Agrafil du 7 novembre 2025

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Vin : 34 400 ha à arracher pour un budget de 200 M€ à négocier « d’ici la fin du mois »

Reçue le 6 novembre par Annie Genevard, la filière vitivinicole a eu l’engagement de négociations avec le commissaire européen « d’ici la fin du mois » sur sa demande d’un plan d’arrachage de 200 M€, indique-elle dans un communiqué. 34 428 ha sont concernés, dont 80 % d’arrachages partiels, selon une enquête FranceAgriMer : près de 12 000 ha en Languedoc-Roussillon, 8 400 ha en Aquitaine, 5 700 ha en vallée du Rhône et Provence. Les négociations portent sur un financement national et européen via la réserve agricole. Fin 2024, la France avait obtenu le feu vert de l’UE pour un régime d’aides nationales à l’arrachage de 120 M€, une enveloppe largement consommée sur 27 500 ha. Par ailleurs, la ministre a annoncé la prorogation du guichet sécheresse jusqu’au 31 décembre 2026, avec une enveloppe dédiée de plus de 10 M€ pour accompagner l’adaptation des exploitations. Elle s’est engagée à réactiver le dispositif de consolidation bancaire au 1er janvier 2026, en révisant des critères « pour le rendre réellement accessible aux exploitations et coopératives les plus fragilisées », selon le communiqué. Enfin, la prise en charge des cotisations sociales est arbitrée sur le deuxième semestre 2025 à hauteur de 5 M€. Une demande de budget supplémentaire sera instruite dans le cadre de l’examen du PLFSS 2026 (projet de loi de financement de la sécurité sociale), précise le communiqué.

Alcool/budgets 2026 : des « pistes budgétaires alarmantes », s’inquiètent les professionnels

Les filières des vins et spiritueux ont alerté le 6 novembre sur des « pistes budgétaires alarmantes » dans les projets de budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2026. En phase d’examen, les PLF et PLFSS voient des « démarches budgétaires alarmantes, surtout dans une période de crise et d’incertitude qui touche les producteurs et les consommateurs », a déclaré Jean-Pierre Cointreau, président de la Maison des vins & spiritueux. De « nombreuses entreprises » du secteur ont mis en place du chômage partiel, des plans sociaux », et 36 d’entre-elles sont passées devant le tribunal de commerce en un an, selon lui. « On a besoin d’être aidés, pas pénalisés », a souligné le président de la FEVS (exportateurs) Gabriel Picard. Et de pousser un « cri de colère » face au doublement de la taxe Gafam qui augure des rétorsions américaines. De nombreux autres amendements visent les alcools : déplafonnement de la hausse des taxes, instauration d’une taxe sur la publicité, extension de la « cotisation sécurité sociale », prix minimum, élargissement de la taxe sur les « premix ». « Nous voulons un statu quo réglementaire et fiscal », a plaidé Jean-Pierre Cointreau, déplorant « parfois un impact des décisions pas très bien calibré ».

Cotisations sociales : les députés valident l’expérimentation du nouveau mode de calcul

Lors de la première lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le 6 novembre, les députés ont confirmé la mise en place d’une expérimentation sur un nouveau mode de calcul des cotisation sociales des non-salariés agricoles. Cette disposition, proposée par le rapporteur général Thibault Bazin, avait été votée à l’unanimité par la Commission des affaires sociales. Elle prévoit que les non-salariés agricoles puissent opter pour que leurs cotisations soient calculées sur une assiette représentative des revenus de l’année en cours. Le montant des cotisations versées ferait ensuite l’objet d’une régularisation sur la base des revenus professionnels définitifs constatés à l’issue de l’exercice. « Cette réforme permettrait d’adapter le montant des cotisations versées au cours d’une année déterminée à la situation économique des exploitations afin de sécuriser leur trésorerie », est-il expliqué. L’amendement renvoie la définition des modalités de cette expérimentation à un décret, et plus particulièrement la détermination du délai minimal dans lequel les chefs d’exploitation ou d’entreprise devront formuler cette option préalablement à sa prise d’effet, ainsi que la durée minimale de validité et les conditions de la reconduction et de la dénonciation de cette option.

