UE/Australie : les pourparlers progressent sans annonce d’un accord, pour le moment
Pas encore de fumée blanche dans les négociations commerciales entre l’UE et l’Australie mais les discussions avancent bien. Dans une déclaration commune publiée à l’issue de leur rencontre, les 12 et 13 février à Bruxelles, les commissaires européens Maros Sefcovic (Commerce), Christophe Hansen (Agriculture) et le ministre australien au Commerce Don Farrell, font état de « progrès significatifs » dans leurs discussions afin de réduire les désaccords sur les derniers sujets en suspens. L’agriculture, notamment les volumes d’importation de viande rouge dans l’UE, figure parmi les points d’achoppement. « Nous avons été très clairs : tout accord doit servir les intérêts nationaux de l'Australie et inclure un accès à de nouveaux marchés commercialement significatifs pour nos producteurs agricoles », avait déclaré Don Farrell, en amont de sa venue, annonçant ainsi la couleur. Du côté européen, le commissaire Hansen a dû annuler sa participation au salon Biofach prévue le 13 février afin de poursuivre les discussions commerciales, signe de leur intensification. A la veille de la rencontre, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) avaient une nouvelle fois alerté face au risque de déstabilisation des marchés agricoles européens qu'un potentiel accord pourrait faire peser.
UE/Mercosur: en Argentine, l’assemblée nationale approuve le traité de libre-échange
L’assemblée nationale argentine a voté, le 12 janvier, en faveur du traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. Vers minuit, au terme de deux heures de débat à peine, 203 députés ont voté pour l’accord, 42 ont voté contre et 4 se sont abstenus. Ce vote a eu lieu au cours d’une séance extraordinaire convoquée par le président de la République, Javier Milei, en vue de faire voter cet accord, mais aussi sa réforme de la loi du travail et un nouveau régime pénal pour les mineurs. Le traitement express d’un texte si lourd d’enjeux que celui du Traité de libre-échange UE-Mercosur a motivé les votes négatifs. « Le texte nous a été livré il y a trois jours par la commission juridique du Mercosur, qui a réduit le texte original de 8 000 à 4 400 pages. Qui, parmi nous, l’a lu ? », a demandé la députée Julia Strada. Une trentaine de députés issus du Parti justicialiste, opposants au gouvernement de Milei, ont voté pour, jugeant l’accord bénéfique pour leurs circonscriptions situées en zone rurale. Selon plusieurs médias locaux, le vote du Sénat argentin est prévu à la fin du mois de mars, et s’annonce favorable. L’Argentine deviendrait ainsi le premier pays à ratifier le Traité UE-Mercosur, ouvrant la voie à sa possible application provisoire. (Marc-Henry André)
Porc/PPA : en Espagne, deux cas détectés en dehors de la zone à risque
Les autorités de la région de Catalogne a annoncé ce 13 février dans un communiqué que deux cas de peste porcine africaine (PPA) avaient été détectés pour la première fois au-delà des 6 km autour du foyer initial près de Barcelone. Depuis le premier cas fin novembre, tous les sangliers atteints avaient été trouvés dans cette « zone à risque élevé ». Les deux nouveaux cas ont été trouvés à 2 km de sa limite, dans la « zone à faible risque » d’un rayon de 20 km. En conséquence le rayon de la « zone à risque élevé" est élargi aux deux communes où ils ont été trouvés (sans modification de la zone à risque faible). Ceci implique l’interdiction pour les promeneurs d’accéder à la zone boisée de ces communes. « Plus que jamais, il est essentiel de ne pas baisser la garde », insiste le responsable chargé de l'Agriculture au sein du gouvernement régional catalan, Òscar Ordeig, face à « une maladie toujours présente ». À la fin janvier, la Catalogne a pris d’ultimes mesures de prévention avant la période de reproduction des sangliers. Elle a notamment engagé les chasseurs à prélever les sujets dans la « zone à faible risque » afin de créer une zone blanche dépeuplée de sanglier ou à densité extrêmement réduite.
