Agra Fil du 4 août 2026

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Pesticides/PFAS : la dépollution de l’eau coûterait jusqu’à 5,7 Md€ par an (rapport)

D'après un rapport de mission d’inspection interministérielle (Igas, IGEDD, CGAAER) publié le 30 juillet, dépolluer l’eau potable des micropolluants (pesticides, PFAS) représenterait un surcoût annuel de 1,3 à 5,7 milliards d’euros (Md€). Repéré par l’AFP, le rapport n’a fait l’objet d’aucune communication de la part du gouvernement, remarque l’agence de presse, quelques jours après l’adoption de la loi d’urgence agricole au Parlement le 21 juillet. Les inspecteurs soulignent que la présence dans l’eau de métabolites de pesticides et de PFAS « rend le respect des limites de qualité européennes de plus en plus difficile, en particulier dans certaines régions du Nord et de l’Est de la France ». Ils décrivent un service public de l’eau potable « fragilisé par un sous-investissement structurel et un modèle de financement insuffisamment couvert par le niveau du prix de l’eau, par l’application limitée du principe pollueur-payeur et par une solidarité territoriale restreinte ». Pour y remédier, le rapport détaille quatre scénarios de dépollution. Le premier scénario table sur un surcoût de 1,3 Md€/an, permettant de « traiter les non-conformités actuelles ». Le deuxième, d’environ 2,2 Md€/an, inclut des normes plus sévères pour le TFA (un PFAS provenant de la dégradation de pesticides et de produits utilisés dans l’industrie). Le troisième, de 3,2 Md€/an, étend la dépollution au grand cycle de l’eau. Le quatrième (5,7 Md€/an) étend de surcroît la dépollution aux sols et aux autres milieux.

Pesticides : aux États-Unis, cinq PFAS récemment approuvés inquiètent les scientifiques

Le gouvernement des États-Unis a approuvé récemment cinq pesticides qui inquiètent scientifiques et ONG pour leurs propriétés dangereuses pour la santé, car ce sont des PFAS (aussi appelés « polluants éternels »), rapporte l’AFP le 3 août. Les cinq substances n’entrent pas dans la définition « restrictive » des PFAS adoptée en 2023 par l’Autorité américaine de protection de l’environnement (EPA). En revanche, elles rentreraient dans la définition adoptée par l’OCDE en 2021, laquelle est suivie par près de la moitié des États américains, par le Congrès, par le Pentagone (ministère de la Défense) et par un groupe de 150 scientifiques dans un consensus annoncé en 2024. L’EPA affirme que ces pesticides sont autorisés dans d’autres pays et qu’ils sont indispensables pour la sécurité alimentaire. Pourtant, l’EPA a reconnu qu’il existe « des preuves qui suggèrent un potentiel cancérigène » pour l’un d’entre eux, l’herbicide trifludimoxazin. Ces nouvelles autorisations ne représentent que la partie émergée de l’iceberg : une analyse menée en 2024 sur les substances déjà autorisées aux États-Unis et au Canada a conclu que 66 d’entre elles étaient des PFAS, selon la définition de l’OCDE. « C’est un problème qui a été mis sous le tapis par les gouvernements successifs », dénonce Nathan Donley, de l’association environnementale Center for Biological Diversity. « Mais ça devient pire aujourd’hui. »

Engrais azotés : le MACF provoque une hausse annuelle des livraisons de 6 % (ministère)

D’après une note Agreste parue le 31 juillet, le ministère de l’Agriculture estime une hausse d’un peu plus de 6 % des livraisons d’engrais azotés en France entre les campagnes 2024-2025 et 2025-2026 (juillet à mai), à un peu plus de 1,8 Mt. Elle s’explique essentiellement par des achats d’anticipation entrepris par les agriculteurs au cours de l’automne 2025, avant la mise en place du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) au 1er janvier 2026, explique le ministère. Mais, à partir de janvier 2026, les livraisons ont marqué le pas. Leur diminution s’est accélérée à partir d’avril, compte tenu de la crise du détroit d’Ormuz, qui a engendré une flambée des cours des intrants. Le prix moyen des engrais simples azotés, mesuré par l’indice Ipampa, a d’ailleurs crû de 17,4 % entre juillet 2025 et mai 2026, peut-on lire dans le document. Par ailleurs, concernant les engrais phosphatés, entre les campagnes 2024-2025 et 2025-2026, (mai-avril), les livraisons ont progressé de 2,4 %, à 338 000 t. Les prix (toujours mesurés avec l’indice Ipampa) ont grimpé de 7,9 % sur la période en moyenne. En revanche, les volumes d’intrants potassiques ont reculé de 4,3 %, à 377 000 t environ, pour une hausse des prix plus modérée, de 2,4 %.

