Guerre commerciale : Trump menace de droits de douane les boissons alcoolisées de l’UE
Alors que l’UE envisage des rétorsions aux mesures américaines sur l’acier et l’aluminium par l’instauration de droits de douane, le président américain Donald Trump a réagi, le 13 mars, en s’en prenant aux boissons alcoolisées européenne, dont les États-Unis sont un des principaux marchés d'exportation. Dans une nouvelle diatribe postée sur son propre réseau social Truth Social, le locataire de la Maison blanche, promet d’instaurer « prochainement » un droit de douane de 200 % « sur tous les vins, champagnes et produits alcoolisés en provenance de France et d'autres pays membres de l'UE ». « Si ces droits de douane sont appliqués, le marché américain des vins de l'UE sera fermé, ce qui aura un effet dévastateur sur notre industrie », confirme Ignacio Sanchez Recarte, du CEEV (exportateurs européens). Et d’ajouter : « Les États-Unis représentent 27 % de nos exportations totales et il n'existe aucun autre marché susceptible de compenser une telle perte ». De son côté, SpiritsEurope a appelé à « arrêter de se servir » du secteur des spiritueux « comme monnaie d'échange dans des conflits qui n'ont rien à voir avec nous ».
Pac post-2027 : le rapprochement avec les fonds de la Cohésion se confirme
La structure qu’envisage de proposer la Commission européenne pour le futur cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034 (CFP) se précise. Un document de travail interne sur la répartition des programmes dans la nouvelle architecture confirme que Bruxelles souhaite réunir au sein de « plans nationaux » plusieurs fonds, notamment ceux de la cohésion et de la Pac. Selon ce tableau, les programmes du budget actuel seraient répartis en trois fonds : des plans nationaux uniques par État membre, donc ; un Fonds européen pour la compétitivité ; et un fonds pour la politique étrangère. Et au sein des plans nationaux figureraient bien le Fonds de cohésion, le Fonds européen de développement régional (Feder), ainsi que le « Fonds social européen + » ou le Fonds européen pour la pêche et l’aquaculture. Le Fonds européen de garantie agricole (Feaga, premier pilier de la Pac) « pourrait faire l’objet d’un traitement spécifique », indique le document, sans qu’aucune précision ne soit apportée. L’idée de ces plans nationaux serait d’axer le budget d’investissement de l’UE sur la performance, en subordonnant les versements européens à la mise en œuvre par les États membres de réformes, comme cela s’est fait avec le Plan de relance européen Next Generation EU, mais aussi, dans une certaine mesure, avec la Pac actuellement en place et ses plans stratégiques nationaux (PSN). Mais cette idée d’un fonds unique est déjà vivement critiquée par le secteur agricole, ainsi que par le Parlement européen et les ministres de l’Agriculture.
Nitrates/algues vertes : la justice ordonne à l'État de renforcer son action contre les pollutions
Le tribunal administratif de Rennes, saisi par Eau et rivières de Bretagne, a reconnu le 13 mars que « les mesures mises en œuvre par le préfet de la région Bretagne sont insuffisantes pour lutter contre les échouages d'algues vertes ». Le tribunal enjoint le représentant de l'État de « prendre dans un délai de dix mois toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique résultant de la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole ». Le préfet devra se doter « d'outils de contrôle permettant un pilotage effectif des actions menées », ajoute le tribunal dans sa décision. En octobre 2022, Eau et rivières de Bretagne avait déposé deux recours contre l'État, le premier lui demandant de prendre « toutes mesures utiles » pour « pallie[r] les insuffisances de sa politique de gestion des pollutions azotées ». L'association avait demandé au tribunal de laisser à l'État un délai d'un mois pour agir et de lui imposer des astreintes de 1 M€ par mois de retard ; elle n'a pas été suivie sur ce point par le tribunal. Le deuxième recours portait sur une demande de « réparation des préjudices écologiques et moraux », le préjudice moral étant chiffré par l'association à 3,2 M€. Le tribunal a condamné l'État à verser 5 000 € à Eau et Rivières de Bretagne au titre du préjudice moral. « L'État prend acte de [cette] décision », a déclaré dans un communiqué la préfecture de Bretagne, disant examiner « les réponses à y apporter et les conditions d'un éventuel appel ».