Laits infantiles contaminés: cinq enquêtes ouvertes à Paris, notamment pour mise en danger
Cinq enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris concernant des laits infantiles contaminés distribués par Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui. «Le parquet de Paris a décidé de sa saisine en raison de la multiplicité des plaintes sur le territoire, et de la technicité des investigations sur les aspects réglementaires et sanitaires», a expliqué la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Ce parquet a aussi reçu «une plainte déposée par l’association Foodwatch ainsi que huit personnes physiques, dont les familles ont constaté des vomissements à la suite de la consommation de laits infantiles», a-t-elle expliqué. Les cinq enquêtes ont été ouvertes le 30 janvier par le pôle santé publique du parquet de Paris, pour mise en danger de la vie d’autrui par violation d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme ou encore inexécution de procédure de retrait ou rappel d’un produit préjudiciable à la santé.
Lait : des initiatives de la FNPL pour obtenir un indicateur beurre-poudre
La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) explore plusieurs pistes pour doter la filière d’un indicateur beurre-poudre dont elle est privée depuis plusieurs années à cause du blocage persistant au sein du Cniel (interprofession). « Pour ne pas laisser les organisations de producteurs démunies face aux industriels, nous avons saisi le médiateur des relations commerciales agricoles », indique Yohann Barbe, président de la FNPL à Agra Presse. Une saisine qui fait suite à un entretien avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. La médiateur Jo-Michel Dahan s’est déjà mis en relation avec la Fnil (industriels), la Coopération laitière et les OP, afin de « nous éclairer pour savoir s’il y a des abus dans les formules de prix du lait », selon Yohann Barbe, « car aucune OP n’arrive à contester les coûts présentés par les industriels ». Une solution pourrait être que le médiateur confie la détermination de cet indicateur à l’Idele, comme cela se fait pour les coûts de production des éleveurs. Une solution qui conviendrait à la FNPL mais qui peut aboutir seulement si les laiteries veulent bien ouvrir leurs livres de compte. En attendant la réponse du médiateur – qui pourrait prendre plusieurs semaines –, la FNPL, en cas d’échec de cette piste, réfléchit à une autre solution qui consisterait à saisir la Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA).
Lait : la FNPL va poursuivre les actions de terrain d’ici le Salon de l’agriculture
Les actions de terrain des éleveurs laitiers se sont multipliées ces dernières semaines depuis le lancement du mot d’ordre du 28 janvier, à l’occasion du conseil d’administration de la FNPL (éleveurs, FNSEA). Une quarantaine d’actions ont été menées, selon la FNPL, dans les départements laitiers et à l’initiative des sections départementales – avec souvent le concours des JA –, particulièrement dans le Nord, l’Est, la Vendée, l’Aveyron et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs cibles ont été privilégiées : les supermarchés, les grossistes et les laiteries, avec à chaque fois des actions de sensibilisation des responsables et du grand public à la rémunération des éleveurs. Les actions doivent se poursuivre avec une trentaine d’actions programmées pour la semaine précédant le Salon internationale de l’agriculture (Sia), qui ouvrira ses portes le 21 février. La FNPL n’a pas encore décidé si des actions seront organisées lors de cet événement, et si oui sous quelle forme. Ces actions de terrain interviennent à l’occasion des négociations commerciales fournisseurs-distributeurs qui se termineront le 1er mars. Le but de défendre le prix du lait payé aux éleveurs en mettant la pression sur les industriels et les distributeurs.
