Agrafil du 11 juillet 2025

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Budget de la Pac : les eurodéputés s’inquiètent de rumeurs d’une baisse de 15 %

De nombreux eurodéputés, tous groupes politiques confondus, se sont inquiétés, le 10 juillet, à l’occasion d’un débat en plénière à Strasbourg, d’une possible réduction de 15% du budget de la future Pac que la Commission européenne doit dévoiler le 16 juillet en même temps que les grandes lignes de la réforme de la Pac. « Cela entrainerait une coup de 217 milliards d’euros », s’est notamment alarmé le social-démocrate italien Dario Nardella (porte-parole de son groupe sur l’agriculture). Ce chiffre reste, pour l’instant, de l’ordre de la rumeur, puisqu’aucun élément sur la répartition du prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034 n’a pour l’instant filtré. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a lui même admis ne pas encore être informé des détails de ce CFP. « Bien sûr j’espère moi aussi un budget important pour la Pac », a-t-il indiqué tout en renvoyant la responsabilité aux Vingt-sept: « Quelle que soit la proposition de la Commission, elle dépendra fortement de la volonté des États membres de contribuer à ce budget ». Dans leur position adoptée en commission de l’Agriculture le 7 juillet, les eurodéputés insistent sur leur opposition à toute intégration des fonds de la Pac au sein d’un fonds unique national, comme l’envisage Bruxelles.

Jachères : la Cour de justice de l’UE estime que les dérogations étaient justifiées

La Cour de justice de l’UE estime, dans un arrêt du 10 juillet, que la Commission européenne a démontré « à suffisance de droit que les motifs pour lesquels » elle avait décidé en 2022 d’autoriser les agriculteurs à pouvoir déroger à leur obligation concernant les jachères dans le cadre de la Pac étaient « nécessaires et justifiées pour répondre à un problème spécifique ». Cette décision était contestée par la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux qui faisait valoir que cette mise en culture des jachères s’était faite au détriment des espèces d’oiseaux, enfreignant donc le droit de l’UE. Mais la CJUE a jugé que l’exécutif européen a « valablement exposé l’objectif général de sa décision en énonçant que, pour faire face à la situation en Ukraine, il était nécessaire d’accroître la production agricole de l’Union ». En 2022, des dérogations aux règles du verdissement sur la rotation des cultures et les terres non productives avaient été introduites autorisant les agriculteurs à percevoir leurs « paiements verts », même s’ils utilisaient leurs jachères pour la production agricole et y appliquaient des produits phytosanitaires. Celles-ci avaient été prolongées en 2023. Puis, en 2024, ces obligations avaient été définitivement supprimées de la Pac.

Pesticides : la liste d'usages prioritaires pour l'Anses en vue, l'Inrae saisie

Deux jours après le vote de la proposition de loi (PPL) Entraves, la ministre de l'Agriculture a préparé la voie, par un décret publié le 10 juillet, à la parution prochaine d'une liste d'usages prioritaires à destination de l'Anses dans le cadre de l'examen des autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides. L'Inrae a été saisie par le ministère pour avis, indique son PDG Philippe Mauguin, sans préciser le calendrier. Dans le cadre des débats sur la PPL Entraves, les députés avaient renoncé à réformer la gouvernance de l'Anses, tel que le proposait le sénateur Duplomb, et notamment à inscrire cette priorisation dans la loi elle-même, laissant la main au ministère de l'Agriculture pour agir par voie réglementaire. Le décret paru ce jour prévoit la parution prochaine d'un arrêté, établi après avis de l'Inrae, qui listera « les usages ayant pour objet de lutter contre des organismes nuisibles ou des végétaux indésirables affectant de manière significative le potentiel de production agricole et alimentaire et contre lesquels les moyens de lutte sont inexistants, insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance, dans la limite de quinze pour cent des usages répertoriés dans le catalogue national des usages phytopharmaceutiques ». Le texte indique que le directeur général de l'Anses doit en «tenir compte» dans la calendrier d'examen des demandes d'AMM.

