Remaniement : Macron nomme Lecornu à Matignon, pour négocier avec les partis
Emmanuel Macron a nommé le 9 septembre Sébastien Lecornu, son homme de confiance venu de la droite, au poste à hauts risques de Premier ministre, au lendemain de la chute de François Bayrou qui n’a pas su résoudre l’équation impossible d’un paysage politique sans l’ombre d’une majorité. Le président de la République l’a «chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois», a annoncé l’Elysée dans un communiqué. A 39 ans, l’ex-sénateur normand, inamovible au gouvernement depuis 2017, a grimpé les échelons jusqu’à devenir ministre des Armées, un portefeuille ultrasensible en temps de guerre en Ukraine, et s’est imposé comme un fidèle et un intime du chef de l’Etat. Le premier secrétaire du Parti socialiste a refusé mardi matin, avant la nomination de Sébastien Lecornu, de dire si son parti négocierait avec une personnalité issue du camp présidentiel, continuant jusqu’au bout de «revendiquer le pouvoir». Pour tenir, le futur gouvernement devra quoi qu’il en soit obtenir, a minima, une non-censure du PS, indispensable pour doter la France d’un budget pour 2026, dont la préparation vient de faire tomber le gouvernement sortant qui avait présenté un effort de 44 milliards d’euros.
Remaniement : les dossiers agricoles en suspens du gouvernement
À la suite de la démission de François Bayrou ce 9 septembre, le gouvernement démissionnaire ne doit plus gérer que les affaires courantes. Dans le secteur agricole, plusieurs dossiers sont en suspens. En premier lieu, la négociation de la Pac post-2027 qui débute à Bruxelles, et pour laquelle la France n'avait pas encore arrêté de position de négociation approfondie – elle est en cours de finalisation, selon le cabinet de la ministre de l'Agriculture. Annie Genevard devait également lancer les conférences de la souveraineté alimentaire, finaliser les Assises du sanitaire en élevage, initier l'équivalent pour les filières végétales, et présenter un plan pour les femmes en agriculture. Reste aussi à faire paraître les textes réglementaires d'application de la proposition de loi Entraves (p.ex. ICPE, stockage de l'eau) et de la loi d'orientation agricole (p.ex. droit à l'essai). La ministre serait peut-être aussi revenue à la charge sur l'acétamipride, avec un projet de loi, à la suite de la censure du Conseil constitutionnel. Une proposition de loi sur le partage de la valeur dans l'agrivoltaïsme attendait également son examen à la rentrée, qui sera retardé. Au ministère de la Transition écologique, le sujet brûlant des aires de captage pourrait être retardé ; le groupe national doit se réunir le 23 septembre. La Snanc (nutrition climat) est bloquée à Matignon, la PPE (énergie) et la SNBC (bas carbone) restent à paraître. Enfin, la ministre du Tourisme devait lancer une mission parlementaire sur l'agritourisme, qui doit être confirmée.
Agriculteurs : ils se sentent moins écoutés par les institutions qu'il y a 27 ans (sondage)
D'après les premiers résultats de l'étude Vox Agri (Réussir-Cevipof-AgroToulouse), qui doivent être présentés le 29 septembre à SciencesPo, les agriculteurs sont globalement plus nombreux qu'en 1998 à ne pas se sentir écoutés par les institutions (syndicats agricoles, maires, ministère de l'Agriculture), à l'exception du Rassemblement national. Interrogés entre avril et juin, les 1 067 agriculteurs ayant répondu au sondage affirment pour 47% d'entre eux que les organisations syndicales agricoles ne sont pas « à l'écoute des problèmes du monde agricole », contre 28 % d'entre eux lors d'un sondage réalisé par les sociologues Hervieu et Viard en 1998. Des scores et dynamiques similaires sont observés pour de nombreuses institutions : élus locaux (pas à l'écoute pour 45 % des interrogés, +17 points), MSA (57 %, +19 points), banques et institutions financières (54 %, +16 points), ministère de l'Agriculture (64 %, +34 points), président de la République (79 %, +52 points ; en 1998, le président de la République était Jacques Chirac), Commission européenne (79 %, +18 points). Sur l'échiquier politique, les partis de gauche ont le plus mauvais score (80 %, +17 points), et les partis de droite le meilleur (54 %, +11 points), mais le Rassemblement national talonne (55 %), avec la seule dynamique positive (-7 points) parmi toutes les institutions proposées.
