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Engrais : l’aide d’urgence détaillée, le plan esquissé

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Le gouvernement a détaillé les mesures de soutien à l’achat d’engrais azotés à court terme, et présenté une partie du plan souveraineté engrais.

Lors d’une conférence de presse le 9 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé l’octroi d’une aide « à tous les agriculteurs », représentant un budget de 145 M€, dont 107 M€ émanant du déblocage de la réserve de crise par la Commission européenne, auquel il faut rajouter 38 M€ de deniers nationaux. Le soutien d’urgence aux agriculteurs se traduira par une aide de 50 €/t pour l’achat d’engrais azotés dits simples (solution azotée, urée, ammonitrate), pouvant aller jusqu’à 70 €/t pour ceux dont le coût des engrais (tous confondus : azote, phosphore, potassium) représente plus de 10 % de leurs charges. Le montant minimum de l’aide s’élève à 750 € par exploitation, plafonné « à hauteur de la moitié de leur consommation de 2025 ». FranceAgriMer (FAM) ouvrira un guichet du 1er août au 30 septembre, avec une période de rétroactivité allant jusqu’au 1er juin.

« Au 30 septembre, un point de situation permettra d’apprécier l’évolution du prix des engrais lié à la situation au Proche Orient », et de décider ou non de la poursuite des mesures de soutien, indique le ministère. Annie Genevard a précisé que les démarches seront simples et rapides, afin de soulager les trésoreries des producteurs, notamment les céréaliers, « qui ont peiné lors des trois dernières années à se servir un salaire », et de les inciter à semer durant l’automne-hiver prochain.

Investissement industriel de 2 Md€

Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a commencé à lever le voile sur le volet industriel du plan Souveraineté engrais, promis de longue date. Il a annoncé que l’État allait financer à hauteur de 620 M€ sur les dix prochaines années la modernisation et la décarbonation des usines de production d’engrais. Cette enveloppe servira à « moderniser les capacités de production existantes et développer de nouvelles capacités de production d’engrais azotés décarbonés », déclare Sébastien Martin.

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Ces crédits s’intègrent à un plan d’investissement de 2 Md€ de l’industrie. Le privé prend ainsi une part majoritaire. Les investissements consentis ont pour finalité d’augmenter de 20 % la production nationale d’engrais azotés d’ici 2032, précise le gouvernement. « Ce plan financera d’ores et déjà trois projets industriels », ajoute Sébastien Martin. Il s’agit de ceux basés respectivement à Grand-Quevilly en Normandie (Lat Nitrogen), au Havre (Yara), et dans la Somme (FertigHy). Les services du ministère de l’Agriculture ont précisé en marge de la conférence de presse que les concertations avec les professionnels de la filière au sujet du plan engrais auraient lieu à la rentrée 2026.

Une aide aux achats d’engrais azotés allant de 50 €/t à 70 €/t

KC