Bio : après la restauration de la nature, la Conf' quitte les réunions Ambition bio

Après avoir quitté, la veille, les réunions de travail autour du plan national de restauration de la nature, la Confédération paysanne récidive, ce 10 juillet, en refusant de participer au comité de pilotage du plan Ambition Bio 2027. «Aujourd’hui, nous refusons de cautionner un simple affichage politique venant d’un gouvernement qui a tout fait pour permettre la réautorisation de l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018. Comment encore oser parler d’ambition pour la bio !» tonne le syndicat minoritaire. Et de pointer du doigt les récentes décisions des pouvoirs publics : non financement par l'Etat, puis suppression des aides au maintien en bio (avec redirection des fonds vers l'aide à la conversion), aides d'urgence «saupoudrées», à hauteur de 100 M€, baisses des fonds alloués à l'Agence bio, fléchage d'une majorité des reliquats d'aide à la conversion non consommés hors de la bio. «La réalité du traitement de la bio par ce gouvernement s’inscrit dans un abandon méthodique qui s’accélère», estime la Confédération paysanne. Sur le réseau X, Annie Genevard a réagi en réaffirmant que «l'agriculture biologique est une priorité pour le gouvernement».

Saisonniers : la Cour des comptes se penche sur leurs conditions d’hébergement

Dans un rapport portant sur l’hébergement des travailleurs saisonniers diffusé le 4 juillet, la Cour des comptes souligne plusieurs freins à son développement. L’absence de définition du statut des travailleurs saisonniers rend difficile à ses yeux, leur décompte de manière fiable, et les différentes législations qui les concernent «ne développent notamment pas les mêmes normes lorsqu’il s’agit du logement ou de l’hébergement, qui constitue une solution temporaire de logement». Résultat : « les solutions d’hébergement sont souvent inopérants car ils ne répondent pas aux besoins spécifiques». Elle fustige par ailleurs les employeurs de saisonniers et les collectivités qui tendent « à se renvoyer mutuellement la responsabilité de trouver des solutions ». D’une manière générale, elle regrette que « l’absence de pilotage au niveau national comme au niveau local constitue un facteur aggravant de la pénurie de logements pour les saisonniers ». Satisfécit en revanche pour l’inspection du travail, et certaines initiatives locales (acquisition ou de réhabilitation de bâtiments, habitat léger provisoire…). Le rapport formule plusieurs propositions : renforcement et simplification des Stecal (Secteurs de taille et de capacité d’accueil limitées), réactivation du réseau des maisons des saisonniers, clarification des compétences juridiques des collectivités… Enfin, la Cour des comptes considère impossible de dissocier accès au logement pour les saisonniers et contrat de travail.

Agroalimentaire : Ferrero va racheter WK Kellogg pour 3,1 milliards de dollars

Le géant italien de l’agroalimentaire Ferrero va racheter le spécialiste états-unien des céréales du petit-déjeuner WK Kellogg, pour un montant de 3,1 milliards de dollars, selon un communiqué commun du 10 juillet. Les deux entreprises ont signé un accord définitif prévoyant le paiement de 23 dollars par action. L'opération a été approuvée par leurs conseils d'administration respectifs, et devrait être finalisée durant le second semestre 2025. « La transaction est soumise à l'approbation des actionnaires de WK Kellogg, aux approbations réglementaires et à d'autres conditions de clôture habituelles », précise le communiqué. Pour rappel, en juin 2021, Kellogg avait dévoilé son intention de se diviser en trois sociétés distinctes et indépendantes. Mais il avait opté au final pour deux seulement : WK Kellogg (céréales) et Kellanova (snacks), qui naissent en octobre 2023. Or, Kellanova fait actuellement l'objet d'une tentative de rachat par Mars, pour 36 milliards de dollars, annoncée en août 2024. Ce dernier comptait sur une finalisation au premier semestre 2025. Mais la Commission européenne, craignant des hausses de prix pour les consommateurs dans un contexte de forte inflation alimentaire, a ouvert une enquête le 25 juin.