Cotisations/exonérations : les députés « corrigent un oubli » pour le micro-BA

Dans le cadre de la première lecture publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le 6 novembre, les députés ont adopté deux amendements qui n’avaient pas été présentés en Commission et qui proposent de continuer de faire bénéficier les exploitants agricoles au micro-BA et au forfait forestier de l’exclusion des plus-values professionnelles à court terme de leur assiette sociale. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a apporté quelques corrections à l’article L.136-4 du Code de la sécurité sociale, définissant l’assiette des contributions sociales des travailleurs indépendants agricoles, dont l’exonération des plus-values de cession à court terme. « Toutefois, les exploitants relevant du régime fiscal du micro-BA et du forfait forestier éligibles également au régime d’exonération des plus-values professionnelles ne peuvent plus bénéficier de cette exonération au plan social compte tenu de la rédaction actuelle de l’article », a-t-il été expliqué . L’amendement a proposé de « corriger cet oubli », ce dont le rapporteur général Thibault Bazin a convenu en donnant un avis favorable. Le gouvernement a aussi donné un avis favorable aux amendements, jugeant le coût de la disposition limité.

Complémentaires santé : les députés baissent la fiscalité pour les retraités

Le 6 novembre, au cours de la première lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les députés ont adopté deux amendements similaires, qui n’avaient pas été présentés en commission, visant à étendre le bénéfice du taux réduit de taxe de solidarité additionnelle (TSA) à 6,27 % sur les contrats d’assurance maladie complémentaire aux retraités relevant du régime agricole. Actuellement, ce taux réduit ne s’applique qu’aux actifs du secteur agricole et aux membres de leur famille vivant sur l’exploitation. Les retraités agricole sont assujettis à un taux de de 13,27 %, voire 20,27 % selon les contrats, ont avancé les deux députés à l’origine des amendements, Justine Gruet (DR, Jura) et Hubert Ott (Modem, Haut-Rhin). « Cette situation crée une inégalité de traitement injustifiée entre les actifs et les retraités du monde agricole, alors même que ces derniers disposent souvent de revenus modestes et rencontrent des difficultés croissantes à assumer le coût de leur complémentaire santé », ont-ils justifié. Le rapporteur général Thomas Bazin, qui a estimé à 100 M€ le coût de la mesure, a émis un avis de sagesse et le gouvernement un avis défavorable, exprimant ses doutes sur la répercussion effective de ce taux minoré par les compagnies d’assurance complémentaire.

CSG : les députés précisent quelles activités BIC et BNC entrent dans l’assiette sociale

Dans le cadre de la première lecture en séance publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le 6 novembre, les députés ont adopté plusieurs amendements proposant de modifier l’article L136-4 du Code de la sécurité sociale (CSS) afin d’y réintégrer les activités commerciales et non commerciales relevant du régime social agricole. Dans les corrections apportés par la loi de financement de 2025 portant sur l’assiette de la CSG des travailleurs indépendants agricoles, la réintégration dans l’assiette des contributions sociales des activités commerciales (BIC) et non commerciales (BNC) exercées par les exploitants agricoles était bien spécifiée. « Toutefois, la rédaction actuelle de l’article L136-4 du CSS reste très large en visant toutes activités BIC et BNC quel que soit le régime social dont ces activités relèvent. Or, seuls les revenus issus des activités commerciales et non commerciales relevant du régime social agricole défini aux articles L722-1 à L722-3 du Code rural (activités agrotouristiques, entreprises de travaux agricoles, expert foncier agricole…) rentrent dans l’assiette sociale des exploitants », ont plaidé les députés dépositaires des amendements.