Produits laitiers : Bruxelles et Paris dénoncent l’application des surtaxes définitives chinoises
La mise en place depuis le 13 février de droits antisubventions chinois définitifs sur les importations de certains produits laitiers de l’UE provoque des remous à Bruxelles et à Paris. Malgré des taux revus à la baisse par rapport aux surtaxes provisoires annoncées en décembre, « nous considérons ces mesures comme injustifiées et infondées », a déclaré le 13 février, Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne. Et d’ajouter : « Nous restons fermement convaincus que ces enquêtes n'auraient jamais dû avoir lieu, car selon notre évaluation, les demandes ne comportaient pas suffisamment d'éléments de preuve pour justifier l'ouverture d'une telle procédure ». Bruxelles se garde donc la possibilité d’une action devant l’OMC. Même sentiment côté français où le gouvernement estime que la baisse des surtaxes douanières annoncée par l’empire du Milieu reste « insuffisante ». En outre, Paris considère que « ces droits demeurent pénalisants pour [ses] producteurs et pour la compétitivité de [ses] exportations sur un marché stratégique », soulignant qu’ils « concernent un volume d’échanges évalué à près de 430 millions d’euros ».
Œufs : le CNPO attend un dépistage allégé de salmonelle dans les élevages vaccinés
En conférence de presse le 12 février, les responsables du comité interprofessionnel de l’œuf (CNPO) ont confié qu’ils attendaient à l’occasion du Salon de l’agriculture une annonce ministérielle d’un allègement du dépistage systématique des salmonnelles dans les élevages vaccinés contre cette bactérie responsable de toxi-infections. La seule obligation de ces éleveurs serait de constituer un échantillon de fientes. L’interprofession argumente que cet allègement encouragerait une large couverture vaccinale, de nature à faire descendre le taux de prévalence de salmonelle dans les œufs en dessous de l’objectif communautaire de 2 %. C’est en raison du dépassement de ce taux en France depuis le début de la décennie que le prélèvements de poussières a été rendu obligatoire en 2023, et que le vaccin vivant (administrable dans l’eau de boisson des poules) a été autorisé. Sans effet sur la prévalence cependant, qui resterait à 2,5 %, selon le CNPO, ce qui prive la France du cofinancement européen de son plan de lutte. Spécificité française, l’utilité des prélèvements de poussières a été confirmée par l’Anses dans un avis de juin 2025. Selon le CNPO, une exemption compenserait le coût de la vaccination de l’ordre de 25 ct€ par poule.
Alimentation animale : Eurolysine demande à Bruxelles une nouvelle enquête sur la lysine chinoise
Dans un communiqué du 13 février, Eurolysine et sa maison mère Avril annoncent avoir déposé le 11 février auprès de la Commission européenne une demande d’enquête « anti-absorption » à l’encontre des exportateurs chinois de lysine (acide aminé indispensable à l’alimentation animale), comme prévu. Eurolysine constate que les Chinois ont « absorbé » à travers leurs prix de vente les droits anti-dumping définitifs imposés à la Chine en juillet 2025. Ces droits d’entrée dans l’UE vont de 47 % à 56 %. Le niveau de taxe qui empêcherait les Chinois d’aligner leurs prix, se situerait à 85 %, estime Nicolas Martin, directeur des affaires publiques d’Eurolysine, auprès d’Agra Presse. Selon lui, ce niveau provisoire déjà appliqué entre janvier et juillet 2025 a fait reculer les importations en provenance de Chine. M. Martin précise que l’UE a la possibilité d’aller jusqu’au doublement des droits actuels, soit aux environs de 100 %. Si la Commission lance l’enquête anti-absorption sur la lysine chinoise, de nouveaux droits définitifs pourraient s’appliquer à la Chine dès le début du second semestre, une telle enquête durant au maximum six mois, selon Nicolas Martin.
Alimentation animale : Bruxelles impose des droits définitifs sur la valine chinoise
Par un règlement d’exécution publié le 13 février au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne institue des droits antidumping définitifs sur les importations de valine, un acide aminé utilisé comme complément alimentaire dans la nutrition animale, en provenance de Chine. Les entreprises chinoises sont donc frappées par des droits pouvant aller de 31,3 % à 53,8 % en fonction de l’entité. Cela représente une très légère baisse par rapport aux taux provisoirement appliqués depuis août. L’exécutif européen a confirmé que les importations de valine de Chine entraient dans l'UE à des prix de dumping causant un préjudice à l'industrie européenne, située en France. Ce règlement d’exécution est entré en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel. La mise en place de ces mesures définitives fait suite à l’ouverture, en décembre 2024, d’une enquête antidumping du fait d’une plainte d’Eurolysine déposée en novembre de la même année. Sur un marché européen de la valine d'une valeur de 100 M€, les importations en provenance de Chine représentent environ 80 M€, précise Bruxelles.