Argentine: le gouvernement sabre dans le budget de la recherche publique agricole

Par un décret présidentiel publié au journal officiel le 8 juillet, le gouvernement de Javier Milei a réformé l’institut national de technologie agricole (Inta) et supprimé trois autres organismes publics agricoles : l’institut national des semences, l’institut national de l’agriculture familiale, paysanne et indigène, et l’agence de régulation de l’industrie du chanvre et du cannabis médical. Un staff « surdimensionné » et une action « trop axée sur l’agriculture paysanne et la production bio » sont les motifs invoqués par le gouvernement pour cette réforme de l’Inta qui lui fait perdre son autonomie. L’Inta est désormais rattaché au secrétariat à l’Agriculture. Son directoire composé de dix membres dont sept issus des syndicats agricoles a été remplacé par un conseil technique consultatif où la représentation syndicale est réduite à quatre sièges. Créé en 1956, l’Inta a la double mission de mener la recherche publique agricole et de fournir un service de conseil gratuit auprès des agriculteurs de toute l’Argentine. Suite à cette réforme, une diminution du personnel est prévue, pour faire passer les effectifs de 6991 à environ 4 500 personnes. Le domaine foncier de l’Inta de 116 000 hectares a été transféré à l’agence de l’administration des biens de l’État, dont 71 000 hectares devraient être mis en vente. (Marc-Henry André)

Bovins/DNC: de nouveaux cas, mobilisation de la CR contre un abattage préventif

Selon la presse régionale, des éleveurs de la Coordination rurale se sont mobilisés, à Entrelacs (Savoie) le 10 juillet, contre l'abattage préventif d'un troupeau de 120 vaches au sein duquel ont été détectés deux cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Le jeune éleveur, installé depuis trois ans, selon Ici, conteste la décision : «J'ai même demandé de faire tester une de mes autres vaches et j'ai la preuve à l'appui : l'analyse est négative», explique l'éleveur à nous confrères - qui demande «quinze jours de sursis». «Mes parents sont au fond du trou aussi, mes vaches sont vouées à être perdues, clairement, je ne sais pas comment on va se relever». La durée d'incubation de la maladie - c'est à dire le temps entre la contamination du bovin et l'apparition des premiers signes cliniques est variable - peut varier entre 4 à 14 jours, voir aller jusqu'à 1 mois, rappelle l'institut de l'élevage. Et certains animaux contaminés peuvent présenter peu de signes visibles. Ces derniers jours, de nouveaux cas ont été confirmés, qui portent le nombre de foyers à dix, tous situées dans une «zone géographique restreinte (deux communes)», selon l'Idele.

Bovins/NWS : les États-Unis suspendent à nouveau les importations de bétail du Mexique

La secrétaire américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins, a de nouveau ordonné, le 9 juillet, la fermeture immédiate du commerce de bétail avec le Mexique via les ports d’entrée du sud des États-Unis en raison de la lucilie bouchère (NWS). Alors qu’un plan de réouverture progressive de cinq ports pour le bétail, les bisons et les équidés mexicains (entre le 7 juillet et le 15 septembre) était en cours après une première suspension en mai, la présence de ce parasite surnommé « mouche de viande » chez un bovin mexicain a tout fait basculer. « Les États-Unis ont promis d’être vigilants et, après avoir détecté un nouveau cas, nous suspendons la réouverture prévue des ports afin de renforcer la quarantaine et de cibler ce parasite mortel au Mexique », a déclaré Brooke Rollins. Et d’ajouter : « Nous devons constater des progrès supplémentaires dans la lutte contre le NWS à Veracruz et dans d’autres États mexicains voisins afin de rouvrir les ports d’entrée du bétail le long de la frontière sud ».

