Climat : juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais enregistré en France
Avec une température moyenne de 24,9°C, le mois de juillet 2026 devient le mois le plus chaud et l’un des plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900, illustrant l’intensification des effets du changement climatique, a annoncé Météo-France le 4 août. Il efface les précédents records établis lors de la canicule d’août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). L’excédent de température par rapport aux normales 1991-2020 atteint, comme en juin, +3,8°C. Le mois a été marqué par deux vagues de chaleur, dont la première, du 4 au 19 juillet, constitue la troisième vague de chaleur la plus longue jamais observée en France ; la seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours. Plus de la moitié des 54 vagues de chaleur recensées dans le pays se sont produites au cours des quinze dernières années, rappelle Météo-France, soulignant que ces épisodes deviennent « de plus en plus fréquents », « démarrent de plus en plus tôt », et atteignent des températures toujours plus élevées sous l’effet du changement climatique. Avec un déficit pluviométrique de près de 70 %, juillet 2026 a également été le troisième mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant la sécheresse superficielles des sols observée depuis deux mois. Fin juillet, « les sols sont encore plus secs qu’en 2022 et 2025 à la même période, et atteignent des niveaux équivalents aux plus bas jamais enregistrés » à la mi-août 2022, indique Météo-France.
Eau : les petits cours d'eau vivent une sécheresse « historique » et « critique » (OFB)
Les rivières françaises sont frappées par une sécheresse « historique », « la plus critique jamais enregistrée à cette période », révèle un bilan de situation des petits cours d’eau au 1er août publié par l’Office français de la biodiversité (OFB). « Les derniers relevés de l’Observatoire national des étiages (ONDE) menés par les agents de l’OFB révèlent une dégradation exceptionnelle de l’état de nos rivières à la fin juillet », alors que « 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs » (assèchement des cours d’eau), soit 554 de plus en un mois, indique l'établissement public dans un communiqué de presse. « Avec 43 % des stations touchées, il s’agit de la situation la plus critique jamais enregistrée à cette période » en France, précise l’OFB. Elle dépasse la sécheresse historique de 2022 et apparait deux fois plus sévère que celle de 2025. Cette sécheresse, qui affecte aussi bien la disponibilité en eau que la biodiversité, touche toutes les régions, particulièrement sur un axe allant de la Vendée au Grand Est, ainsi que le centre du sud de la France. Le pays a connu trois vagues de chaleur cet été, dont l'une est toujours en cours depuis le 28 juillet, ainsi qu'un épisode caniculaire précoce en mai. La sécheresse des sols s’est aussi « aggravée jour après jour depuis le début du mois de juin », relève de son côté Météo-France.
Canicule : la Conf’ veut « réorienter » l’aide aux engrais vers une aide forfaitaire
Dans une lettre ouverte publiée le 4 août, la Confédération paysanne demande à rencontrer « au plus vite » la ministre de l’Agriculture pour lui présenter ses « revendications face aux crises climatiques », parmi lesquelles figure une réorientation de l’aide aux engrais récemment débloquée. À la place de cette aide mise en place face à la flambée des engrais provoquée par la guerre au Moyen-Orient, le syndicat demande un soutien ciblant « les fermes réellement touchées par les aléas climatiques » de cet été (sécheresse et canicules). La Conf’ plaide pour « une aide forfaitaire et à l’actif, d’un montant de 5 000 €, versée rapidement aux fermes ayant subi au moins 30 % de pertes de récolte ou de chiffre d'affaires ». Le syndicat souhaite que ce dispositif vise en priorité les fermes « non assurées multirisques climatiques », qui représentent selon lui « plus de 80 % des fermes françaises ». Plus largement, au-delà de ses demandes structurelles déjà connues (réforme de la gestion des risques, etc.), la Conf’ demande quatre mesures pour « sauver les fermes à très court terme » et « soulager les trésoreries pour passer l’été » : accès aux aides d’urgence pour les fermes « touchées par les incendies », année blanche et exonération du remboursement de la TVA.
