Origine de la viande en RHD: le décret en Conseil d'État le 11 janvier
Le décret sur l'obligation d'affichage de l'origine des viandes en restauration «sera examiné le 11 janvier au Conseil d'État», a annoncé Julien Denormandie lors d'une conférence de presse le 4 janvier. Ce texte «pourra sortir dans la foulée si le Conseil d'État le valide», a précisé le ministre de l'Agriculture. Très attendue par la profession depuis son annonce par son prédécesseur Didier Guillaume, au Space en 2019, cette mesure permettra notamment «de savoir si le poulet consommé dans les cantines de nos enfants viennent du Brésil ou d'Ukraine», a rappelé le locataire de la Rue de Varenne. L'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes (actuellement en place uniquement pour la viande bovine) est particulièrement réclamé par la filière des volailles de chair, du fait de la forte présence de produits importés en restauration. Sur le plan européen, une proposition législative de la Commission est attendue pour fin 2022. Un calendrier qui ne pousse pas la présidence française de l'UE (PFUE) à faire aboutir ce dossier au premier semestre. Le sujet sera toutefois «rappelé et promu dès que pertinent dans le cadre d'autres dossiers de la PFUE», précise le cabinet du ministre de l'Agriculture à Agra Presse.
Varenne de l'eau: le ministère demande des «stratégies d'adaptation» par filière
Dans le cadre du deuxième atelier du Varenne de l'eau dédié à l'adaptation au changement climatique, le ministre de l'Agriculture a demandé aux filières d'élaborer chacune des «stratégies d'adaptation» d'ici fin 2022, a annoncé Julien Denormandie lors de la cérémonie des vœux à la presse le 4 janvier. Ces «stratégies» seront formalisées au travers de «chartes d'engagement». Le ministre a aussi expliqué qu'une «structure de suivi» de ces stratégies avait été mise en place en lien, qui impliquera FranceAgriMer et la cellule RIT (Recherche innovation transfert), qui réunit depuis 2018 l'Inrae et les têtes de réseau des instituts techniques agricoles (Acta) et des chambres d'agriculture (APCA). Le ministre a par ailleurs rappelé que ces stratégies pourront faire l'objet de financement dans le cadre du Plan de relance, du Casdar et du plan France 2030. À la demande du ministère, les filières avaient remis fin septembre des premiers éléments sur l’adaptation, en se concentrant pour la plupart sur le progrès génétique, l’innovation numérique, et le matériel agricole. Seule la filière viticole a cependant déjà publié une stratégie détaillant objectifs et actions, avec l’aide de l’Inrae.
Influenza aviaire: premier foyer en Pays de la Loire, dans un élevage de dindes vendéen
Un foyer d'influenza aviaire a été confirmé dans un élevage de 12 800 dindes situé à Beaufou (Vendée), le 2 janvier, a annoncé la préfecture dans un communiqué le 4 janvier. «L'abattage des oiseaux présents dans le bâtiment infecté s’est achevé le 2 janvier», précisent les autorités. D'après Ouest-France, qui cite «un aviculteur», ce foyer est apparu en bâtiment, alors que les dindes étaient mises à l'abri. Selon l'arrêté du 29 septembre 2021, la commune de Beaufou est située en «zone à risque de diffusion», autrement dit dans un bassin de forte densité de volailles. Il s'agit du premier foyer déclaré dans les Pays de la Loire pour la saison 2021-2022. Jusque-là, la maladie avait uniquement été détectée dans le département du Nord et dans trois départements d'Occitanie (Gers) et de Nouvelle-Aquitaine (Landes, Pyrénées-Atlantiques). La France compte désormais 41 foyers en élevages (20 dans les Landes, 8 dans le Nord, 7 dans les Pyrénées-Atlantiques, 5 dans le Gers et un en Vendée), a annoncé le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie le 4 janvier, évoquant une «grande source de préoccupation». «L'année dernière à la même époque nous étions à plus d'une soixantaine» de foyers, «cela faisait déjà de nombreuses semaines que la diffusion du virus n'était plus du tout sous contrôle», a-t-il poursuivi, d'après l'AFP.