Bovins/DNC : levée de la deuxième zone réglementée, dans le Rhône (ministère)

La deuxième zone réglementée française au titre de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), établie autour d’un foyer dans le Rhône, a été levée le 5 novembre, a annoncé le ministère de l’Agriculture le lendemain. Cette zone réglementée « devient une " zone vaccinale ", ce qui facilite les mouvements des bovins de cette zone vers la zone indemne », précise la Rue de Varenne dans un communiqué. Selon la carte diffusée par le ministère, une partie de la zone (nord-est du département du Rhône) reste toutefois classée « zone de surveillance », en raison des foyers dans l’Ain situés à moins de 50 km. La zone réglementée du Rhône avait été instaurée le 18 septembre après la découverte d’un foyer dans un élevage laitier à Saint-Laurent-de-Chamousset, dans les monts du Lyonnais. Aucun autre cas n’y a été recensé depuis, preuve que « la mobilisation collective porte ses fruits », selon le ministère. La première zone réglementée, dans les Savoies, a été levée le 22 octobre. Trois autres zones réglementées sont encore en vigueur en raison de foyers dans l’Ain, le Jura et les Pyrénées-Orientales. Par ailleurs, comme prévu, les restrictions temporaires mises en place au niveau national (interdictions des rassemblements et marchés de bétail) ont été levées, rappelle la Rue de Varenne.

Bovins/DNC : la FDSEA des Pyrénées-Orientales réclame l’abattage sélectif

Alors que la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) frappe les élevages bovins du département, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs des Pyrénées-Orientales ont demandé le 4 novembre que l’État « remplace l’abattage systématique par un abattage ciblé, limité aux seuls animaux malades ». Il s’agit de la première fois qu’une FDSEA prend cette position, jusque-là tenue par les seuls syndicats minoritaires, ainsi que par un collectif citoyen qui a tenté d’empêcher un abattage sanitaire le 3 novembre. Dans un communiqué diffusé sur Facebook, la FDSEA et les JA justifient leur demande par la « couverture vaccinale, désormais majoritaire dans les troupeaux » : au 4 novembre, 90 % des 13 000 bovins du département étaient vaccinés ; les 100 % devraient être atteints en fin de semaine, selon le préfet, cité par L’Indépendant (article payant). Par ailleurs, en pleine controverse sur le cas de quatre vaches abattues sur ordre de l’administration et abandonnées en estive, la FDSEA demande que les animaux contaminés soient « abattus en priorité à l’abattoir, et non sur l’exploitation ». Autres demandes : « pérenniser la stratégie vaccinale » et verser une « indemnisation intégrale et immédiate ». Les Pyrénées-Orientales ont connu leurs premiers foyers de DNC à la mi-octobre, et le département en compte désormais 11.

Bovins viande : T’Rhéa sécurise son approvisionnement en génisses Bleu-Blanc-Cœur

Le groupe d’abattage privé T’Rhéa (900 salariés, 600 Me de chiffre d’affaires) a signé, lors du Sommet de l’élevage, deux accords visant à accroître et sécuriser son approvisionnement en génisses labellisées Bleu-Blanc-Cœur, a-t-il récemment annoncé sur LinkedIn. L’un de ces accords implique l’abattoir Viandes de Bresse (filiale de T’Rhéa) et Bovi-Coop, organisation de producteurs basée dans l’Ain. Comme l’explique Henri Gabriel, directeur commercial de Viandes de Bresse, il s’agit d’« offrir une alternative à l’export des veaux de 8 jours » dans une région de polyculture-élevage, où des céréales sont disponibles pour l’engraissement. Le contrat porte sur des jeunes femelles de 20 à 24 mois, nourries avec 35 % d’herbe minimum et finies avec un complément riche en graines de lin « conforme au cahier des charges Bleu-Blanc-Cœur ». Les éleveurs pourront bénéficier d’un « contrat de production à marge garantie », lit-on sur LinkedIn, sachant que, en sortie d’abattoir, Viandes de Bresse « garantit au minimum le prix de revient, ainsi qu’une valorisation supplémentaire basée sur le prix de la vache charolaise », précise M. Gabriel. En Charente, un accord similaire a été passé avec Corali pour des génisses limousines de 360 kg de carcasse, pour lesquels les éleveurs percevront « une avance sur vente ».