Porc : L214 fait pression sur E.Leclerc pour adopter le Pig Minimum Standards
Dans un communiqué diffusé le 13 mars, L214 porte plainte contre huit élevages porcins des Côtes-d’Armor fournissant E.Leclerc et invite à des rassemblements militants le samedi 15 mars devant des supermarchés de l’enseigne dans 38 villes. L’association animaliste entend pousser le mouvement E.Leclerc à mettre fin aux « pratiques cruelles » qu'elle a filmées en octobre et novembre 2024 et à respecter les critères du Pig Minimum Standards (PMS). De son côté, Inaporc dénonce, dans un communiqué diffusé la veille, « une nouvelle action de désinformation » de L214, à travers « un montage mensonger, instrumentalisant d’anciennes images d’archives tournées dans d’autres lieux ». L’interprofession porcine reproche aux « militants végans » de chercher à imposer à ce distributeur, ainsi qu’aux autres, « un standard totalement impossible à appliquer pour les éleveurs et les transformateurs ». Ce PMS imposerait selon elle « de détruire et reconstruire l’ensemble des élevages français de porc et générerait un surcout inatteignable de plus de 7,7 milliards d’euros ». Avec à la clé « la disparition assurée des exploitations de taille intermédiaire, la fin de l’autosuffisance et l’afflux d’importations à fort impact carbone ».
Bovins viande : en 2024, revenus records en dix ans pour les systèmes herbagers (Idele)
En 2024, année de hausse des prix des animaux, les éleveurs de bovins viande spécialisés ont vu leur revenu progresser dans les zones herbagères jusqu’à un « niveau jamais atteint » depuis 2014, selon le bilan annuel de l’Institut de l’élevage (Idele). Dans le détail, le résultat courant par unité de main-d’œuvre augmente de 27 % en systèmes naisseurs de montagne et pastoraux, à 26 000 €. Pour les systèmes naisseurs herbagers (grand Massif central), il progresse de 6,7 %, à 33 600 €. Des chiffres issus du réseau Inosys (Idele et chambres d’agriculture), comprenant 237 élevages conventionnels choisis pour leur performance (et affichant des revenus supérieurs de 10 000 € en moyenne à ceux du Rica). En revanche, sous l’effet notamment des mauvaises récoltes, les systèmes avec cultures affichent des résultats en baisse, contrastant avec leur rentabilité observée ces dernières années. En systèmes naisseurs engraisseurs de jeunes bovins avec cultures, le revenu chute de 26 %, à 23 700 €. Les exploitations « naisseurs et cultures » (polyculture-élevage du quart nord-est) voient leur revenu stagner (+1,3 %, à 15 600 €). Toutefois, en moyenne sur la période 2014-2024, ce sont les systèmes avec cultures qui s’en sortent le mieux, grâce à la « complémentarité des productions ».
Élevage : en Grand Est, 600 exploitations candidates au programme « Ambitions éleveurs »
Lancé en octobre 2024 par la région Grand Est, le programme « Ambitions éleveurs » a attiré 600 agriculteurs désireux de conforter leur exploitation, a indiqué le président du Conseil régional, Franck Leroy, dans un entretien accordé à Agra Presse le 7 mars. Ce dispositif construit avec les chambres d’agriculture consiste en un diagnostic d’exploitation, suivi d’un accompagnement (aide à l’investissement). Il repose aussi sur « un démonstrateur constitué de 60 fermes ». « Nous les accompagnons dans leur modernisation et elles vont servir d’« appartement témoins », de lieux inspirants pour enclencher une dynamique positive », explique M. Leroy. Doté de 8,3 millions d’euros en 2024, le plan « Ambitions éleveurs » vise à accompagner 1 600 bénéficiaires d’ici 2028. « Dans ce moment de renouvellement des générations d’agriculteurs, nous avons voulu repenser le modèle de polyculture-élevage », retrace le président de la région Grand Est. Et de citer comme orientations « les énergies renouvelables, la dimension numérique, la préservation de la qualité des sols ou encore l’optimisation de la ressource en eau ». Selon l’élu, « d’autres secteurs sont demandeurs » et « il va très vite y avoir d’autres plans « Ambitions » dans d’autres grandes filières », comme les fruits et légumes.
