Huile de palme : l’OMC donne encore raison à l’UE sur la directive Énergies renouvelables
Après plusieurs suspensions de ses travaux, l’organe de règlement des différends de l’OMC (ORD) a finalement rendu le 10 janvier un verdict favorable à l’UE dans son litige l’opposant à l’Indonésie au sujet de l’huile de palme et la directive Énergies renouvelables (RED II), rejetant les arguments indonésiens. L’ORD a estimé que l’objectif de la législation de l’UE est légitime et qu’aucune des mesures alternatives de l'Indonésie n'a démontré que les mesures contestées étaient plus restrictives pour le commerce que nécessaire. Par conséquent, Bruxelles dispose d’une base raisonnable pour qualifier les biocarburants à base d’huile de palme comme étant à haut risque d’ILUC. Néanmoins, le groupe spécial a aussi mis en lumière certains manques dans la manière dont les mesures de l’UE avaient été préparées, publiées et administrées. Le différend entre Djakarta et Bruxelles courait à l’OMC depuis décembre 2019 et la demande de la part de l’Indonésie au sujet de mesures imposées par l’UE pour limiter fortement le recours à l’huile de palme dans sa production de biodiesel d’ici 2030, estimant qu’elles sont incompatibles avec plusieurs accords de l’OMC. En mars, Genève avait déjà donné raison à l’UE dans une affaire similaire avec la Malaisie.
Commerce internationale: une PPL LR le 6 février à l'Assemblée pour appliquer les clauses-miroirs
Une proposition de loi pour interdire l'importation, et non plus la vente, de produits agricoles ne respectant pas les normes imposées en France aux agriculteurs doit être débattue à l'Assemblée nationale début février, a indiqué à l'AFP son auteur le député LR Antoine Vermorel-Marques. Ce texte, qui entend instaurer des clauses miroirs plus efficaces en matière agricole, doit être défendu à l'occasion de la journée réservée aux textes des Républicains dans l'hémicycle le 6 février. Adopté en 2018 en pleine polémique sur les accords de libre-échange (UE-Mercosur, Ceta), l’article 44 de la loi Egalim entendait déjà imposer qu’aucune denrée entrant sur le sol français ne soit cultivée avec des produits interdits en UE. Mais ce texte est resté jusqu’ici lettre morte, car il relève d’une compétence européenne. La loi actuelle cible les vendeurs, souligne l'auteur de la PPL. «Nous proposons (...) de changer de braquet et de cibler les importateurs. (Ce sont) eux qui connaissent le mieux les produits qu'ils font venir chez nous. C'est à eux d'être responsables de leur qualité sanitaire», explique le député dans une interview au Journal du Dimanche. Un second article prévoit également des sanctions pénales pour les contrevenants, qui «doivent être soumis aux mêmes peines qu'un agriculteur français qui ferait la même chose», soit 6 mois de prison, 150.000 euros d'amende et 10% de son chiffre d'affaires.
Etiquetage: des risques d’abus à travers les systèmes de notation (Autorité de la concurrence)
Dans un avis publié le 9 janvier, sur le fonctionnement de systèmes de notation (nutritionnels ou environnementaux) de produits ou de services, l’Autorité de la concurrence considère qu'il existe des risques inhérents d’abus de position dominante, de collusion, de concurrence déloyale ou de dénigrement. Elle rappelle aux concepteurs de tels systèmes de notation la nécessité d’intérêts légitimes, de fiabilité des notations et encore de transparence (quant aux données, aux calculs, au financement…). Se faisant, l’Autorité reconnaît l’utilité de ces notations pour l’arbitrage des consommateurs et leur influence sur les marchés. L’abus de position dominante est un fil directeur de l’avis, qui rappelle son principe : «le fait pour un opérateur dominant sur un marché d’imposer des conditions de transaction non équitables à ses partenaires ou de mettre en œuvre des pratiques discriminatoires». Il en va ainsi par exemple d’un distributeur qui impose son système ou favorise ses marques. L’abus de position dominante peut aussi servir de fondement à une plainte contre un système dénigrant une substance autorisées par les autorités sanitaires. L’autorité s’était auto-saisie de ce sujet en février 2024, puis avait interrogé «un grand nombre d'acteurs», notamment dans l’alimentaire où les systèmes de notations sont très répandus.