Syndicats : pour les agriculteurs, Le Floc'h est la personnalité qui les « défend » le mieux (sondage)
D'après les premiers résultats de l'étude Vox Agri (Réussir-Cevipof-AgroToulouse), qui doivent être présentés le 29 septembre à SciencesPo, une majorité relative d'agriculteurs estiment que la présidente de la Coordination rurale, Véronique Le Floc'h, est la personnalité qui défend le mieux les agriculteurs. Entre avril et juin, les sondeurs ont demandé à 1 067 agriculteurs lesquels parmi une liste de personnalités du monde agricole défendait le mieux « les intérêts des agricultrices et agriculteurs ». 29,5 % des 715 répondants citent Véronique Le Floc'h, 23,5 % Jérome Bayle (leader des manifestations dans le Sud-Ouest), 13 % Arnaud Rousseau (président de la FNSEA), 13 % d'autres personnalités, 12,3 % Laurence Marandola (ex-porte-parole de la Confédération paysanne), 9 % Sébastien Windsor (président de Chambres d'agriculture France), 4,8 % Pierrick Horel (président des Jeunes agriculteurs) et 3,3 % Dominique Chargé (Coopération agricole). Les résultats interrogent l'incarnation des syndicats, puisque lorsqu'on leur demande de quelle organisation ils se sentent les plus proches, ils citent la FNSEA en tête (38,4 %), devant la CR (33,4 %), la Conf' (18,7 %) et les JA (8,1 %). Les auteurs de l'étude précisent toutefois que l'échantillon d'agriculteurs souffre d'une légère sur-représentation dans le Grand Est et en Nouvelle Aquitaine qui n'a pas été corrigée pour l'analyse des résultats. Toutefois, les agriculteurs ont été questionnés sur leur vote aux dernières élections aux chambres, qui collent de près aux résultats : chez les votants, 46,7 % pour FNSEA-JA, 29,8 % pour la CR, et 22 % pour Conf' et Modef réunis.
Pac post-2027: le commissaire Hansen tente de rassurer les Vingt-sept sur le budget
Au deuxième jour de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE à Copenhague, le 9 septembre, le commissaire Christophe Hansen a tenté de rassurer sur le futur budget consacré à la Pac. Il a indiqué lors de son arrivée à la réunion du Conseil que le détail des enveloppes nationales serait présenté « la semaine prochaine », et qu’alors les discussions pourront vraiment commencer. Il espère que ces précisions permettront de lever les craintes exprimées par certains. « Nous verrons alors qu’il n’y a pas de baisse » et qu’il « sera même possible pour les Etats membres d’aller au-delà de ce qui est aujourd’hui disponible » en ciblant l’argent « là où ils en ont le plus besoin ». Plusieurs ministres (Espagne, Belgique…) restent néanmoins inquiets du volume mais aussi de l’architecture de ce futur budget. L’Autrichien Norbert Totschnig prévient que « les propositions actuelles représentent une grave perturbation systémique ». Pour lui « la dissolution de la structure à deux piliers », et donc la disparition de son volet développement rural, va « considérablement affaiblir » la Pac.