Influenza aviaire : l’Espagne met en place le confinement des volailles en zones à risque

Le ministère espagnol de l’Agriculture a ordonné le 5 novembre l’établissement à l’échelon national des mesures de biosécurité afin de lutter contre l’influenza aviaire, prévues à compter du 10 novembre. Ces mesures comprennent le confinement des volailles dans les zones « à risque spécial » et les zones « de vigilance spéciale ». Le ministère argumente cette décision par une « augmentation significative du risque en raison d’une augmentation du nombre de municipalités à haut et très haut risque », ces dernières étant « dans de nombreux cas » incluses dans ces zones à risque prédéfinies. Sa note présente à l’appui une carte géographique des alertes intervenues au cours de la semaine du 3 novembre. D'après des chiffres de l'Adis (système informatique européen sur les maladies animales) qui y sont présentés,139 foyers ont été recensés dans des élevages de volailles en Europe entre le 1er juillet et le 5 novembre, dont 14 en Espagne, où le nombre de cas hebdomadaires apparaît en augmentation.

Lait bio : l’OP Bio Commun cherche des débouchés à ses éleveurs remerciés par Lactalis

L’OP Bio Commun, nouveau nom depuis la mi-octobre de l’OP Lait Bio Seine et Loire, est mobilisée pour trouver des débouchés à la quinzaine de ses membres qui ont été remerciés par Lactalis. À partir de janvier 2027, l’industriel ne collectera plus le lait de cinq éleveurs, tout en proposant à dix éleveurs de collecter leur lait sur la base du prix du lait conventionnel. Selon le président de l’OP Pierre Moineau, « des débouchés ont été trouvés pour cinq éleveurs qui pourront poursuivre leur production biologique, tandis que pour les dix autres producteurs, des solutions sont recherchées ». Parmi les pistes, l’OP pourrait solliciter ses laiteries partenaires autres que Lactalis, qui sont Danone (Les prés rient bio), Saint-Père (Agromousquetaires), Malo (Sill), Olga, Montsûrs et Vaubernier. L’OP est aussi ouverte à l’accueil d’éleveurs qui étaient en contrat individuel avec Lactalis et dont le contrat ne sera pas renouvelé. « Notre objectif numéro un est de préserver la production biologique de ces éleveurs à l’heure où la consommation reprend en France », indique Pierre Moineau. Basée à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), Bio Commun est la deuxième OP de lait bio en France après Biolait. Elle collecte chaque année 200 millions de litres, soit environ 20 % de la production française.

Commerce équitable/lait : Andros va se fournir en lait Agri-Éthique

Le groupe agroalimentaire Andros va se fournir en lait labellisé Agri-Éthique pour une partie de ses produits, a-t-il annoncé à l’occasion d’une point presse organisé par le label de commerce équitable le 6 novembre. « Nous allons nous approvisionner en lait conventionnel labellisé Agri-Ethique auprès de l’organisation de producteurs APLBC pour nos produits à la marque Nova destinée au food service », a détaillé Marco Mandrillo, responsable marketing d’Andros Food Service. L’engagement d’Andros auprès de l’APLBC concerne une période de cinq ans et couvrira environ 70 % de ses produits laitiers destinés à la restauration. Le label Agri-Éthique va permettre aux produits Nova de mieux répondre aux exigences de la loi Egalim pour la restauration collective. D’autres industriels ont récemment annoncé rejoindre le label Agri-Éthique. Parmi eux, la Fournée dorée pour la farine de blé : l’industriel a entamé une démarche pour s’approvisionner d’ici deux ans en œufs Agri-Éthique. Bonduelle vient aussi d'adopter le label pour une partie de ses volumes destinés au food service, à hauteur de 12 000 t (sur 50 000 t/an).