Canicule : face aux prairies « grillées », les éleveurs de ruminants toujours sans réponse
Alertant, dans un communiqué du 4 août, sur une perte de production « historique » pour les prairies, les associations spécialisées d'éleveurs de ruminants de la FNSEA* dénoncent le « silence radio » du ministère de l’Agriculture sur leur demande – récurrente – d’organiser des expertises terrain des pertes de production d’herbe. « Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l’herbe », rapportent les syndicats, ce qui a « amputé de façon exceptionnelle la pousse de juin et juillet », comme récemment constaté par Agreste (ministère). Et les AS d’appuyer : « Nombreux sont ceux qui ont attaqué les stocks d’hiver » de fourrages, et « les témoignages des éleveurs se multiplient pour signaler un phénomène historique ». Or, dans le cadre de l’assurance récolte, l’estimation de la pousse de l’herbe est basée sur une mesure par satellite, dont « les insuffisances et carences (…) sont pourtant amplement connues », rappellent les syndicats. Les quatre fédérations disent avoir été reçues au ministère le 22 juillet « sur ce sujet précisément », sans suite pour le moment. Craignant une aggravation de la décapitalisation en cours, les syndicats concluent en martelant qu’« il est crucial pour les éleveurs d’avoir de la visibilité sur les compensations ».
* FNB (bovins viande), FNPL (bovins lait), FNO (ovins) et Fnec (caprins)
Vin/canicule : le ministère renonce à publier ses traditionnelles prévisions d’août
En raison des fortes incertitudes liées aux conditions climatiques exceptionnelles, le ministère de l’Agriculture a décidé de reporter au mois de septembre la publication de ses premières prévisions de récolte viticole pour 2026, habituellement diffusées début août, a-t-il indiqué le 4 août à l’AFP. Les services de l’État disposeront ainsi de « plus de recul sur l’état du potentiel de récolte » grâce aux « observations issues des premières vendanges ». La filière viticole avait elle-même demandé au ministère de différer la publication de ces estimations. « En raison de la canicule, de la sécheresse, des orages ou des feux de forêt, il y a une très forte imprécision des prévisions de récoltes, qui sont des relevés d’observations et d’analyses effectués début juillet », indique Jérôme Despey, viticulteur, président du conseil spécialisé Vin et cidre de FranceAgriMer et vice-président de la FNSEA, à l’AFP. Tous les vignobles sont concernés par l’incertitude, mais les situations diffèrent selon les régions : vendanges précoces dans l’Est, la Bourgogne, le Beaujolais, mais aussi le Centre-Val de Loire ; raisins brûlés par la sécheresse localement ; maturité des raisins retardée ailleurs ou poids des baies inférieur à la moyenne. L’évolution de la météo, en particulier la pluviométrie dans les prochaines semaines, sera déterminante pour évaluer le potentiel du millésime 2026.
Légumes : Eureden demande à l’aval l’acceptation immédiate de hausse de prix
Dans un communiqué du 4 août, le groupe coopératif Eureden « demande instamment à ses partenaires de l’aval l’acceptation immédiate des hausses de prix pour intégrer la réalité des coûts de production et la baisse des volumes » de légumes en Bretagne. L’entreprise tire la sonnette d’alarme sur les effets de la sécheresse sur la production légumière bretonne. Il explique que « le sol breton ne permet pas le stockage de l’eau dans des nappes phréatiques profondes », ce qui « rend nos cultures dépendantes des eaux de surface ». Le déficit hydrique provoque « une chute dramatique des rendements », une baisse des calibres, ainsi qu’une flambée des coûts de production. Eureden appelle ainsi « la distribution et les autres acteurs de l’aval à la responsabilité économique pour assurer la pérennité de la filière ». Son président Dany Rochefort enfonce le clou, déclarant dans le communiqué que « refuser l’ajustement des prix face à des aléas climatiques majeurs conduit à asphyxier les producteurs et à condamner la ferme France ». Toutefois, « certains de nos partenaires l’ont déjà compris », précise-t-il.