Porc/PPA : le virus s'installe au nord de l'Allemagne, sept nouveaux cas de sangliers

Sept nouveaux cas de sangliers victimes de la fièvre porcine africaine (PPA) ont été détectés dans le district d’Olpe en Rhénanie du Nord Wesphalie (60 km à l’est de Cologne) signale de bulletin hebdomadaire du 8 juillet de la plateforme Esa (épidémiosurveillance en santé animale). Cette information venant de la Commission européenne confirme l’extension de la maladie dans la faune sauvage Allemagne, 113 km vers le nord du pays, depuis la mi-juin. « A ce stade, l’origine de l’infection de cette nouvelle zone n’est toujours pas connue », est-il précisé, alors que la semaine passée, l’institut allemand Friedrich-Loeffler (FLI) a découvert que le virus impliqué était génétiquement proche de celui qui a sévi dans l’extrême sud de l’Italie, en Calabre, et éloigné des souches installées plus au sud de l’Allemagne. Alors que le nord de l’Italie a compté sept nouvelles déclarations de cas sauvages entre le 15 juin et le 1er juillet, le bulletin Esa fait état d’une incidence mensuelle stable dans le compartiment sauvage, avec 252 cas détectés au cours des quatre dernières semaines. Tandis que l’incidence dans le compartiment domestique « demeure faible et stable » avec 34 foyers domestiques.

Viande: la Conf' interpelle la ministre de l'Agriculture sur les abattoirs de proximité

Dans une lettre ouverte diffusée le 10 juillet, la Confédération paysanne interpelle la ministre de l'Agriculture sur la baisse du nombre d'abattoirs de proximité. «Un abattoir ferme tous les mois», constate le syndicat, qui relaie les craintes de fermetures à venir à Saint-Céré (Lot), Vannes (Morbihan), Bergerac (Dordogne), Saint-Girons (Ariège), Charlieu (Loire), Quillan (Aude), Montmorillon (Vienne). La Conf' soutient la création d'abattoirs détenus par des éleveurs, comme à Guillestre (Hautes-Alpes), à Rostrenen (Ille-et-Vilaine) ou au Vigan (Gard), mais estime que «d’autres projets peinent à se concrétiser, faute de réponse rapide et adéquate des pouvoirs publics». Et de citer le projet d’abattoir Nord-Mosellan, qui «n’a pas pu se concrétiser, aucune banque n’acceptant de financer un outil d’abattage», pas plus que l'Etat dans ce dossier, qui avait pourtant été «interpellé». La Confédération paysanne demande à la ministre «un soutien volontaire et efficace», regrettant que la «Stratégie abattoirs», lancée par Marc Fesneau en 2023, n'ait jamais été dotée de moyens, ni mise en oeuvre. A l'inverse, Julien Denormandie avait largement sollicité le Plan de relance post-Covid, pour soutenir 181 abattoirs, notamment publics et de proximité, à hauteur de 115 M€.

Lait : pas de blocage réglementaire à Lactalis pour acquérir Fonterra

L’Autorité australienne de la concurrence (ACCC) a indiqué le 10 juillet dans un communiqué que l’acquisition de Fonterra par Lactalis ne devrait pas entraîner une « baisse substantielle de la concurrence ». Fonterra cherche à se séparer de ses produits de grande consommation au niveau mondial et de ses ingrédients et services alimentaires en Australie. Le régulateur australien a souligné que, dans certaines régions du Victoria, d'autres acheteurs de lait cru resteraient en concurrence avec Lactalis, tandis qu'en Tasmanie, la présence limitée du groupe français permettrait de maintenir une concurrence équitable avec les marques rivales. Le laitier néo-zélandais conserve jusqu’à maintenant la même ligne consistant à envisager « un processus de cession à double voie (cession ou introduction en Bourse, NDLR) », précisant qu’aucune décision n'a été prise. Lactalis s’est montré un peu plus bavard : « Nous confirmons faire partie des parties intéressées, aux côtés d'autres candidats potentiels », a-t-il indiqué dans une réponse par courriel à Reuters, prenant acte de l'annonce de l'ACCC. Cette transaction pourrait représenter 2,37 Md$, selon les informations recueillies par Reuters.

