Négociations commerciales: E.Leclerc sanctionné d'une amende de 38 M€ (presse)
Le distributeur E.Leclerc a été sanctionné d'une amende de 38 millions d'euros (M€) pour avoir dépassé la date limite des négociations commerciales avec 62 de ses fournisseurs, a annoncé la DGCCRF (Répression des Fraudes) à l'AFP le 14 août. Industriels et distributeurs ont habituellement jusqu'au 1er mars pour s'accorder, mais le gouvernement avait avancé la date butoir de ces négociations cette année, dans l'espoir d'une répercussion rapide en magasin des baisses de prix de certaines denrées, après une période de forte inflation. «La société Eurelec Trading SCRL», la centrale d'achat européenne de E.Leclerc, a ainsi écopé d'une amende de 38 067 000 € «pour 62 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs au plus tard les 15 et 31 janvier 2024», a précisé la DGCCRF. Les contrôles des négociations commerciales par la DGCCRF avaient été renforcés pour calmer la crise agricole. En février, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait indiqué avoir identifié 124 contrats qui ne respectaient pas la loi Egalim et avait envoyé des injonctions aux entreprises concernées. Michel-Édouard Leclerc avait déclaré s'attendre à des assignations et des sanctions dans la foulée de négociations commerciales, estimant même être visé «personnellement» par un «groupe de députés» de la majorité.
Fruits et légumes: un supermarché Leclerc condamné pour «francisation et européanisation»
Le supermarché Leclerc de Cergy (Val-d’Oise) a été épinglé pour « pratique commerciale trompeuse » par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), a indiqué la préfecture du Val-d’Oise dans un post publié sur le réseau social X le 12 août. Plus précisément, le commerce est accusé de «francisation et européanisation de fruits et légumes commercialisés», une pratique consistant à présenter comme étant d’origine française ou européenne des biens ou produits qui ne le sont pas. Aussi le supermarché a-t-il écopé d’une amende transactionnelle de 10 000 €. Auprès du quotidien Le Parisien, le distributeur pointe de son côté une «erreur humaine». Début août, c'est la SEE Claude Janvier, grossiste en fruits et légumes à Vernou-en-Sologne (Loir-et-Cher), qui avait été condamnée par le tribunal correctionnel de Blois à une amende de 100 000 € pour avoir «francisé» plusieurs milliers de tonnes de petits fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles). En l’espèce, Philippe Janvier – par ailleurs condamné à titre personnel à 20 000 € d’amende en tant que président de la société – avait reconnu avoir acheté, entre 2019 et 2021, 4547 t de fraises, 278 t de framboises et 194 t de myrtilles à l’étranger (Espagne, Allemagne...), pour les revendre ensuite comme françaises.
FCO-3: la propagation s’accélère aux Pays-Bas, deux nouveaux foyers confirmés en France
Le nombre de nouveaux cas de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) a fortement augmenté ces derniers jours aux Pays-Bas, selon le dernier bilan publié le 15 août par le ministère de l’Agriculture. Depuis le début de l’année, 3807 cas ont été confirmés en Hollande (dont 1054 sur signes cliniques et 2753 par PCR). Il s'agit d'une augmentation de près de 900 cas depuis le dernier bilan du 12 août, rappelle l’AFP, soit la hausse la plus rapide sur une période d'une demi-semaine depuis la première détection du virus dans le pays en septembre 2023. En France, la préfecture de Moselle a annoncé le 14 août que deux nouveaux foyers de FCO-3 ont été confirmés le 8 août «dans deux élevages ovins de l’arrondissement de Thionville». Dans ce département, «plusieurs élevages comptent des animaux qui présentent des signes cliniques évocateurs de cette maladie, ajoute la préfecture dans un communiqué. Ils sont actuellement placés sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance et font actuellement l’objet d’analyses de confirmation.» En tout, l’Hexagone compte donc cinq cas (dans le Nord, l’Aisne et les Ardennes) depuis la première confirmation de la FCO-3 le 5 août. La campagne de vaccination volontaire a démarré le 12 août dans six régions du nord-est de la France.