Négociations commerciales: critiqué, Mondelez assume demander des hausses de prix
Le géant américain des biscuits et chocolats Mondelez a assumé le 10 janvier demander des «augmentations de prix en France» en raison de charges toujours élevées, plusieurs distributeurs lui reprochant des hausses excessives. L'entreprise qui commercialise les marques LU, Milka, Belin et Côte d'Or, met en avant la flambée du prix du cacao notamment, et dit faire face à des coûts de production toujours élevés (énergie, emballage, transports), dans un communiqué transmis à l'AFP. Elle assume en conséquence devoir «procéder à des augmentations de prix en France soigneusement étudiées». Mondelez plaide n'avoir «pas répercuté toutes les augmentations de coûts subies» sur les prix négociés avec les distributeurs depuis 2022, ce qui «impacte significativement (sa) profitabilité en France». Trois distributeurs avaient auparavant assuré sous couvert d'anonymat à l'AFP que l'industriel avait demandé à être payé beaucoup plus cher que l'année précédente pour ses biscuits et ses chocolats notamment. «Il y a des frictions avec Mondelez depuis un petit moment déjà, mais ils se distinguent particulièrement avec des demandes hors normes par rapport à leurs concurrents et confrères» a expliqué à l'AFP l'un des distributeurs. Un autre a évoqué une hausse du tarif, point de départ de la négociation, de 24% par rapport à l'année précédente. Le troisième a confirmé des demandes en très forte hausse, tout en observant qu'il y avait effectivement «un sujet» pour «les fournisseurs qui utilisent beaucoup de cacao et de café».
Commission européenne: lancement de groupes de projets thématiques, dont l'agriculture et l'eau
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a établi, le 10 janvier, quatorze groupes de projet au sein du collège pour que les commissaires concernés travaillent ensemble sur les priorités fixées pour les cinq prochaines années dont l’agriculture et l’eau. Chaque groupe aura son propre mandat, sa propre composition, sa propre durée et ses propres méthodes de travail. Le groupe consacré à la Vision pour l'agriculture et l'alimentation sera présidé par le commissaire à l’agriculture Christophe Hansen et y siègeront trois vice-présidents (Transition verte, Stratégie industrielle, Cohésion) et sept commissaires (Commerce, Économie, Santé, Climat, Pêche, Environnement, Budget). Christophe Hansen sera également impliqué dans le groupe consacré à la résilience en matière d'eau qui sera, lui, présidé par la commissaire à l’Environnement Jessika Roswall et où siègeront dix membres du collège au total. Les travaux de ces groupes devront permettre une meilleure collaboration entre les différentes directions générales de la Commission pour assurer plus de cohérence aux décisions.
Renouvellement des générations: les jeunes ruraux européens demandent à être consultés
Neufs organisations représentant le jeunesse soussignées dans les secteurs de l’agriculture, l’alimentation, les zones rurales et l’environnement (Ceja, Via Campesina, Slow food, les Amis de la Terre…) demandent, dans une déclaration commune du 9 janvier, à ce que leur voix soit mieux prise en compte dans le processus d’élaboration des politiques. Le renouvellement des générations pose des défis majeurs, rappellent-elles: «L’agriculteur moyen en Europe a 57 ans et seulement 6,5% des agriculteurs avaient moins de 35 ans en 2020. Dans le même temps, l’Europe perd 1.000 exploitations agricoles chaque jour». Un premier échange a eu lieu, en décembre, avec le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen. Les neufs associations espèrent une institutionnalisation de ces rencontres. La question de l’installation et du renouvellement des générations en agriculture figure parmi les priorités de Christophe Hansen qui devrait dévoiler au mois de février sa Vision pour l’agriculture et l’alimentation.