Fruits et légumes: officialisation du maintien de l’autorisation des élastiques
Le ministère de la Transition écologique a officialisé, le 31 décembre, l’autorisation des élastiques pour certains fruits et légumes malgré l’interdiction des emballages en plastique depuis le 1er janvier. L’Hôtel de Roquelaure a fait une mise à jour de sa foire aux questions (FAQ) sur l’obligation de présenter à la vente un certain nombre de fruits et légumes frais non transformés sans conditionnement en plastique dans les commerces de détail. Sont désormais exclus de la définition de 'conditionnement' «les élastiques nécessaires au regroupement de plusieurs petits fruits ou légumes, tels que ceux qui sont présentés à la vente avec des fanes (radis, carottes, etc.) ou encore les herbes aromatiques», peut-on lire dans la deuxième section de la FAQ. Cette mesure fait suite à l’annonce du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie le 10 décembre. En outre, la FAQ élargit le délai de six mois d’écoulement des emballages aux fruits et légumes produits ou importés après le 1er janvier. Enfin, elle précise que les adhésifs (colles) sont exclus de la définition de 'matière plastique'. Cette mise à jour a été reprise sur le site du ministère de l’Agriculture le 3 janvier.
Glyphosate : des actionnaires réclament 2,2 milliards d'euros à Bayer
Les plaintes d'investisseurs en Allemagne contre Bayer dans l'affaire du glyphosate représentent au total près de 2,2 Mrd € de dommages et intérêts, a affirmé le 4 janvier le cabinet d'avocat Tilp, qui espère l'ouverture d'un procès groupé dès cette année. «Tilp a déposé, au nom d'environ 320 investisseurs, des plaintes contre Bayer devant le tribunal de grande instance de Cologne, pour obtenir des dommages et intérêts d'un montant total d'environ 2,2 Mrd €», a-t-il indiqué dans un communiqué. Cela représente plus du double de la somme initialement communiquée en décembre par le cabinet. Le tribunal doit maintenant décider de regrouper ou non en un seul procès des questions communes à plusieurs dossiers, comme le demandent les avocats. Tilp s'attend à l'ouverture d'une procédure dans «les prochains mois», et espère un procès dès cette année. En décembre, le tribunal de Cologne avait accepté de publier la «demande d'ouverture d'action de groupe», visant à déterminer si Bayer «a dissimulé au marché des risques importants liés à l'acquisition du groupe américain Monsanto».
Pac: 18 Etats membres ont remis leurs projets de plans stratégiques dans les temps
Seuls 18 Etats membres ont remis en temps et en heure, avant la date limite du 1er janvier, leurs projets de plans stratégiques nationaux pour la future Pac à la Commission européenne. Les neuf retardataires sont: l’Allemagne, la Belgique (Flandre et Wallonie), la Bulgarie, la République tchèque, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Roumanie et la Slovaquie. Plusieurs d’entre eux avaient déjà prévenus qu’il leur serait difficile de finaliser leur plans dans les temps compte tenu de l’adoption tardive des actes législatifs secondaires précisant certains détails de mise en œuvre. «Je remercie les ministres de l'Agriculture et les gouvernements de 18 États membres d'avoir soumis leurs projets dans les délais impartis. La Commission européenne attend maintenant avec impatience la présentation des plans des autres pays dans les meilleurs délais», a simplement réagi le Commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski. La Commission européenne doit examiner ces projets de plans stratégiques nationaux au cours du premier semestre en vue de les valider afin qu’il puissent être mis en application à partir du 1er janvier 2023.
Castration des porcelets: l'AOP Grand Ouest conclut son premier accord, avec Kermené
L'association d'organisations de producteurs (AOP) Porc Grand Ouest a conclu le 30 décembre son premier accord avec l'abatteur Kermené (Leclerc) sur «les modalités de valorisation des animaux castrés et des mâles entiers», annonce l'AOP dans un communiqué le même jour. L'AOP Grand Ouest regroupe dix OP totalisant la moitié de la production française (11,5 millions de porcs). De son côté, Kermené (filiale de Leclerc) abat moins de deux millions de porcs par an, soit 14% des abattages bretons. La castration à vif des porcelets est interdite depuis le 1er janvier. Cette opération reste toutefois possible, avec prise en charge de la douleur, dans le cadre de contrats passés entre éleveurs et abatteurs. Ces contrats doivent notamment intégrer des indicateurs de coût de production. Ce dernier est plus élevé pour les mâles castrés – d'environ une dizaine d'euros par animal – en raison de moindres performances zootechniques par rapport aux mâles entiers, mais aussi du coût de l'anesthésie (produits et main-d'œuvre). C'est cette seule opération que le syndicat des abatteurs Culture Viande souhaite voir pris en charge par l'aval, à travers «une plus-value de 2 ct d'€/kg». L'accord entre Kermené (membre de Culture Viande) et l'AOP Porc Grand Ouest porte, lui, sur la «valorisation des animaux castrés», suggérant une interprétation plus large.