Grandes cultures/pesticides : les Vingt-sept valident l’interdiction du flufénacet
Les experts des États membres ont convenu, le 12 mars, d’interdire l’usage de l’herbicide flufénacet dans l’UE. Une majorité qualifiée a été obtenue en ce sens sur une proposition faite par la Commission européenne en fin d’année dernière. L’autorisation actuelle du flufénacet, très utilisé sur les céréales (blé, orge, seigle), arrive à échéance le 15 juin 2025. Elle devait expirer initialement en 2013, mais, faute d’évaluation complète des risques, elle a été prolongée à titre dérogatoire à de nombreuses reprises – la dernière fois en 2023 pour 22 mois supplémentaires. L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a estimé dans une évaluation de septembre 2024 que le flufénacet était un perturbateur endocrinien et que son produit de dégradation, l’acide trifluoroacétique (TFA) était un contaminant majeur de l’eau. Par contre, lors de cette la réunion du 12 mars, les États membres ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la proposition de non-renouvellement du fongicide flutolanil.
Soja/maïs : production record de grains attendue au Brésil, selon les autorités locales
La Compagnie brésilienne d'approvisionnement (Conab), service détaché du ministère de l'Agriculture local, projette une récolte nationale record de céréales pour la campagne 2024-2025, dans un rapport mensuel publié le 13 mars. Elle attendrait 328,3 Mt, en hausse de 10,3 % par rapport à l'an dernier. La moisson de soja s'annonce particulièrement abondante, à 167,4 Mt, en progression de 13,3 % par rapport à l'an dernier. « En raison des retards de semis, et de précipitations excessives en janvier qui ont ralenti considérablement les travaux de récolte, le temps plus sec constaté en février a entraîné une accélération significative des coupes », justifie l'organisme public dans son rapport. Par ailleurs, les rendements s'avèrent meilleurs qu'attendu dans divers bassins de production, notamment le Mato Grosso. La vitesse des coupes de soja permet une avancée rapide des semis de la deuxième récolte de maïs, faits à 83,1 %, ajoute la Conab. Les volumes sont attendus à 95,5 Mt, en croissance de 5,1 % par rapport à l’an dernier. Toutes récoltes confondues, les volumes de graines jaunes sont espérés à 122,8 Mt cette année, en hausse de 6,1 % par rapport à 2023-2024. Rappelons que l'UE est importatrice nette de soja et de maïs.
Essais agronomiques : le français Staphyt ouvre son capital à quatre investisseurs
L'un des leaders mondiaux des essais agronomiques, le français Staphyt annonce, dans un communiqué le 13 mars, qu'il ouvre son capital à plusieurs investisseurs (Unigrains, BPI France, Nord Est Partenaires et IRD Invest), pour « entamer une nouvelle phase dans son développement, axée sur la diversification, l’internationalisation et la croissance externe ». Fondée en 1989 dans les Hauts-de-France, Staphyt emploie 600 personnes et réalise 45 M€ de chiffre d'affaires pour la mise en place d'essais, d'analyses de laboratoire et de missions de conseil réglementaire au service d'entreprises de l’agrochimie, des biosolutions et des semences. Avec ces nouveaux fonds, elle cherche à poursuivre sa politique de croissance externe, mais aussi à développer de « nouvelles opportunités de diversification » (conseil réglementaire pour le règlement Reach, les analyses pour la cosmétique), et à renforcer son maillage géographique en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. L'entreprise rappelle qu'elle a déjà réalisé 16 acquisitions depuis sa création, dont quatre au Brésil où elle est implantée depuis 2021.
