Agrivoltaïsme : un premier label pour les projets sur cultures
L’Afnor (Association française de normalisation) vient de mettre en ligne le référentiel du premier label sur l’agrivoltaïsme, destiné aux projets photovoltaïques sur des cultures agricoles, a-t-on appris auprès d’elle le 5 janvier. Pour décrocher ce label, les agriculteurs et développeurs photovoltaïques doivent pouvoir certifier qu'ils respectent un certain nombre de critères liés aux services apportés et au degré d'artificialisation. Par exemple, le taux de couverture de la surface agrivoltaïque doit être inférieur à 50 % de la surface cultivé.. L'occupation du sol induite par l'installation d'une structure agrivoltaïque doit être limitée à 10 % de la surface sous structure agrivoltaïque. Par ailleurs, les projets doivent procurer un service à l’exploitation agricole, comme la protection face aux aléas climatiques, et le démontrer. Ainsi, tout projet labellisé doit être accompagné d'une zone témoin, qui a pour but de continuer d'accumuler un retour d'expérience, et d'apporter des preuves des bénéfices apportés par la structure agrivoltaïque. Si des dégâts (brûlures, gel, grêle) ont été constatés en zone témoin, ils doivent être moindres sous la structure agrivoltaïque. Un autre label dédié à l'élevage pourrait bientôt suivre.
Agrivoltaïsme : Denormandie veut préciser le droit de l'urbanisme
Intervenant le 4 janvier au Sénat à l’occasion de l’adoption d’une résolution des sénateurs visant à lever les freins à l’agrivoltaïsme, le ministre de l’Agriculture a évoqué les grandes lignes de ce que devrait être la doctrine gouvernementale sur le sujet. Il a affirmé à maintes reprises la notion de synergie entre la performance agricole et la production d’électricité. «Celle-ci doit rendre un service à celle-là et ne pas s’y substituer», a-t-il insisté. Premiers principes à respecter pour qu’une installation puisse prétendre être agrivoltaïque: être réalisée sur des surfaces déjà artificialisées et que l’activité agricole soit «significative» et cela dans la durée. Julien Denormandie a aussi déclaré que le droit de l’urbanisme dans ce domaine sera précisé: «Les projets au sol sont déjà soumis à autorisations d’urbanisme, mais cette règlementation fait appel à des notions qui sont mal définies». En effet, les autorisations d’urbanisme spécifient certes que le projet agrivoltaïque doit être nécessaire ou compatible avec l’activité agricole, «mais sans plus de précisions». Conséquence : «Cela donne lieu à des interprétations très différentes selon les territoires». Un principe important énoncé par le ministre est celui de la pérennité du respect des conditions. Pour cela, un suivi de l’activité agricole pourrait être assuré «par des mécanismes de contrôles, et de sanctions en cas de non-respect».
Machinisme: John Deere va commercialiser un tracteur autonome en 2022
A l'occasion du salon high-tech CES de Las Vegas, le géant américain du machinisme John Deere a présenté pour la première fois un modèle de tracteur autonome à cabine, qu'il entend commercialiser dès cette année. Dans son communiqué paru le 4 janvier, John Deere ne précise pas les pays ciblés, ni le tarif de ce tracteur issu d'une gamme de forte puissance (8R, jusqu'à 443 ch). Cette acquisition intervient quelques mois après l'acquisition de la start-up américain Bear Flag qui, à l'instar de Sabanto ou Raven - récemment racheté par CNH - commercialisait depuis plusieurs années des tracteurs classiques rendus autonomes. John Deere est le second géant du machinisme à se lancer commercialement dans les tracteurs autonomes après Kubota en 2017. En janvier 2021, le constructeur japonais avait vendu 20 exemplaires de son tracteur de petite puissance dédié aux cultures de riz et de légumes. En 2016, Case IH avait présenté un prototype sans cabine (Magnum), sans le commercialiser jusqu'ici. Et la même année, une marque du même groupe, New Holland, dévoilait le NHDrive, un tracteur autonome avec cabine, suivi par Massey Fergusson en 2020. Egalement sans suite commerciale.