Bovins lait : multiplication des maladies en Suisse, un virus émergent détecté
Alors que les éleveurs suisses déplorent une multiplication des maladies chez leurs vaches, les autorités helvétiques ont annoncé avoir détecté un virus émergent chez « plusieurs animaux atteints de manière aiguë ». Il s’agit d’un orthobunyavirus (appartenant au sérogroupe Simbu), dont c’est la première observation en Suisse, et contre lequel « aucun vaccin n’est actuellement disponible », selon un communiqué de l’Office fédéral de la sécurité sanitaire et des affaires vétérinaires (Osav) publié le 31 juillet. Des « analyses génétiques », encore en cours, doivent permettre de déterminer si ce virus est « responsable des maladies observées » (diarrhées, fièvre, perte de production laitière). Et l’autorité sanitaire de préciser : « On ignore encore si les températures élevées ont également contribué à l'apparition de ces maladies ». Comme d’autres maladies vectorielles affectant les ruminants (FCO, MHE), l’orthobunyavirus est véhiculé par les moucherons Culicoïdes. Les virus du groupe Simbu sont présents « surtout en Afrique, en Asie et en Australie », rappelle l’Institut de virologie et d’immunologie (IVI, intégré à l'Osav), qui a réalisé les analyses. Parmi ce sérogroupe, on trouve notamment le virus de Schmallenberg, à l’origine d’une épizootie en Europe en 2012.
Bovins : Brittany Ferries va arrêter de transporter des veaux entre l’Irlande et l’UE
La compagnie Brittany Ferries va cesser son activité de transport d’animaux vivants depuis l’Irlande, ont annoncé le 4 août plusieurs associations de protection animale mobilisées depuis plus d’un an sur le sujet*. Une décision confirmée par l’entreprise auprès du média spécialisé Agriland. L’arrêt concerne notamment « les veaux non sevrés », et il sera effectif « au plus tard en septembre », affirment les ONG. Une date plausible, mais qui n’a pas été confirmée « officiellement », indique de son côté Agriland. En mars 2025, Brittany Ferries avait relancé le transport des veaux sur la ligne Rosslare-Cherbourg à bord du navire Cotentin, spécialement équipé à cet effet. En difficultés financières, l’armateur breton a récemment annoncé vendre ce bateau. Avec son retrait, il ne reste plus qu’une seule entreprise à transporter des veaux de l’Irlande vers l’UE : Irish Ferries, désormais ciblé par les associations. Selon Agriland, l’Irlande a exporté « plus de 200 000 veaux » depuis le début de l’année. Malgré le « coup » porté à ce secteur, des « acteurs clés » du commerce « examinent la faisabilité de différentes options pour transporter les veaux via des camions vers l’Europe continentale », explique le média agricole.
* CIWF France, Quatre pattes, Welfarm et L214
Sucre : la France retrouve la première place en Europe en 2025-2026 (ministère)
Dans une note d’Agreste parue le 28 juillet, le ministère de l’Agriculture estime que la France est redevenue la première productrice européenne de sucre lors de la campagne 2025-2026. Avec 4,7 Mt produites, elle repasse devant l’Allemagne, qui en a produit 4,5 Mt. La Pologne occupe la troisième place, loin derrière, avec 2,6 Mt. L’Hexagone n’avait plus occupé cette position depuis cinq ans. Le ministère explique cette première place par la très bonne récolte betteravière 2025, qui s’élevait à 35,6 Mt, pour un rendement au plus haut depuis 2019, à 86,9 q/ha. La France est même le second producteur mondial de sucre de betterave, derrière la Russie. Les exportations françaises se sont élevées à 2,5 Mt, en hausse de 3,8 % par rapport à 2024-2025. Les utilisations intérieures ont grimpé de 4,1 %, à 26 Mt. Les stocks de fin de campagne s’alourdiraient de 2,4 %, à 400 000 t. Rappelons que la sole française a ensuite reculé en 2026. De plus, des organisations comme la FNEDT indiquent que les conditions de culture sont loin d’être optimales.