Moissons : en Vendée, 15 jours d’avance pour Cavac qui retrouve une belle collecte

Si la récolte des orges et des colzas est terminée depuis plusieurs jours déjà pour la coopérative vendéenne Cavac (1 Mt de collecte), celle des blés s’achève « avec une quinzaine de jours d’avance », précise Loïc Guitton, directeur du pôle végétal. « Tout est allé très vite. Même si quelques restrictions de battage la journée, lors de la canicule, ont un peu compliqué la logistique, tout s’est bien passé. Après un automne très arrosé et des implantations parfois compliquées, le bilan est plutôt très positif. » Avec des rendements moyens autour de 80 q/ha, les orges d’hiver frôlent « l’exceptionnel ». En colza, les résultats sont un peu plus hétérogènes mais restent très bons, autour de 40 q/ha de moyenne, avec de belles surprises dans la zone du bocage. Pour les blés, moissonnés à 95 %, le bilan devrait dépasser de 10 q/ha la moyenne pluriannuelle pour atteindre près de 78 q/ha. « Un excellent millésime qui fait oublier la collecte d’été 2024, divisée par deux, confirme-t-il. Si les PS sont bons, les taux de protéines sont un peu décevants. Cela va nous obliger à travailler davantage le grain. » Si la récolte du blé dur, des lentilles et du lin s’annonce également très belle, les maïs et tournesols souffrent, comme dans d’autres régions, du manque d’eau. (Anne Gilet)

Sucre : les revenus de Südzucker chutent au premier trimestre 2025-2026

Le groupe sucrier allemand Südzucker a annoncé dans un communiqué du 10 juillet une chute de ses revenus entre les premiers trimestres de ses exercices 2024-2025 et 2025-2026, allant du 1er mars au 31 mai. Parmi les raisons invoquées : la nette baisse des prix du sucre, de ses exportations, ainsi que le recul des cours de l’éthanol servant à la fabrication des biocarburants. L’Ebitda passe de 230 M€ à 96 M€ sur la période, et le résultat opérationnel de 155 M€ à 22 M€. De son côté, le chiffre d’affaires passe de 2 551 M€ à 2 153 M€. Face à la déprime du marché du sucre, Südzucker a considérablement réduit la surface cultivée de betteraves du groupe en 2025 par rapport à l'année précédente, sans livrer de chiffre précis. Le groupe allemand évoque de bonnes conditions de semis, permettant aux travaux de s’achever tôt. Toutefois, des attaques de ravageurs sont signalées. Pour l’ensemble de l’exercice 2025-2026, Südzucker table sur un chiffre d’affaires aux alentours de 8 700-9 200 M€ (9,7 M€ en 2024-2025), un Ebitda de 525-675 M€ (724 M€ l’an dernier) et un résultat opérationnel de 150-300 M€ (350 M€ l’an passé).  

Riz : sous pression de Trump, Tokyo pourrait être contraint d'ouvrir son marché

A l’approche d’élections à la chambre haute cruciales pour sa majorité (le 20 juillet), le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, fait face à un dilemme : ouvrir ou non son marché du riz. Et l’enjeu est de taille puisque le Japon fait partie de la liste des pays qui pourraient écoper de surtaxes « réciproques » dès le 1er août. Si aucun accord n’est conclu d’ici cette date, Tokyo pourrait subir un droit de douane de 25% pour ses exportations vers les Etats-Unis. Dans le détail, Donald Trump reproche au pays du Soleil levant de ne pas ouvrir assez son marché au riz et aux véhicules américains pour réduire son excédent commercial abyssal (environ 70 milliards de dollars en 2024) avec les Etats-Unis. Alors que la quasi-totalité du riz consommé actuellement au Japon est cultivée sur place, gonfler les importations de riz pourrait être perçu comme une humiliation nationale. Politiquement, le sujet est donc miné pour Shigeru Ishiba dont la coalition a déjà perdu sa majorité à la chambre basse du Parlement en octobre tandis que le pays fait face à une forte inflation des prix du riz (98,4 % sur un an).