Salon de l'agriculture: les organisateurs souhaitent son maintien
Les organisateurs du Salon international de l'agriculture (Sia) ont exprimé le 5 janvier leur «souhait» de maintenir l'évènement, qui doit se tenir du 26 février au 6 mars à Paris, en dépit de la vague Omicron. «Dans un contexte sanitaire complexe, marqué par des incertitudes sur l'évolution de la situation, nous affirmons notre souhait de tenir le Salon, dans les meilleures conditions» pour «répondre aux attentes des agriculteurs, des exposants et des visiteurs», ont-ils déclaré dans un communiqué. Le Ceneca (Centre national des expositions et concours agricoles), propriétaire du Sia, et Comexposium, son organisateur, disent engager «un travail sur les meilleures solutions d'accueil des visiteurs, des exposants et des équipes». Interrogé par Agra presse, le président du Sia Jean-Luc Poulain affirme n'a pas reçu de «feu rouge» des autorités jusqu'à présent. Il rappelle par ailleurs que les salons et foires ne sont pas soumis au principe des jauges récemment annoncé pour les évènements publics. Enfin l'hypothèse d'un report de quelques semaines de l'évènement serait rendu difficile compte tenu du fait qu'il a la particularité d'occuper l'intégralité des halls de la Porte de Versailles. Pour rappel, après une édition 2020 abrégée d'un jour en raison du Covid-19, l'édition 2021 n'avait pas pu avoir lieu en raison de la crise sanitaire.
Présidentielle: l'agriculture dans le giron de Xavier Bertrand chez LR
L'agriculture fera partie du périmètre de la mission de «conseiller spécial pour la République des territoires et le travail» que la candidate Les Républicains (LR) à la présidentielle Valérie Pécresse a attribuée à Xavier Bertrand, confirme l'entourage de l'actuelle présidente de la région Île-de-France. La candidate des Républicains présentait le 4 janvier son équipe de campagne à l'occasion de l'inauguration de son QG, à Paris. Des conseillers «thématiques» devraient par ailleurs être nommés la semaine prochaine, a précisé sur Twitter le député LR Julien Aubert. Candidat malheureux à la primaire LR, Xavier Bertrand est président des Hauts-de-France, région leader pour les productions de betteraves à sucre et de pommes de terre. En matière d'environnement, Valérie Pécresse a nommé deux personnalités pour la conseiller sur l'«urgence écologique», Yann Wehrling et Jean Rottner. Le premier est actuellement vice-président à la Transition écologique de la région Île-de-France. Il fut aussi secrétaire général du Modem (2017-2018), avant d'être nommé ambassadeur de France à l'écologie de décembre 2018 à juin 2021. Jean Rottner est le président LR de la région Grand Est.
Grandes cultures: le colza flambe, franchit la barre des 800 euros
Le prix du colza s'est envolé le 5 janvier sur le marché européen, passant la barre symbolique des 800 euros la tonne à brève échéance, dans le sillage des huiles. L'oléagineux, en hausse depuis le début de l'année, marque un nouveau record, porté par une demande ferme dans un marché de l'énergie très tendu. Alors que les cours du pétrole se stabilisent à un niveau proche de leurs sommets en plus d'un mois, ceux de l'huile de soja et du canola (colza OGM canadien) affichent une hausse. Le colza, comme les autres oléagineux, est largement valorisé comme agrocarburant. Selon les derniers chiffres publiés par Bruxelles, les importations européennes de colza étaient en baisse, à 2,41 Mt au 2 janvier, contre 3,65 Mt l'an dernier à date. L'UE devrait rester un importateur net d'oléagineux, et la production des 27 États membres s'établir autour de 31 Mt en 2031. Sans grand changement pour le colza (environ 16 Mt prévu), la production de tournesol et de soja augmenterait en revanche pour atteindre respectivement 11,3 et 3,5 Mt.
Précarité alimentaire: la PPL sur le blocage des prix rejetée en commission
La commission des affaires économiques de l’Assemblée a rejeté, le 5 janvier, la proposition de loi du groupe LFI visant à bloquer les prix de l’énergie et de cinq fruits et légumes de saison. C’est donc le texte initial, sans modifications, qui sera discuté en plénière le 13 janvier. LFI veut lutter de manière plus poussée contre la précarité énergétique et alimentaire, aggravée par la crise sanitaire. Le texte est composé de deux articles qui modifient plusieurs dispositions du Code de commerce permettant au gouvernement de bloquer les prix dans certaines situations. L’article premier ajoute «l’urgence sociale» comme motif valable au blocage des prix, et supprime la limitation de durée du blocage actuellement fixée à six mois. Le deuxième article étend à l’Hexagone plusieurs dispositifs en vigueur en outre-mer, en donnant au gouvernement la possibilité de: «remédier aux dysfonctionnements des marchés de gros de biens et services»; «réglementer (…) le prix de vente de produits ou familles de produits de première nécessité»; et de négocier avec les organisations professionnelles un «accord de modération du prix global d’une liste limitative de produits de consommation courante».
