Agrafil du 14 juillet 2025

hero

UE/Etats-Unis: Trump surenchérit avec 30% de droits de douane pour l'UE et le Mexique

Donald Trump a annoncé le 12 juillet l’imposition de droits de douane de 30% pour les produits de l’Union européenne et du Mexique importés aux Etats-Unis, une nouvelle surenchère sur fond de négociations avant l’échéance du 1er août qui sème l’inquiétude en Europe. Le président américain a justifié, dans une nouvelle lettre publiée sur sa plateforme Truth Social, cette décision en se plaignant du déficit commercial américain avec les 27 pays de l’UE. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se dit «prête à poursuivre le travail» pour trouver un accord avec Washington d’ici à l’échéance du 1er août, Ursula von der Leyen menace d’adopter des «contre-mesures proportionnées si cela s’avère nécessaire». Bruxelles avait déjà préparé, sans l’appliquer, un train de surtaxes sur des produits américains. Donald Trump a prévenu qu’en cas de mesures de rétorsion, il augmenterait d’autant ses droits de douane sur les produits européens entrant aux Etats-Unis, en plus des 30%. Début avril déjà, le chef de l’Etat américain avait menacé l’UE d’infliger 20% de droits de douane aux produits européens exportés aux Etats-Unis. Fin mai, frustré par le manque d’avancée dans les négociations, il avait relevé ce taux à 50%, avec effet annoncé au 1er juin, finalement repoussé au 1er août, jusqu’à sa lettre de samedi. Selon des sources diplomatiques, les discussions menées jusqu’ici se faisaient sur la base de droits de douane américains de 10%, avec exceptions.

UE/Indonésie: Von der Leyen annonce un «accord politique» sur les barrières commerciales

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le 13 juillet un «accord politique» avec l’Indonésie sur la conclusion de négociations visant à assouplir les barrières commerciales, après avoir rencontré le président Prabowo Subianto à Bruxelles. Bruxelles a intensifié ses efforts pour améliorer les relations avec des partenaires potentiels dans le monde entier alors que M. Trump a ouvert une guerre commerciale avec des droits de douane généralisés. La question de l’huile de palme est un sujet de tensions entre l’UE et l’Indonésie ayant entraîné des contentieux à l’OMC. Dans le cadre de la directive européenne Énergies renouvelables, l’UE a décidé de limiter fortement le recours à l’huile de palme dans sa production de biodiesel d’ici 2030. Des mesures compensatoires définitives sur les importations de biodiesel originaire d’Indonésie, allant de 8 à 18 % selon les entreprises, ont également été mises en place par l’UE. « L’Indonésie et l’UE souhaitent profiter de la situation actuelle, pleine d’incertitude et d’imprévisibilité. » Il faut dire que la nouvelle politique douanière américaine touche Djakarta de plein fouet. L’Indonésie pourrait être soumise par un taux 32 % en cas de mise en œuvre des droits de douane « réciproque » de Donald Trump.

Droits de douane américains: conséquences «désastreuses» pour l'agroalimentaire français

L’instauration de droits de douane de 30% pour les produits européens entrant aux Etats-Unis aurait des «conséquences économiques désastreuses (...) pour les entreprises agroalimentaires françaises», a réagi l’Association nationale du secteur (Ania), après l’annonce de Donald Trump faite le 13 juillet. Le président américain a annoncé l’imposition au 1er août de droits de douane de 30% pour les produits importés du Mexique et de l’Union européenne, nouvelle surenchère sur fond de négociations. L’Ania enjoint les pouvoirs publics français et européen de «protéger l’ensemble de l’agroalimentaire, 1ère industrie de France et d’Europe, et son agriculture dans les négociations en cours avec les États-Unis et dans le cadre de possibles contre-mesures européennes», dans son communiqué. «Ce serait une catastrophe pour tout le secteur, dans une situation où les vins et spiritueux affrontent déjà d’énormes difficultés», a lancé le 12 juillet Jérôme Despey (FNSEA), président du conseil spécialisé viticole de FranceAgrimer. Même frayeur côté italien. Selon les projections de la Coldiretti (syndicat agricole italien), «avec des droits de douane de 30%, les tarifs supplémentaires pour certains produits emblématiques du Made in Italy atteindraient 45% pour les fromages, 35% pour les vins, 42% pour les tomates transformées, 36% pour les pâtes farcies et 42% pour les confitures et conserves homogénéisées».

