Agrafil du 12 mai 2026

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Viande/antibiotiques: le Brésil doit se mettre en conformité s'il veut continuer à exporter vers l'UE

Les Etats membres de l’UE ont adopté à l’unanimité, le 12 mai, une mise à jour de la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux dans l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques qui exclut la viande brésilienne. Malgré l’entrée en vigueur de manière provisoire, le 1er mai, de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, le Brésil ne pourrait plus exporter de viande bovine, équine, de volaille, d’œufs, de produits d'aquaculture, de miel et de boyaux vers l'UE à partir du 3 septembre. «Nous avons étroitement collaboré avec les autorités brésiliennes sur cette question et poursuivrons nos échanges afin d'obtenir leur mise en conformité avec ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, l'UE pourra autoriser les exportations», précise la Commission européenne contactée par Agra. Pour figurer de nouveau dans cette liste, le Brésil va devoir «garantir le respect des exigences de l'UE concernant l'utilisation d'antimicrobiens pendant toute la durée de vie des animaux dont proviennent les produits exportés». Conformément à une réglementation européenne adoptée en février 2024, l’utilisation d’antimicrobiens en tant que facteur de croissance ou pour augmenter le rendement du bétail est interdite, de même que l’utilisation d’antimicrobiens réservés aux infections humaines pour traiter les animaux.

Élevage : le Brésil va cesser d’utiliser certains antibiotiques comme facteurs de croissance

Via un arrêté publié au Journal officiel le 27 avril, le ministère brésilien de l’Agriculture (Mapa) a interdit « l'importation, la fabrication, la commercialisation et l'utilisation » des additifs améliorant les performances des animaux d’élevage contenant plusieurs antimicrobiens. Les substances visées sont l’avoparcine, la virginiamycine et la bacitracine (y compris bacitracine de zinc et bacitracine méthylène disalicylate). Selon le média spécialisé CompreRural, ces molécules sont « largement utilisées en élevage pour améliorer les performances » des bovins, porcins et volailles. En particulier, la virginiamycine est « l'un des additifs les plus répandus sur le marché ». Le texte prévoit un délai de grâce de 180 jours pour les produits déjà fabriqués ou importés avant la date d’interdiction (le 27 avril). Les antibiotiques ciblés restent utilisables en traitement thérapeutique, sur prescription vétérinaire. Comme le souligne CompreRural, « cette décision aligne le Brésil sur les marchés les plus exigeants, notamment l'Europe ». Pour rappel, l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, prévoyant des quotas d’importation de bœuf, de volaille et de porc, est entré en vigueur à titre provisoire le 1er mai.

Alimentation animale : les eurodéputés socialistes alertent Bruxelles au sujet d’Eurolysine

Dans une lettre adressée le 5 mai au commissaire européen Stéphane Séjourné, vice-président exécutif en charge de la Prospérité et la Stratégie industrielle, les eurodéputés socialistes français alertent quant à la situation économique d’Eurolysine et demandent à Bruxelles des actions urgentes. Eurolysine, filiale du groupe Avril dont le siège est basé à Amiens, est la seule entreprise en Europe à produire de la lysine, un acide aminé essentiel pour la santé humaine et animale. Elle subit de plein fouet une concurrence déloyale de la part d’importations chinoises sur lesquelles l’UE impose pourtant des droits antidumping depuis début 2025. Si les parlementaires français se réjouissent de l’ouverture par Bruxelles d’une nouvelle enquête anti-absorption annoncée le 30 avril, ils estiment néanmoins que « seul le rétablissement de droits de douane à hauteur de 80% […] permettra de sauver l’usine et ses emplois ». Ils s’inquiètent, en outre, de la longueur de la procédure. « Eurolysine perd de l’argent et le temps du site est compté », soulignent les auteurs de la lettre.