Marché du carbone agricole : un évènement autour de la filière française en février
Le ministre de l’Agriculture a annoncé, le 4 janvier, qu’il organisera «un grand évènement» autour du marché du carbone agricole français, le 1er février, «réunissant tous les acteurs de la filière française». L’objectif est de «structurer» la filière, a expliqué Julien Denormandie à l’occasion de la cérémonie des vœux à la presse. «Nous avons déjà mis en place trois méthodes pour le label bas carbone et en parallèle, nous avons une industrie qui souhaite acheter des crédits carbone.» Lors de ses vœux, le ministre a par ailleurs rappelé que le carbone sera le thème principal de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture qui se tiendra du 6 au 8 février. Alors que les crédits issus du premier appel à projet de France Carbon Agri n’ont pas encore tous trouvé preneur, l’événement du 1er février pourrait accélérer l’application de la loi Climat. Depuis le 1er janvier, celle-ci impose aux compagnies aériennes compenser 50 % des émissions de leurs vols nationaux par des crédits issus du marché volontaire, en privilégiant les crédits issus de projets européens. Au total, selon le ministère de la Transition, la loi pourrait alors représenter à elle seule une demande de 1 Mt de crédits carbone français ou européens.
Similis de viande végétaux: le marché français repart à la hausse (étude)
Selon une étude de Kantar World Panel, reprise par l’AFP le 4 janvier, les ventes de substituts végétaux ont augmenté en France de 16% entre novembre 2020 et novembre 2021 et représentent désormais un marché de 105 millions d’euros. D’après les chiffres de l’institut, 16% des Français déclarent avoir acheté des substituts de viande à base de végétaux au moins une fois au cours de l’année 2021. Après un net ralentissement en 2019, les ventes de similis de viande repartent à la hausse «avec l’arrivée de nouveaux intervenants» attirés par un marché prometteur et encore peu développé en France, observe Benjamin Hamel, chargé d’études chez NielsenIQ. Sur ce marché, la marque Herta représente à elle seule plus de la moitié des ventes avec sa gamme «Le Bon végétal». Mais, de jeunes starts-up comme La Vie avec ses lardons végétaux ou Happyvore (Ex-Nouveaux fermiers) avec son simili-poulet viennent concurrencer les industriels français et les marques distributeurs dans les rayons. L’arrivée du poids lourd américain Beyond Meat dans les étals français pourrait également attirer de nouveaux consommateurs. Selon une estimation de la banque Barclays, les substituts de viande à base de végétaux devraient représenter 10% du marché mondial de «viande» d’ici 2030.
Lait: Washington annonce sa victoire dans son litige avec Ottawa sur les quotas
Les États-Unis ont annoncé le 5 janvier avoir remporté une victoire face au Canada, dans le cadre de la première procédure de litige du traité de libre-échange nord-américain (AEUMC), qui concerne les quotas laitiers canadiens. Le groupe spécial de règlement a estimé que les quotas laitiers adoptés par le Canada étaient contraires aux dispositions prévues dans cet accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, a indiqué la représentante américaine au Commerce (USTR), Katherine Tai, dans un communiqué. Washington reproche à Ottawa de réserver une partie du lait des éleveurs canadiens aux laiteries canadiennes, qui le transforment, minorant ainsi automatiquement la quantité de lait qui leur est vendue par les États-Unis. Le groupe spécial a remis son rapport final le 20 décembre dernier, et, en vertu des règles de l'AEUMC, le Canada dispose d de 45 jours à compter de cette date pour se conformer aux conclusions. Ce groupe spécial de règlement avait été établi en mai dernier à la demande de Washington, marquant ainsi le premier conflit depuis que l'AEUMC a remplacé l'Aléna le 1er juillet 2020.
