PLF 2027 : Lecornu prêt à discuter avec les socialistes pour «enrichir» le plan Casi
Lecornu propose de rencontrer les parlementaires PS pour bâtir un nouveau «compromis» sur le budget, selon un courrier daté du 22 septembre. Sébastien Lecornu propose aux députés et sénateurs socialistes de les rencontrer pour tenter de bâtir sur le budget 2027 un «compromis», comme celui noué l’an dernier, dans un courrier au groupe PS révélé par Le Monde et obtenu par l’AFP le 23 septembre. Il leur demande de «mesurer» les conséquences d’une absence de budget en cas de censure, qui exposerait les Français à «l’austérité la plus dure», et prévient que ce «blocage» pourrait se «prolonger» au-delà de la présidentielle qui devrait être suivie par des élections législatives. Il assure que ce dialogue pourrait permettre de «faire aboutir» plusieurs chantiers touchant à l’hydroélectricité, la protection de l’enfance, l’indemnisation des victimes du chlordécone. Il dit sa volonté de faire aboutir la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, premier texte examiné à l’Assemblée nationale avant le budget. Il compte aussi sur les socialistes pour «enrichir» le plan de soutien au secteur agricole touché par la sécheresse de l’été, ou amender celui sur le logement pour les sinistrés des incendies.
GNR : la FNSEA demande le doublement des aides aux agriculteurs
La FNSEA a réclamé un doublement des aides aux agriculteurs pour l’achat de gazole non routier (GNR), invoquant l’envolée des prix des carburants. Le président du syndicat Arnaud Rousseau a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de la FNSEA qu’il demandait que l’aide pour l’achat de gazole non routier (GNR) passe à 30 centimes par litre, contre 15 centimes depuis avril. « Depuis le début de la semaine, le gasoil non routier pour l’agriculture a dépassé 1,50 €/l HT, rendant son acquisition extrêmement difficile pour les agriculteurs à la veille des travaux d’automne », a-t-il détaillé. « Pour nous, les 15 centimes annoncés par le gouvernement tenaient la route à partir du moment où les gasoils étaient autour de 1,20 €/l », a ajouté M. Rousseau. Le syndicat souhaite aussi que cette aide vienne « en pied de facture (...) pour accélérer les remboursements, qu’ils soient immédiats ». « Nous nous rendons compte que les remboursements d’avril, de mai, de juin tardent dans un certain nombre de départements. Ça n’est pas acceptable pour les agriculteurs de faire cette avance de trésorerie », a-t-il déploré.
Agriculteurs en difficultés: Agri’Ecoute devrait dépasser 6000 appels en 2026
La MSA (sécurité sociale agricole) rapporte « une augmentation des sollicitations » de son service d’écoute en ligne Agri’Ecoute, consécutif en partie à l’épisode de sécheresse qui frappe le monde agricole, rapporte l’AFP le 23 septembre. «Nous arriverons possiblement à 6 000 à la fin de l’année car on redoute que ça s’accentue cet hiver. Les agriculteurs rencontreront des difficultés à nourrir leurs bêtes, ils vont faire un bilan financier. Il y aura les répercussions de cet été très difficile pour l’ensemble des filières agricoles », analyse Magalie Rascle, directrice déléguée aux politiques sociales. Elle souligne par ailleurs que « les premiers motifs d’appels ne sont pas les problèmes financiers mais l’isolement, la pression familiale ou encore l’agribashing ». Pour mémoire, Agri’écoute avait recensé 4 230 appels en 2025. « Cette sécheresse majeure a des effets considérables sur la santé psychologique et physique des exploitants », confirme Jean-François Fruttero, président de la CCMSA (Caisse centrale), « L’agriculture est en train de basculer dans une crise plus structurelle que conjoncturelle ». Outre la ligne dédiée au mal-être agricole, la MSA s’appuie aussi sur son réseau de sentinelles. La MSA propose aussi un échéancier de paiement des cotisations ou l’aide au répit, un service de remplacement.