Céréales : le ministère confirme une baisse notable de la sole française de maïs 2026

Dans sa note de conjoncture mensuelle Agreste, parue le 12 mai, le service de statistique ministère de l’agriculture) estime une baisse de la sole hexagonale de maïs grain entre 2025 et 2026 de 10,9 %, pour tomber à 1,38 Mha. Cette prévision correspond à la fourchette basse des attentes de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) que nous révélions courant avril, qui prévoit un recul, pour le moment, de 10 % à 15 %. L’organisme confirme l’hétérogénéité des situations. Le grand Ouest est le plus touché. Le repli des assolements atteindrait 30 % dans les Pays de la Loire, 16 % en Bretagne, 13 % en Midi-Pyrénées, et 12 % en Poitou-Charentes. Les surfaces de tournesol et de soja augmenteraient annuellement de leur côté, de respectivement 4,7 % et 4 %, à 717 000 ha et 156 000 ha. Ces variations s’avèrent inférieures à celles attendues par Terres Univia (interprofession des oléoprotéagineux). Néanmoins, ces chiffres sont amenés à évoluer dans les prochains mois. Comme pour le maïs, les situations divergent selon les régions. A noter que l'Aquitaine pourrait connaître une progression de 24 % de sa surface de tournesol en 2026. Concernant les autres cultures (blé, pomme de terre, orge, etc.), les modifications par rapport au mois précédent sont mineures.

Engrais/cadmium: l'examen d'un texte pour réduire l'exposition prévu début juin

L’Assemblée nationale doit examiner début juin une proposition de loi écologiste pour limiter les risques d’exposition au cadmium. Le texte porté par les députés Benoît Biteau et Clémentine Autain (L’Après) a été retenu pour être étudié la semaine du 1er juin consacrée aux initiatives transpartisanes, après accord des différents groupes politiques. La proposition de loi était initialement prévue à l’agenda de l’Assemblée cette semaine, mais en dernière position, après six autres textes, rendant son examen en réalité quasi impossible. Dans un rapport publié en mars, l’agence sanitaire Anses préconise de diminuer la teneur en cadmium des engrais minéraux phosphatés. La proposition de loi entend appliquer les recommandations de l’Anses, soit réduire la teneur maximale en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés à 40 milligrammes par kilo dès 2027, puis à 20 à partir de 2030. Le gouvernement doit aussi faire paraître prochainement un texte réglementaire sur le sujet : fin mars, le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait indiqué que son projet de trajectoire avait « été soumis en février au Conseil d’État, qui doit rendre ses conclusions d’ici avril ». Moins ambitieux que l'Anses, le ministère envisage de passer « de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027 (soit le niveau européen, NDLR), 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg (le niveau recommandé par l’Anses, NDLR) après une étude d’impact favorable et avant 2038 ».

Engrais: manifestation du Copa-Cogeca le 19 mai à Strasbourg pour demander la suspension du MACF

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) annoncent qu’elles manifesteront le 19 mai à Strasbourg devant le Parlement européen en marge de la présentation par la Commission européenne du plan d’action sur les engrais. «Ce plan, à moins d'un changement de cap rapide, risque de ne pas répondre aux attentes des agriculteurs européens ni de faire face à l'ampleur de la crise qui se développe depuis le début du conflit en Iran. Pourtant, la Commission européenne dispose des outils et des moyens d'agir à court, moyen et long terme», prévient le Copa-Cogeca. Il demande notamment la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) sur les engrais ainsi que des précisions sur la manière dont «les recettes issues du MACF seront redistribuées au sein de l'UE». Selon un premier projet circulant à Bruxelles, ce plan devrait prévoir un soutien exceptionnel aux agriculteurs les plus touchés par le biais des instruments de crise de la Pac (sans que le montant soit connu à ce stade) mais aucune suspension du MACF. Bruxelles évoque seulement la mise en place, d’ici début 2027, d’un mécanisme permettant d'allouer une partie des recettes liées au système d'échange de quotas d'émission (SEQE) aux agriculteurs afin de soutenir leurs transitions.