Beurre: face à la hausse des prix, les boulangers demandent à l’État d’intervenir
Dans un courrier adressé aux ministères de l’Économie et de l’Agriculture, les boulangers de la CNPBF (artisans) et la FEB (industriels) demandent au gouvernement de «réunir d'urgence l'ensemble des acteurs de la filière (agriculteurs, laitiers, artisans, industriels et distribution) afin de sécuriser les approvisionnements et de convenir de mesures communes pour garantir un prix convenable aux consommateurs et permettre à nos adhérents de vivre décemment de leur travail», rapporte l’AFP, le 5 janvier. Entre septembre et décembre, le prix du beurre a augmenté de 30% d’après les chiffres du Cniel (interprofession laitière). Une hausse liée à un manque de disponibilité de matière grasse laitière, alors que la demande mondiale augmente et que la collecte de lait française se tasse. «Certains boulangers ont du mal à se faire livrer. En pleine fêtes de fin d’année et d’épiphanie, on se retrouve à utiliser des beurres de moins bonne qualité ou des margarines», témoigne le président de la CNPBF Dominique Anract auprès d’Agra Presse. Les approvisionnements se tendent alors que «la reprise de l’activité économique a été plus forte que prévue à la fin du 3e semestre […] et a semble-t-il été sous-estimée par certains acheteurs qui n’avaient pas entièrement couvert leurs achats», observe le Cniel dans une note de conjoncture.
Glyphosate : la proposition de loi LFI peu suivie en commission
En commission des affaires économiques le 5 janvier, les députés de la plupart des groupes de l’Assemblée se sont positionnés contre la proposition de loi (PPL) de Loïc Prudhomme (LFI, Gironde) visant à interdire le glyphosate. «La ligne de la majorité reste claire, pas d’interdiction sans solution», a martelé Jean-Baptiste Moreau (LREM, Creuse). Julien Dive (LR, Aisne) a également rappelé l’opposition de son groupe à toute «interdiction sans alternative», redoutant que le dossier glyphosate «accélère les distorsions de concurrence». Rappelant son combat au long cours contre les pesticides, le socialiste Dominique Potier a indiqué qu’il s’abstiendrait en séance, estimant qu’il n’appartient pas «au Parlement de statuer sur les questions de molécules et de produits». Seuls soutiens à la proposition des Insoumis: Delphine Batho (non-inscrite, Deux-Sèvres) et Cédric Villani (non-inscrit, Paris). La PPL LFI sera examinée le 13 janvier en séance. Dans une interview accordée au Parisien le 4 janvier, le président de la République a reconnu «ne pas avoir réussi» sur le glyphosate, qu'il avait proposé, en 2017, d'interdire dans un délai de trois ans. «Il faut agir sur ces sujets au niveau européen», a-t-il estimé, alors que la France occupe la présidence du Conseil de l’UE jusqu’en juin prochain.
Agriculture régénérative : un indicateur applicable à la viticulture (association)
L’association Pour une agriculture du vivant a annoncé ce 5 janvier le lancement de son «indice de régénération» dédié à la viticulture. Construit autour de huit axes, cet indicateur noté sur 100 points permet d’évaluer les résultats agroécologiques des exploitations au travers du travail du sol, de la gestion des pesticides, de la biodiversité ou de la formation. «Il peut aussi bien être utilisé en accompagnement agronomique, qu’en structuration de filières ou dans les politiques publiques», rappelle l’association, qui souhaitait voir son indice utilisé dans le cadre de la déclinaison française de la prochaine Pac (PSN). Au total, alors que les méthodes dédiées à l’arboriculture et aux grandes cultures ont été lancées six mois plus tôt, «1320 diagnostics avec l’indice de régénération ont été réalisés sur la plateforme digitale», se félicite Pour une agriculture du vivant.
Choucas des tours: un nouvel arrêté de tir annulé, dans le Finistère
Sur un recours de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le tribunal administratif de Rennes a annulé le 23 décembre un arrêté autorisant le tir de 9000 choucas des tours dans le Finistère. Cette décision, rappelle l’association dans un communiqué du 5 janvier, «fait suite à un jugement similaire le 9 décembre dernier portant sur la destruction de 8000 oiseaux dans les Côtes d’Armor». Dans les deux cas, les juges auraient retenu plusieurs défauts de motivation, dont l’absence de démonstration des dégâts, le manque de preuve sur le maintien de l’espèce, ainsi que l’omission d’examiner les solutions alternatives. «Dans bien trop de situations, le tir est retenu comme solution de facilité sans même respecter les procédures légales en vigueur, alors que des alternatives existent», s’agace Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO dans un communiqué. Les deux décisions ont condamné l’État à verser 1 500 € d’amende à la LPO. Alors que la France prend la présidence du Conseil, l’association invite en conclusion le ministère de la Transition écologique «à rappeler les principes de la directive européenne de protection des oiseaux aux préfets».
