autres contrôles applicables aux exportations et importations à destination ou en provenance de l’UE. En échange, le Royaume-Uni s’engagerait bien à respecter un « alignement dynamique » des normes européennes pertinentes. Selon l’AFP, les diplomates européens devraient examiner un projet de déclaration et les textes législatifs concernés à l’occasion d’une réunion à Bruxelles le 4 novembre.

Fruits et légumes/Brexit : vers une prolongation de l’exemption de contrôles en 2027

Le Royaume-Uni envisagerait de prolonger, jusqu'au 31 janvier 2028, l'exemption de contrôles phytosanitaires pour les fruits et légumes à risque moyen en provenance de l'Union européenne, de la Suisse et du Liechtenstein, rapporte le site Fruit Today le 3 novembre. Cette mesure doit se terminer le 31 janvier 2027. Alors que se poursuivent les discussions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur un nouvel accord concernant les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), la prorogation assurerait aux opérateurs de la filière une continuité par rapport aux conditions actuelles, dans l'attente d'un cadre réglementaire plus stable pour les échanges commerciaux entre les deux zones. À ce propos, dans une réponse écrite adressée au Parlement le 28 octobre, le gouvernement britannique a réaffirmé son objectif de conclure les négociations avant le prochain sommet entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, prévu le 20 novembre. L'exemption avait été instaurée en 2024, parallèlement à la mise en œuvre du « Border Target Operating Model » (BTOM), le nouveau système britannique de gestion des contrôles aux importations, pour permettre aux entreprises de s'adapter aux procédures

Cidre : la filière demande une revalorisation des prix dans la cadre des négociations commerciales

À l’approche des négociations commerciales, l’Union nationale interprofessionnelle cidricole (Unicid) appelle la distribution, dans un communiqué du 3 novembre, à une revalorisation des prix « aujourd’hui indispensable » pour préserver les producteurs, les cidriers et les 4 000 emplois directs de la filière. « Nous ne pouvons pas, nous filière, soutenir seuls cette équation économique inédite. L’équilibre ne pourra être trouvé qu’à travers une juste valorisation des produits sur les marchés », souligne son président, Benjamin Dupuy. Après un été marqué par la sécheresse et les fortes chaleurs, la récolte des pommes à cidre a enregistré un recul de 50 % par rapport à 2025. Cette chute historique des volumes fragilise les producteurs comme les transformateurs et intervient dans un contexte de hausse des coûts de production, analyse l’interprofession. Pour la filière, l’enjeu des prochaines négociations commerciales est de permettre une création et un partage de valeur suffisants à chaque étape de la chaîne, plutôt que de faire supporter la crise à un seul de ses maillons. « La filière dans son ensemble est en difficulté. Nous devons à tout prix trouver collectivement une voie de sortie », conclut Benjamin Dupuy. 

Biocontrôle/cultures pérennes : un taux de pénétration ascendant (étude)

Alliance Biocontrôle (entreprises) a publié le 3 novembre une étude sur le déploiement du biocontrôle dans les vignobles et vergers en France, montrant un taux de pénétration ascendant. Sans surprise, les produits à base de cuivre et de souffre sont les plus utilisés. Leur taux de pénétration sur vignes atteint respectivement 92 % et 93 %, et sur vergers, 65 % et 37 %. « Ils sont environ 6 viticulteurs ou arboriculteurs sur 10 à utiliser au moins une autre solution de biocontrôle (hors cuivre et soufre) », selon le communiqué. Dans le détail, 51 % des viticulteurs et 37 % des arboriculteurs utilisent au moins une solution de biocontrôle hors cuivre et soufre pour lutter contre les maladies ; respectivement 32 % et 54 % pour lutter contre les ravageurs. « Près de trois viticulteurs ou arboriculteurs sur quatre utilisant déjà au moins une solution de biocontrôle (hors cuivre et soufre) estiment qu’ils maintiendront voire augmenteront » leur utilisation au cours des deux prochaines années, poursuit l’étude. Côté non-utilisateurs, près de six viticulteurs sur dix et trois arboriculteurs sur dix pensent qu’ils pourront être amenés à en utiliser sur la même période. L’étude montre aussi qu’environ 60 % des sondés jugent le biocontrôle comme « une solution d’avenir pour la viticulture ou l’arboriculture ».