Cerises : fin de saison sur des volumes en hausse et des prix en baisse

Selon les données des services du ministère de l’Agriculture (Agreste), la production française de cerises au 1er juillet est estimée en hausse de 3 % par rapport à 2024, pour atteindre presque 32 000 tonnes (31,9) dont 24 000 tonnes de cerises de bouche. Ce qui corrobore en grande partie les prévisions de l’AOP Cerise en juin dernier. La situation des différents bassins de production est hétérogène. Si tous ont du faire face à des pertes causées par la mouche Drosophile, les conditions météorologiques ont aussi affecté les cultures. Ainsi, en Occitanie, les précipitations de juin, combinées à la chaleur, ont provoqué l’éclatement d’une partie des cerises, mais la région devrait enregistrer malgré tout une progression de 13% des volumes. La récolte a été écourtée en Auvergne-Rhône-Alpes par les fortes températures : les volumes restent stables avec des calibres moyens. En Paca, la production reste en léger retrait par rapport à 2024 mais dépasse la moyenne des cinq dernières années. Avec une offre commercialisée plus importante que les années précédentes, il n’est pas étonnant de voir des prix en baisse : le recul a été de 9% sur juin, selon Agreste qui souligne néanmoins qu’ils se maintiennent au niveau de la moyenne  quinquennale.

Gestion de l'eau: en Italie, un agriculteur volait l'eau du Versailles italien

Un agriculteur accusé d’avoir volé l’eau approvisionnant les fontaines du château de Caserte près de Naples, surnommé le Versailles italien, a été arrêté le 9 juillet, ont annoncé le lendemain les carabiniers. L’agriculteur de 58 ans, qui a été placé en résidence surveillée, avait greffé clandestinement un tuyau long de 145 mètres sur la conduite d’alimentation en eau des fontaines des jardins du splendide palais du XVIIIe siècle classé au patrimoine de l’Unesco. Ce faisant, il a gravement abimé l’un des bassins du système hydrique sophistiqué et classé permettant d’acheminer la précieuse eau jusque dans le parc du château, une ressource d’autant plus précieuse que la région de Naples est régulièrement frappée par la sécheresse. Le pot aux roses a été découvert en raison du déficit anormal d’eau arrivant dans les fontaines ornant les parterres. La directrice du palais de Caserte, Tiziana Maffei, a regretté dans un communiqué que ce vol ait causé entre autres «le jaunissement des pelouses», tout en assurant que la situation devrait revenir à la normale avec les pluies automnales.

Phytos, biosolutions : Joëlle Sfeir prend la direction générale d’UPL France

Joëlle Sfeir est, depuis le 1er juillet, la nouvelle directrice générale d’UPL France. Elle remplace Maneesh Oberoi qui occupait ce poste depuis juin 2021. Joëlle Sfeir a rejoint la firme phytosanitaire en juillet 2022, tout d’abord comme directrice marketing et développement France, avant de devenir directrice commerce et développement en mai 2024. (Anne Gilet)

Coopératives : l’UAPL (Maine-et-Loire) recrute son futur directeur général

Après 18 années passées au sein de l’UAPL, l’Union agricole du pays de Loire (300 M€ de chiffre d’affaires, 350 000 t de collecte et 230 000 hl de vin), dont 18 mois en tant que directeur général, Jérôme Lemasson a annoncé son souhait de quitter son poste pour « donner une nouvelle orientation à son parcours professionnel ». Il quittera ses fonctions à l’automne prochain, une fois son successeur nommé et la passation assurée. L’objectif étant « d’assurer une transmission sereine et efficace ». Le recrutement vient d’être lancé. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 14 juillet 2025

Lundi 14 juillet
Conseil des ministres de l'Agriculture à Bruxelles (protéines végétales, situation des marchés, présidence danoise)

Mardi 15 juillet
Le Premier ministre présente sa proposition de budget pour 2026
Perspectives agricoles 2025-2034 de l'OCDE et de la FAO

Mercredi 16 juillet
Communication de la Commission européenne sur le cadre financier pluriannuel (CFP) et la Pac post-2027
Audition d'Amélie de Montchalin, ministre du budget à l'Assemblée
Conférence de presse du Citepa (climat)