Pac : le soutien des Européens au plus haut, selon un «Eurobaromètre» de la Commission
Plus de huit Européens sur dix (81%) estiment que la Pac remplit son rôle et garantit un approvisionnement alimentaire stable à tout moment, en hausse de 5 points par rapport à 2020, selon les résultats d’un «Eurobaromètre» publié le 8 janvier par la Commission européenne. Plusieurs autres points positifs sur la Pac sont également soulignés dans cette enquête. Ainsi, plus de 70% des personnes interrogées considèrent que la politique européenne contribue à la gestion durable des ressources naturelles (72%), au développement de la recherche et de solutions numériques pour soutenir les secteurs agricole et alimentaire (71%), au renforcement du rôle des agriculteurs dans la chaîne alimentaire (70%), mais aussi à la lutte contre le changement climatique (70%). En outre, 92% des répondants estiment que l'agriculture et les zones rurales de l’UE sont importantes pour l’avenir – et même «très importantes» pour 52% d’entre eux. La Commission européenne se félicite aussi que plus de la moitié des citoyens considèrent que le niveau du soutien financier de l'UE aux agriculteurs pour les aider à stabiliser leurs revenus est correct. «Une augmentation de dix points de pourcentage depuis 2022 et le niveau le plus élevé depuis 2013», précise Bruxelles.
Enseignement agricole : le groupe SOS n'est plus intéressé par la reprise d'établissement
Le groupe SOS, géant français de l'économie sociale et solidaire (ESS), ne souhaite, «a priori», plus reprendre d'établissement scolaire, indique Pierre Pageot, directeur général Transition écologique, interrogé par Agra presse le 9 janvier. «Les associations historiques sont déjà très organisées donc nous ne souhaitons pas rentrer en concurrence», explique-t-il. Après avoir repris un lycée agricole en 2020, le groupe avait alors indiqué à Agra Presse qu’il projetait de piloter une dizaine d’établissements scolaires de l’agriculture et du paysage. Le lycée avait finalement fermé ses portes en 2023, selon la presse locale. En 2020, le groupe travaillait également à la création d’un fonds pour financer en dettes des exploitations agricoles en agroécologie ; ce fonds n'a finalement pas été lancé «car les banques financent déjà très fortement le monde agricole», indique aujourd'hui Pierre Pageot. Et en 2020, le groupe n’écartait pas l’idée de piloter des exploitations dans le cadre de projets d’insertion, lorgnant notamment sur les structures du réseau Jardins de Cocagne (7 % des fruits et légumes bio français). Après avoir racheté l’association Fermes d’avenir (permaculture/agroécologie) en 2016 et le réseau Andes (épiceries solidaires) en 2019, le géant français associatif SOS s’est lancé dans la vigne en 2022, en lançant l'association Vignes d'avenir qui loue le domaine de Lavauguyot, dans le Poitou, où elle exploite le manoir pour une activité hôtelière et 20 hectares de vignes bio.
Machinisme : les immatriculations de tracteurs ont baissé en France l'an passé (fabricants)
Le syndicat des fabricants de machines agricoles, Axema, signale, dans un communiqué du 10 janvier, un effritement, en France, du nombre des premières immatriculations de tracteurs agricoles, de 5,8 % en 2024, pour tomber à 39 189 unités. Il s’agit d’un plus bas depuis 2020 (37 412 unités), et d’un repli de 2,8 % par rapport à la moyenne établie sur les quatre dernières années. Les baisses annuelles les plus notables concernent les tracteurs pour les vignes et vergers (-24,6 %, à 2 531 unités) et standards (-8,4 %, à 23 976 unités). «Ces résultats sont à nuancer. En effet, les statistiques d’immatriculation des tracteurs et chargeurs télescopiques ont été affectées par la nouvelle réglementation européenne sur le freinage des véhicules agricoles, entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Une échéance qui a incité la profession à pré-immatriculer les tracteurs (ou chargeurs) concernés avant la fin de l’année», tempère le syndicat. Parmi les tracteurs standards et ceux destinés aux vignes et vergers, la marque John Deere reste la plus prisée, avec 5 541 unités immatriculées en 2024, soit 20,9 % de parts de marché (22,6 % l’an dernier). Viennent ensuite Fendt (4 223 immatriculations, 15,9 % de parts de marché), et New Holland (3 784 immatriculations, 14,3% de parts de marché).