Maraîchage : de petites fermes exclues du plan CASI dans certains départements (syndicats)
Alors que la ministre de l'Agriculture avait annoncé que le maraîchage ferait partie des critères de fléchage du « fonds de réarmement » du plan CASI (sécheresse), certains préfets de département « instaurent des planchers de surface qui excluent de fait les plus petites fermes », rapporte la Confédération paysanne dans un communiqué le 23 septembre. Et de citer les cas de l'Ariège et la Drôme. Le syndicat souligne que 58 % des exploitations de fruits et légumes françaises font moins de 3 ha. Par ailleurs, la Conf' regrette que la préfecture de la Vienne exclue « les fermes qui ne sont pas bénéficiaires de l'aide Pac petit maraîchage ». Selon le syndicat, « très peu » d'exploitations maraîchères l'obtiennent « du fait des modalités très contraignantes de cette aide ». Dans d'autres départements, des syndicats agricoles de tous bords ont refusé de participer aux travaux de fléchage des aides. Dans le Lot-et-Garonne, les principaux syndicats (FNSEA, JA, Conf', Coordination rurale) ont signifié leur refus dans une lettre commune, intitulée « 853,48 € par agriculteur : l'État se fout de nous et abandonne les agriculteurs ». La Conf' a aussi fait la chaise vide dans l'Indre et l'Ardèche. Contactés, les autres centrales nationales ne nous ont pas apporté cette précision.
Concombre: production grevée par le sec, demande soutenue, envolée des prix
Selon une note des services de statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 23 septembre, la production française de concombre enregistrerait un recul de 5% par rapport à 2025 avec 182 600 tonnes. Cela reste néanmoins supérieur de 3% à la moyenne sur 5 ans. « Les conditions caniculaires ont impacté la production en plein air et plus particulièrement dans les bassins Centre-Ouest et Est (respectivement – 44 % et – 36 % sur un an). Sous serre, le recul de la production est moindre, et même en progression de 6 % sur un an dans le bassin Sud-Est en lien avec une augmentation des surfaces et la résistance des systèmes sous abri (serres climatisées, irrigation maîtrisée).» analyse Agreste. Il est indiqué une hausse de 4 % des surfaces sous serre dans le bassin Sud-Est alors les surfaces nationale restaient relativement stables (+1% à 1 104 ha). Parallèlement, les fortes chaleurs ont entrainé une forte hausse de la demande à partir de juillet, après un début du mois de juin calme. « Le marché reste déséquilibré en raison des vagues de chaleur : la production nationale, même complétée par un approvisionnement européen (Espagne, Belgique et Pays-Bas), ne suffit pas à alimenter une demande très soutenue », précise Agreste. Du coup, sur juillet, les prix ont été supérieurs de 26 % à ceux de 2025 et de 46 % à la moyenne quinquennale. En août, les prix demeuraient à un niveau particulièrement élevé (+ 31 % sur un an).
Oignon : aux Pays-Bas, rendements en forte baisse, flambée des prix
Aux Pays-Bas, premier producteur européen d'oignon, les surfaces sont restées stables en 2026 (à 36 619 hectares) mais la campagne se caractérise par des rendements en baisse et des calibres plus petits, selon l’analyse de l’Institut néerlandais des statistiques (CBS), reprise par le site Italiafruit le 23 septembre. La superficie consacrée aux oignons jaunes a augmenté pour atteindre 27 249 hectares, tandis que celle des oignons rouges a diminué, passant de 6 295 à 5 370 hectares. Côté rendement, les dix champs suivis par la plateforme néerlandaise d'analyse de données Boerenbusiness affichent une moyenne de 52,8 tonnes par hectare, contre 67,2 en 2025. De plus, seulement 50 % du produit mesuré dépassent 60 millimètres, avec d'énormes fluctuations d'un champ à l'autre (de 13 à 83 %). La situation influe sur les prix : les agriculteurs vendaient leurs oignons à peine plus de 0,10 €/kg, tandis qu’aujourd’hui, le prix avoisine les 0,30 €/kg. Le prix moyen des oignons conditionnés, selon Boerenbusiness, est également passé de 0,21 € à 0,375 €/kg, avec des volumes hebdomadaires d’environ 30 000 tonnes, un niveau très haut. Selon le secteur, la récolte devrait être comprise entre 1,2 et 1,3 million de tonnes, contre plus de 1,7 million de tonnes en 2025.