Danemark : feu vert de Bruxelles à une aide de 1 Md € pour retirer des terres de la production
La Commission européenne a donné le 13 février son feu vert à un régime danois d’aides d’État d’un montant de 1,04 milliard d’euros (7,8 Md DKK) visant à soutenir les propriétaires qui s’engagent à retirer volontairement des terres agricoles ou forestières de la production afin de réduire les émissions agricoles. Le projet prévoit que les surfaces concernées ne seront plus labourées et qu’aucun pesticide ou engrais n’y sera utilisé. Les projets pourront soutenir la création ou la relocalisation de clôtures. Les terres forestières mises en jachère ne pourront pas être réaffectées à la production forestière, même après un changement de propriétaire. Les aides qui couvriront jusqu’à 100 % des coûts admissibles prendront la forme de subventions directes ou d’avantages en nature (conseils techniques, achat services…) pour compenser le coût des investissements non productifs, les pertes de revenus causées par la mise en jachère et les restrictions imposées, ainsi que les coûts juridiques, administratifs et d’enquête liés au remembrement des terres. Ce régime sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030.
Engrais: le Copa-Cogeca tire la sonnette d'alarme et fustige le MACF
«Les derniers chiffres de la Commission européenne confirment un effondrement spectaculaire et sans précédent des importations d’engrais azotés de l’UE suite à l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF)», s’alarment dans un communiqué du 13 février les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Selon les données recueillies par le Copa-Cogeca, en janvier 2026, l’UE n’a importé que 179.877 tonnes d’engrais azotés, contre 1,2 Mt en janvier 2025. «Les engrais azotés, directement concernés par le mécanisme de compensation des prix des engrais (CBAM), représentent environ 46% de la consommation totale d’engrais de l’UE, dont plus de 30% sont traditionnellement importés », rappelle-t-il. Et d'ajouter que parallèlement, les prix des engrais sur le marché intérieur continuent d’augmenter (+25% en janvier 2026 par rapport à la moyenne de 2024) et «les niveaux de stocks sont tout aussi préoccupants» (seulement 45 à 50% des besoins en engrais des agriculteurs pour la récolte 2026 sont couverts). Le Copa-Cogeca exige donc, une nouvelle fois, «la suspension immédiate du MACF sur les engrais» ainsi que des mesures structurelles pour garantir la disponibilité et l’accessibilité financière des engrais à long terme au sein de l’UE. La Commission européenne est en train de finaliser un plan d’action sur les engrais qu’elle devrait présenter dans les prochains mois.
Fleurs coupées/Conférences souveraineté : Valhor présente son plan de filière à Genevard
Dans un message LinkedIn du 12 février, l’interprofession horticole Valhor indique avoir remis à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard son plan de souveraineté intitulé « Les ambitions stratégiques pour la filière fleurs coupées », lors d’une réunion rue de Varennes. « Ce plan, qui vise à ce qu'une fleur sur cinq vendues en France, à horizon 10 ans, soit produite en France, s’inscrit dans la dynamique des Conférences de la souveraineté », souligne Valhor. Les travaux ont permis d’identifier six priorités structurantes pour la filière fleurs coupées : levée des verrous techniques et préservation du potentiel productif (par la création d’OP) ; renforcement de la labellisation de l’offre française (démarche « Fleurs de France ») ; identification de débouchés à fort potentiel (saisonnalité) ; encouragement à la diversification et au partage d’itinéraires techniques pour accroître les volumes ; soutien à la transmission et à la formation ; optimisation logistique. « Les travaux se poursuivent avec l'appui d'Arnaud Montebourg et de FranceAgriMer pour construire le plan de souveraineté sur l'ensemble des productions de la filière végétale », conclut l’interprofession.
