Agrafil du 03 novembre 2021

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Cop26: 105 pays dont le Brésil s’engagent à arrêter la déforestation d'ici 2030

À l’invitation du Premier ministre britannique Boris Johnson, 105 pays ont officiellement signé le 2 novembre une déclaration par laquelle ils s’engagent à «travailler collectivement» pour arrêter la déforestation d’ici 2030. Selon le communiqué des organisateurs, les pays signataires représentent 85% de la surface forestière mondiale, grâce au ralliement de pays comme le Brésil, l’Indonésie, ou la République du Congo. «Cette promesse est appuyée par plus de 19 milliards de dollars (Mrd$, NDLR) de financement», dont 12 Mrd$ de fonds publics sur la période 2021-2015, précise le communiqué de presse des organisateurs de la Cop26. Dans la déclaration officielle de cette nouvelle coalition, les pays s’engagent notamment à «faciliter» des politiques de commerce et de développement qui promeuvent «la consommation et la production durable» de produits agricoles. Autre promesse: «mettre en œuvre et si nécessaire réviser les politiques et programmes agricoles pour encourager l’agriculture durable». Comme l'a indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le même jour, l'UE accordera à elle seule 1 Mrd€ sur cinq ans à la lutte contre la déforestation. Dans le sillage de la déclaration, dix entreprises du commerce agricole international - dont ADM, Bungie, Cargill et Dreyfus - se sont également engagées à publier d’ici la Cop27 «une feuille de route respectant la trajectoire de 1,5°C» de réchauffement.

Methane: l'initiative mondiale pour réduire les émissions de 30% officialisée

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président américain Joe Biden ont officiellement lancé, le 2 novembre à l’occasion de la Cop26 à Glasgow, leur Engagement mondial pour le méthane, une initiative visant à réduire de 30% les émissions mondiales de ce gaz à effet de serre à l’horizon 2030 par rapport à 2020. «Plus de 100 pays représentant 70% de l'économie mondiale et près de la moitié des émissions anthropiques de méthane ont maintenant signé cet engagement», se félicite la Commission européenne. La liste des signataires comprend notamment le Canada, le Japon, l’Argentine et la Corée du Sud. Les organisations philanthropiques mondiales se sont, quant à elles, engagées à verser 328 millions de dollars pour soutenir le développement de stratégies de réduction du méthane. La Commission européenne avait déjà adopté fin 2020 une stratégie pour réduire les émissions de méthane de l’UE visant principalement le secteur de l'énergie, et ne fixant aucun objectif contraignant. Mais le Parlement européen lui a demandé plus d'ambition dans une résolution adoptée au mois d'octobre.

Christian Pèes, ancien président d'Euralis et de la Cogeca, est décédé

L’ancien président d’Euralis de 2000 à 2021, Christian Pèes, est décédé samedi 30 octobre à l’âge de 64 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris dans un communiqué du groupe coopératif agricole, spécialisé dans la semence et l'agroalimentaire. Céréalier, installé à Athos-Aspis (Pyrénées-Atlantiques), il a quitté la présidence de la coopérative du Sud-Ouest en mars dernier. Son mandat avait marqué un «virage stratégique» pour Euralis qui, sous sa présidence, s’est développée sur le marché international pour devenir l’un des géants européens de la semence. «Christian a su anticiper les mutations de l’agriculture et de l’alimentation. Il avait un temps d’avance. Il était soucieux de son territoire et du maintien d’une agriculture familiale résolument tournée vers l’avenir», déclare son successeur Christophe Congues dans le communiqué. Ancien président de Coop de France Métiers du grain et membre du bureau de Coop de France, Christian Pèes a présidé la Cogeca (représentation des coopératives de l’Union européenne) de 2012 à 2015. Il est également l’un des membres fondateurs du cercle de réflexion Agriculture Stratégie (ex-Momagri). Défenseur d’une régulation mondiale des marchés agricoles, il avait développé sa vision de l’agriculture dans son livre «L’arme alimentaire», paru en 2006.

