Agrafil du 12 août 2024

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FCO-3: la vaccination démarre ce lundi avec deux jours d’avance, trois foyers confirmés

La campagne de vaccination volontaire contre le sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3) démarre lundi 12 août, avec deux jours d’avance sur le calendrier initialement prévu, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 9 août. Au lieu des 4,6 millions de doses prévues, ce sont 6,4 millions de doses (1,1 million pour les ovins, 5,3 millions pour les bovins) qui seront «gratuitement fournies par l’État aux éleveurs» qui en font la demande. La campagne concerne une «zone de vaccination volontaire» qui couvre six régions* du nord et de l’est – ailleurs, les éleveurs pourront vacciner, mais à leur charge. D’après un communiqué, «la priorité est d’assurer une couverture vaccinale maximale pour la protection des cheptels ovins», les plus affectés par la maladie. «L’intérêt de la vaccination des bovins [reste] réel», insiste toutefois la Rue de Varenne. Sur le plan sanitaire, selon le dernier bilan au 8 août, trois cas sont confirmés dans l’Aisne, le Nord et les Ardennes. La zone réglementé (150 km autour des foyers) a été ajustée en conséquence: elle couvre désormais une vaste bande allant de la Seine-Maritime aux Vosges, en passant par le Loiret.
* Hauts-de-France, Normandie, Île-de-France, Grand Est, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté

FCO-3: l’État prend en charge les visites de diagnostic et les analyses de confirmation

Alors que la France connaît ses premiers cas du sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3), le ministère de l’Agriculture a fait paraître deux arrêtés ajustant le dispositif de lutte contre cette maladie. Le premier fixe les «mesures financières» relatives à la FCO. Outre la prise en charge du vaccin et de l’acte de vaccination dans la «zone de vaccination volontaire» (lire ci-dessus), l’État finance les visites des vétérinaires sanitaires «visant à diagnostiquer» la maladie, ainsi que les actes liés. Le montant par visite est fixé à «six fois le montant de l’acte vétérinaire», lui-même établi à 14,18 € HT. Les pouvoirs publics financent aussi «le coût des analyses réalisées en laboratoire agréé» pour confirmer la FCO et les prélèvements effectués dans ce but (selon des barèmes également basés sur le montant de l‘acte vétérinaire). Quant au second arrêté, il porte sur les mesures de surveillance et de lutte; il vient modifier un précédent texte paru début juillet. Parmi les nouveautés, il ajoute les «échanges» aux motifs permettant aux animaux de quitter la zone régulée FCO-3, après analyse PCR. Il permet aussi aux préfets d’interdire les sorties d’animaux, sauf pour abattage, dans les établissements suspectés (visés par un APMS, arrêté préfectoral de mise sous surveillance).

FCO: en Occitanie, le sérotype 8 a tué des milliers d’ovins ces dernières semaines

Alors qu’un premier cas français de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 3 a été a été confirmé le 7 août dans le département du Nord, le sérotype 8 de la maladie, présent dans le pays depuis 2006, frappe fortement les Pyrénées-Orientales depuis juin, d'où il a progressé de l'est vers l'ouest, touchant également l'Aude et l'Ariège. «À ce stade, nous avons d'ores et déjà 4000 brebis mortes dans les trois départements, et on pense atteindre les 6000 d'ici la fin du mois» (sur un total de 15 000 dans les Pyrénées-Orientales, 75 000 en Ariège et 40 000 dans l'Aude), estime Myriam Cormary, directrice de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales. Aucune donnée n'a été livrée au niveau national sur les cas de FCO recensés dans le sud du pays. «Il y a un impact sur la mortalité, mais il y a [aussi] un risque pour la productivité et la fertilité», avertit Myriam Cormary. «La maladie est très [pénalisante] sur les petits élevages lait et viande, avec une mortalité importante, et dans certains cas un arrêt de la production de lait ou de fromage», observe Philippe Lacube, président de la chambre d'agriculture de l'Ariège. Dans un communiqué du 7 août, plusieurs organisations représentant les éleveurs ont demandé la gratuité des vaccins et l’indemnisation des pertes financières pour les éleveurs face à la FCO et la maladie hémorragique épizootique (MHE).