Gaspillage alimentaire : le Parlement européen entérine les objectifs de réduction
Les eurodéputés, réunis en séance plénière, ont formellement entériné, le 9 septembre en seconde lecture, la révision ciblée de la directive-cadre sur les déchets. Ce texte permet de fixer des objectifs de réduction en matière de gaspillage alimentaire d’ici 2030. Concrètement, la révision prévoit un objectif de réduction de 10 % dans la transformation et la fabrication, et de 30 % conjointement dans la vente au détail et autres distributions de nourriture, dans les restaurants et services alimentaires et dans les ménages. Ces objectifs seront calculés en comparaison de la quantité générée en moyenne annuelle entre 2021 et 2023. Par ailleurs, des mesures devront être prises dans les Etats membres pour faire en sorte que les opérateurs économiques facilitent le don d’aliments invendus et sains pour la consommation humaine. Enfin, la Commission européenne sera chargée, d’ici le 31 décembre 2027, de présenter les résultats d’une étude sur le gaspillage et les pertes alimentaires dans la production primaire mais également de proposer une éventuelle réactualisation des objectifs de réduction. Une fois en vigueur, les États membres auront 20 mois pour mettre à jour leur législation.
Etats-Unis: l'administration Trump dévoile son plan d'attaque contre les maladies chroniques
L’administration de Donald Trump a dévoilé e 9 septembre sa stratégie pour combattre les maladies chroniques affectant les jeunes Américains, comme l’obésité et le diabète. Sur près de 20 pages, le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr propose des mesures visant à mieux réguler la publicité pharmaceutique, favoriser une alimentation plus équilibrée ou encore renforcer l’encadrement des vaccins. Mais les formules vagues employées ainsi que l’absence de mesures fortes contre les pesticides et l’industrie agroalimentaire ont immédiatement été critiquées par des experts du secteur. Si le document «contient de nombreuses idées d’actions», il «manque de détails et est peu convaincant en matière de mesures réglementaires», souligne ainsi pour l’AFP Marion Nestle, professeure émérite en nutrition et santé publique. Cette feuille de route suit la publication il y a quelques mois du premier volet du rapport «Rendre à nos enfants leur santé», dont les conclusions s’étaient avérées être en partie basées sur des études scientifiques créées de toute pièce. Comme lors de la publication du premier volet, l’importance donnée à la lutte contre les pesticides est limitée, et la feuille de route insiste davantage sur l’utilisation de «technologies de précision» que sur de possibles interdictions de certains composés chimiques.
Evènementiel : l'AgriSima ne sera plus spécialisé dans l'agroéquipement
Lors d'une conférence de presse le 9 septembre, les organisateurs du salon AgriSima (ex-Sima) ont confirmé, après l'annulation de l'édition 2024, que l'évènement se tiendra bien en 2026, du 22 au 25 février à Villepinte, moyennant un « changement de l'offre en profondeur ». Historiquement dédié au machinisme, l'AgriSima va être ouvert à tous les fournisseurs des agriculteurs. « L'objectif est de remettre l'agriculteur au centre, et que le salon réponse à toutes ces demandes », a expliqué Frédéric Bondoux, co-président de la nouvelle société organisatrice, AgriVitiEvents, qui remplace Comexposium. Toutefois, l'agroéquipement devrait rester majoritaire, avec au moins 70 % des exposants. Le salon vise 200 000 agriculteurs visiteurs, soit un peu moins que la fréquentation de la dernière bonne affluence enregistrée, en 2019. L'édition 2026 se déroulera trois mois après son homologue allemand, et leader mondial, Agritechnica : « C'est ce que nous avons fait il y quelques années dans le monde de l'espace vert, et il n'y pas eu plus de discussion. Les fabricants n'ont pas de nouveauté chaque année. Cet agenda permet de les programmer idéalement », assure Frédérix Bondoux. Le salon veut aussi accentuer la « convivialité », avec une collation d'accueil pour les visiteurs et des évènements de rencontre entre salariés exposants.