Chicorée : un nouveau site de fabrication pour Chicorée Lutun à Calais en 2027
Dans un message publié sur LinkedIn le 11 février, Calais Promotion annonce l’arrivée d’une nouvelle unité de transformation de l’entreprise Chicorée Lutun sur la commune nordiste. Elle a fait l’acquisition d’un terrain de 12 849 m2 au sein de la zone d’activités de la Turquerie où seront implantés ses futurs locaux. Sur place, Chicoré Lutun indique que l’investissement dans de nouvelles machines de torréfaction et de concassage devrait permettre de réduire significativement les consommations énergétiques. D’une surface totale de 3 200 m2, le site comprendra par ailleurs 350 m2 de bureaux et de locaux sociaux, ainsi qu’un espace de vente lui permettant de s’ouvrir au tourisme industriel. Avec le site de Calais, la société vise la certification IFS, ouvrant l’accès à de nouveaux marchés. La livraison du nouveau site est prévue pour le second semestre 2027. Fondée en 1934 à Oye-Plage (Pas-de-Calais), Chicorée Lutun est une entreprise familiale spécialisée dans la torréfaction de la chicorée. Ses produits conditionnés sous forme de graines, sachets, capsules ou encore d'extraits sont commercialisés sous la marque Chicorée du Nord et distribués dans une vingtaine de pays.
Légumineuses/alcool : Intact devient fournisseur du parfumeur Guerlain
Intact annonce, début février, avoir conclu « un partenariat historique en matière de durabilité » avec Guerlain. Au cœur de cet accord, l’intégration de Pulse, l’alcool biologique de deuxième génération développé par Intact, dans le nouvel opus de l’Homme idéal du parfumeur. Ce dernier a été séduit par la démarche circulaire de l’entreprise du Loiret, dont Axéréal est partenaire. Développé à partir de résidus de cultures de légumineuses issues de l’agriculture biologique – dont la particularité est de favoriser la régénération de l’azote dans les sols –, cet alcool convient parfaitement aux parfumeurs : son profil extra-neutre garantit une grande homogénéité et une stabilité dans le temps. Après une extraction sans eau, Ie procédé valorise les résidus de cultures via des opérations de purification, fermentation, distillation et rectification. Pensée de manière vertueuse, la production de l’alcool Pulse repose exclusivement sur l’emploi d’énergie renouvelable et d’électricité bas carbone, avec à la clé, une réduction des GES de près de 80 % par rapport à celle des alcools neutres conventionnels, produits à partir de blé ou de betterave par exemple. Alexis Duval, président d’Intact, souligne que « cette collaboration avec Guerlain constitue une première mondiale en parfumerie : un moment fondateur pour notre alcool de légumineuses ». (Anne Gilet)
Photovoltaïque : déçue des objectifs de la PPE, la filière se montre soulagée de sa publication
Le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), feuille de route de la stratégie énergétique de la France jusqu'à 2035, a été publié le 13 février au Journal officiel (JO). Selon le gouvernement, le texte fixe « une évolution raisonnée du photovoltaïque », qui produit aujourd'hui environ 30 gigawatts d'électricité. Il devrait représenter 48 GW d'ici 2030 et 55 à 80 GW en 2035 – contre 54 et 65 à 90 GW en 2035 dans la version mise à la consultation du public en mars 2025. Comme l’éolien terrestre, le solaire subit la stagnation de la demande d'électricité. Les objectifs de la PPE sont toutefois alignés sur l'un des scénarios les plus favorables parmi ceux établis en décembre dernier par RTE, le gestionnaire du réseau d'électricité à haute tension. « Enfin, la PPE 3 est publiée et c’est une excellente nouvelle », a réagi Daniel Bour, le président d’Enerplan (syndicat des professionnels de l’énergie solaire). Il se dit toutefois « déçu par le volume qui ne correspond pas à nos attentes ». Enerplan considère que le plafond d’appels d’offres, de 2,9 GW annuels entre 2026 et 2028, « va permettre aux entreprises de poursuivre le développement de nouvelles capacités solaires et de planifier leur développement pour les prochaines années ».