Agrochimie : embellie de l'activité de Bayer, mais le glyphosate creuse la dette

Dans un communiqué du 12 mai, le groupe Bayer a annoncé un doublement de son bénéfice net au premier trimestre 2026, sur fond de rebond de son activité d'agrochimie, pour ressortir à 2,8 Md€. Mais il a creusé son endettement à cause des litiges liés au glyphosate. Par ailleurs, le résultat d'exploitation ajusté (EBITDA) a progressé de 9% entre janvier-mars 2025 et 2026, à 4,45 Md€. L'activité agrochimique du groupe a, contrairement aux précédents exercices, plus que compensé la mauvaise performance de la branche pharmaceutique. Habituée aux prix bas et à une conjoncture mondiale faible, la division "Crop Science" a connu un bond de son chiffre d'affaires de 6,8% sur un an au premier trimestre 2026, à 7,6 Md€, notamment grâce aux semences de soja et de maïs. En revanche, depuis le début de l'année, les coûts des litiges aux Etats-Unis, principalement liés au glyphosate, ont aggravé de 9% l'endettement financier net de Bayer, à 32,5 Md€. Le géant industriel s'est résolu en février dernier à un douloureux accord financier - jusqu'à 7,25 Md$ - pour écarter les procès sur le Roundup, son herbicide au glyphosate accusé d'être cancérigène. Sur janvier-mars 2026, les achats d'herbicide au glyphosate ont reculé de 15% par rapport à l’an dernier sur la même période, les clients de Bayer retardant leurs commandes dans un climat d'incertitude.

Biodiversité : Bruxelles consulte en prévision d'une révision des directives Oiseaux et Habitats

La Commission européenne a ouvert le 12 mai (jusqu’au 4 août) une consultation publique en vue d’une éventuelle révision des directives Oiseaux et Habitats. Lancée dans une vaste opération de simplification de la législation environnementale – des propositions sur la directive Nitrates et la directive-cadre sur l’Eau sont également en préparation – Bruxelles précise vouloir évaluer les possibilités «de réduire les charges administratives inutiles tout en maintenant l’ambition et les exigences élevées des directives en matière de protection de la nature» pour atteindre leurs objectifs «à moindre coût». Sur la base des avis collectés, des propositions législatives pourraient être présentées d’ici la fin de l’année. La Commission européenne a déjà publié début avril des lignes directrices visant à assurer une meilleure application de la directive Oiseaux et des zones Natura 2000. 

Reliquats bio : 5 M€ «fléchés» vers la bio et encore un report de la réunion interministérielle

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard s'est déplacée le 12 mai en Ille-et-Vilaine sur l'exploitation du nouveau président de l'Agence bio, Bruno Martel, pour préciser que, sur les 40 millions d'euros d'abondement des Maec annoncés le 8 mai, issus de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027 (estimée à 100 M€/an), cinq millions seront «fléchés» vers l'agriculture bio. Son cabinet n'a pas précisé par quelle méthode. Un scénario probable est que ces 5 M€ soient fléchés vers les Maec systèmes herbagers, souvent contractés par les agriculteurs bio. La répartition de la nouvelle enveloppe de Maec entre régions est en cours. Plusieurs Draaf (préfecture) ont d'ores et déjà reçu des enveloppes indicatives, à l'instar de la Bretagne (1,8 M€), et doivent remonter leurs besoins. Le sort du reste de l'enveloppe de reliquats d'aide bio reste en suspens : la réunion interministérielle qui doit permettre un arbitrage a été une nouvelle fois reportée. Prévue ce 12 mai, elle est désormais attendue le 19 mai. Ce nouveau report intervient alors que Bercy lorgne depuis plusieurs mois sur cette enveloppe de reliquats, pour faire des économies dans le budget de l'Etat.

Pêches/nectarines : encore une bonne récolte attendue cette année

Dans une note de conjoncture parue le 12 mai, le service de statistique du ministère de l'Agriculture annonce que la récolte de pêche et nectarines, très stable depuis 2022, est attendue en avance et à un bon niveau cette année, à 234 000 t, en hausse de 4 % sur une année, et de 5 % par rapport à la moyenne quinquennale (grevée par la mauvaise récolte de 2021). Dans le détail, l'Occitanie (44 % de la production nationale) devrait rebondir, avec un « bon potentiel, après une année de faible récolte ». Après avoir connu une croissance l'an passé, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (36 % de la production) devrait maintenir son niveau. Dans la Vallée du Rhône (16 % de la production), « la floraison a été rapide et abondante, le gel a été sans grande conséquence sur le niveau de production, qui s’annonce quasi équivalent à celui de 2025 ». L'an passé, l'AOPn Pêches/nectarines avait jugé la campagne « satisfaisante », avec une première partie marquée par une forte demande en raison d’une bonne qualité des fruits, une météo favorable et une faible concurrence espagnole. La deuxième partie de saison avait été moins clémente, avec « un essoufflement de la consommation, et ce malgré la canicule ».