Coopératives/négoce : le groupe coopératif Océalia en passe d’acquérir le négoce Piveteau
Le négoce Piveteau (82 M€ de chiffre d’affaires, 150 000 t de collecte, 1500 clients) et le groupe coopératif Océalia (932 M€ de CA, 1,3 Mt de collecte, 1350 adhérents) annoncent, le 9 septembre, être entrés en négociation : Océalia, ancré sur huit départements, deviendrait l’actionnaire majoritaire du groupe familial Piveteau, implanté depuis quatre générations en Charente mais présent également en Charente-Maritime, Vienne et Indre-et-Loire. Dans le cadre de cette reprise, « le groupe Piveteau conserverait son identité de négoce et ses sites, fidèle à son histoire et à ses clients » et « les équipes actuelles continueraient d’animer et de diriger l’activité, garantissant ainsi à la fois continuité, confiance et stabilité pour les agriculteurs, partenaires et collaborateurs. » Les deux entreprises affichent une ambition commune : « proposer des offres différenciées aux agriculteurs de leur territoire ». Collaborant déjà depuis plusieurs années au sein de structures communes – le Grenier du Roy, la Sica Atlantique et Aquitabio – les deux entités précisent « se connaître ». (Anne Gilet)
Engrais : Nutrien cède sa participation dans Profertil en Argentine pour 600 M$
Le géant canadien des engrais Nutrien a annoncé dans un communiqué le 9 septembre avoir trouvé un accord pour la vente de ses parts (50 %) dans le producteur argentin d'engrais azotés Profertil. Cette participation serait acquise par une joint-venture argentine composée de l'agroholding Adecoagro et de l'union de coopératives Aca, pour la somme de 600 millions de dollars. « Cette cession s'inscrit dans notre stratégie de se concentrer sur les actifs et les régions qui sont au cœur de notre vision de long terme », explique le patron de Nutrien, Ken Seitz, cité dans le communiqué. Les fonds dégagés doivent permettre d'investir (acquisitions, prises de participation) et de réduire la dette de l’entreprise, poursuit-il. À ce titre, Nutrien avait par exemple racheté la start-up de biocontrôle Suncor Energy AgroScience en 2024 via sa filiale Nutrien Ag Solutions. Deux ans plus tôt, le canadien avait cédé la société Rainbow Plant Food au français Timac Agro, qui mettait ainsi la main sur quatre sites industriels de granulation sur le territoire américain.
Céréales pour petit-déjeuner : une usine de l'Aisne va passer sous pavillon allemand (presse)
Selon un article des Échos (article payant) du 8 septembre, l'usine de Cereals Partners France, produisant des céréales pour le petit-déjeuner et basée à Itancourt dans l'Aisne, va être cédée au groupe allemand Ecco (spécialisé dans l’investissement industriel). Le site en question est détenu à parts égales entre Nestlé et General Mills. Produisant des céréales de marque Nesquik, Fitness, Lion ou Chocapic, la direction de l’usine d’Itancourt explique que l’activité est en difficulté en raison de la préférence des consommateurs envers les marques de distributeurs (MDD). Elle a indiqué vouloir mettre en place un accord de sous-traitance avec Ecco Group « pour assurer une activité de transition et la montée en puissance des activités pour une durée d'au moins trois ans ». Le tout en conservant l’intégralité des 232 salariés. De son côté, Ecco Group prévoit, en plus du site français, le rachat de celui de Bromborough près de Liverpool en Angleterre, autre propriété de Cereal Partners. Spécialisée dans les MDD, l’entité allemande veut que l’usine anglaise partage son expérience et ses clients avec le site français. Ce dernier pourrait ainsi de doper sa production, qui passerait de 23 000 t/an actuellement à 35 000 t/an en 2028 (capacité totale de 70 000 t/an).