Machinisme: en Franche Comté, croissance externe et changement de marque chez Déméterre
Filiale de la coopérative Terre Comtoise, le concessionnaire de machines agricoles Déméterre vient d'annoncer, dans un communiqué, qu'il allait changer de marque distribuée (passant de John Deere à Massey Ferguson), et «agréger» cinq sociétés de la région: Avenir Motoculture (Arc-sur-Tille et Ménétreux-le-Pitois), Claudagri (Auzainvillers), Georges Équipement (Bellefontaine), R. Brun & Fils (Lons-le-Saunier) et Vallet (Arbois, Dole et Levier). Ce faisant, elle intègre huit nouvelles bases, pour atteindre 24 bases en Bourgogne, Franche-Comté et Vosges. Déméterre est né en 2022 de la fusion de la filière machinisme agricole de la Terre Comtoise et de la SA Gauvain, tous deux distributeurs de la marque John Deere à cette époque. La société était initialement présente sur treize bases réparties dans quatre départements de Bourgogne-France Comté (Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire de Belfort). En vingt ans, le constructeur John Deere a divisé le nombre de ses concessions par trois en France. Il n’est pas le seul. Depuis quelques années, le terrain de jeu des concessions s’étend de plus en plus à l’échelle des régions, plus seulement des départements (voir notre enquête).
Agrivoltaïsme : nouveau recours de la Conf’ contre un décret sur les autorisations
La Confédération paysanne a annoncé le 10 janvier avoir déposé un recours contre un décret assouplissant le régime d’autorisation des centrales solaires. «Les projets d’installations photovoltaïques au sol inférieurs à 3 MWc (…) ne sont désormais plus soumis à un permis de construire», écrit-elle dans un communiqué. Selon un décret publié le 15 novembre au Journal officiel, le régime de la déclaration préalable concernent les centrales inférieures à 3 mégawatts-crètes (contre 1 MWc auparavant). «Une simple déclaration préalable suffira, ce qui réduira le délai et la qualité de l’instruction des dossiers par les services de l’État, déplore la Conf’. Or, ceux-ci sont déjà submergés dans de nombreux départements. Des projets risquent donc de passer sous les radars alors qu’ils combinent les pires travers de l’agrivoltaïsme: concurrence avec la production agricole et risque pour notre souveraineté alimentaire, accaparement foncier, frein à l’installation paysanne via le renchérissement et la rétention des terres, impact sur le paysage et la biodiversité, tensions avec les riveraines et les riverains…». Un autre recours contre le décret d’application de la loi Aper du 10 mars 2023 est mené par la Conf’, en dépit du rejet de sa QPC (Question prioritaire de constitutionnalité) par le Conseil d’Etat.
Elevage : trois cas de fièvre aphteuse en Allemagne, les premiers en UE depuis 2011
Un foyer de fièvre aphteuse a été détecté en Allemagne sur des buffles d'eau près de Berlin, ont annoncé le 10 janvier les autorités, soit les premiers cas dans l'UE depuis 2011. «Il s'agit des premiers signalements de cette maladie en Allemagne depuis 1988», a indiqué un porte-parole du ministère allemand de l'Agriculture, Michael Hauck. Selon les autorités régionales, trois buffles d'eau sont atteints. «Des zones de restriction ont été mises en place» autour du foyer concerné, a précisé M. Hauck. D'origine virale, Il s'agit de l'une des maladies animales les plus contagieuses. De ce fait, elle peut entraîner des pertes économiques importantes. Lors des précédentes épidémies en Europe, plus de 2.000 animaux ont été abattus pour lutter contre la maladie au Royaume-Uni après une épidémie en 2007, selon le gouvernement britannique, et des centaines ont été abattus en Bulgarie après une épidémie en 2011, le dernier cas connu dans l'UE, selon l'organisation mondiale de la santé animale (WOAH). Des buffles d'eau sont élevés en Allemagne depuis les années 1990, selon le gouvernement du Land de Berlin. Ils sont élevés pour leur lait et leur viande et utilisés pour maîtriser la croissance de l'herbe dans les champs.