Irrigation : un scénario de l’Inrae explore l’agroécologie « marquetée » dans les Hautes-Pyrénées
Le projet de recherche TAI-OC, cofinancé par l’Inrae, a élaboré un scénario prospectif, avec les acteurs d’un territoire irrigué des Hautes-Pyrénées intégré au système Neste et Rivières de Gascogne. Le projet explore les conditions dans lesquelles l’irrigation, souvent perçue comme un facteur d’intensification agricole, pourrait au contraire constituer un levier de transition agroécologique, en favorisant la diversification des cultures. À l’issue d’ateliers associant agriculteurs et acteurs locaux, les participants ont retenu un scénario qualifié d’agroécologie « marquetée ». Selon une synthèse, il prévoit notamment la création de nouvelles retenues, la réduction de 25 % des volumes d’eau alloués à l’agriculture, l’augmentation des tarifs de l’eau, une répartition de la ressource entre les cultures et les filières, ainsi que le développement de marques territoriales combinant pratiques agroécologiques et prix maîtrisés. Selon les auteurs, un tel scénario se traduirait par une profonde restructuration du territoire agricole. Les exploitations disposant du meilleur accès à l’eau et les mieux organisés seraient les principales à se maintenir. Le scénario prévoit le maintien de la majorité des prairies permanentes, mais aussi une perte de 25 % de la SAU actuelle en raison de l’enfrichement, ainsi qu’une dépendance accrue des filières à de grands acteurs privés. Le document n'apporte toutefois pas de conclusions chiffrées permettant d'évaluer les effets du scénario retenu.
Qualité de l’eau : la Commission met en demeure la France pour « manquement »
La Commission européenne a mis en demeure la France pour « manquement à ses obligations » relatives au traitement des eaux usées urbaines, selon une décision de Bruxelles datée du 8 juillet. L’exécutif européen indique que 518 agglomérations françaises ne respectent pas la directive 91/271 qui exige que toutes les agglomérations d’au moins 2 000 habitants collectent et traitent leurs eaux urbaines résiduaires avant de les rejeter dans l’environnement. Parmi les 518 agglomérations en tort, quatre ne collectent qu’une « faible part » des eaux urbaines résiduaires, et les eaux non collectées sont rejetées « dans des zones sensibles ». Dans 416 agglomérations, les eaux ne font pas l’objet d’un « traitement secondaire » avant rejet dans l’environnement. Enfin, dans 98 agglomérations, les eaux collectées ne font pas « l’objet d’un traitement plus strict avant d’être rejetées dans des zones sensibles, afin d’éliminer le phosphore et/ou l’azote ». La France a un délai de deux mois pour répondre. Dans le sillage de cette mise en demeure, le média Vert a publié, le 30 juillet, une carte interactive des stations de traitement des eaux usées non conformes à partir des données 2024 de la base des systèmes d’assainissement collectif du ministère de la Transition écologique.
Observatoire des prix et des marges : Sophie Devienne reconduite à la présidence
Via un arrêté paru au Journal officiel le 4 août, la présidente de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), Sophie Devienne, a été reconduite pour un second mandat de trois ans, à partir du 1er septembre. Professeure en agriculture comparée et développement agricole à AgroParisTech, elle est aussi membre de l’Académie d’agriculture de France. Elle avait été nommée une première fois à la tête de l’OFPM en 2023, remplaçant l’économiste Philippe Chalmin, président depuis sa création en 2010. L’OFPM analyse les prix et les marges des différents maillons de la chaîne alimentaire et remet chaque année un rapport au Parlement sur ce sujet.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.