Olives : récolte « assez conséquente » attendue pour l'olive noire de Nyons
À quelques semaines de la récolte, le syndicat de l'olive noire de Nyons a annoncé une récolte « assez conséquente » pour 2026-2027, malgré les températures exceptionnellement chaudes des derniers mois. « On a été inquiets pendant une partie de l'été mais finalement on s'est rendu compte que le printemps pluvieux, où les sols avaient eu l'occasion de bien recharger leurs réserves, a été bénéfique pour l'olivier », souligne selon Anne Laurent, directrice de la coopérative du Nyonsais et administratrice du syndicat de l’olive noire de Nyons interrogée par Ici Drôme Ardèche. Le bassin de Nyonsais devrait produire environ 3 000 tonnes d’olives, soit une récolte beaucoup plus important que celle de la campagne précédente, selon Anne Laurent. Pour l’instant, la chaleur n’a pas eu d’effet négatif sur la qualité des olives, mais la filière reste toutefois prudente, les conditions météorologiques d’ici à la récolte de l’olive nord de Nyons pouvant encore faire évoluer la situation. Pour les olives à huile, la récolte débutera en novembre et pour les olives de bouches, elle débutera fin décembre, en fonction des conditions météo. Un automne très doux et très pluvieux peut en effet retarder la récolte pour faire de la bouche : le cahier des charges de l'olive noire de Nyons exige que 60 % des fruits soient fripés. Or, par temps pluvieux et doux, l’olive a du mal à friper et peut perdre ses caractéristiques.
Cognac : le négociant Sazerac condamné pour rupture de contrat
Assigné par des viticulteurs charentais pour rupture de contrat, le négociant Sazerac a été condamné par la justice le 22 septembre, selon l’UGVC (producteurs d’AOC cognac). « Le tribunal de commerce d’Angoulême a donné raison aux 45 viticulteurs accompagnés par l’UGVC dans le litige qui les oppose à Sazerac, se réjouit l’organisation. Leurs contrats devront être exécutés conformément aux engagements pris, pour les quatre années prévues. » Le négociant américain a déjà annoncé qu’il ferait appel, « compte tenu du contexte économique gravement dégradé du marché du cognac et du fait que les contrats résiliés par Sazerac ne peuvent juridiquement pas être exécutés », rapporte le média Charente libre. Réaffirmant « sa volonté d’accompagner les viticulteurs qui subissent depuis plusieurs années une crise d’une ampleur inédite », le groupe souligne que près de 40 viticulteurs ont déjà trouvé un accord avec lui « dans le cadre de solutions transactionnelles équilibrées », des dédommagements pour certains, de nouveaux contrats pour d’autres. Le président de la Cnaoc (vignerons AOC) Jérôme Bauer salue, dans le communiqué de l’UGVC, la condamnation du 22 septembre, estimant que « la portée de cette décision dépasse le Cognac » : elle vient « rappeler une exigence essentielle : un contrat doit être respecté ».