Lait : sortir du soja déforestant est «complexe» en bovin lait, selon un cabinet d'étude
Le cabinet de conseil en stratégie bas-carbone Carbone 4 considère que les groupes laitiers peuvent difficilement se limiter au soja non déforestant pour l’alimentation des vaches sans se heurter à la compétition d’usage des sols, devoir réduire leur production ou perdre en compétitivité. C’est une des conclusions de son étude sur les leviers de la décarbonation du secteur bovin lait intitulé «Sortir du soja exposé à la conversion d’écosystèmes». La publication examine toutes les limites de l’amélioration de la traçabilité du soja importé, à travers différents types de certification. Elle propose d’actionner deux autres leviers: la relocalisation des protéines végétales et le changement du «mix alimentaire» des animaux. Toutefois les cultures alternatives devraient occuper 5% de la surface agricole utile française ; une option semblant peu réaliste aux yeux de ces spécialistes des stratégies de décarbonation. Transformer les rations alimentaires semble prometteur. L’une des plus efficientes, parmi celles étudiées par l’Idele (institut de l’élevage), serait la réduction significative de l’utilisation d’ensilage de maïs au profit de l’ensilage d’herbe, ce qui nécessiterait des politiques sur l’usage des sols. En somme, le cabinet conclut qu'il est «indispensable d’envisager la baisse relative dans l’alimentation humaine de la part protéique d’origine animale.»
Céréales : Sénalia prévoit d'exporter 1,6 Mt en 2024-2025, contre 4 à 5 Mt habituellement
Sénalia, l'opérateur portuaire céréalier de Rouen, prévoit d'exporter «seulement 1,6 Mt de céréales environ» pour la présente campagne commerciale 2024-2025, contre 4 à 5 Mt habituellement, a annoncé son directeur général Gilles Kindelberger, lors d'une conférence de presse le 10 janvier. Un chiffre qui s'explique par la récolte française 2024 en très net retrait par rapport à 2023, tant sur le plan des volumes que sur la qualité, par une concurrence internationale particulièrement agressive (Russie, Roumanie, Ukraine, Australie…), et par le boycott algérien des origines hexagonales, en raison du récent alignement de la France sur la position marocaine au sujet du Sahara occidental. L’Algérie a été pendant longtemps le principal importateur de blé tendre français. Afin de faire face à la baisse de ses activités, Sénalia a recours à l’activité partielle. «Nous avons mis en place des ouvertures des sites une semaine sur deux, ou quinze jours – quinze jours», précise Gilles Kindelberger. À plus long terme, et afin de pallier l’intensification de la concurrence internationale, «il faut trouver de nouveaux débouchés et diversifier notre offre», pointe le directeur général. Il mise notamment «sur la croissance du marché du sans insecticide de stockage (SIS)». Les États-Unis, constituant pourtant un exportateur majeur de blé, ont par exemple fait l’acquisition de 70 000 t de marchandises hexagonales SIS (soit deux bateaux) lors de la campagne commerciale 2023-2024.
Blé tendre: l'Inrae lance une variété «agroécologique», avec un objectif de 30000ha en 2026
L'Inrae et sa filiale Agri Obtentions ont annoncé, dans un communiqué du 9 janvier, la mise en marché d'une nouvelle variété française de blé tendre, dénommée Géopolis, qui sera disponible pour les travaux de semis 2025. «Cette variété se caractérise non seulement par un rendement très élevé et un excellent taux de protéines, mais est aussi l'une des premières variétés de blé considérée comme agroécologique», permettant de répondre aux objectifs du plan Ecophyto II+, déclare l'institut de recherche. Résultant d'un travail de recherche de dix ans et de tests en plein champ depuis deux ans à Estrées-Mons (80), Le Rheu (35) et Crouël (63), elle est dotée «d'une forte résistance aux maladies telles que la septoriose, la rouille brune et le piétin-verse, et une tolérance à la cécidomye orange», d'après l'institut. Les rendements s'affichent à 113,6 % de la moyenne des témoins dans la zone Nord suite aux deux années d'essai. Par ailleurs, ils s'élèvent à «110,7 % lors de la campagne 2023-2024 en conduite traitée fongicide, et à 125% en conduite non traitée fongicide», fait valoir l'Inrae. L'organisme projette, en France, une surface d'environ 30 000 ha de cette variété pour la récolte 2026. Pour la campagne culturale 2024-2025, la production de semences s’étend sur 600 hectares.