Foncier: JA lance un avertissement aux sénateurs sur la régulation du marché sociétaire

«Le Sénat doit se montrer à la hauteur de l'enjeu du renouvellement des générations», indique le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) dans un communiqué le 2 novembre, à propos du débat sur la régulation du marché sociétaire, qui commencera le 3 novembre dans l’Hémicycle. «La commission des Affaires économiques du Sénat a bouleversé l'équilibre global [de la proposition de loi Sempastous] en diminuant son champ d'action, notamment par des exemptions», regrette «vivement» JA. Le syndicat demande aux sénateurs de «redonner à ce nouvel outil toute son efficacité pour le renouvellement des générations». Ce qui passerait, selon lui, par «la fixation d'un seuil de déclenchement efficace, de 1 à 3 fois la SAUMR» (Surface agricole utile moyenne régionale), et non un maximum de 4 fois, comme proposé par le Sénat. S'il est décidé par le préfet, un seuil si élevé ne concernerait «que peu d'agrandissements». Le texte en discussion «doit permettre de maintenir des exploitations à taille humaine, mais également de favoriser l'installation des jeunes en luttant contre la concentration excessive des exploitations», appuie le communiqué de Jeunes Agriculteurs.

Fruits et légumes: les importations de légumes augmentent de 4% (FranceAgriMer)

Les importations en volume de légumes frais (hors pomme de terre) ont augmenté de 4% en août 2021, par rapport à août 2020, indique FranceAgriMer dans sa note de conjoncture mensuelle d’octobre, citant des chiffres des Douanes françaises. Les importations de champignons affichent une hausse de 150% et celles d’artichauts de 9% tandis que les importations de poivrons augmentent de 4%. En revanche, les exportations sont en baisse de 5%, avec un net recul pour les haricots (-38%). Côté fruits frais, les importations en volume sont pratiquement stables (+1% en un an) avec une évolution notoire: les importations de pastèques et melons ont diminué de 20%, en raison d'un désintérêt des consommateurs lié à la météo «maussade», explique FranceAgriMer. Les exportations françaises de fruits frais sont quant à elles en baisse de 15%. Un repli observé notamment sur le segment pommes (-54%) qui s’explique par le gel printanier.

Retraites: 208 000 anciens exploitants revalorisés à 85% du Smic le 1er novembre

Selon le dernier décompte de la MSA, environ 208 000 anciens exploitants agricoles ont vu leur pension de retraite revalorisée à 85% du Smic net agricole (1035 €) le 1er novembre. Soit «un gain moyen d’un peu plus de 100 euros par mois» qui se matérialisera sur les comptes bancaires des retraités concernés lors du prochain virement de la MSA «autour du 9 décembre», a indiqué le cabinet du secrétaire d’Etat chargé des retraites lors d’un brief à la presse le 2 novembre. L’équipe de Laurent Pietraszewski a rappelé que la mesure est financée par un transfert de ressources issues de l’impôt, inscrit dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2022. «C’est bien la solidarité nationale qui fait cette revalorisation et la reconnaissance de l’engagement de nos agriculteurs», a souligné le cabinet.

Éthanol: la filière entre dans le débat entre véhicule électrique et hybride rechargeable

La filière de l’éthanol se positionne dans le débat très actuel entre véhicule électrique et hybride rechargeable. Elle s’appuie sur l’Institut Montaigne qui, dans un rapport du 11 octobre, propose de concevoir au niveau européen une réglementation des émissions de CO2 «de la production à la roue et non plus du réservoir à la roue». Autrement dit, une réglementation qui prenne en compte les émissions sur tout le cycle de vie (y compris la fabrication des véhicules). La filière, qui rassemble les industriels de l’éthanol, l’AGPM (producteurs de maïs), l’AGPB (blé) et la CGB (betteraves), a publié le 26 octobre une infographie qui compare les 85 g/km de CO2 par un véhicule électrique et les 74 g/km émis par un hybride rechargeable roulant au superéthanol E85, effectuant tous deux 15 000 km sur dix ans. D’après leurs calculs, le moteur électrique est distancé dans la course du fait de l’importance des émissions générées lors de la fabrication des batteries. Dans le cas d’un hybride rechargeable flexfuel-E85 utilisé pour des trajets de longueurs variées, pour rouler 50% à l’électrique, «il suffit de l’équiper d’une petite batterie assurant une autonomie de 50 km. Celle-ci crée une faible dette carbone de 6 g/km et évite la forte dette carbone (40 g/km) de la batterie huit fois plus grosse équipant un véhicule 100% électrique», explique la filière.