«Simplification»: Bayrou veut «remettre en question les pyramides de normes»
À l'occasion de son discours de politique générale le 14 janvier, le nouveau Premier ministre François Bayrou a consacré une partie au secteur agricole, pour lui promettre principalement des allègements de normes, sans préciser sur quelles thématiques, mais évoquant les cas de l'eau ou de la biodiversité. «Je m'engage à ce que, pour les entreprises agricoles, comme pour les entreprises et les familles, nous remettions en question les pyramides de normes, en redonnant l'initiative à l'usager, a déclaré le Premier ministre. S'il faut des remises en cause, nous les conduirons dans un temps bref.» Préalablement, il avait évoqué comme «une humiliation» pour les agriculteurs, et une «faute», le cas où des «inspecteurs de la biodiversité viennent inspecter un fossé avec une arme à la ceinture» – une circulaire avait été signée avait été signée par le précédent gouvernement fin 2024, pour instaurer un «port discret» de l'arme chez les inspecteurs de l'OFB. Plus tôt dans son discours, François Bayrou a évoqué l'agriculture, au même titre que «les collectivités et les entreprises», comme un des «acteurs de terrain» qui devaient bénéficier d'un travail avec France Expérimentation, en vue de «redéfinir, avec l'État, les simplifications, suppressions et allègements d'obligations». L'initiative était évoquée en sus de l'examen du projet de loi de simplification, «qui devra être adopté rapidement» dans le cadre d'un «puissant mouvement de débureaucratisation».
Administration: Bayrou demande à chaque ministère de «repenser» son budget pour le printemps
À l'occasion de son discours de politique générale le 14 janvier, le nouveau Premier ministre François Bayrou a indiqué que les ministres devront «préparer dès le printemps» de nouveaux «budgets, en vue de réduire la dépense publique, dans un «effort dont personne ne devra s'exclure». Prônant une réforme «profonde de l'action publique», il demande aux ministres de travailler «à partir non pas du prolongement de ce qui se faisait l'année précédente augmenté d'un pourcentage d'inflation, mais de ce qu'exige le service ou l'action à conduire». Et de s'interroger sur la place des «plus de 1000 agences, organes et opérateurs», qui agissent selon lui «sans contrôle démocratique» et «constituent un labyrinthe». Tombé à la suite de la censure du gouvernement, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait déjà une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.). Après avoir augmenté d'un tiers sur l'année 2024, à 4,7 milliards d'euros (Md€), en loi de finances initiale, les crédits affectés à la mission Afaar (agriculture, forêt) devaient reculer à 4,43 Md€ (-6%) en 2025. La baisse devait toucher les principaux postes de la mission, à l'exception du TO-DE (saisonniers).
Eau: Bayrou reprend l'idée d'une «conférence sur l'eau», déclinée dans les régions
À l'occasion de son discours de politique générale le 14 janvier, le nouveau Premier ministre François Bayrou a indiqué son souhait d'organiser la Conférence sur l'eau annoncée par son prédécesseur Michel Barnier. La veille, la FNSEA l'avait questionné sur ce sujet, et n'avait pas obtenu de réponse. Dans l'Hémicycle, le nouveau Premier ministre a exprimé son souhait d'organiser sur ce thème des «conférences nationale et régionales, pour définir une stratégie de long terme». Préalablement, il a indiqué, sans précision, qu'il n'était «pas d'accord pour assimiler la gestion des eaux de surface au pompage des eaux profondes». À l'occasion de son propre discours de politique générale, le 1er octobre, le précédent Premier ministre Michel Barnier avait annoncé l'organisation d'une «grande conférence nationale, pour agir» sur l'eau. Elle devait concerner tout à la fois la gestion quantitative et qualitative de l'eau, Michel Barnier ayant alors évoqué les problèmes suivants: «sécheresses ou inondations, conflits des usages, pollution des nappes phréatiques, envolée des prix». Les précédents gouvernements avaient organisé un Varenne de l'eau en 2021, puis un Plan eau en 2023.