Azote: Bruxelles valide une troisième aide des Pays-Bas pour fermer des élevages
La Commission a annoncé le 14 août avoir validé un régime d’aide d’État de 700 M€ visant à «compenser les agriculteurs pour fermer volontairement des sites d’élevage dans certaines zones des Pays-Bas afin d’améliorer la qualité de l’environnement» (réduction des émissions d’azote). Doté de 700 M€, ce dispositif «s’appliquera en priorité dans des zones désignées par les Provinces hollandaises» (tourbières, sols sableux, vallées fluviales, zones dans et proches des zones Natura 2000). Ouvert jusqu’au 1er octobre 2029, il visera notamment les petits et moyens élevages, sous réserve d’atteindre un seuil minimal d’émissions annuelles d’azote, pour «assurer que leur fermeture a un impact environnemental positif suffisant». Selon le communiqué de Bruxelles, l’aide «prendra la forme de subventions directes et de services de conseil subventionnés»; elle «couvrira jusqu'à 100% des coûts éligibles» (indemnisation de la perte des droits et de la capacité de production, coûts de démantèlement, autres coûts directement liés à la fermeture). Il s’agit du troisième régime d’aide hollandais visant à fermer des élevages pour réduire l’impact environnemental, les deux précédents (LBV et LBV-plus) totalisant 2,9 Md€. Un éleveur ne peut postuler qu’à un seul de ces trois dispositifs.
Moisson: en plus des faibles volumes, une qualité parfois décevante
En plus d’afficher de faibles volumes, la récolte de céréales à paille, colza et protéagineux s’avère parfois décevante sur le plan qualitatif, notamment côté poids spécifique du blé et de l’orge, selon un communiqué de FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia publié le 14 août. Si le blé tendre connaît des taux de protéines «satisfaisants», ses poids spécifiques (PS) s’avèrent «très irréguliers», avec des moyennes «assez faibles sur la moitié est du pays, correctes à bonnes sur la moitié ouest». Concernant le blé dur, la situation semble plutôt favorable en zone méridionale, moins dans le Centre (protéines «correctes», mais PS «inhabituellement faibles») et Centre-Ouest (protéines et PS en baisse). L’orge d’hiver offre «des critères de qualité corrects pour la brasserie», même si les PS sont «faibles». En orge de printemps, les teneurs en protéines paraissent un peu justes (entre 9% et 10,5%), les PS sont jugés «faibles», mais les calibrages sont «d’un bon niveau» pour le débouché brassicole. Le colza montre quant à lui une qualité «tout à fait correcte». Le pois d’hiver apparaît «de petite taille», mais «très riche en protéines». Enfin, le pois de printemps et la féverole présentent, eux, des taux de protéines plus habituels.
Porc: troisième semaine de baisse au MPF, la cotation replonge sous les 2 €/kg
Lors de sa séance du 14 août, le Marché du porc français (MPF) a entériné une chute de 5 ct€/kg, passant sous les 2 €/kg (à 1,952 €/kg) et bouclant sa troisième semaine de baisse au niveau maximal autorisé par sa convention (-6 ct€ par semaine). «La présence du férié du 15 août limite les besoins des abattoirs malgré des offres peu élevées», indique le commentaire du MPF. Ces dernières semaines, les baisses sont généralisées chez les principaux producteurs européens: «Globalement, l'ambiance générale sur le marché européen de la viande ne penche pas non plus en faveur de la fermeté du prix», notent les analystes du marché de Plérin. Dans sa note hebdomadaire du 12 août, le MPF pointe ainsi de «sévères baisses» en Europe du nord, notamment en Allemagne (-10 ct€/kg) où les industriels de la viande subissent «un commerce insuffisant, une absence de débouché et des marges déficitaires». Malgré cet ajustement, «le commerce n’a pas présenté de rebond significatif», constate le MPF le 14 août. «Il faudra attendre partout le retour des vacanciers et la reprise des collectivités pour voir la demande se redresser.» En France, la Cooperl – le n°2 hexagonal, qui a quitté le MPF en octobre 2023 – a été la première à baisser ses prix d’achat à la mi-juillet, déclenchant une levée de boucliers de la FNP (producteurs de porcs, FNSEA).
Victimes des pesticides: hausse des demandes d’indemnisation au FIVP, taux d’accords stable
Le Fonds d’indemnisation aux victimes de pesticides (FIVP) a enregistré 681 demandes d’indemnisation (642 instruites) en 2023, d’après son rapport d’activité publié le 9 août. Un chiffre en légère hausse par rapport aux 650 demandes déposées en 2022 (549 instruits). Le taux d’accords (demandes de victimes ayant abouti à la reconnaissance de maladie professionnelle) est stable, à 81%, par rapport à l’an dernier. Le FIVP constate «une forte disparité» des demandes selon les régions, avec une «concentration» dans le grand Ouest, le grand Est et en Picardie. Il relève une hausse du nombre de demandes «du fait des actions d’informations localement relayées» en particulier dans le Maine-et-Loire (7,15% des dossiers reçus) , en Martinique (7,9%) et en Guadeloupe (5,9%). Les trois secteurs les plus représentés demeurent les cultures céréalières et industrielles, la polyculture-élevage et la viticulture. Cependant, le nombre de victimes liées à l’arboriculture a plus que doublé sur un an, passant à 67 en 2023. Cette hausse «peut en partie s'expliquer par l’arrivée de dossiers reçus des Antilles pour l’exposition au chlordécone et aux autres pesticides», indique le rapport d'activité.