Fruits rouges : au Royaume-Uni, la filière s’inquiète des hausses des coûts

Dans un communiqué de presse début mai, l’association British Berry Growers, qui représente environ 95% des producteurs de petit fruits rouges Outre-Manche, alerte sur l’impact des augmentations de coûts engendré par la situation géopolitique actuelle. Elle a demandé au cabinet conseil Andersons de les chiffer : +30 à 40 % pour les engrais et les protections de culture, +10 à 25 % pour les emballages, +15 à 25 % pour le transport et environ +60 % pour l’énergie. « Ce qui est frappant, c’est l’ampleur et la rapidité de ces hausses. Quelques semaines seulement, au moment même où la saison britannique débute. » note Nick Marston, président de British Berry Growers, « À l’approche du pic de la saison, il est important que ces augmentations soient prises en compte tout au long de la chaîne d’approvisionnement ». Un appel du pied à la grande distribution. Dans sa dernière étude annuelle sur l’état de la filière (novembre 2025), le syndicat soulignait que plus d'un tiers (34 %) des producteurs britanniques envisageaient de réduire ou d'abandonner complètement la production face aux incertitudes et à une rentabilité dégradée.

Vin : Cordier by InVivo change de nom et devient Vinadeis by InVivo

Suite au rachat des marques Cordier et Café de Paris par AdVini, Cordier by InVivo, la filiale vin du groupe InVivo, a endossé un nouveau nom depuis le début du mois de mai : Vinadeis by InVivo. Une transition, annoncée sur LinkedIn, qui reflète « une volonté de recentrer l'identité de l'entreprise autour de ses racines occitanes et de ses marques phares ». Un changement acté après que les négociations commerciales entre Cordier by InVivo et le groupe AdVini, leader des vins de terroir, ont abouti le 30 avril : un protocole d’accord avait été signé le 12 mars. Les deux entreprises précisent, dans un communiqué commun, que le rachat des marques Cordier et Café de Paris par AdVini a été approuvé et que Vinadeis by InVivo et ses affiliés détiennent désormais 7,9 % du capital d’AdVini. AdVini consolide ainsi « ses positions commerciales aux Pays-Bas, en Belgique, aux États-Unis, au Canada et au Japon, avec l’apport d’un chiffre d’affaires annuel supplémentaire à l’export autour de 50 M€ », « entre, avec la marque Café de Paris, sur le marché des vins effervescents et des vins désalcoolisés » et « consolide sa présence dans le Bordelais avec l’apport de la marque historique Cordier ». De son côté Vinadeis s’appuie sur une base viticole de 29 000 hectares répartie entre Bordeaux, le Sud-Ouest, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et le Beaujolais et 10 caves coopératives (Anne Gilet)

Vin/jus de fruit : Famille Perrin rachète le fabricant de jus Alain Milliat

Famille Perrin, à la tête de vignobles en Vallée du Rhône, Provence et Californie, rachète le spécialiste du jus de fruit premium Alain Milliat, ont-ils annoncé le 12 mai. En devenant « actionnaire majoritaire » aux côtés du fondateur et des dirigeants de l’entreprise drômoise, le vigneron et négociant investit dans le no-low. « Aujourd’hui, les univers du vin et des boissons (sans alcool) ne s'opposent plus, ils se rejoignent », souligne le CEO Marc Perrin, sur le réseau social LinkedIn. Ce rapprochement « va permettre d’accélérer le développement international d’Alain Milliat », affirme de son côté Pierre-Olivier Gandon, directeur général du fabricant de jus, nectars et boissons naturelles. « Notre ambition est de reproduire plus largement à l'échelle mondiale, le modèle de distribution sélective qui a fait la force de la marque en France », selon le communiqué commun. Alain Milliat (chiffre d’affaires de 20 M€ environ) lançait, le 17 septembre, une nouvelle gamme sur le marché du no-low. Présent depuis une douzaine d’années dans les jus de raisin de cépage, le fabricant présentait deux pétillants : le pinot noir « blanc de noirs » et le chardonnay « blanc de blancs ». Quelque 200 000 bouteilles devaient être commercialisées, autour de 14 et 16 euros. Désormais unis, Famille Perrin et Alain Milliat « entendent poursuivre leurs activités de façon indépendante ».