PPL Entraves: Duplomb vise un examen en semaine parlementaire avant le Salon
Très scruté à l'approche du Salon de l'agriculture et des élections aux chambres d'agriculture, les calendriers parlementaires ont été précisés ces derniers jours. Après une réunion ce 14 janvier, la conférence des présidents de l'Assemblée a décidé que la proposition de loi Démocratie agricole (statut des coopérateurs dans les chambres d'agriculture) serait examinée dès le 21 janvier. Suivront ensuite les débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 3 février, avec le débat très périlleux sur l'âge de départ à la retraites, et dans le secteur agricole, celui du TODE et du calcul des pensions de retraites. Puis deux propositions de loi doivent être examinées le 6 février durant la niche parlementaire Les Républicains (LR) : une proposition de loi visant à «renforcer l’arsenal législatif face à la multiplication d’actions d’entrave» notamment à des activités agricoles, et une proposition de loi visant à «interdire l’importation de produits agricoles non autorisés en France». La PPL Entraves du sénateur LR Duplomb n'y figure pas. Ce dernier espère que son texte pourra être examiné durant la semaine du gouvernement, pour obtenir davantage de temps pour sa lecture. La FNSEA pousse pour qu'il passe dans l'Hémicycle avant le début du Salon de l'agriculture le 22 février. La semaine du gouvernement s'achèvera le 23 février, le temps d'une suspension des travaux parlementaires, jusqu'au 2 mars, date de fin du Salon. D'ici là, l'examen de la LOA devrait avoir été achevé au Sénat - la séance publique doit s'y tenir du 4 au 18 février.
Restauration de la nature: consultation publique ouverte sur le format des plans nationaux
La Commission européenne a ouvert (jusqu’au 7 février) une consultation publique sur le format que devront prendre les plans nationaux de restauration de la nature que les États membres auront à adopter en 2026 dans le cadre de cette législation entrée en vigueur en août 2024. Ce texte doit garantir que les plans nationaux contiennent toutes les informations requises pour les évaluer facilement en suivant les progrès au fil du temps. Il doit aussi permettre le partage des meilleures pratiques pour restaurer les écosystèmes. La législation sur la restauration de la nature, qui a fait l’objet d’intenses discussions jusqu’au dernier moment, prévoit la restauration d’au moins 20% des zones terrestres et maritimes de l’UE d’ici 2030 et tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici 2050, y compris les écosystèmes agricoles. Pour les écosystèmes agricoles, il faudra obtenir des tendances à la hausse pour au moins deux des trois indicateurs définis dans le règlement: papillons des prairies, part des terres agricoles présentant des caractéristiques paysagères à forte diversité, et stock de carbone organique dans les sols.
Pratiques commerciales: les Etats membres soutiennent globalement les propositions de Bruxelles
Les experts des États membres ont globalement salué, lors de la réunion le 13 janvier du Comité spécial agriculture (CSA), les récentes propositions de la Commission européenne visant à renforcer le rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Certains ont quand même demandé quelques adaptations. Plusieurs d’entre eux souhaiteraient notamment des exceptions à la généralisation des contrats écrits, d'autres estiment même que la décision devrait revenir aux États membres. Mais pour la Commission il s'agit d'une pratique courante pour toutes les autres activités économiques, qui devrait être la norme dans l’agriculture aussi. Certains États membres émettent également des doutes quant à l’obligation de mettre en place un outil de médiation. Bruxelles répond qu'il s'agit d'un système beaucoup plus simple et moins coûteux pour les agriculteurs que les procédures judiciaires. Les discussions vont se poursuivre dans les prochaines semaines avec un débat entre les ministres des Vingt-sept prévu le 27 janvier à Bruxelles. En attendant, les parties prenantes peuvent elles aussi donner leur avis via la consultation publique sur les deux textes (OCM et pratiques commerciales) que vient d’ouvrir la Commission européenne.
Nutrition animale: droits antidumping sur la lysine chinoise, enquête sur la valine
Par un règlement d’exécution publié le 14 janvier au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne institue des droits antidumping provisoires allant de 58,3% à 84,8% sur les importations de lysine, acide aminé utilisé comme complément alimentaire dans la nutrition animale, originaire de Chine. L’exécutif européen a notamment estimé que les importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine ont causé un préjudice important à l’industrie de l’UE. Ce règlement d’exécution entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel et les sanctions seront applicables pour une période de six mois. Leur mise en place est le résultat d’une enquête ouverte par Bruxelles en mai 2024 à la suite d’une plainte déposée par MetEx – qui a pris le nom d'Eurolysine depuis sa reprise par le groupe Avril - qui imputait notamment ses difficultés économiques au dumping exercé par les producteurs chinois. Et à l'occasion d'une visite de l'usine d'acides aminés Eurolysine d'Amiens, le 13 janvier, Jean-Philippe Puig, directeur général d’Avril, a indiqué qu'une enquête anti-dumping a été ouverte par la Commission européenne le 19 décembre sur la valine, un autre acide aminé essentiel. Eurolysine avait déposé plainte en 2024 pour des comportements similaires du gouvernement chinois à ceux pratiqués sur le marché de la lysine.