Viande: l'administration Biden présente un plan de réforme du secteur
L'administration Biden a dévoilé le 3 janvier un plan censé mettre davantage de concurrence dans l'industrie américaine de la viande, dominée par quelques grandes entreprises qui en profitent, selon la Maison Blanche, pour faire monter les prix tout en comprimant le revenu des éleveurs. L'administration Biden va libérer un milliard de dollars d'argent public pour soutenir, de différentes manières, le développement d'infrastructures de transformation et de conditionnement de la viande «indépendantes», notamment en ce qui concerne l'abattage. L'administration fédérale veut aussi «renforcer les règles qui protègent les fermiers, les éleveurs et les consommateurs», qui ont selon elles été assouplies pendant la présidence de Donald Trump. Par exemple, la Maison Blanche promet de revoir les règles d'attribution du label «Produit des Etats-Unis» (Product of USA), qu'il est possible actuellement d'utiliser pour de la viande qui n'a été que transformée sur le territoire américain, mais qui provient de bêtes élevées à l'étranger. L'exécutif américain, confronté à une forte inflation qui mine la popularité du président Joe Biden, a fait du renforcement de la concurrence entre entreprises, dans plusieurs secteurs, l'un de ses grands axes de politique économique.
Conflits de voisinage: procès en appel pour un éleveur de l'Oise
La cour d'appel d'Amiens était saisie, le 4 janvier, d'un combat opposant depuis une décennie un éleveur de l'Oise à des riverains dénonçant des nuisances, une audience suivie de près par le monde agricole. Devant la première chambre civile, le cas d'une ferme de Saint-Aubin-en-Bray, dont le propriétaire, Vincent Verschuere, 33 ans, a été condamné en 2018 par le tribunal de Beauvais à verser 102.000 euros de dommages et intérêts aux riverains plaignants. «Si je dois payer ces dommages, je mets la clé sous la porte», affirme l'agriculteur. L'arrêt, attendu le 8 mars, pourrait, estime-t-il, faire jurisprudence, dans les conflits opposant riverains et agriculteurs. Les juges doivent aussi se prononcer sur la démolition ou non de l'extension de la ferme, implantée au coeur du village, deux hangars construits en 2010, abritant sur 2.800 m2 quelque 260 bovins. «Un investissement de 600.000 euros», selon l'éleveur, «respectant toutes les normes». En première instance, le tribunal a reconnu «des troubles anormaux de voisinage», mais sans se prononcer sur la démolition. La défense a demandé aux juges «le sursis à statuer», s'appuyant sur la loi de janvier 2021, «visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises», mais dont les décrets d'application ne sont pas encore parus.
Vin : Macron désigné «personnalité de l'année» par la Revue du vin de France
Le président Emmanuel Macron a été désigné «personnalité de l'année 2022» par la Revue du vin de France, pour «son engagement constant en faveur du vin et de sa culture», a appris le 4 janvier l'AFP auprès du magazine spécialisé. Le chef de l'Etat a prévu de se rendre le 6 janvier à la cérémonie de remise de ce prix, selon son agenda. «Nous souhaitons saluer l'action du président de la République à un moment où s'achève son mandat», a expliqué Denis Saverot, directeur de la rédaction de la RVF, soulignant que, «pour la première fois depuis des décennies, un président de la République a déclaré haut et fort qu'il aimait le vin». En février 2018, peu avant le Salon de l'Agriculture, M. Macron avait déclaré à des journalistes: "Moi, je bois du vin le midi et le soir». «Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n'est pas avec le vin», avait assuré M. Macron. «Tant que je serai président, il n'y aura pas d'amendement pour durcir la loi Evin», avait-il promis.
Machinisme : Jean-François Debrosse prend les fonctions de DG d’Axema
Le syndicat Axema (industriels de l’agroéquipement) annonce la prise de fonctions au 1er janvier de Jean-François Debrosse comme directeur général. Il succède à Alain Savary, en poste depuis douze ans, pour cause de départ en retraite. Arrivé il y a un an chez Axema comme DG adjoint, Jean-François Debrosse (52 ans) a plus de vingt ans d’expérience chez des équipementiers automobiles. 2022 marque l’adoption par Axema d’une nouvelle stratégie «pour renforcer ses actions collectives et son influence auprès des pouvoirs publics», d’après le communiqué. Cela se traduit entre autres par l’arrivée de Laetitia de La Maisonneuve comme directrice des Affaires publiques. Elle a notamment œuvré en tant que collaboratrice d’élus nationaux au parlement, puis auprès de plusieurs ministres (Aménagement du Territoire, Outre-mers) ainsi qu’au cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin.