Vigne: cinq nouveaux cépages résistants bientôt proposés au Catalogue
Après l’inscription au Catalogue français des variétés de quatre variétés de vigne résistantes au mildiou et à l’oïdium en janvier 2018, cinq nouveaux cépages résistants seront proposés le 8 décembre à l’examen par le Comité technique permanent de la sélection (CTPS), apprend-on auprès de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), à la suite du Sitevi de Montpellier (30 novembre-2 décembre). Obtenus par l’Inrae, ils sont eux aussi résistants à ces deux champignons, et tolérants à un autre champignon pathogène, le black root, qui détruit la grappe. «Après l’inscription nous lancerons immédiatement la pré-multiplication des plants pour les pépiniéristes multiplicateurs, afin d’accélérer la diffusion de ces cépages», indique Jean-Pierre Van Ruysk, directeur de l’IFV. Ces cinq variétés ont été sélectionnées parmi 25 qui avaient passé le cap des aptitudes agronomiques (au greffage par exemple), mais qui n’avaient pas le profil aromatique de vin idéal. Pour qu'une nouvelle variété de vigne puisse être commercialisée en France, elle doit être inscrite au Catalogue officiel des espèces et variétés. Et pour que le vin puisse être commercialisé, elle doit passer l’examen du classement, étape à venir après l’inscription.
Foncier: les contours du projet de portage des Safer (presse)
Dans le cadre de leur congrès le 2 novembre à Marseille, les Safer ont présenté le projet de portage de foncier agricole sur lequel elles travaillent depuis «plusieurs années», avec le récent soutien des pouvoirs publics, rapporte la France agricole. Il s'agirait d'un projet de fonds de 65 millions d'euros géré par la société Citizen Capital, qui achèterait des terres et les louerait pendant «10 à 30 ans» à des agriculteurs en phase d'installation, ou à des agriculteurs en place dont l'exploitation est menacée par une opération foncière, résume l'hebdomadaire. Les agriculteurs auraient la possibilité de racheter les terres entre la 10e et la 30e année. Toujours selon la France agricole, le dispositif devrait être proposé «sur tous les territoires et quelles que soient les filières». Les Safer viseraient 150 à 200 opérations dans les cinq prochaines années avec cette première enveloppe. Les financeurs recherchés sont «dans un premier temps des investisseurs institutionnels». La présentation officiel du fonds est prévue «dans les prochaines semaines», avait expliqué le cabinet du ministre de l'Agriculture.
Salariés agricoles: revalorisation de la grille nationale au 1er janvier
L'arrêté d’extension du troisième avenant à la convention collective nationale de la production agricole et des Cuma est paru au Journal officiel le 1er décembre. Il doit entrer en application au plus tard le 1er janvier. Cet avenant a été signé le 27 octobre par la FNSEA, la fédération des Cuma et les syndicats de salariés (FGA-CFDT, FNAF-CGT, FGTA-FO, CFTC-AGRI, SNCEA/CFE-CGC). Il vise à «maintenir la dynamique de la grille minimale nationale des salaires» en y répercutant la revalorisation du Smic de 2,2% décidée par le gouvernement depuis le 1er octobre. «On est parvenu à un accord sur une augmentation de 2,2% sur les niveaux 1 à 6 de la grille, et de 2,5% sur les niveaux 7 à 12 - qui concernent les techniciens jusqu’aux cadres», a indiqué le secrétaire national de la FGA-CFDT Franck Tivierge à Agra Presse le 3 décembre. Le responsable syndical s’est réjoui d’un «vrai effort» de la FNSEA pour «consolider» la grille des salaires en conservant les écarts entre les paliers de rémunération, tout en préservant le pouvoir d’achat de l'ensemble des salariés agricoles.
Blé: la filière CRC a récolté 2500t de blé tendre sans résidus de pesticides
La filière CRC (Culture raisonnée contrôlée), qui pèse 10 % des blés écrasés par la meunerie, dispose cette année d’une première récolte sans résidus de pesticides atteignant 2 500 t de blé tendre, a-t-elle annoncé le 3 décembre. «Notre volonté avec ce blé sans résidus de pesticides, c’est de garantir une marche encore plus haute vers la maîtrise des contaminants et vers la réduction de l’impact environnemental», a expliqué en AG Amélie Petit, responsable R&D de Caps Vert, structure propriétaire du référentiel. Cela vise environ 550 molécules à un seuil inférieur ou égal à 0,01 mg/kg, d’après le cahier des charges. Les 2 500 t récoltées en 2021 concernent les coopératives Ynovae, Cavac, le négoce Néolis, et une vingtaine d’agriculteurs. Pour les années à venir, la filière CRC n’a «pas d’objectif précis» pour le blé sans résidus de pesticides, a indiqué en conférence de presse le DG Marc Bonnet. Deux années de test sont prévues pour «éprouver la faisabilité de la démarche». La filière rassemble 133 adhérents, soit 36 coopératives et négoce, 57 meuniers, 31 industriels, 9 distributeurs. Sa récolte 2021 totalise 607 000 t de blé tendre, quelque 10 000 t de seigle, des tonnages plus faibles en blé dur, grand épeautre.