Tomate d’industrie : en Italie, la filière se réoriente vers des produits mieux valorisés

Dans un communiqué de presse le 11 mai, l’Organisation interprofessionnelle de transformation de la tomate du nord de l’Italie dresse le bilan de la campagne 2025, soulignant la réorientation progressive de la production vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Plus précisément, la part des tomates destinées à la « passata » (purée) est passée de 23 % à 33 % en dix ans, confirmant ainsi la position de leader de l'Italie du Nord sur ce segment. La purée est exclusivement élaborée à partir de tomates récoltées dans les champs de la région et livrées fraîches aux entreprises de transformation, conformément à la législation italienne en vigueur depuis 2005. Environ 93 % des tomates transformées proviennent de l'agriculture intégrée et 7 % de l'agriculture biologique. Pour le segment biologique, la « passata » est également le principal produit fini. L’organisation interprofessionnelle souhaite que l'obligation d'indiquer l'origine des tomates sur les produits finis, telle qu'elle est prévue par la loi italienne, soit étendue au niveau européen. En 2025, 3 millions de tonnes de tomates fraîches ont été cultivées sur environ 45 000 hectares. En termes de transformation, le syndicat indique que les pulpes demeurent le principal produit (39%) suivies de la purée (33%), le concentré (27%) et les sauces (1%).

Relations commerciales : la FCD prudente sur les demandes de renégociations

Après la réunion tenue le 11 mai par les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Serge Papin (Commerce), ouvrant la possibilité de renégociations au cas par cas entre industriels et distributeurs, ces derniers se montrent plutôt prudents par rapport à cette perspective. « Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans les conditions qui nécessiteraient une réouverture généralisée des négociations. Quelques demandes ciblées émanent de secteurs très variés, les boissons, du DPH (droguerie, parfumerie, hygiène, NDLR)… mais des demandes éparses, ponctuelles. Et toute remontée est examinée avec discernement dès lors qu’elle est argumentée et chiffrée », précise Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD (distributeurs). Pour défendre sa position, la FCD rappelle que ces demandes « viennent majoritairement de multinationales qui affichent dans le même temps des bénéfices importants » et qu’« augmenter les tarifs ne garantira pas le maintien des volumes : il (le consommateur, NDLR) fera des arbitrages. » Elle récuse par ailleurs le maintien de la date butoir pour les négociations annuelles, une « anomalie » qui « finit in fine par coûter cher, aux distributeurs et aux consommateurs. » Les industriels, de leur côté, demandent à renégocier leurs tarifs avec les distributeurs pour prendre en compte les hausses de coûts de production, conséquences de la crise au Moyen-Orient.

Commerce équitable : les ventes d’Agri-Ethique en hausse de 28% en 2025 à 1,2 Mrd€

Les ventes de produits labellisés Agri-Ethique ont atteint 1,169 milliard d’euros en 2025, en hausse de 28% par rapport à 2024. Une progression moindre par rapport à la très forte hausse observée en 2024, lorsque les ventes avaient bondi de 75% en une année. Ce label de commerce équitable qui garantit la production et la transformation en France, compte désormais 60 marques partenaires, dont les dernières labellisées en 2025 sont Bonduelle Food Service (légumes), Andros Food Service (lait fourni par l’APLBC) et La Fournée Dorée (farine fournie par la Cavac et projet d’approvisionnement en œufs d’ici 2027 auprès de cinq éleveurs), représentant 1169 produits différents. Le label, qui correspond à la définition officielle du commerce équitable, est basé sur « la fixation d’un prix de la matière première sur une durée contractuelle pluriannuelle de trois ans minimum », selon un communiqué diffusé le 12 mai. Agri-Éthique compte atteindre 2 milliards d’euros de ventes consommateurs d’ici 3 ans, en se basant sur plusieurs leviers : « le développement en restauration collective via le cadre de la loi Egalim, l’ouverture de nouvelles filières et l’engagement de nouvelles entreprises partenaires. »