Négoce : ADM réfléchirait à vendre sa branche de compensation de contrats à terme
Selon un article de Bloomberg paru le 12 mars, le négociant international en céréales Archer-Daniels-Midland (membre du quatuor ABCD) réfléchirait à se séparer de sa division de compensation de contrats à terme, à savoir sa filiale ADM Investor Services (ADMIS). Dans les grandes lignes, la compensation correspond à l’activité de sécurisation du fonctionnement des contrats à terme. Le média précise avoir obtenu l’information auprès de sources privées, n’étant pas autorisées à parler à la presse. L’objectif : faire des économies, dans un contexte de cours des céréales et d’oléagineux assez déprimés, qui ont affecté les revenus du groupe. De son côté, Reuters révélait le 31 janvier qu’ADM réfléchissait à réduire ses coûts, via le licenciement de salariés. La baisse des prix des marchés céréaliers affecte la profession dans son ensemble, puisque Cargill annonçait en décembre 2024 son projet de se séparer de 8 000 employés, d’après la même source. Par ailleurs, ADM est dans le viseur de la justice : son dirigeant, Juan Luciano, est soupçonné de fraude comptable par les autorités états-uniennes, rapportent nos confrères des Echos dans un article de décembre 2024.
Plants de pommes de terre : la profession lance l’agrément sanitaire SaniCoup
Dans un communiqué du 13 mars, l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA), la section pommes de terre du FMSE (fonds professionnel) et le syndicat Coupeurs de France (créé fin 2024) ont annoncé le lancement de l’agrément sanitaire SaniCoup, destiné à « structurer et sécuriser la pratique du coupage des plants de pommes de terre ». Toute personne physique ou morale respectant un cahier des charges peut dès à présent obtenir l’agrément, et ainsi devenir « coupeur de plant de pommes de terre agréé ». Plus en détail, SaniCoup garantit le respect des réglementations européennes, et ainsi la lutte contre divers organismes nuisibles, notamment les nématodes à galle et à kyste. Le contrôle de l’agrément est délégué à Occacia, organisme de certification dans les domaines agricoles et agroalimentaires. SaniCoup permet par ailleurs aux producteurs d’être éligibles à une indemnisation du FMSE en cas de contamination. Ces indemnisations peuvent s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros par exploitation touchée par lesdites contaminations, rappelle la profession.
Négociations commerciales : vers un renforcement des contrôles de la DGCCRF
« On va être très vigilants cette année », a indiqué Sara Lacoche, directrice de la DGCCRF (Fraudes), au sujet du suivi des négociations commerciales, lors de la présentation du bilan 2024 de son administration le 13 mars. Les négociations commerciales qui viennent de se terminer le 28 février vont faire l’objet d’un « suivi de très près », sans toutefois y allouer des moyens supplémentaires, mais en optimisant les ressources de la DGCCRF, a indiquée la directrice générale. Les contrôles ont commencé pour s’assurer que la date obligatoire de la signature prévue dans la loi (le 28 février) a été bien respectée, et que les contrats entre fournisseurs et distributeurs sont conformes. Or, Sarah Lacoche a confirmé que tous les contrats n’avaient pas été signés, confirmant ainsi ce que plusieurs organisations professionnelles avaient indiqué à l’issue de la date butoir, contredisant l’avis des distributeurs. En 2024, 1 400 conventions entre fournisseurs et distributeurs ont été analysées par la DGCCRF, qui s’est appuyée sur un panel de 200 fournisseurs, dont des grands industriels français. Concernant les centrales d’achat européennes, soupçonnées de contourner les lois Egalim en négociant des denrées alimentaires vendues ensuite en France, la DGCCRF a prononcé des amendes de 38,6 M€ (Leclerc) et 10,3 M€ (Carrefour) envers deux centrales pour non-respect des dates limites de signature des contrats.