Céréales: la production américaine de maïs et soja révisée en baisse (USDA)
Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu en baisse le 10 janvier ses estimations de production de maïs et de soja aux Etats-Unis, à cause notamment d'une baisse des rendements. «Les surprises viennent encore une fois des productions américaines de maïs et de soja», a commenté auprès de l'AFP Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtages. Côté maïs, l'USDA prévoit désormais une récolte de 377,63 millions de tonnes de grain jaune pour la campagne américaine 2024-25, soit environ 7 millions de moins qu'annoncé lors de sa précédente projection publiée en décembre, selon le rapport mensuel WASDE (World agricultural supply and demand estimates). En outre, «il n'y a eu aucun changement sur l'Argentine ou le Brésil, malgré les conditions séches», a relevé M. Le Molgat, selon qui ce sont bien «les Etats-Unis (qui) font bouger les lignes sur le marché mondial du maïs». Dans le même temps, les estimations de production de soja américain ont aussi été révisées en baisse, de 2,58 millions de tonnes, ce qui vient peser sur la production à l'échelle mondiale. Là encore, ce repli est notamment dû à une baisse des rendements aux Etats-Unis (-1,93%), et provoque une contraction de stocks attendus en fin de période aux Etats-Unis (-2,46 millions).
Légumes : Sakata lance la première variété de butternut résistante au Didymella bryoniae
Le semencier Sakata annonce, dans un communiqué de presse le 10 janvier, avoir créé la première variété de butternut résistante au Didymella bryoniae, baptisée Orionit F1. Ce champignon présent dans les sols français se manifeste sur les cucurbitacées et plus fortement sur la courge butternut. Des tâches concentriques brunes apparaissent sur les fruits et se développent lors de la conservation. Ces tâches empêchent la commercialisation des fruits en première catégorie, avec des conséquences économiques importantes pour le producteur. Le manque de traitement efficace contre cette maladie ferait que «l’amélioration variétale est l’unique réponse à ce problème», avance le semencier. Il considère que l’Orionit F1 devrait permettre aux producteurs de réduire ses coûts de traitement mais aussi de proposer à la distribution, un butternut uniforme d’un calibre allant de 1,2 kilo à 1,7 kilo, présentant une bonne conservation et un peau exempte de tâches. «Nous avions à coeur d’apporter une solution à l’ensemble des producteurs de butternuts, fortement affectés par le Didymella bryoniae, notamment dans le Sud de la France», explique Hervé Bos, promoteur des ventes senior en France. Distribué dans l’hexagone par Voltz Maraîchage, Orionit F1 a reçu un Sival Argent (catégorie innovation variétale) qui sera décerné lors du salon angevin à partir du 14 janvier prochain.
Gaspillage alimentaire : les Etats-Unis sont loin de leurs objectifs de réduction à 2030 (étude)
La plupart des Etats américains ne parviendront pas à atteindre l’objectif fédéral de réduction du gaspillage alimentaire pour 2030 ; ils comptent trop sur le recyclage et pas assez sur la réduction à la source, selon une étude de l’Université Davis de Californie rendue publique ce 9 janvier et publiée par Nature Food. L’objectif veut que la nourriture non consommée (ni recyclée) annuellement par habitant soit réduite de moitié d’ici à 2030 par rapport à 2016, ce qui ferait tomber le gaspillage à 74 kg/hab/an d’ici à 2030. Or, sans changements des politiques, le gaspillage ne diminuerait pas, l’augmentation des pertes compensant les réductions. Les auteurs de l’étude déplorent que les principaux efforts des Etats consistent à recycler (par compostage ou digestion anaérobique) au lieu de prévenir le gaspillage, donner des denrées ou les convertir en aliments pour animaux. Une explication peut être que depuis 2021, l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) ne compte plus le recyclage comme un gaspillage. Or, les denrées produites coûtent en ressources. La nourriture gaspillée représente 8 à 10% de l’émission de gaz à effet de serre, signale un des auteurs dans l’article d’Eurekalert présentant l’étude.