Pommes de terre bio : les volumes seront au rendez-vous cette année (interprofession)

Dans un communiqué du 6 novembre, le CNIPT (interprofession des pommes de terre alimentaires) a indiqué, concernant les pommes de terre bio, que les volumes et la qualité « seront au rendez-vous » pour la campagne commerciale 2025-2026. Les assolements nationaux grimpent de 5 % par rapport à l’an passé, constituant la deuxième année consécutive de progression, après de nets replis constatés en 2022-2023 et 2023-2024. Les rendements sont jugés globalement dans la moyenne, sans que l’organisation ne donne de chiffre précis. La demande de l’industrie constitue le principal moteur de la hausse des surfaces, relate le CNIPT. De son côté, la demande de pommes de terre fraîches « poursuit une dynamique plutôt satisfaisante en ce début de campagne 2025-2026, en volume ». Plusieurs bémols sont toutefois signalés. Les prix sont sous pression depuis quelques semaines sur le marché libre. Ensuite, si la demande a été au rendez-vous en août et septembre, elle semble s’être atténuée durant le mois d’octobre, pointe le CNIPT. Ce dernier recommande que les pommes de terre bio soient correctement mises en avant, et que « l’ensemble des acteurs de la filière puissent rendre le produit attractif pour le consommateur », et pas uniquement via les prix.

Soja : consommation pour l’alimentation humaine « stable et modérée » en France

Dans un communiqué commun du 6 novembre, l’interprofession Terres Univia (oléagineux, protéagineux) et Sojaxa (association de promotion du soja) ont indiqué que la consommation française d’aliments à base de soja s’avère « stable et modérée ». Cette conclusion est le fruit des résultats de la quatrième édition d’un baromètre créé par les deux institutions, réalisé en juin par l’institut QualiQuanti (sur échantillon de 1 030 personnes). Le précédent baromètre avait été effectué en 2021. Plus en détail, l’enquête indique que « 43 % des Français déclarent avoir consommé des aliments au soja au cours des 12 derniers mois ». De ces 43 %, la même proportion précise en consommer au moins une fois par semaine. Les jeunes urbains (moins de 40 ans) flexitariens constituent le gros des consommateurs. L’étude indique par ailleurs qu’ils souhaitent davantage d’informations sur les produits au soja. Rappelons que l’Anses, dans un rapport publié le 27 mars, déconseillait de servir des aliments à base de soja en restauration collective, afin d’éviter une surconsommation, le soja étant une source d’isoflavone, molécule susceptible d’affecter le système reproducteur. Une étude néanmoins contestée par deux experts, et qui n’a, semble-t-il, pas eu d’effet sur la consommation française.

Sainte-Soline : la Conf’ exige une information judiciaire sur l’action des gendarmes

Après la publication dans la presse de vidéos montrant des tirs de grenades illégaux, parmi d’autres dérives dénoncées, la Confédération paysanne a demandé l’ouverture d’une information judiciaire sur les agissements de gendarmes lors du rassemblement de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en mars 2023. « Les informations révélées confirment les atteintes graves à l’État de droit par les gendarmes mobiles », affirme la Conf’ dans un communiqué du 6 novembre. La veille, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé avoir demandé l’ouverture d’une enquête administrative au directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN). Après des plaintes de manifestants, le parquet de Rennes avait ouvert une enquête préliminaire sur les faits, confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et qui a duré plus de deux ans. Pour rappel, le 5 novembre, Libération et Mediapart ont publié des enregistrements de caméras-piétons des forces de l’ordre, mobilisées en nombre lors d’un rassemblement de milliers de personnes autour de la réserve d’eau agricole ou « méga-bassine » de Sainte-Soline. On entend notamment des gendarmes encourager des « tirs tendus » de grenades, pratique interdite, en direction de manifestants et d’autres se réjouir des blessures occasionnées.