Vin: une production estimée entre 40 et 43 Mhl, inférieure à la moyenne (ministère)

La production viticole 2024 est estimée entre 40 et 43 Mhl, un niveau inférieur à 2023 (47,9 Mhl) et à la moyenne 2019-2023 (44,2 Mhl), selon les premières estimations établies au 1er août par le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste). Elle apparaît « en baisse dans presque tous les bassins viticoles », la Corse faisant exception avec une hausse par rapport à la moyenne quinquennale, souligne une note parue le 9 août. Parmi les explications, « le mildiou, favorisé par les conditions humides du début de l’été, touche la plupart des bassins viticoles et pourrait causer des pertes importantes ». Des épisodes de gel ou de grêle ont aussi localement réduit les volumes de production. Agreste ajoute que « de nombreux vignobles ont été marqués par des phénomènes de coulure » (chute des fleurs ou des jeunes baies) et parfois de millerandage (taille variable des baies), conséquence d’un temps frais et humide lors de la floraison. Cette faible vendange intervient en pleine crise, surtout dans le sud qui n'est pas épargné par les mauvaises conditions. Dans le Bordelais notamment, « une réduction des surfaces d’environ 8 000 ha, suite au plan d’arrachage, contribue à diminuer la production attendue, en plus des pertes potentielles dues à la coulure, au mildiou, et aux orages de grêle ».

Céréales: Agreste confirme les moissons catastrophiques, prévisions favorables en maïs

Dans une note de conjoncture publiée le 9 août, Agreste confirme la dégringolade de la production française de céréales en 2024, à 54,8 Mt (-15,5%/2023; -14,3%/2019-2023). En particulier, la ferme France engrange «une des plus faibles récoltes des 40 dernières années» en blé tendre, avec 26,3 Mt (-24,9%/2023; -23,9%/2019-2023). Associé à des surfaces «exceptionnellement faibles» (4,2 Mha), le rendement moyen s’établit à 62,4 q/ha, en chute partout, sauf sur le littoral méditerranéen, «en raison des conditions météorologiques de l’hiver 2023». Un ordre de grandeur proche de l’estimation d’Argus Media en début de semaine. La baisse est généralisée pour toutes les céréales, selon le ministère de l’Agriculture. La production de blé dur «atteindrait son plus bas niveau depuis 1997», à 1,2 Mt (-8,3%/2023; -16,6%/2019-2023). Idem pour la production d’orge, prévue à 10,4 Mt (-15,3%/2023; -12,2%/2019-2023). L’orge d’hiver chute lourdement, à 7,2 Mt, tandis que l’orge de printemps progresse sur un an, à 3,2 Mt. Seule exception: la récolte de maïs grain – qui n’a pas commencé – est attendue en hausse, à 14 Mt (+8,4%/2023; +5,4%/2019-2023), grâce à des surfaces en progression et à un rendement dans la moyenne quinquennale (87,8 q/ha). Des prévisions provisoires «à prendre avec précaution», en raison du retard du calendrier.

Oléoprotéagineux: baisse de production généralisée par rapport à 2023 (Agreste)

La production française d’oléagineux devrait fondre de 8,1% par rapport à 2023 (à 6,25 Mt), tandis que celle des protéagineux s’effondrerait de 23% (à 685 000 t), estime le service de statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) dans une note de conjoncture publiée le 9 août. Pour l’ensemble des cultures, les surfaces et les rendements reculent sur un an, à l’exception du soja pour les rendements. Le colza, premier oléagineux cultivé en France, devrait voir sa production reculer de 7,6% (à 3,9 Mt), tandis que celle de tournesol chuterait de 10,1% par rapport au «record de 2023» (à 1,85 Mt). Malgré des rendements en légère progression, le soja est pénalisé par la fonte des surfaces (-4% de production, à 372 Mt). Rapportées à la moyenne quinquennale 2019-2023, les prévisions de production apparaissent plus encourageantes: +4,3% en colza et +6,8% en tournesol, mais -8,7% en soja. Côté protéagineux, en revanche, tous les indicateurs sont au rouge. Le pois protéagineux, première espèce, accuse une chute de production de 27,6% par rapport à 2023 (à 480 Mt), tandis que la production de féveroles est attendue à -9,7% (à 195 Mt).