Loi Entraves/ICPE : deux décrets en consultation publique jusqu’à fin septembre
Les ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique ont mis en consultation publique deux projets de décret relatifs aux installations classées pour l’environnement (ICPE), jusqu’au 29 septembre. Les textes découlent de la loi d’orientation agricole du 24 mars et de la loi Entraves du 11 août 2025. Le premier projet de décret relève le plafond de la procédure de déclaration pour les élevages bovins. Ce plafond passe à 500 animaux (au lieu de 400) pour les veaux de boucherie et bovins à l’engraissement, et il passe à 200 animaux (au lieu de 150) pour les vaches laitières. De plus, il créé un régime d’enregistrement pour certains élevages de volailles et de porcs qui relèvera de la directive sur les émissions industrielles (IED). Seront soumis à autorisation « les seuls élevages relevant de la directive sur l’évaluation environnementale systématique des projets », détaille le gouvernement sur la page de présentation de la consultation. Le deuxième projet de décret porte sur la procédure d’autorisation environnementale. Il précise notamment que la demande de remplacer une permanence par une réunion publique doit avoir lieu « avant l’ouverture de la phase d’examen et de consultation », et que le commissaire enquêteur doit en informer le préfet.
Influenza aviaire : assouplissement pour les canards vaccinés, pas les volailles sous label (JO)
Un arrêté paru au Journal officiel le 7 septembre autorise les éleveurs de canards vaccinés depuis 15 jours contre l’influenza à libérer ceux-ci sur « un parcours adapté » quand l’heure est au confinement, mais pas les éleveurs d’autres volailles et poules sous Label rouge ou bio. Ainsi les canards destinés au gavage (principaux concernés par l’assouplissement) ayant reçu les deux doses de vaccin peuvent être sortis à quelques conditions : le préfet prévenu, évaluation annuelle positive de la biosécurité, dépistage virologique avant l’arrivée dans un autre élevage, densité permettant la claustration en bâtiment fermé. Si le Cifog (interprofession des palmipèdes à foie gras) a obtenu cette publication, le Synalaf (labels avicoles) aurait voulu des assouplissements en termes de taille de parcours, a appris Agra Presse auprès du président du Synalaf Benoît Drouin. La reconsidération des mises à l’abri pour les canards et autres volailles reste en suspens sur le plan scientifique, le dernier avis de l’Anses, publié le 24 décembre 2024, n’envisageant d’assouplissement que pour les poulets plein air et uniquement en niveau de risque modéré.
Porc: taxations chinoises à géométrie variable en Europe, l'«abat» français à la peine
Elisa Husson, qui suit les marchés internationaux à l’Ifip (institut du porc), s’attend à ce que la France continue d’exporter en Chine des « abats » au sens large, soit « le cinquième quartier » des industriels du porc, en dépit des taxes antidumping provisoires que Pékin doit imposer à compter du 10 septembre. « La Chine est très demandeuse, même si ses achats actuels ne sont pas très toniques », considère-t-elle. En effet, selon ses chiffres, l’UE a exporté en Chine au 1er semestre 2025 un peu plus de 330 000 t « d’abats » en Chine, ce qui représente les deux-tiers des approvisionnements de ce pays. La France, qui en a exporté pour 38 600 tonnes, ce qui représentant quasiment 75 millions d’euros de recettes, compte bien plus sur ce débouché, que sur ceux du Vietnam ou des Philippines. Mais les Français devront consentir d’importants efforts tarifaires pour concurrencer les concurrents mondiaux et européens. Taxés dans l’ensemble à 20%, ils seront en mauvaise posture face aux Espagnols, dont Litera Meat taxé au taux le plus bas de 15,6%, mais se placeront mieux que le Danois Danish Crown, sa filiale Dat-Schaub (boyaux) ou le Néerlandais Vion, taxés à plus de 30%. L’enquête anti-dumping se poursuit jusqu’à fin 2025 et Culture Viande, dans son communiqué du 5 septembre, « appelle les autorités françaises et européennes à se mobiliser afin de défendre les intérêts des entreprises du secteur ».