Nutrition animale: Eurolysine espère retrouver «l'excellence opérationnelle» en 2025
A l'occasion d'une visite de l'usine d'acides aminés Eurolysine d'Amiens, le 13 janvier, Jean-Philippe Puig, directeur général d’Avril, s'est réjoui que des droits de douanes provisoires aient été instaurés ce jour sur la lysine produite en Chine, qui «corrigent les écarts de prix de vente» et vont «rééquilibrer le marché et redistribuer les cartes». Eurolysine compte optimiser le fonctionnement de ses fermenteurs en 2025 et pour cela fortement augmenter sa production et ses achats de sucre, l’aliment des bactéries, a indiqué son président Eddy Feijen devant les soutiens institutionnels et fournisseurs de la filiale d’Avril. Ils étaient invités à visiter le site de production d’Amiens de 40 hectares, six mois après l’acquisition d’une grande part de la société de biotechnologie Metex par le groupe Avril. Ainsi, le site industriel de Metex, qui fonctionnait à 30 % de ses capacités avant l’achat, consommerait dès cette année entre 100 000 et 150 000 tonnes annuelles de sucre. Des contrats ont été conclus pour 3 ans à la mi-2024 ; pour autant, Eurolyse et le groupe Avril entendent les faire évoluer. Le site industriel produit essentiellement de la lysine (70 à 80%) et du tryptophane (10%) et autres acides aminés qui sont «de puissants leviers de décarbonation en élevage [de porcs et de volailles]», a souligné Eddy Feijen. Les trois quarts sont exportés.
Betteraves : la sucrerie Ouvré de Souppes-sur-Loing cesse son activité
La sucrerie indépendante de Souppes-sur-Loing, dans le sud de la Seine-et-Marne, met définitivement fin à la transformation de betteraves, a-t-elle annoncé mercredi par un communiqué. «Dans un marché saturé où nos concurrents, grands groupes industriels, réduisent le nombre de leurs usines, le coût de réhabilitation de notre outil industriel dépasse nos capacités financières», résume le PDG Julien Ouvré, cité dans le communiqué. Cristal Union s'est proposé pour reprendre les tonnages de betterave à transformer, a-t-on appris de la direction du groupe coopératif. Un contrat de sous-traitance avait déjà été conclu pour la campagne sucrière de 2024-2025 à l’automne 2024, alors que la sucrerie était en incapacité de production. Selon son site internet, la sucrerie de Soupes s’approvisionnait en betteraves dans un rayon moyen de 25 km, en Seine-et-Marne principalement ainsi que dans le Loiret, l’Yonne et l’Aube. En octobre dernier, Cristal Union offrait de transformer les betteraves à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), Pithiviers (Loiret) ou Arcis-sur-Aube (Aube). Elle transforme environ 400 000 tonnes de betteraves par campagne. Quant aux salariés, un projet de cessation d'activité sera prochainement présenté, annonce le communiqué. L'ensemble des salariés, soit 109 personnes, seront accompagnés, a promis l'entreprise.