Climat : The Shift Project lance un réseau d’agriculteurs consacré à la transition

Le think tank The Shift Project a annoncé, dans un communiqué du 6 novembre, le lancement d’un réseau apartisan et asyndical d’agriculteurs, baptisé « Agri2050 ». Prévu pour être inauguré le 29 novembre, ce réseau – matérialisé par une communauté WhatsApp dédiée – vise à rassembler les agriculteurs de tous horizons afin de les fédérer autour de la transition agricole, et à réfléchir depuis le terrain à la manière de la mettre en œuvre concrètement. « L’objectif de cet espace de dialogue entre professionnels est de faire émerger des consensus, d’apaiser et dépolariser le débat sur la transition du secteur, sans entrer dans les conflits idéologiques, syndicaux ou partisans », précise le think tank. À plus long terme, Agri2050 a pour objectif de porter ces préoccupations dans le débat public par la voix des agriculteurs engagés dans le réseau. En décembre 2024, le rapport du Shift Project intitulé « La grande contribution des agriculteurs » avait révélé que 80 % des agriculteurs sont inquiets pour la viabilité de leur ferme face aux enjeux climatiques et environnementaux. Encore davantage se disent prêts à s’engager dans une transition pour une agriculture plus résiliente. Or, beaucoup estiment que leurs inquiétudes sont mal représentées dans les débats sur l’avenir de leur secteur, selon le rapport.

Agroalimentaire : Genevard appuie les PME sur la charte industrie-distribution

À l’occasion d’une allocution au congrès annuel de Pact’Alim le 5 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a manifesté son soutien aux PME agroalimentaires dans le cadre de la « charte opérationnelle industrie et distribution » en cours de discussion. « Je serai particulièrement vigilante à ce que les PME puissent faire valoir leurs intérêts, être entendues et respectées dans ces discussions », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que le nouveau ministre des PME Serge Papain est sur la même position. « Si cela ne suffit pas, nous irons vers une loi Egalim 4 », a aussi prévenu la ministre. Cette éventuelle loi Egalim 4 avait été repoussée à 2026 dans les dernières déclarations de la ministre sur ce sujet au printemps. Annie Genevard s’est montrée également intransigeante sur les taxes comportementales, auxquelles elle s’est déjà déclarée opposée. « La bataille budgétaire sera décisive et je le dis ici, je me battrai pour empêcher l'instauration de taxes comportementales qui pénaliserait nos filières », ajoutant que « le Premier ministre, personnellement, s'implique dans ce combat de la lutte contre les taxes comportementales ». Le budget 2026 de la Sécurité sociale est exposé au dépôt d’amendements de députés afin de taxer certains produits en fonction de leur composition.

Coopératives : portrait-robot des conseils d’administration et de leurs membres (étude)

Alors que les assemblées générales des coopératives agricoles se préparent, le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA) a diffusé une étude sur la typologie des membres d’un conseil d’administration. En moyenne, un conseil regroupe 14,2 administrateurs, dont seulement 10 % de femmes, d’un âge moyen de 51 ans, avec un taux de renouvellement de 3,65 chaque année. L’étude précise que, en cinq ans, 13 % des 954 coopératives interrogées n’ont renouvelé aucun membre. Les conseils se réunissent en moyenne sept à huit fois par an pour un temps annuel consacré à cette fonction de 20 jours. Pour un président de coopérative de plus de 300 M€ de chiffre d’affaires, ce temps peut grimper jusqu’à 146 jours. Quant à l’indemnité journalière perçue, elle est, en moyenne, de 105 € par administrateur avec une fourchette de 80 à 140 €/jour ; l’indemnité des présidents, forfaitaire, affiche pour sa part une valeur médiane de 9 020 €/an, avec un écart allant de 4 775 à 16 283 €. Parmi les qualités requises pour être un « bon » membre du conseil d’administration : la discrétion et le respect de la confidentialité (73 %), la connaissance des règles de la coopérative (68 %) et la capacité de travailler en équipe (58 %). Du côté des motivations : conduire un projet collectif (72 %) et être impliqué dans la valorisation du produit issu de sa propre exploitation (58 %). (Anne Gilet)