FCO : en Bretagne, les chambres d’agriculture veulent multiplier les analyses
Alors que la fièvre catarrhale ovine (FCO) continue de se propager en Bretagne en cette fin d’été, la chambre régionale d’agriculture a appelé, le 9 septembre, à multiplier les analyses de confirmation en élevage afin de mieux appréhender la situation sanitaire. Au 4 septembre, la région comptait « 2 391 cheptels positifs » aux sérotypes 3 et 8 (soit +163 en une semaine), selon son site internet. Un chiffre en-deçà de la réalité, car « il y a des éleveurs qui ont été touchés sans le savoir », estime le président de la chambre du Finistère Jean-Alain Divanac’h. « Les éleveurs ont droit à trois analyses gratuites par période de 90 jours en cas de suspicion », indique-t-il. Un quota insuffisant aux yeux de l’élu consulaire, qui relève qu’une analyse coûte « autour de 80 euros ». Afin de lutter contre l’épizootie, « la vaccination reste la première solution », martèle le président de la chambre régionale Laurent Kerlir. Environ 25 % des élevages bretons sont vaccinés. « Nous avons des doses disponibles, ce n’est pas un frein aujourd’hui », ajoute M. Kerlir, rappelant que la vaccination des ovins contre le sérotype 8 est prise en charge par l’État.
Lait : la filière française se dit prête à répondre à la hausse de la consommation mondiale
« Il y a une place à prendre dans les pays qui vont consommer davantage de lait et de produits laitiers qu’ils n’en produisent », a indiqué Jean-Marc Chaumet, directeur du service économie du Cniel le 9 septembre à l’occasion de la conférence de rentrée de l’interprofession laitière. Les pays d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Amérique latine sont identifiés comme des terres de conquête pour les produits laitiers français. « Cela demande une recherche de compétitivité car nous ne serons pas les seuls », a-t-il poursuivi. Les produits hexagonaux pourraient en particulier capitaliser sur « la garantie sanitaire française qui est un atout », a souligné Pascal Le Brun, président du Cniel. Et des accords du type EU-Mercosur ou UE-Mexique pourraient aider à exporter vers ces zones. Depuis ces derniers mois, les grands bassins laitiers ont vu leur production globalement progresser, surtout aux Etats-Unis, en Argentine et en Nouvelle-Zélande, avec pour résultat plus de lait sur le marché mondial en 2025 qu’en 2024. L’UE reste stable à -0,1% sur les 6 premiers mois de 2025 avec des différences notables entre les pays qui progressent (Irlande, Pologne) et qui régressent (Allemagne, Pays-Bas, Espagne), tandis que la France stagne à -0,4% sur les 8 premiers mois de 2025.
Lait : l'export vers les Etats-Unis, la Chine et l'Algérie préoccupent la filière française
« La hausse des droits de douane aura des répercussions » a prévenu Pascal Le Brun, le président du Cniel (interprofession laitière) le 9 septembre, au sujet de l’accord passé en août entre les Etats-Unis et l’UE et prévoyant des droits de douane à 15% sur les produits européens aux USA, contre 10% auparavant. « C’est un mauvais accord qui est un signe de faiblesse de l’UE », a-t-il poursuivi. Un avis partagé par la Fnil (industriels) pour qui le contingent de produits laitiers américains (environ 20 000 tonnes par an) qui pourrait entrer en franchise de droits est « un point de vigilance », selon François-Xavier Huard, son PDG. Autre sujet : la Chine, qui a lancé une enquête sur les subventions aux produits laitiers européens, dont le verdict sera connu en février 2026. Quant à l’Algérie, les relations diplomatiques tendues avec la France ont abouti à un bannissement des produits tricolores sur le marché local. Il s’agissait pourtant de la 3e destination pour la poudre de lait écrémé française. « On reste mobilisé pour cibler le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est où la consommation de produits laitiers va augmenter », selon Pascal Le Brun, sous réserve que les éleveurs arrivent à produire les volumes suffisants et que la filière soit compétitive.