Voitures chinoises: Pékin annonce saisir l’OMC dans son différend avec l’UE

Le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 9 août, saisir l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC afin de trancher dans le cadre du contentieux qui l’oppose à l’UE au sujet des mesures compensatoires provisoires de Bruxelles sur les véhicules électriques. Cette décision marque une nouvelle étape dans l’escalade des tensions commerciales entre les deux parties, et ce alors qu’une une période de dialogue pour trouver une solution consensuelle s’était ouverte. L’empire du Milieu justifie sa plainte «afin de protéger les droits et intérêts de l’industrie des véhicules électriques et la coopération mondiale pour la transition verte». Et d’ajouter que les sanctions européennes «violent gravement les règles de l’OMC et nuisent à la coopération mondiale pour faire face au changement climatique». Le secteur agroalimentaire européen est une victime collatérale de ce conflit, puisque Pékin a lancé depuis début 2024 des enquêtes antidumping sur les importations européennes de viande porcine et de cognac. Une situation qui inquiète les ministres de l’Agriculture de l’UE, comme ils ont pu le rappeler le 15 juillet à l’occasion d’une réunion du Conseil Agriculture.

Lait: Sunlait fait une proposition d’accord-cadre à Savencia, réponse attendue d’ici fin août

Dans un communiqué du 9 août, l’association d’organisations de producteurs (AOP) Sunlait annonce avoir envoyé une proposition d’accord-cadre à la laiterie Savencia. «Une réponse est attendue de la part de Savencia Ressources laitières pour le 26 août au plus tard», indique le communiqué. L’AOP (1000 producteurs, 600 Ml de lait) se dit «ouvert[e] aux échanges et discussions pour parvenir à signer un nouvel accord-cadre avant octobre 2024». Par ailleurs, elle a saisi le comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA) en juin «pour permettre une mise en conformité sur la fixation du prix (du lait, NDLR) pour la période de mars à octobre 2024». En février, le CRDCA avait contraint les deux parties à prolonger leur contrat de collecte. L’industriel a dénoncé en 2022 le contrat-cadre qui le lie aux producteurs dans un contexte de conflit judiciaire sur la détermination du prix du lait. En décembre, la cour d’appel de Caen a infirmé le jugement de première instance qui avait donné raison à Sunlait. 

Fruits rouges: un négociant du Loir-et-Cher condamné pour avoir «francisé» ses produits

Comme attendu, la SEE Claude Janvier, grossiste en fruits et légumes à Vernou-en-Sologne (Loir-et-Cher), qui a «francisé» plusieurs milliers de tonnes de petits fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles), a finalement été condamné le 1er août par le tribunal correctionnel de Blois à une amende de 100 000 €, rapportent les services départementaux de l'État. En l’espèce, Philippe Janvier – par ailleurs condamné à titre personnel à 20 000 € d’amende en tant que président de la société – a reconnu avoir acheté, entre 2019 et 2021, 4547 t de fraises, 278 t de framboises et 194 t de myrtilles à l’étranger (Espagne, Allemagne...), pour les revendre ensuite comme françaises. «La francisation est une pratique commerciale trompeuse consistant à annoncer qu’un produit est d’origine française alors qu’il ne l’est pas», rappelle la DGCCRF (Fraudes). De son côté, la société, qui emploie 120 personnes, a indiqué à l’AFP qu’elle comptait interjeter appel à la suite de ce jugement.

Bovins: le Modef demande à «supprimer» les arrêtés renforçant la lutte contre l’IBR

Le Modef a demandé au ministre de l’Agriculture de «supprimer» deux arrêtés pris au début de l’été pour renforcer la lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), dénonçant des textes «très contraignants», «rédigés par des technocrates» et «soutenus par la FNSEA». La France s’est engagée à éradiquer d’ici 2027 cette maladie virale qui touche les bovins (sans transmission à l’homme). Le premier texte incriminé, paru le 22 juin au Journal officiel, instaure une obligation de réformer les animaux infectés. «Le calendrier imposé pour l’abattage des animaux au 1er août 2025 ne pourra pas être respecté», estime le syndicat minoritaire dans une lettre ouverte, arguant que «les vaches ont été mises en reproduction en juillet 2024» et «vont vêler en avril-mai 2025». Un calendrier incompatible avec un abattage au 1er août, car «il faut quatre mois après le sevrage du veau» pour «engraisser une vache de réforme». Le second texte met en place une aide pour chaque bovin infecté abattu (200 € par tête pour les troupeaux vaccinés, 180 € pour les autres). Des montants qui ne sont «pas à la hauteur des pertes», déplore le Modef. Enfin, le syndicat minoritaire demande «plus de recherche publique sur les vaccins existants et la détection de l’IBR en laboratoire».