Vin : le château Angélus se retire du prestigieux classement de Saint-Emilion
Le célèbre château du vignoble bordelais Angélus va retirer sa candidature du prestigieux classement 2022 des Saint-Emilion, qu'il considère comme un «vecteur d'antagonisme et d'instabilité», a-t-il annoncé le 5 janvier. Lors du dernier palmarès en 2012, Angélus avait été promu premier grand cru classé "A", au sommet de la pyramide, mais en novembre, au terme d'une longue procédure, son propriétaire Hubert de Boüard a été condamné à 60.000 euros d'amende pour prise illégale d'intérêt dans ce classement, reconnu coupable d'y avoir été à la fois juge et partie. Ce prestigieux classement, révisable tous les dix ans, garantit d'importantes retombées commerciales, financières et médiatiques aux châteaux primés. Il est toutefois de plus en plus contesté, notamment devant la justice, pour ses critères de sélection, accusés d'accorder trop de place à des "éléments secondaires" (notoriété, accueil du public...) au détriment des "fondamentaux" (terroir, dégustation...). Pas encore publié, le classement 2022 a d'ores et déjà été attaqué par deux châteaux, Croix de Labrie et Tour Saint-Christophe, écartés dans un premier temps mais qui peuvent à nouveau concourir, après une décision favorable du tribunal administratif de Bordeaux fin décembre, selon la publication spécialisée Vitisphère.
Entreprises de travaux agricoles: salaires minimaux revalorisés depuis le 1er janvier
L’arrêté portant extension du deuxième avenant salarial à la convention collective nationale des entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) est paru au Journal officiel le 30 décembre. L’application de cet avenant, signé le 29 octobre par les partenaires sociaux, est ainsi rendue obligatoire pour tous les employeurs et salariés du secteur depuis le 1er janvier. L’avenant détaille les revalorisations des grilles minimales de salaires pour les métiers des travaux et services agricoles, forestiers, sylvicoles et relatifs à la prestation de services en aviculture. Dans un communiqué le 4 novembre, le syndicat de salariés CFDT Agri-Agro avait salué l’alignement de tous les minimas de salaires sur la hausse du Smic de 2,2% actée le 1er octobre, et même plus (+2,5%) pour le secteur forestier.
Pomme de terre: au Kenya, une pénurie de frites entraîne un appel au boycott de KFC
La chaîne américaine de restauration rapide KFC a déclenché une vague de colère sur le web au Kenya après une pénurie de frites. «Vous aimez nos frites un peu trop, et nous en manquons. Désolé!», a reconnu KFC sur Twitter cette semaine en proposant à ses clients diverses alternatives. Jacques Theunissen, patron local de KFC, a expliqué au Business Daily, un média local que sa chaîne de restauration était victime des perturbations du transport maritime mondial causées par la pandémie de coronavirus. Il a précisé qu'un navire chargé de pommes de terre était attendu cette semaine. Mais l'aveu que la marchandise ne soit pas commandée à des agriculteurs locaux a déclenché une tempête sur Twitter où est apparu et a prospéré le mot d'ordre #BoycottKFC. Tous les fournisseurs de KFC doivent passer par un processus mondial garantissant la qualité de leurs produits, qu'il n'est pas possible de contourner, a justifié M. Theunissen.
Amidonnerie : Claude Risac, nouveau président de l’Usipa
Claude Risac vient d’être élu président de l’Union des syndicats des industries des produits amylacés (Usipa). Il succède à Marie-Laure Empinet (Roquette). Claude Risac connaît bien les différents maillons de la chaîne agro-alimentaire. Avant de rejoindre Tereos il a en effet occupé le poste de directeur des relations extérieures du groupe Casino de 2007 à 2020 après avoir exercé les fonctions de directeur général du Cedus (aujourd’hui Cultures sucre), et de l’Institut Benjamin Delessert, et de directeur de la communication institutionnelle puis des affaires publiques du groupe Pernod Ricard. Il a rejoint Tereos en mars 2020, puis est entré au conseil de direction de l’Usipa l’année suivante. L’Usipa réunit l’ensemble des amidonniers, féculiers et fabricants de caramels ingrédients implantés en France. L’amidonnerie extrait les constituants du blé, du maïs, de la pomme de terre et du pois protéagineux : amidon, protéines, fibres et lipides (germes et huiles).
Phytos: Emmanuelle Paboletta, nouvelle directrice générale de l’UIPP
L’UIPP (industries de la protection des plantes) annonce la nomination, à compter du 5 janvier, d’Emmanuelle Paboletta comme directrice générale. Elle remplace Eugénia Pommaret, au poste durant huit ans. Emmanuelle Paboletta était, depuis septembre 2019, directrice des Affaires publiques et de la communication à l’UIPP. Avant d’entrer au syndicat, cette diplômée en communication des entreprises et des institutions a passé douze ans à la MSA comme directrice de la communication et de l’information.