Nappes phréatiques : légère dégradation, sauf en Bretagne, en Corse et dans le sud-est
La recharge des nappes phréatiques se poursuit, avec 56 % des niveaux en hausse, mais la situation hydrogéologique s’est dégradée depuis décembre, indique le BRGM dans son dernier bulletin publié le 10 février. Les niveaux sont hétérogènes, de bas à très hauts : 40 % des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 24 % sont comparables et 36 % sont au-dessus. Un an plus tôt, 68 % des nappes affichaient des niveaux au-dessus des normales mensuelles. Concernant les nappes inertielles, la situation se dégrade progressivement dans le Bassin parisien et l’Artois depuis mars-avril 2025. Les nappes du Sundgau, au sud de l’Alsace, et du couloir Rhône-Saône présentent des niveaux proches des normales à modérément bas. Pour les nappes réactives, l’absence ou la faible recharge observée en janvier affecte la plupart de celles des deux tiers Nord et du Sud-Ouest de l’Hexagone. Seules les nappes réactives de Bretagne, du Sud-Est et de Corse bénéficient des pluies infiltrées de fin décembre à janvier et voient leur état s’améliorer considérablement. Les prévisions demeurent incertaines, car elles dépendent des pluies de fin d’hiver et de début du printemps. Elles sont plus optimistes pour les nappes de Bretagne, du Sud-Est et de Corse affichant des niveaux actuels excédentaires et plutôt pessimistes pour les nappes basses du nord-est.
Relations commerciales : l’Ania s’insurge contre les centrales d’achat de services
L’Ania (industriels de l’agroalimentaire) a dénoncé le 12 février les pratiques des centrales d’achat de services devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs. Ces centrales de services sont un « péage » auquel les industriels sont obligés de se soumettre avant même de pouvoir accéder à la centrale d’achat, a expliqué Marie Buisson, directrice juridique et compétitivité de l’Ania. En outre, la réalité des services facturés aux industriels, qui se chiffrent à « plusieurs centaines de milliers d’euros », doivent être contrôlés en ce qui concerne leur « proportionnalité », a-t-elle insisté. En cas de refus d’achat de services, des menaces de déréférencement sont brandies par le distributeur, selon l’Ania. Les centrales d’achat de services, qui existent en fonction des distributeurs à l’échelle locale, nationale et européenne, sont régulièrement dénoncées par les fournisseurs. Ces derniers se disent obligés d’acheter ces services, des données parfois inutiles ou inexploitables, ce que contestent vivement les distributeurs. Or, cette ponction détériore la rentabilité des entreprises. Pierre-Marie Decoret, secrétaire général de l’Ania, a affirmé que le taux de marge nette des IAA françaises était de 3,5 %, particulièrement faible par rapport aux autres industries.
Vin : Philippe Dessertenne nommé directeur général de TEVC
L’union de coopératives TEVC (Terroirs & Vignerons de Champagne) a annoncé le 13 février la nomination de Philippe Dessertenne au poste de directeur général. Il succède à Christophe Juarez, en retraite le 1er mars 2026, qui était arrivé en 2017 dans le groupe propriétaire des marques de champagne Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot. Philippe Dessertenne (56 ans), ex-directeur général de Lorca, a quitté le 24 novembre la coopérative céréalière du Grand Est. Il avait précédemment été directeur Filières chez Avril, après avoir travaillé chez Unilever, notamment comme directeur national des ventes, puis directeur d’enseignes. TEVC a annoncé le 4 février un chiffre d’affaires de 229 M€ en 2025.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 16 février 2026
Mardi 17 février
Conférence de presse de la LPO sur les oiseaux des milieux agricoles
Visioconférence du ministère de l'Agriculture sur la mesure de la souveraineté alimentaire