Algues vertes: des associations bretonnes s'organisent pour obtenir réparation (presse)

Quatre associations bretonnes appellent les citoyens à recenser les marées vertes afin de mener une action en justice contre l’État, rapportent nos confrères de Ouest-France le 7 août (article payant). Le collectif, composé notamment des associations Force 5, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre et Défense des victimes des marées vertes, souhaite montrer «l’effondrement de la biodiversité» aux endroits où les algues prolifèrent. «Très peu d’espèces survivent dans ces zones, qu’il s’agisse de coquillages ou de crustacés», indique Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor. Le collectif compte lancer deux procédures judiciaires – l’une sur le plan administratif, l’autre sur le plan pénal – pour «obtenir des injonctions de réparer les dégâts dans ces zones sensibles», selon le président de Force 5, Jean-Yves Quémeneur. D’après Ouest-France, une plainte a par ailleurs été déposée au pôle judiciaire régional de l’environnement à Brest, le 16 juillet, contre les gestionnaires de la réserve naturelle de Saint-Brieuc, le président du conseil régional de Bretagne et la chambre d’agriculture. En outre, deux des quatre associations ont appelé le député Mickaël Cosson (Modem, Côtes-d’Armor) à créer une commission d’enquête sur le sujet des algues vertes en Bretagne, rapporte Ouest-France mi-juillet (article payant).

Environnement: déforestation de l’Amazonie en hausse en juillet, en baisse sur un an

La déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté pour la première fois depuis 15 mois, rapporte l’AFP le 7 août. La surface déforestée a atteint 666 km2 en juillet, soit une hausse de 33% par rapport à juillet 2023 (500 km2), selon les données de l'Institut national de recherches spatiales (INPE). Cependant, la tendance de fond demeure à la baisse, ce qui constitue un point fort du bilan de l’actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, revenu au pouvoir en janvier 2023, alors que la déforestation était montée en flèche sous son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro. En effet, sur les 12 derniers mois, la déforestation a baissé de 45,7% par rapport à la période antérieure. La surface de forêt déforestée a atteint 4315 km2 entre août 2023 et juillet 2024, contre presque 8000 km2 sur la période août 2022-juillet 2023. Pour rappel, Lula a promis de mettre fin à la déforestation illégale au Brésil d’ici 2030, un problème fortement lié à l’expansion agricole et à l’exploitation minière illégale.

Semences fermières: une étude souligne l’intérêt des systèmes de royalties

Visant à financer la recherche variétale, la mise de place d’une contribution sur les semences fermières «permet d’améliorer le bénéfice global de tous les acteurs économiques concernés, des agriculteurs aux obtenteurs», a indiqué l’Inrae dans un communiqué de presse le 9 août. Son étude, publiée dans la revue American Journal of Agricultural Economics, passe au crible les systèmes existants dans les pays européens et en Australie. Des royalties y sont appliquées aux semences fermières, issues de la récolte des agriculteurs, qu’ils utilisent pour emblaver l’année suivante. Par leur étude, les chercheurs de l’Inrae montrent différents effets de l’arbitrage entre semences certifiées et semences fermières: sur l’efficacité de la production, tant au niveau de la production des semences que de la production agricole, sur les prix des semences, et sur les investissements en recherche, d’après le communiqué. «L’autorisation des semences fermières, sous réserve d’une contribution et d’un encadrement règlementaire adapté, est préférable à leur interdiction», souligne l’institut. Et d’expliquer que «l’absence de contribution conduit à une utilisation excessive de semences fermières par les agriculteurs – une partie des semences fermières est alors produite à un coût supérieur à celui des semences certifiées, et mène à un sous-investissement en recherche».

Vin: François Franceschi élu président de l’interprofession corse

Le Comité interprofessionnel des vins (CIV) de Corse annonce avoir élu le 2 août François Franceschi comme président. Il succède à Éric Poli. Né en 1968, François Franceschi exploite 50 ha de vignes entre Borgo, Vescovato et Folelli. Cet ancien syndicaliste, chez les JA (Jeunes agriculteurs) de Haute-Corse, est par ailleurs vice-président de l’UVIB (Union des vignerons de l’Île de beauté), cave coopérative basée à Aléria, depuis 2008. Président de la Coopération agricole Corse, des vignerons coopérateurs de Corse, François Franceschi est aussi, depuis 2019, à la tête du pôle végétal de la chambre d’agriculture.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.