Brésil: deux militants du mouvement des sans-terre tués par balle
Deux militants du Mouvement brésilien des travailleurs ruraux sans terre (MST) ont été tués par balle lors d'une attaque qui a également fait six blessés dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est), a annoncé le 11 janvier le gouvernement Lula. Le ministère de la Justice a ordonné à la Police fédérale d'ouvrir une enquête, évoquant une «violation des droits humains», dans un communiqué partagé sur le réseau social X par le président Luiz Inacio Lula da Silva, un allié de longue date du MST, mouvement emblématique de la gauche brésilienne. L'attaque a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, dans le campement Olga Benario, situé dans la commune de Tremembé. Selon Paulo Teixeira, ministre du Développement agraire et de l'Agriculture familiale, qui s'est rendu sur place, «huit personnes au total» ont été touchées par les balles, et l'un des militants tués lors de l'attaque est Valdir do Nascimento, 52 ans, un des leaders du mouvement dans la région. Le coordinateur national du MST, Gilmar Mauro, a affirmé au site Uol qu'il était mort de plusieurs tirs dans la tête, «ce qui prouve qu'on voulait le supprimer». Né à la fin de la dictature militaire (1964-1985), le MST revendique une réforme agraire en profondeur, dans un pays où une grande partie des terres agricoles est concentrée dans d'immenses exploitations.
Exportations: nouveau président au CNPA, étude d’impact régionale en février
Le conseil d’administration du Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA) réuni le 7 janvier a élu, pour une durée de trois ans, Yannick Fialip à sa présidence. Il succède à Jérôme Despey (FNSEA), à l’origine de la création du Collectif Export & Souveraineté alimentaire, qui n’était pas candidat à sa succession. Eleveur de bovins en Haute-Loire, Yannick Fialip préside la commission économique de la FNSEA et est pour l’heure président de la Chambre d’agriculture du département où il est implanté. Lors de son élection, Il a annoncé la publication en février une étude d’impact régionale des exportations: «nous formulerons série de propositions afin que la France retrouve son rang de grande puissance exportatrice». Le CNPA considère que le déclin des exportations agroalimentaires françaises en Europe et dans le monde est lié «à une perte de compétitivité qui est à la fois une conséquence et un accélérateur de la crise agricole française. Et la perte de nos positons sur les marchés alimentaires mondiaux entraîne des répercussions directes sur l’ensemble de l’économie, des territoires et des consommateurs français». Le Collectif Export et Souveraineté Alimentaire, fédère les principaux acteurs de la filière alimentaire, dont le syndicalisme agricole majoritaire (Ania, Anivin de France, Chambres d’Agriculture France, CNIPT, CNMCCA, FNSEA, Inaporc, Interbev, Intercéréales, Interfel, la Coopération Agricole, Medef).
Cabinet d'Annie Gevenard: deux nouveaux conseillers, à l'élevage et au budget
Suite à sa reconduction Rue de Varenne, Annie Genevard a légèrement renouvelé son équipe, avec l'arrivée de deux nouveaux conseillers. Dans un arrêté paru du 9 janvier, la ministre de l'Agriculture a nommé Corettie Medjo Byabot conseillère filières animales, santé et bien-être animal, poste important en vue des Assises du sanitaire qui doivent débuter dans quelques semaines. Inspectrice de santé publique vétérinaire, elle travaillait à la direction générale du Trésor. Auparavant elle a notamment travaillé à la DGAL (ministère de l'Agriculture) comme chargée d'études filières porcine et avicole en lien avec la faune sauvage. Elle remplace Jean-François Lepage. Par ailleurs, la ministre a nommé Victor Mabille, conseiller budgétaire, gestion des risques, protection sociale et dialogue social, en remplacement de Tom Michon.