Bordeaux: jusqu'à 3 ans de prison au procès d'un vol de grands crus
Le tribunal correctionnel de Bordeaux a prononcé le 3 novembre des peines jusqu'à 3 ans d'emprisonnement au procès d'un vol juteux de grands crus pour une valeur d'un million d'euros, dont une partie s'était envolée pour Hong Kong. Le tribunal jugeait depuis jeudi dix personnes soupçonnées de vol ou recel après un casse dans l'entrepôt d'un important négociant en vins à Bruges, aux portes de Bordeaux, en septembre 2020. En un week-end, un groupe de 8 voleurs avaient emporté 1.520 bouteilles de grands vins, d'une valeur totale de 1 million d'euros, en profitant d'une défaillance des systèmes de détection. L'affaire illustre un «phénomène criminel» qui a secoué la place bordelaise: «entre novembre 2019 et janvier 2020, pas moins de 20 cambriolages ont touché des négoces de vins», a souligné la procureure de la République Céline Pagès. La procureure a souligné "l'audace des protagonistes", membres de deux familles entre la trentaine et la quarantaine, "qui sont revenus à trois reprises" dans l'entrepôt "pour récupérer un maximum de caisses". Uniquement des grands crus: Mouton-Rothschild, Petrus, château Margaux... soit 278 au total, dont la moitié a été récupérée par la justice.
Développement : un nouveau nom pour l’AFD en février 2022 (Matignon)
L’Agence Française de Développement (AFD) changera bientôt de nom, a confirmé Jean Castex lors de l’anniversaire des 80 ans de l’institution financière française le 2 décembre. «Rendez-vous est pris au sommet Europe-Afrique [ à Bruxelles ndlr ] en février 2022, qui verra l’officialisation de ce nouveau nom», a précisé le Premier ministre. Pour l’exécutif, ce changement s’inscrit dans la suite logique de la loi de programmation sur le développement promulguée en août 2021. Cette loi, a rappelé le Premier ministre, renouvelle «la philosophie et les moyens» de l’agence. Elle envisage notamment une cible de 0,7% du revenu national brut consacrée à l’aide au développement d’ici 2025, avec un objectif intermédiaire de 0,55% en 2022. Rémi Rioux, directeur de l’agence, confirme que cette loi est une «brèche», qui permettra à l’institution de «mieux prendre en compte le message des Objectifs de Développement Durable», mais également «d’aller plus loin sur les investissements solidaires au-delà de l’aide au développement». Dans le contexte de JO 2024, annonce-t-il, l’agence pourrait même ouvrir, sous sa nouvelle bannière, un lieu «dédié aux solutions pour le développement durable» à Paris.
Label bas carbone : des applications au-delà de la rémunération des crédits
Au colloque de la FC2A (commerce et négociants) à Tours le 3 décembre, la plupart des intervenants se sont accordés sur une même analyse : le label bas carbone, au-delà de la rémunération d’éventuels crédits, ouvre de nouvelles perspectives en matière de gestion de l’exploitation et d’aides publiques. Pour Samuel Vandaele, président de Jeunes agriculteurs, l’un des principaux atouts du label est de «permettre aux agriculteurs de définir un projet à cinq ans pour leurs exploitations». Car, insiste-t-il, «avant d’envisager de compenser les émissions, il faut avant tout les réduire». Pierre-Marie Aubert, responsable de l’initiative Agricultures européennes au sein de l’Iddri envisage même de futures applications politiques. Pour lui, «l’intérêt du label est moins de créer des crédits carbone que d’avoir un nouveau dispositif taxonomique qui permettra un jour de flécher les financements vers des projets vertueux». Plus généralement, complète Jean-Baptiste Dollé (Idele), le jeune label né en 2018 ne représente pas qu’une opportunité de financement pour les fermes, mais également «un élément qui permet de cadrer les approches, en vue d’explorer d’autres pistes sur les paiements pour services environnementaux ou des premiums sur les produits».
Alimentation: trois Français sur quatre prêts à manger moins de viande et de poisson
D’après un sondage Ifop pour le quotidien Ouest-France, publié le 3 décembre, plus de trois Français sur quatre seraient prêts à diminuer leur consommation de protéines animales et à privilégier les produits «de meilleure qualité environnementale et gustative» lorsqu’ils mangent de la viande et du poisson, en choisissant notamment des produits labellisés (76% des sondés contre 67% en 2017). Par ailleurs, près de la moitié des personnes interrogées disent avoir augmenté la part de produits végétaux dans leur alimentation ces deux dernières années et 42% prévoient d’en consommer encore davantage dans les années à venir. Au contraire, après avoir bondi ces vingt dernières années, l’intérêt pour les produits bio est en léger recul : 87% des sondés en ont consommé cette année contre 84% en 2020. Les personnes interrogées ont globalement une très bonne image des agriculteurs: 90% soulignent l’importance de leur métier et 79% estiment que «le consommateur peut avoir confiance en eux». Cependant, les consommateurs, inquiets pour leur pouvoir d’achat, «ne semblent pas être davantage en mesure de soutenir les agriculteurs» en payant leurs produits plus cher. Ils étaient 72% à vouloir le faire en 2020, au moment où crise sanitaire a rappelé à l’opinion le rôle essentiel des agriculteurs, contre 69% aujourd’hui.