Agrochimie : baisse des revenus du segment agrochimie de Bayer au 3e trimestre

Le groupe allemand Bayer basé à Leverkusen a constaté le 3 novembre un reflux de son activité agrochimie entre les troisièmes trimestres 2025 et 2026. Les revenus ont décru de 2,4 %, à 3,883 Md€, après un premier semestre dynamique dans la vente de semence et d’herbicides. « Cela résulte principalement d’effets réglementaires négatifs et de conditions météorologiques défavorables » dans le monde sauf en Amérique, précise Bayer dans un communiqué. L’entreprise allemande pointe une hausse des coûts de production et de distribution, qui ont provoqué l’effondrement de 41,3 % de l’Ebitda de cette division, à 101 M€. Elle ajoute qu’elle a également réduit son endettement de 5 % sur un an, à 31,1 Md€, notamment grâce à l’encaissement de 3 Md€ du gestionnaire d’actifs américain Apollo, afin de contenir le coût des litiges visant son herbicide Roundup au glyphosate, accusé d’être cancérigène. Fin juin, la Cour suprême américaine a donné raison au groupe, ce qui devrait réduire significativement le nombre de litiges. Bayer rapporte aussi un maintien des bonnes ventes de semences de soja, en hausse de 4,8 % d’un trimestre sur l’autre, portées par une demande dynamique de l’Amérique latine.

Blé : les boulangeries La Panetière s'approvisionnent désormais à 80% chez Arterris

Dans un communiqué du 3 novembre, le groupe coopératif Arterris a annoncé l'atteinte de son objectif d'approvisionnement local des boulangeries occitanes de La Panetière, dont il est devenu actionnaire majoritaire depuis 2024. Le réseau de boulangeries s'approvisionne à hauteur de 80% auprès de la coopérative, un niveau qu'Arterris souhaite maintenir à l'avenir. Ce sont ainsi chaque année environ 4 000 t de blé produit par les adhérents de la coopérative qui serviront à produire 3 000 t de farine alimentant les boulangeries. La coopérative met aussi en avant un accompagnement technique des équipes de La Panetière, notamment sur les nouvelles recettes et les nouvelles gammes. Un travail sur une farine associant blé dur et blé tendre est par exemple évoqué. L’intérêt est pour les moulins de renforcer « la visibilité sur les volumes à transformer », explique Arterris. Pour les boulangeries, il s’agira de sécuriser les approvisionnements, et de fournir « un gage d’attractivité vis-à-vis du consommateur qui recherche des produits de qualité et régionaux ».

Agriculture «régénératrice» : cinq associations interpellent les candidats à la présidentielle

Dans un communiqué de presse du 2 novembre, cinq associations* spécialisées dans l’agriculture «régénératrice» (PADV, Earthworm, Base, Bleu-Blanc-Cœur, Apad) appellent les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à « faire de la conservation et de la régénération des sols agricoles un enjeu majeur du prochain quinquennat ». Appuyées par leurs réseaux d’agriculteurs, les cinq organisations ont créé un « Pacte national pour les sols vivants », destiné à faire remonter avec davantage de visibilité leurs requêtes aux candidats. Il définit quatre priorités : « décider, mesurer, former et sécuriser ». Pour rappel, l’agriculture «régénératrice» se développe en France, mais manque de références technico-économiques, et a besoin du soutien de l’État pour changer d’échelle (voir notre enquête). Les organisations proposent par exemple d’inscrire les pratiques de régénération et de conservation des sols dans le Code rural. Elles recommandent la création d’un observatoire et des indicateurs « communs partagés entre acteurs publics et privés », afin de documenter les bienfaits des pratiques sur les sols, l’environnement et l’alimentation. Elles demandent aussi de généraliser « les paiements pour services environnementaux (PSE) publics sur l’ensemble du territoire ».

Carbone : Unéal rémunère à 190 €/ha sa première promotion Gaïago Carbone

La coopérative Unéal vient de verser 705 000 € aux 88 premiers adhérents à s’être engagés dans le programme Gaïago Carbone il y a trois ans, sur 3701 ha. Pour cette première promotion, le gain s’élève donc à près de 190 € par hectare pour, en moyenne, un stockage de carbone de 2,5 tonnes d’équivalent CO2 par ha et par an. Le programme Gaïago Carbone permet de mesurer l’évolution du carbone stocké dans les sols, de valoriser les résultats sous forme de crédits carbone certifiés puis commercialisés sur le marché volontaire de la compensation : le revenu est alors reversé aux agriculteurs. L’intérêt de la démarche est non seulement économique mais aussi agronomique puisqu’elle permet d’améliorer durablement la fertilité et la vitalité des sols : « une reconnaissance des efforts réalisés depuis plusieurs années », note Jules Varlet, l’un des agriculteurs engagés. Parmi les leviers d’action les plus efficaces : la restitution des résidus, l’apport de matières organiques, l’implantation de couverts végétaux productions, la réduction du travail du sol, la diversification des rotations ou encore, l’application de Nutrigeo, un biostimulant de la fertilité des sols. Aujourd'hui, huit promotions Unéal sont engagées dans le programme, représentant plus de 18 000 hectares et 265 exploitations. (Anne Gilet)

Agrivoltaïsme : alerte sur les « garanties agricoles » des adjudications publiques