Lait : les accords UE-Mercosur et UE-Mexique satisfont les industriels de la filière
Les accords UE-Mercosur et UE-Mexique annoncés récemment satisfont plutôt les industriels du lait en France. « On ne peut pas faire la fine bouche sur un marché de report tel que le Mercosur », indique François-Xavier Huard, PDG de la Fnil (industriels), faisant allusion au marché américain où les nouveaux droits de douane en vigueur atteignent désormais 15% pour les produits européens. L’UE pourra expédier vers le Mercosur, en franchise de droits chaque année sur 10 ans, 30 000 tonnes de fromage, 10 000 tonnes de poudre de lait et 5 000 tonnes de préparations infantiles. A titre de comparaison, la France a expédié 470 tonnes de fromage pour 5 M€ en 2024. En outre, 19 AOP laitières seront protégées outre-Atlantique. « L’accord UE-Mexique annoncé par le Commission européenne est largement positif pour la filière laitière française », se réjouit François-Xavier Huard, soulignant qu’il s’agit d’un pays très consommateur de produits laitiers européens. 22 AOP laitières seront protégées et des produits pourront être exportés en franchise droits comme les fromages bleus (sans quotas), les autres fromages (jusqu’à 20 000 tonnes par an) ou les fromages frais (jusqu’à 5 000 tonnes par an) alors que ces produits étaient taxés à 45%.
Vin : revue à la baisse, la vendange 2025 en léger rebond par rapport à 2024
La production viticole française de 2025 est attendue en léger rebond de 3 % comparé à la faible récolte de 2024, mais resterait « nettement en retrait » par rapport à la moyenne quinquennale, à -13 %, annonce le 9 septembre le ministère de l'Agriculture. Selon ces nouvelles estimations établies au 1er septembre, elle s'élèverait à 37,4 millions d'hectolitres, avec un tableau contrasté selon les régions : si les volumes progresseraient en Bourgogne, en Champagne et dans le Val de Loire, ils reculeraient en Alsace et dans le Languedoc, note le service de la statistique Agreste. Les premières estimations réalisées début août annonçaient plus de 40 Mhl, mais canicule et sécheresse en août ont affecté le potentiel de production, déjà touché par les mesures d'arrachage de plants. Ces conditions défavorables ont touché plusieurs vignobles, en particulier des Charentes, en Bourgogne, dans le Beaujolais et dans le Languedoc-Roussillon. Elles ont réduit la teneur en jus des raisins et accéléré la maturation des baies, ce qui a avancé les dates de vendanges dans de nombreuses régions et conduit à la baisse de récolte, explique le ministère. L'an dernier, les intempéries - précipitations, sécheresse, gel tardif... - avaient ramené les vendanges à un volume de 36,26 Mhl, près des niveaux historiquement bas de 2017 et 2021.
Incendie dans l’Aude : la région Occitanie vote 10 M€ d’aides, notamment pour l’agriculture
Un mois après l’incendie qui a ravagé 17 000 ha dans les Corbières, le conseil régional d’Occitanie a voté le 9 septembre « 27 mesures d’urgence représentant une enveloppe de 10 M€ pour l’Aude et le littoral méditerranéen », selon un communiqué. Considérées comme des priorités avec plus de 2 000 ha touchés, l’agriculture et la viticulture figurent en bonne place parmi les dispositifs. Quatre types d’aides financières sont notamment prévus : un soutien aux « investissements matériels agricoles et viticoles » pour relancer la production (avec le département de l'Aude) ; des avances remboursables pour « accompagner la trésorerie des coopératives viticoles » (au-dessus de 30 % de pertes) ; la mobilisation du dispositif Foster préexistant (garanties d’emprunts en besoin en fonds de roulement) ; et enfin une « aide spécifique à l’association audoise des agriculteurs sinistrés non-pris en compte par l’État ». Par ailleurs, la région Occitanie va porter plusieurs demandes auprès de l’État, notamment celle d’élargir le fonds d’urgence gouvernemental de 8 M€. Enfin, à l’assemblée plénière de novembre, les élus régionaux occitans examineront une feuille de route « Occitanie Résilience », pour laquelle la région demande l’appui de l’État et de l’UE. Une démarche distincte du « plan de sauvegarde et d’avenir » lancé par le gouvernement Bayrou.