Biocontrôle: chiffre d'affaires en recul en France, surfaces toujours en hausse
À l'occasion du Sival, qui se tenait le 14 janvier à Angers, Alliance Biocontrôle a présenté les chiffres de la campagne 2023. Le total des ventes de solutions de biocontrôle, en France, est estimé à 245 M€, soit 9 % de parts de marché de la protection des plantes (2,7 mds€). Ce montant est en légère baisse par rapport à 2022, où il atteignait 278 M€ et 10% de parts de marché. «Cette différence s’explique par des reports de produits achetés l’année précédente, ou par des variations de prix», avance Denis Longevialle, directeur général d’Alliance Biocontrôle. L’association espère atteindre 30% de parts de marché en 2030, grâce à un accès facilité à l’innovation, et à un déploiement des offres existantes. Si le chiffre d’affaires est en baisse, les surfaces bénéficiant de biocontrôle sont en hausse: d’après une étude commandée par la filière, la surface traitée passe de 7,5 millions d’ha il y a deux ans à 11,5 millions d’ha en 2023/2024. «C’est par les grandes cultures que l’accélération du développement du biocontrôle doit se faire», estime Céline Barther, présidente d’Alliance Biocontrôle. En effet, seules 15% des surfaces de grandes cultures ont reçu un traitement de biocontrôle, contre 97 % des surfaces de vignes. (Elena Blum)
Céréales: l’export vers l’Algérie «bloqué depuis quatre mois», aucune détente en vue
Alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ne cessent de se tendre, la filière céréalière se dit très inquiète. «Pour cette campagne, nous avons, en août, chargé deux bateaux vers l’Algérie à la suite d'un appel d’offres du mois de juin mais depuis, plus rien, indique Christelle Tailhardat, secrétaire générale du Synacomex, le Syndicat national du commerce extérieur de grains. Nos propositions aux appels d’offres des mois d’octobre, novembre et décembre n’ont reçu aucune réponse. Depuis quatre mois, c’est le statu quo: tout est bloqué. Si, pour cette année, le problème semble moins grand du fait de volumes exportables plus faibles, se pose déjà la question pour la récolte 2025 qui, espérons-le, devrait revenir sur des tonnages habituels.» Avant l’arrivée, en 2021, de la Russie sur le marché, la France représentait jusqu’à 60% des 500 000 tonnes de blé tendre achetées, chaque mois, par l’Algérie. Aujourd’hui, c’est à peine 10%, voire moins. Toutes les entreprises françaises sont, officieusement, boycottées par l’Algérie. «Nous faisons des points réguliers avec le ministre des Affaires étrangères pour prendre connaissance des avancées sur le dossier, mais malheureusement, aucune détente ne semble se dessiner à moyen terme. Cela se joue désormais au plus haut niveau de l’État.» (Anne Gilet)
Céréales : l'AGPB s'inquiète pour l’homologation d'un désherbant contenant du triallate
L'AGPB (Association générale des producteurs de blé) s'inquiète, lors d'une conférence de presse à Paris le 14 janvier 2025, de lenteurs administratives constatées pour l'homologation d'un désherbant contenant du triallate, jugé indispensable pour traiter les parcelles hexagonales de blé. Dans le détail, un produit commercial vendu par la société états-unienne Gowan et contenant la molécule, autorisée au niveau européen, n'a pu obtenir le renouvellement de son homologation auprès de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), relate l'association. La compagnie a donc reformulé un produit, et instruit le dossier «fin octobre 2024», s'exprime Éric Thirouin, président de l'AGPB. Problème: «le travail d’évaluation de l’Anses ne commence que lorsqu’un numéro de dossier est donné. Aujourd’hui, la firme (Gowan, NDLR) n’en a toujours pas en janvier 2025», alerte-t-il. Ceci en raison du fait «qu’elle ne peut prioriser un dossier par rapport à un autre». Ainsi, l’AGPB demande au gouvernement à ce que l’agence puisse «prioriser les dossiers, afin de traiter ce problème très urgent. Nous avons épuisé les stocks, et nous aurons besoin d’une solution herbicide pour les semis 2025. Mais l’instabilité gouvernementale actuelle bloque tout», regrette Éric Thirouin.
Fièvre aphteuse: Londres interdit l’importation d’animaux et de viande d‘Allemagne
Après la découverte d’un foyer de fièvre aphteuse près de Berlin, «l’importation de bovins, porcins et ovins en provenance d’Allemagne sera interdite pour protéger les agriculteurs et leur moyens de subsistance», a annoncé le ministère de l’Agriculture britannique le 14 janvier. Dans un communiqué, les autorités indiquent qu’elles ne délivreront plus de certificats sanitaires «pour les animaux sensibles à la fièvre aphteuse, y compris tous les animaux vivants et la viande fraîche». Au sens de la réglementation européenne, la maladie est classée comme «normalement absente de l’Union européenne» et «à éradication immédiate» (catégorie A+D+E). Le ministère de l’Agriculture britannique appelle les éleveurs à «rester vigilant aux signes cliniques de la FMD» (Foot and mouth disease, nom anglais de la maladie), tout en étant «absolument rigoureux au sujet de la biosécurité». Lors d’une précédente épizootie de fièvre aphteuse en 2001, le Royaume-Uni avait été particulièrement touché, avec «jusqu'à 10 millions d'animaux» abattus et un impact économique d’environ 8 Md£ (soit 9,5 Md€), selon l’AFP. Les trois cas déclarés le 9 janvier en Allemagne sont les premiers outre-Rhin depuis 1998, et les premiers dans l’UE depuis 2011, rappelle la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA).