Lait : la production mondiale devrait reculer au 4e trimestre 2026
La production mondiale de lait devrait reculer au 4e trimestre 2026, prévoit Rabobank dans une étude publiée en ligne. « La croissance de la production des sept principaux bassins laitiers mondiaux devrait ralentir au second semestre 2026, avec un recul de la production au quatrième trimestre, avant de rester globalement stable au premier semestre 2027 », écrivent les auteurs. Ce ralentissement se produit dans un contexte de hausse régulière de la production mondiale depuis plusieurs années. Parmi les explications, le facteur climatique est mis en avant pour certaines régions du monde. « La croissance aux États-Unis et en Australie devrait se poursuivre à un rythme plus modéré, tandis qu’El Niño constitue un risque baissier pour la production néo-zélandaise et que la dynamique de production en Amérique du Sud continue de s’essouffler. » A l’échelle de l’UE, l’Idele, dans sa dernière Tendance Lait du 21 septembre, note que « d’autres effets de ces épisodes de chaleurs extrêmes et du manque d’eau restent à venir et pourraient peser sur la collecte à court et moyen terme. » Avec le manque de fourrage, sa piètre qualité, et ses effets sur la reproduction, tout comme la hausse des intrants, « la production de lait de l’UE pourrait être sous pression dans les prochains mois. »
Ovins : en congrès le 30 septembre, la FNO élira un nouveau président
À l’occasion de son congrès, le 30 septembre au Palais des congrès du Cap d'Agde, dans l’Hérault, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) se choisira un nouveau président ou une nouvelle présidente. À la tête du syndicat depuis une dizaine d’années, Michèle Boudoin, éleveuse dans le Puy-de-Dôme, ne se représentera pas à ce poste, a-t-elle annoncé. Le nom de son successeur sera connu à l’issue d’un conseil d’administration électif prévu le jour-même ; le nouveau président ou la nouvelle présidente entamera alors un mandat de trois ans. Aucun candidat n’est encore connu, indique-t-on du côté de la FNO, les candidatures étant habituellement déclarées au dernier moment. Avant l’élection, la FNO organisera une table ronde sur la future Pac post-2027, avec la présence de l’ancien Premier ministre Michel Barnier, d’Arnaud Rousseau (FNSEA), d’Hervé Guyomard (Inrae) et d’Emmanuel Fontaine (FNO). L’occasion d’évoquer la place de l’élevage ovin dans les propositions de la Commission européenne (budget de l’UE et architecture de la Pac).
Climat : le chef de l'ONU organise un dernier sommet à New York avant son départ
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a convoqué le 23 septembre à New York une « réunion de haut niveau sur l’action climatique et la transition juste », son dernier sommet sur le climat avant la fin de son mandat en décembre, peu après la COP31 en Turquie. Après Antonio Guterres, les dirigeants turc, Recep Tayyip Erdogan, et australien, Anthony Albanese, ont pris la parole en tant que co-organisateurs de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat. Au menu, des appels à verdir les économies, à mieux financer la transition des pays en développement et à renforcer la résilience des sociétés face à un monde toujours plus chaud. La veille Antonio Guterres avait donné le ton en menant la charge contre l’industrie pétrolière, l’accusant d’avoir longtemps considéré « l’atmosphère comme une décharge à ciel ouvert ». Des déclarations qui rappellent ses nombreuses expressions frappantes lancées ces dernières années sur le climat, de « l’autoroute vers l’enfer climatique » à « l’ère de l’ébullition mondiale ». Des canicules et incendies records en Europe à la crue meurtrière provoquée par l’effondrement d’un glacier au Népal, la dernière année en poste de M. Guterres voit s’enchaîner les conséquences d’un climat qui se réchauffe. Et le phénomène El Niño qui s’annonce comme un record aggrave encore des conditions météorologiques extrêmes dans le monde.
Sénat : Duplomb serait soupçonné de détournement de fonds publics (presse)
Selon les informations du journal Médiacités, le sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb serait visé par une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. L'existence de cette procédure n'a été « ni confirmée, ni infirmée » par le procureur de la République de Clermont-Ferrand, auprès des médias locaux qui s'en sont fait l'écho. L'affaire porte sur la campagne 2025 pour la présidence du parti Les Républicains, durant laquelle Laurent Duplomb soutenait Laurent Wauquiez face à Bruno Retailleau. À la suite d’une enquête de Médiacités, un conseiller régional écologiste élu en Haute-Loire avait signalé au tribunal judiciaire du Puy-en-Velay que la collaboratrice du sénateur LR aurait poussé maires et élus de Haute-Loire à adhérer au parti et à voter pour Laurent Wauquiez. Selon La Montagne, Laurent Duplomb avait déclaré à l'époque que « sa collaboratrice s'était engagée sur son temps personnel, avec ses moyens personnels ».