Communication : naissance de l’association Les Voix agricoles pour former à la prise de parole

L’association « Les Voix agricoles », qui forme des groupes d’agriculteurs à la prise de parole dans les médias, tiendra sa première assemblée générale le 12 novembre, annonce sa cofondatrice Marine Colli dans un entretien accordé à Réussir.fr. « L’objectif de l’association est de faire émerger des témoignages individuels d’agriculteurs », explique cette ancienne lobbyiste de la filière bovine (FNB, Interbev). Partant du constat que « le débat public autour de l’agriculture est très polarisé » entre organisations agricoles et ONG, elle a fondé l’association avec trois agriculteurs, Bruno Dufayet (ex-président de la FNB), Philippe Collin (Haute-Marne) et Alexandre Merle (ex-Interbev), élu président. Après une première promotion de 15 membres recrutés en 2024, Les Voix agricoles va bientôt former un second groupe. « La promotion sera de 25 agriculteurs, avec un budget financé par des fondations, parmi lesquelles notamment la Fondation européenne pour le climat et la Fondation Crédit mutuel », précise Marine Colli. Dans le cadre de sa formation, la première promotion avait notamment échangé avec Michel Biero (ex-vice-président de Lidl France), Maxime Costilhes (d.g. de l’Ania) ou encore Pascal Berthelot (ancien journaliste radio et animateur de débats).

Agrivoltaïsme : Audrey Juillac réélue présidente de la FFPA

La Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) a réélu le 6 novembre Audrey Juillac comme présidente. Âgée de 31 ans, elle est installée depuis 2021 en maraîchage biologique dans le Lot-et-Garonne. Un « bureau 100 % agricole » a aussi été élu, « renforçant la représentation de la diversité des pratiques agrivoltaïques et des territoires » au sein de la fédération, selon un communiqué.

Agenda de la semaine agricole du 10 novembre 2025

Lundi 10 novembre
Les députés examinent un rapport sur l'état des cours d'eau

Mercredi 12 novembre
Les députés poursuivent l'examen du PLFSS 2026
Débat au Parlement européen sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'UE (ajustements attendus de la part de la Commission européenne)
Présentation de la stratégie européenne sur la bioéconomie
Lancement presse du beaujolais nouveau par le collectif Terroirs originels
Colloque Graines de l'Inrae, jusqu'au 14 novembre à Nantes
Présentation variétale Cerise au centre CTIFL de Balandran (Gard)

Jeudi 13 novembre
Les députés poursuivent l'examen du PLF 2026 (partie recettes)
Briefing technique du Copa-Cogeca sur les conséquences de l'accord commercial UE-Mercosur
Conférence de presse de présentation du Forum Open Agrifood (24-25 novembre)
Conférence de presse du Snia (alimentation animale)
Conférence Grand angle viande (Idele)
Conférence de presse annuelle de l'Anses sur l'antibiorésistance
Les députés de la Coméco auditionnent le ministre du Commerce extérieur 
Conférence du Planet-score sur l'alimentation

Vendredi 14 novembre
Journée portes ouvertes Astredhor Méditerranée (horticulture), à Hyères
Journée « Innovation santé des fruits et légumes » d’Invenio/Inrae, à Cestat
Colloque « Agriculture, handicap & autisme » de la CFTC-Agri à Grenoble
AOP Festival, au Centquatre à Paris (manifestation grand public), jusqu'au dimanche