Nappes phréatiques: situation «très satisfaisante», inquiétudes dans le Roussillon
La situation des nappes phréatiques est «très satisfaisante» en juillet et devrait rester favorable dans une grande partie du territoire en août, a annoncé le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 14 août. À l’échelle nationale, les niveaux des nappes sont ainsi très majoritairement au-dessus des normales mensuelles en juillet, avec 70% d’entre eux situés au-dessus. La situation apparaît beaucoup plus favorable que celle observée l’année dernière à la même période: en juillet 2023, 72% des niveaux se trouvaient sous les normales mensuelles. Seules les nappes du littoral du Roussillon, du Languedoc, de Corse et du sud de l’Alsace enregistrent des niveaux sous les normales. La situation n’est pas nouvelle, notamment dans les Pyrénées-Orientales, privées de pluies significatives depuis plus de deux ans. Dans la plaine du Roussillon, les minima historiques ne cessent d’être battus depuis mai 2023, précise l'hydrogéologue du BRGM Violaine Bault à l’AFP. Au niveau national toutefois, «la situation devra être particulièrement surveillée au niveaux des nappes qui affichent actuellement des niveaux modérément bas à très bas ainsi que sur les secteurs fortement sollicités par des prélèvements», prévient le BRGM.
Vosges: enquête de l'inspection du travail après la mort d'un adolescent dans une ferme
L'inspection du travail a ouvert une enquête après le décès le 13 août d'un apprenti âgé de 16 ans à la suite d'un accident du travail survenu dans une exploitation agricole des Vosges. «Une enquête a été ouverte», a déclaré l'inspection du travail à l'AFP, confirmant des informations de Vosges Matin (article payant). L'adolescent a été percuté par un engin agricole le 12 août dans la localité d'Hadol, puis transporté en urgence au service de neurochirurgie du centre hospitalier de Nancy où il est décédé le 13 août en début de matinée, selon le quotidien départemental. L'accident a eu lieu alors que l'adolescent ramassait des pierres pour les déposer à l'avant de l'engin agricole, selon le journal (autre article payant). «Pour une raison inconnue, il a été percuté par l'engin», a indiqué le quotidien. Son employeur lui a administré les premiers secours avant qu'il ne soit réanimé par les sapeurs-pompiers qui l'ont transporté aux urgences. La France est le mauvais élève de l'Union européenne en matière de sécurité au travail, avec deux morts par jour en moyenne sur le lieu de travail.
Fromages: 72 cas de salmonellose liés aux fromages fermiers «Le Chasteau»
Une campagne de rappel a été lancée sur les fromages fermiers du Cantal étiquetés «Le Chasteau», après la découverte de 72 cas de salmonellose liés à cette fromagerie, a annoncé le gouvernement dans un communiqué le 14 août. «Ce rappel porte sur tous les fromages fermiers Le Chasteau du Gaec Deflisque, tous lots, toutes dates limites de consommation (DLC), commercialisés à compter du mois de mars 2024», et ce, même stockés au congélateur, ont déclaré conjointement les ministères de la Santé et de l'Agriculture. Ces infections sont liées à l'ingestion de fromages ressemblant au saint-nectaire mais n'ayant pas l'appellation d'origine protégée, produits dans le Cantal par le Gaec Deflisque, entre début mars et début août 2024. Les enquêtes auprès des malades (dont plus de la moitié dans le Puy-de-Dôme, en Corrèze et dans la Creuse) ont permis de remonter à la fromagerie, qui a été fermée «en urgence» le 23 juillet. Les prélèvements ont confirmé la contamination le 1er août. Le rappel a été publié le 7 août sur le site gouvernemental Rappel Conso, pour tous les fromages fabriqués par cette fromagerie.
Décès de l’ancien ministre socialiste de l’Agriculture Louis Mermaz
Ministre de l’Agriculture (1990-1992) sous la présidence de François Mitterrand, Louis Mermaz est décédé le 15 août, a annoncé le président du PS Olivier Faure sur X le même jour. Outre la Rue de Varenne, cet ancien professeur d’histoire a aussi été ministre des Transports, porte-parole du gouvernement et ministre des Relations avec le Parlement, rappelle France Info. Au Parlement, justement, il a été élu député de l’Isère, président de l’Assemblée nationale (1981-1986) et sénateur. Sur X, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau rappelle que M. Mermaz a été «au cœur d’une des premières grandes réformes de la Pac, celle de 1992, et des difficiles négociations commerciales internationales agricoles du Gatt». Dans son post, l’actuel locataire de la Rue de Varenne salue «un grand serviteur de l'État et un indéfectible compagnon de route de François Mitterrand».
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.