France Agrivoltaïsme a mis en garde le 3 novembre contre un recul des « garanties agricoles » à la prochaine adjudication publique. Le projet de cahier des charges pour l’appel d’offres de la CRE en janvier 2027 montre « un recul préoccupant des garanties agricoles jusqu’alors exigées pour les projets photovoltaïques pré-Aper implantés sur terres agricoles », selon un communiqué. Certaines obligations disparaissent, pointe l’association : avis favorable de la CDPenaf, engagements de maintien d’une activité agricole significative, conventions et rapports de suivi agricole indépendant, garanties relatives au démantèlement et à la remise en état des terrains. Le plafond unitaire des projets grimpe à 80 MWc (contre 30 MWc). Enfin, le cahier des charges de la CRE abandonnerait des protections environnementales (préservation des zones humides, des haies, mares et bosquets, exclusion des terrains défrichés), poursuit le communiqué. France Agrivoltaïsme dénonce une « inégalité de traitement ». D’un côté, les projets relevant de la loi Aper restent soumis à « des exigences agricoles renforcées, avec des obligations de suivi et de contrôle ». De l’autre, les pré-Aper bénéficieraient d’« un allègement substantiel de leurs contraintes et donc de leurs coûts ».

Viande bovine : les importations françaises en chute, particulièrement cet été (Idele)

Les importations françaises de viande bovine « ont plongé en été », avec des baisses annuelles de 10 % en juin, 21 % en juillet, puis 14 % en août, rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. En cumul de janvier à août, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée sont inférieures de 6 % par rapport à la même période de 2025 (à 217 000 téc). Ce ralentissement peut être relié à un coup de frein sur la demande, qui peut s’expliquer par les fortes chaleurs de l’été : la consommation par bilan a chuté de 7 % en juin et de 8 % en juillet par rapport à 2025. Comme le note l’Idele, « les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là » (+5 % en gros bovins, notamment grâce aux vaches laitières). Résultat : la part des importations dans la consommation hexagonale est au plus bas depuis trois ans, à 22 % en août (24 % en cumul depuis le début 2026, contre 26 % sur la même période de 2025). L’ensemble des origines recule – UE comme pays tiers – à l’exception notable de l’Allemagne, qui profite d’un «  différentiel de prix » de « 48 ct€/kgéc en moyenne depuis le début de l’année ».

Bovins : poursuite de la décapitalisation des laitières, les allaitantes résistent encore

Entre sécheresse et faible prix du lait, le cheptel français de vaches laitières continue de reculer, tandis que celui de vaches allaitantes « confirme sa reprise » démarrée cet été, indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. Avec 3,159 millions de vaches au 1er septembre, le troupeau laitier recule de 1,7 % en un an ; une baisse dont le rythme ralentit toutefois depuis début 2026. Ces dernières semaines, le mouvement s’est poursuivi, avec des réformes laitières « un peu plus nombreuses » et des abattages en hausse de 5,6 % sur un an durant les semaines 34 à 41 (17 août-4 octobre). Une offre supplémentaire qui « pèse quelque peu sur les cours » : selon le bulletin hebdomadaire d’Interbev pour la semaine 43 (du 19 octobre), la vache O cotait 5,61 €/kgec, soit 34 ct de moins en dix semaines. De leur côté, « les réformes allaitantes demeurent jusqu’ici très ralenties ce qui permet aux cours de résister à la baisse saisonnière » (-8,4 % d’abattages sur les semaines 34-41), constate l’Idele. Au 1er septembre, la France comptait 3,326 millions des vaches allaitantes (+0,8 % sur un an). À l’œuvre depuis juillet, cette résistance s’explique par « la progression du prix des animaux et au retour d’une meilleure fertilité après les épisodes de maladies vectorielles ».

Maltraitance animale : l'État condamné pour manque de contrôle dans un abattoir corse

L'État a été condamné fin octobre par le tribunal administratif de Bastia pour manquement à sa mission de contrôle dans l'abattoir de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) après la dénonciation de « dysfonctionnements graves » par l'association animaliste L214, selon la décision consultée par l'AFP. Dans sa décision du 27 octobre, le tribunal administratif de Bastia note que « les services vétérinaires doivent être regardés comme ayant commis un manquement à leur obligation de contrôle et de surveillance » de l'abattoir de Porto-Vecchio. « Les contrôles de l'État, prescrits tant par la réglementation européenne que par la réglementation nationale en matière de protection du bien-être animal » ont « été insuffisants pour prévenir le risque de maltraitance animale alors même qu’à raison des non-conformités relevées en 2019 une vigilance et un suivi accru s’imposaient ». L'État est condamné à payer 4 000 € à L214 ainsi que 1 500 € de frais de justice à l'association. L'affaire a éclaté le 31 juillet 2025, lorsque L214 a rendu publiques des vidéos tournées à l'intérieur de l'abattoir de Porto-Vecchio révélant des « dysfonctionnements graves » dans l'abattage des vaches et veaux, « saignés encore conscients après des étourdissements ratés », et dans l'abattage rituel de vaches, veaux et moutons. L'association a alors « engagé un recours en responsabilité contre l’État ».