Fruits et légumes : quatre scénarios pour l'avenir de la filière à horizon 2040 (étude)
La filière fruits et légumes doit se transformer collectivement pour éviter les impasses qui pèsent sur elle à horizon 2040, rapporte une étude prospective menée par le Ceresco et Agroclimat 2050, publiée le 9 septembre. Depuis plusieurs années, elle décroche face à la progression des importations, en provenance notamment de l’Espagne et du Maroc. À cette concurrence s’ajoutent, pour ne citer qu’eux, la multiplication des aléas climatiques, les restrictions de produits phytosanitaires ou encore le changement des habitudes alimentaires. Pour anticiper les évolutions de la filière d’ici quinze ans, l’étude envisage quatre scénarios. Dans le premier, le renforcement de la souveraineté alimentaire européenne conduirait à une spécialisation des bassins de production, au prix notamment d’une moindre diversité. Le second scénario, centré sur l’agroécologie, ne serait économiquement viable qu’avec un fort accompagnement des producteurs. Dans un scénario marqué par « une mondialisation accrue », la priorité serait donnée aux grandes cultures au détriment des exploitations de fruits et légumes. Enfin, dans une logique de « reconquête opportuniste », la France tirerait parti du changement climatique pour gagner des parts de marché sur ses voisins du sud. Quelle que soit la trajectoire adoptée, l’étude conclut que l’adaptation au changement climatique sera un passage obligé pour la filière.
Enseignement : un décret organise le Bachelor Agro pour la rentrée 2026
Créé dans le cadre de la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025, le Bachelor Agro est organisé par un décret paru le 9 septembre au Journal officiel. De niveau Bac +3, ce nouveau diplôme verra ses premières formations ouvrir « à la rentrée 2026 pour des étudiants titulaires d’un Bac +2 », avant d’être accessibles « en post-bac via Parcoursup à partir de 2027 », avait rappelé le 1er septembre le ministère de l’Agriculture. « Par son adossement à la recherche, notamment agronomique, le Bachelor Agro confère à ses titulaires la capacité d'analyser des problèmes complexes liés aux transitions climatique et environnementale, d'une part, et les moyens de s'adapter aux évolutions futures des métiers, de contribuer aux innovations des secteurs agricoles, agroalimentaires et forestiers et de maîtriser le développement de leur carrière professionnelle, notamment dans un contexte européen ou international, d'autre part, selon le décret. Il comprend une initiation à la recherche. » Ce Bac +3 « doit devenir le diplôme de référence en agronomie pour former aux métiers de demain », affirme le ministère dans un communiqué.
Agrofournitures : Célia Brogniet passe de RAGT Semences à Actura
Le réseau Actura (134 adhérents, 738 M€ de chiffre d’affaires) annonce qu’à compter du 15 septembre, Célia Brogniet sera la nouvelle directrice du pôle semences : elle remplace Thomas Philippe qui a quitté l’entreprise cet été pour rejoindre le groupe PalmElit. Rattachée à la direction générale, Célia Brogniet aura pour mission de « piloter la structuration et la performance opérationnelle de ce pôle stratégique, au cœur du plan Horizon 2030 ». Elle pilotera également la société AgraSem et aura notamment en charge la direction de la future unité de production du groupe qui devrait être opérationnelle en juillet 2027. Célia Brogniet possède une solide expérience dans le monde de la semence puisqu’elle a précédemment évolué au sein des entreprises RAGT Semences, Lidea et Caussade Semences à différents postes : marketing, développement commercial, achats, management de centres de profit et conduite de projets de transformation. Pour rappel, l’équipe semences d’Actura s’est renforcée en août avec le recrutement de Michel Bazille au poste de leader semences en céréales à paille. (Anne Gilet)