Fraudes : les contrôles sur l’origine des produits alimentaires renforcés en 2024
À l’occasion de son bilan 2024 présenté le 13 mars, la DGCCRF (Fraudes) a indiqué qu’elle avait renforcé ses contrôles sur l’origine des produits alimentaires dans un contexte de tension dans le monde agricole. Dans plus d’un tiers (34%) des près de 10 000 contrôles effectués sur l’origine française des produits, des anomalies à des degrés divers ont été mises en évidence, qui ont débouché sur 1 802 avertissements, 588 injonctions et 560 procès-verbaux. Les produits le plus concernés sont les fruits et légumes, les viandes et les alcools, en distribution mais aussi tout au long de la chaîne de commercialisation en cas d’indices de fraudes. La DGCCRF a rappelé à ce sujet qu’une affaire portant sur la francisation de petits fruits rouges avait débouché en 2024 sur une amende de 100 00 euros. L’accent a aussi été mis sur le miel, a indiqué la DGCCRF, avec une hausse de 40 % des analyses effectuées en 2024 (par rapport à 2023) et une formation spécifique des agents sur ce produit. 40 % des 53 producteurs, grossistes et détaillants contrôlés, ainsi que 52 % des 228 échantillons, présentaient une ou plusieurs anomalies portant sur l’origine, le producteur, l’étiquetage ou la composition.
Distribution : Carrefour autorisé sous conditions à racheter Cora et Match
Le géant de la distribution Carrefour a été autorisé par l'Autorité de la concurrence à racheter les enseignes Cora et Match, précédemment détenues par le groupe Louis Delhaize, sous réserve de céder huit magasins (cinq hypermarchés et trois supermarchés), selon un communiqué diffusé le 13 mars. L'instance, notamment chargée de s'assurer que la concurrence entre les distributeurs n'est pas trop faible au niveau local, a également demandé à Carrefour de céder une galerie marchande attenante à l'un de ces huit magasins, a-t-elle détaillé. Carrefour avait officiellement racheté Cora et Match en juillet 2024. L'opération avait été réalisée sur la base d'une valeur d'entreprise de 1,05 Md€. Le groupe belge détenait 60 hypermarchés Cora et 115 supermarchés Match, souvent situés dans le quart nord-est de la France. Selon Carrefour, ils représentent environ 2,4 % du très concurrentiel marché de la distribution alimentaire, et emploient 22 000 personnes. Le distributeur – qui a conservé l'enseigne Match, mais a converti les Cora en Carrefour – a indiqué, dans un communiqué séparé, qu'il allait « engager des discussions avec des repreneurs potentiels pour céder, d'ici la fin de l'année 2025, les huit magasins situés dans les zones identifiées par l'Autorité ».
Artificialisation des sols : le Sénat supprime un objectif de sobriété foncière
Le Sénat a voté le 13 mars pour revenir en partie sur la loi « Zéro artificialisation nette » (ZAN), destinée à lutter contre la bétonisation des zones rurales, en modifiant une de ses échéances intermédiaires. Après des débats assez animés dans l'hémicycle, les sénateurs ont modifié l'une des mesures centrales de la loi. L'objectif national fixé depuis la loi Climat et résilience de 2021 reste inchangé : stopper l'étalement urbain en 2050 en compensant à cette date chaque nouvelle surface urbanisée par la renaturation d'une surface équivalente. Mais un jalon intermédiaire, qui prévoyait de réduire de 50 % l'artificialisation en 2031 par rapport à 2011-2021, a été supprimé par les sénateurs, dans le cadre d'une proposition de loi de l'alliance majoritaire droite-centristes. Les sénateurs ont remplacé cet objectif national contraignant par un « jalon » intermédiaire « différencié » en 2034. Son chiffrage sera à la main des collectivités territoire par territoire, et pourra donc, selon les cas de figure, être inférieur aux 50 % actuellement en vigueur. Le ministre de l'Aménagement du territoire François Rebsamen estime, lui, « indispensable » le maintien d'un objectif intermédiaire global. Son amendement de « compromis » visant à repousser de 2031 à 2034 l'objectif intermédiaire du ZAN a été rejeté. Un vote solennel est prévu mardi 18 mars au Sénat, qui sera transmis ensuite à l'Assemblée nationale.