Négociations commerciales : l’Ilec dénonce le comportement d’une grande alliance à l’achat

L’Ilec, qui représente les grands industriels fournisseurs de la distribution, a dénoncé le 3 novembre le comportement d’une alliance à l’achat dans le cadre des prochaines négociations commerciales, sans toutefois la nommer. « Une alliance à l’achat représentant plus d’un tiers du marché français impose actuellement de la déflation pour 2027. Elle fixe la fin des négociations dès l’automne et généralise les arrêts de commande », déplore l’Ilec, alors même que les négociations commerciales commenceront officiellement le 1er décembre et que les fournisseurs envoient actuellement leurs conditions générales de vente. Elle demande que cesse immédiatement cette pratique. L’Ilec demande aussi à l’Etat plusieurs mesures : « un suivi resserré des négociations, avec la participation directe des dirigeants des enseignes », qui n’ont pas participé au comité de suivi du 2 novembre, sous forme de « deux réunions supplémentaires d’ici fin décembre, puis deux par mois en janvier et en février ; le contrôle, dès maintenant, de la non-négociabilité de la matière première agricole (MPA) ; la non-négociabilité des coûts des matières premières agricoles, notamment lorsque les manquements résultent d’aléas agricoles ; et la sortie des centrales d’achat européennes de tous les produits contenant de la matière première agricole française. »

Médicaments anti-obésité : les utilisateurs réduisent leurs dépenses en produits gras et sucrés

Les médicaments anti-obésité à base d’analogues du GLP-1 modifient les habitudes alimentaires de leurs utilisateurs, selon une étude du cabinet Bain publiée le 3 novembre et relayée par Le Monde. Aux États-Unis, où plus de 4 000 utilisateurs de GLP-1 ont été interrogés, les sondés déclarent avoir réduit leurs dépenses de 6 % en pain et produits de boulangerie, desserts, confiseries et biscuits, de 5 % en snacks salés et de 4 % en boissons gazeuses. Ce recul s’observe également en Europe. Au Royaume-Uni, où 7 % des adultes ont déjà eu recours à ces traitements, les baisses de dépenses pour ces catégories atteignent 10 %. « Les GLP-1 amènent un vrai changement dans les habitudes de consommation. De façon générale, tout ce qui est sucré ou gras baisse, tandis que les dépenses en produits de meilleure qualité nutritionnelle augmentent », résume Manel Oliva-Trastoy, associé au bureau parisien de Bain, dans Le Monde. Même constat dans la restauration rapide : les dépenses déclarées par les sondés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne diminuent de 4 à 8 %. Selon les projections du cabinet, la proportion d’utilisateurs ayant déjà eu recours à un GLP-1 en Europe de l’Ouest, estimée actuellement à 3,2 %, devrait quadrupler pour atteindre 12 % en 2030. Cette progression pourrait encore s’accélérer avec l’arrivée sur le marché de formes orales de ces traitements, plus faciles à produire et à administrer que les injections. 

Nématode du pin : une aide pour les propriétaires de bois dans les Landes et les PAtl.

Le gouvernement a annoncé, dans un décret et un arrêté publiés au Journal officiel (JO) le 3 novembre la mise en place d’une aide destinée aux propriétaires forestiers des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, dont les arbres ont été coupés et les bois immobilisés dans le cadre de la lutte contre le nématode du pin, un ver ravageur des résineux. Le montant des crédits disponibles pour financer cette aide est de 200 000 euros. Il est fonction de la différence entre le prix auquel les bois devaient initialement être vendus et le prix final de cession, avec un plafonnement pour chaque bénéficiaire. Depuis la détection d’un premier cas dans les Landes, à Seignosse, en novembre 2025, une course contre la montre s’est engagée pour parvenir à éradiquer ce parasite, via l’abattage des pins dans une « zone infestée » de 500 mètres autour des conifères contaminés et le retrait des arbres morts d’une zone tampon de 20 kilomètres. La zone délimitée est désormais de 461 800 hectares, contre près de 400 000 mi-septembre, selon le dernier bulletin de la Draaf Nouvelle-Aquitaine (préfecture), publié le 29 octobre. Six nouvelles contaminations ont été détectées les 20 et 21 octobre dans les communes de Saint-Étienne-d’Orthe (Landes) et d’Artiguelouve, Biron, Castillon, Cescau et Lons (Pyrénées-Atlantiques).

Addendum à l'agenda de la semaine du 2 novembre

Jeudi 5 novembre
Présentation des résultats d'un sondage européen sur l'Omnibus X par PAN Europe et Générations futures