Veaux de boucherie : la canicule fait chuter les prix, retour à un schéma « normal »

Les cours des veaux de boucherie sont en chute continue depuis avril, pénalisés par les fortes chaleurs qui pèsent sur la demande. Une baisse saisonnière classique qui n’avait pas été observée ces dernières années, comme le rappellent nos confrères des Marchés (groupe Réussir). Selon les derniers chiffres disponibles de FranceAgriMer, au 20 juillet, le cours entrée abattoir du veau de boucherie « rosé clair O » s’établissait à 7,50 €/kg carcasse. Soit une chute de « 15 % depuis son record atteint début mars », d’après le média spécialisé. Et de rappeler que cette baisse saisonnière « n’avait pas eu lieu » l’année dernière et qu’elle « avait été limitée par la baisse de l’offre en 2022, 2023 et 2024 ». Évoquant une baisse « brutale », le président de la section veau d’Interbev, Frédéric Quillard, souligne auprès des Marchés qu’il s’agit du « retour à un schéma normal, où les abattoirs doivent gérer un net déséquilibre carcasse ». Pas d’inquiétude à ce stade toutefois, pour celui qui est aussi directeur général de Sobeval (groupe Van Drie) : « La filière a la capacité de réduire ou d’allonger l’engraissement des veaux, pour s’adapter à la demande. Les volumes seront donc bien présents à la rentrée, quand la demande va se réveiller. »

Bovins/MHE : « très faible nombre de détections » en 2025 et 2026 (rapport)

La maladie hémorragique épizootique (MHE) a fait l'objet d’un « très faible nombre de détections » en Europe en 2025 (neuf cas dans quatre pays), selon un rapport de la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) paru le 28 juillet. Dans le détail, on a dénombré l’année dernière un cas en Belgique, un en Espagne, deux au Portugal et cinq en France. Véhiculée par les moucherons Culicoides, cette maladie touchant les bovins est apparue en Europe du sud en 2022, avant de remonter en France en septembre 2023. C’est dans l’Hexagone qu’elle a connu sa plus forte diffusion, avec 3 695 foyers en élevage en 2023 (essentiellement dans le Sud-Ouest), puis 4 195 en 2024 (dans la partie ouest du pays). En 2026, aucun foyer n’a été détecté, selon le ministère de l’Agriculture. Malgré cette « diminution exceptionnelle », la plateforme ESA appelle au « maintien d'une surveillance épidémiologique et entomologique », en raison de « la présence de Culicoides » et du « risque de réémergence lors des prochaines saisons d'activité vectorielle ». Comparée à d’autres maladies, la mortalité provoquée par la MHE reste faible, et une campagne de vaccination a été lancée en 2024 en France. Elle peut toutefois provoquer des entraves aux exportations en raison de son classement dans la catégorie D au titre du droit européen.

Escargots : le dérèglement climatique fragilise une filière française déjà sous tension

Après les épisodes de canicule et de sécheresse exceptionnels, les héliciculteurs alertent sur les conséquences du dérèglement climatique sur leur activité. En Bourgogne, certains d’entre eux estiment avoir perdu entre 50 et 70 % de leur production cet été. Les fortes chaleurs assèchent les parcs d’élevage et favorisent les attaques de prédateurs, en particulier les oiseaux, privés d’une partie de leurs ressources alimentaires. « C’est l’hécatombe. (…) Nous sommes en première ligne du changement climatique. C’est un désastre, tout le revenu est par terre », témoigne Frédéric Marcouyoux, éleveur d’escargots à La Ferme au gré du temps, à Villecomte (Côte-d’Or), auprès de l’AFP. Selon Émilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs, de plus en plus d’exploitations sont menacées, sans qu’il ne soit possible d’en préciser le nombre. La crise est telle que se pose la question de la disparition même de cet élevage en France, alors qu’il est déjà réduit à sa portion congrue, avec quelque 400 éleveurs seulement. Seuls 5 % des escargots consommés dans l’Hexagone y sont produits, le reste étant importé majoritairement d’Europe de l’Est.

Agroforesterie : pas d’impact observé sur les rendements des céréales (étude)

Il y a dix ans naissait le projet Tetrae-ac2tion, financé par l’Inrae et la région Nouvelle-Aquitaine. L’enjeu : étudier l’impact de l’agroforesterie (ici des noyers et des merisiers) sur la culture de céréales (blé tendre, orge de printemps et triticale) implantées en alternance, en bio, en conventionnel ou en semis direct. Les premiers résultats ont été publiés, relayés via un article de Perspectives agricoles. Premier constat : « Les arbres permettent un enrichissement significatif en matières organiques du sol (entre 1,5 et 3,5 g C/kg de sol) », via leur feuillage, mais aussi au travers de leurs racines fines, en constant renouvellement. La teneur en azote total augmente également, de 0,3 g N/kg de sol là où les arbres sont les plus âgés. Autre atout de cette pratique : « Les arbres entretiennent et stabilisent l’activité microbienne des sols ». L’étude s’est également penchée sur les rendements et, contrairement aux idées reçues, n’a montré aucune perte de rendement des céréales à paille, quelle que soit la distance aux arbres : les tonnages obtenus sont dans la moyenne de ceux du département. L’idée est désormais de préciser les interactions entre les arbres et les pratiques culturales pour mesurer l’impact sur la nutrition des céréales pour, à terme, éventuellement réduire les besoins en fertilisation. (Anne Gilet)

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.