Camembert: jugements en appel contre des références à la Normandie hors AOP
Après un premier épisode en référé qui s’est achevé au Conseil d’État fin décembre – il concernait Richemont et Lactalis –, l’application de la nouvelle doctrine publique concernant le «fabriqué en Normandie» a été examinée par la cour administrative d'appel de Nantes, qui s'est prononcée contre les industriels commercialisant des camemberts non AOP. Ces fabricants contestaient notamment des injonctions de la DGCCRF qui leur demandaient de mettre en conformité l'étiquetage de leurs fromages ne bénéficiant pas de l'AOP "Camembert de Normandie". De nombreux fromages non AOP portaient en effet l'inscription "fabriqué en Normandie", "élaboré en Normandie" et autres références au terroir emblématique du camembert, ainsi que des blasons normands (léopards dorés sur fond rouge) ou variations autour de ce dernier. Dans six arrêts en date du 10 janvier, la cour administrative d'appel de Nantes a jugé que ces mentions et références étaient de nature à laisser penser à tort au consommateur que le camembert en question respectait le cahier des charges de l'AOP "Camembert de Normandie". Les industriels n'ont pas précisé s'ils faisaient appel, mais il est attendu depuis plusieurs mois que l'affaire se terminera de nouveau devant le Conseil d'Etat. Des affaires similaires avaient déjà et jugées par la plus haute juridiction administrative, en décembre, mais seulement en référé. Elles portent toutes sur l'application de la nouvelle doctrine établie en 2022 par la DGCCRF, qui avait déjà été confirmée devant le Conseil d'Etat en juin 2022.
Vin/climat : une étude invite à développer les bonnes pratiques pour la santé au travail
A l’instar du lancement par les Vignerons engagés d’un guide en cas de fortes chaleurs, des standards sociaux doivent être mis en place dans la filière vin, selon une étude des impacts du changement climatique sur la santé au travail. 80 % des vignerons et saisonniers enquêtés jugent être soumis à des risques physiques (perte de conscience, maux de tête, vertiges, nausées et vomissements), a souligné le 14 janvier Caroline Véran, fondatrice de Croissance bleue, lors d’une présentation à la presse. Parmi les recommandations de l’étude Cliseve (Climat, Santé et Vignobles), l’agence propose de mener des actions concertées au sein de la filière, comme le lancement de chartes de bonnes pratiques, l’ajout de critères sociaux dans les cahiers des charges Siqo (Signes d'identification de la qualité et de l'origine). Croissance bleue, qui a mené ses travaux avec le laboratoire Lapa-Research, relève «un manque de prévention et d’adaptation du travail face aux risques santé-climatique», notamment lié à «l’effacement de l’humain face aux contraintes techniques, économiques et réglementaires». Exemples, 41 % des sondés réclament un accès continu à l’eau potable, deux sur trois demandent un palier de température (35°, d’après le consensus) au-dessus duquel il y aurait interdiction de travailler.
Inrae: Thierry Caquet nommé à l’International, Isabelle Litrico à l’Agriculture
Thierry Caquet a été nommé vice-président International de l’Inrae pour un mandat de quatre ans, selon un communiqué de presse le 13 janvier. Directeur scientifique Environnement à l’Inrae depuis 2017, il prend la relève de Jean-François Soussana, ce dernier étant désormais président du Haut Conseil pour le climat. En outre, la direction scientifique Agriculture revient à Isabelle Litrico, jusqu’ici cheffe du département scientifique Biologie et amélioration des plantes depuis 2020. Sa priorité sera de produire des connaissances «au meilleur niveau» pour «garantir une production agricole performante pour assurer la sécurité alimentaire, le revenu des agriculteurs, tout en prenant en compte les défis environnementaux». Elle succède à Christian Huyghe «dont le mandat était arrivé à échéance mais qui conserve pour 2025 un portefeuille de missions au sein de plusieurs programmes scientifiques».