Climat : en Bretagne et Pays de la Loire, Arvalis propose des scénarios d’adaptation
À l’occasion de la journée de clôture du projet ClimatVeg le 13 mars à Nantes, Arvalis a présenté des scénarios d’adaptation pour les grandes cultures imaginés par des groupes d’agriculteurs. Pour une exploitation céréalière avec atelier volailles, typique de la vallée de la Sarthe, la marge nette est modélisée en baisse de 53 % pour la période 2040/2060 sans évolution des pratiques. Cette perte est chiffrée respectivement à 6 % et 24 % dans le centre Bretagne et le sud Bretagne, ou encore 21 % en plaine vendéenne. Parmi les scénarios d’adaptation identifiés par le groupe d’agriculteurs sarthois, c’est le stockage de l’eau, accompagné d’une augmentation des surfaces, qui emporte le plus d’adhésion, alors même qu’il n’est pas le plus rentable. « Il est jugé plus sécurisant par les exploitants », analyse Anne-Monique Bodilis, d’Arvalis. C’est le schéma « sobriété en eau » priorisant les cultures d’hiver et axé sur le sorgho qui permet en réalité une baisse moins marquée de la marge nette. Mené de 2021 à 2024 en Bretagne et Pays de la Loire, le projet ClimatVeg, réunissant 80 partenaires et 350 agriculteurs partenaires autour de 24 actions de recherche et d’expérimentation, s’est attaché à accompagner la transition des filières végétales de l’Ouest face au changement climatique. (Tanguy Dhelin)
PPL Entraves: pour la CR, la proposition de loi « ne va pas assez loin »
Si le président du groupe Modem, Marc Fesneau regrette que la proposition de loi Entraves ouvre trop de chantiers à la fois, ce n'est pas le cas de la Coordination rurale, qui estime, dans un communiqué paru le 13 mars, que le texte est certes « nécessaire » mais « ne va pas assez loin ». Le deuxième syndicat agricole se félicite des dispositions relatives au conseil stratégique phytosanitaire, à l'acétamipride, aux installations classées (ICPE) et à la gestion de l'eau. En revanche, la CR s'oppose à la création du « conseil stratégique global » (prévu sur une base volontaire), au port de caméras piéton par les agents de l'OFB, à la création d'un Conseil d'orientation pour la protection des cultures et à l'élargissement des pouvoirs du préfet en matière d'ICPE en élevage. Et pour aller « plus loin », le syndicat demande l'interdiction des primes d'intéressement des salariés de coops et négoces sur les ventes de pesticides, le retrait du pouvoir confié à l'Anses concernant les autorisations de pesticides, l'intégration des photos prises par des agriculteurs pour l'évaluation de pertes de récolte, ou encore la fin des contrôles judiciaires par l'OFB « en attendant sa suppression ».
Négoce/fruits et légumes : Paul Faburel passe de la FNA à l’Afidem
Délégué régional de la Fédération du négoce agricole (FNA) pour la région Nord-Est depuis décembre 2022, Paul Faburel vient de rejoindre l’Afidem (organisation interprofessionnelle représentative des filières des fruits à destinations multiples transformés) au poste de délégué général. Un domaine qu’il connait bien puisque, avant son arrivée à la FNA, il avait évolué au sein du Gefel qui réunit 21 associations d’organisations de producteurs en fruits et légumes. Le recrutement pour le remplacer au sein de la FNA n’est pas encore lancé. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 17 mars 2025
Dimanche 16 mars
Assemblée générale de la Sica Saint-Pol-de-Léon (légumes)
Lundi 17 mars
Conférence de presse de la Sica Saint-Pol-de-Léon (légumes)
Examen de la PPL SRP+10 à l'Assemblée
Mardi 18 mars
Matinales de la recherche d'Interbev
Conférence de presse de la FNSEA sur son congrès
Vote de la proposition de loi d'assouplissement du Zan (artificialisation des sols) au Sénat
Conférence de presse du salon Snack show
R3Pack (consortium) présente un nouveau dispositif de consigne en GMS
Mercredi 19 mars
Élection du bureau de Chambres d'agriculture France
Assemblée générale d'Eliance (services à l'élevage)
Colloque sur les pesticides à l'Assemblée
Matinée export d'Intercéréales
Bourse de l'exécution, organisée par Agro Paris Bourse (céréales)
Jeudi 20 mars
Assemblée générale de l’Aneefel (expéditeurs de fruits et légumes), en Bretagne (jusqu’au 21)
Congrès de la FNC (chasseurs)
Présentation par l'ESA d'une enquête sur l'installation