Budget de l'UE : les détails du nouveau cadre de performance envisagé par Bruxelles

Alors que la présentation des détails du prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034 de l’UE est attendue le 16 juillet, Bruxelles devrait proposer un cadre unique d’évaluation de la performance des dépenses budgétaires. L’idée de l’exécutif européen est d’harmoniser le système pour rationaliser le suivi du budget (réduction du nombre d’indicateurs) et réduire la charge administrative. Selon un projet de règlement en circulation et vu par Agra, ce cadre unique permettra d’évaluer la contribution des interventions à quatre objectifs : l’atténuation au changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la biodiversité et les politiques sociales. L'évaluation se ferait au moyen d’un coefficient de l’UE exprimé en pourcentage et fondé sur un système à trois niveaux de contribution à l’objectif (0%, 40% ou 100%). Il comprend un ensemble standardisé d’indicateurs de performance qui serait applicable à l’ensemble des programmes budgétaires de l’UE et des indicateurs de résultat directement liés à une liste de domaines d’intervention. Et la Pac devrait en faire partie. Pour l’heure, une trentaine devrait concerner l’agriculture comme le soutien ciblé au revenu, les soutiens aux revenus sectoriels, la promotion du renouvellement générationnel, le soutien aux pratiques environnementales et climatiques ou à la transition.

PPL Entraves: les députés de gauche saisissent le Conseil constitutionnel

Les députés de gauche ont saisi le 11 juillet le Conseil constitutionnel contre la proposition de loi Entraves, visant de nombreuses dispositions. Les Insoumis, écologistes et communistes ont déposé un recours commun, et les socialistes un deuxième. Pour le groupe des requérants, la dérogation elle-même «n’est pas encadrée ni dans l’espace, ni dans le temps», et «l’usage des néonicotinoïdes n’est pas circonscrit à des filières de productions agricoles définies». Ils jugent que la réintroduction même à titre dérogatoire contrevient aux principes de précaution et de non-régression environnementale. Ils estiment également qu’il n’existe aucune «caractérisation juridique de ce que pourrait constituer un menace grave compromettant la production agricole», censée fonder la dérogation pour utiliser l’acétamipride. Le recours vise également les mesures relatives aux installations classées (ICPE) en élevage, en ce qu'elles restreignent «la capacité du public à s’informer et à s’investir dans la démocratie environnementale locale». Ils visent aussi l’article qui prévoit notamment une présomption d’«intérêt général majeur» pour certains ouvrages de stockage d’eau, dans l’intention de faciliter les constructions, en ce qu'elle «dispense les autorités d’examiner les risques environnementaux». Enfin sur la forme, les auteurs du recours dénoncent les conditions d’examen du texte, en particulier l'emploi de la motion de rejet préalable.

Pesticides/Anses: ONG et députés socialistes dénoncent le projet de liste d'usages prioritaires

«Passage en force inacceptable», «remise en cause de l’indépendance de l’Anses»: les députés socialistes et l’ONG Générations Futures ont dénoncé le 11 juillet, dans des communiqués distincts, le décret portant sur l’autorisation des produits phytosanitaires et qui va, selon eux, «imposer des priorités» à l’agence sanitaire nationale. «Concrètement, le directeur général de l’Anses devra tenir compte d’un calendrier d’examen des demandes d’AMM des produits phytopharmaceutiques établi par le ministère de l’Agriculture et donc retarder le retrait de produits dont les dangers pour la santé humaine et environnementale sont avérés», regrette le groupe socialiste de l’Assemblée nationale. «Il s’agit d’une mise sous tutelle de l’Anses après plusieurs mois de tentatives de déstabilisation», accuse-t-il. L’association environnementale Générations Futures dénonce de son côté un «passage en force inacceptable» car, selon elle, «l’Anses devra tenir compte de cette liste d’usages prioritaires dans son calendrier d’examen des demandes d’autorisation, de modification ou de retrait des AMM». Interrogée par l’AFP sur les conséquences de ce décret sur son fonctionnement, l’Anses indique pour sa part que «les dispositions prévues dans le décret nécessitent un examen attentif afin d’envisager les conséquences éventuelles qu’elles pourraient avoir pour l’Anses ou les autres acteurs concernés».

Chèques alimentaires: la MSA et la Caf lancent à leur tour des expériences locales

Un jury d’administrateurs et représentants de la CCMSA et des allocations familiales a sélectionné le 10 juillet onze projets expérimentaux de « système alimentaires solidaires et durables » proposés conjointement par les caisses locales de MSA et les Caf, apprend-on auprès de l’administrateur MSA Bernard Simon, coprésident du comité d’action sanitaire et sociale, et du directeur de développement sanitaire et social Rodolphe Dumoulin. Ils doivent fonctionner selon un « mécanisme tripartite » dans lequel la MSA/Caf verse un acompte à des producteurs qui vont approvisionner des familles volontaires, lesquelles rembourseront la MSA/Caf selon leurs moyens. Bernard Simon, qui participait au jury, se dit « frappé par les capacités locales à mobiliser différents acteurs dans une solidarité de proximité et par la richesse des modèles proposés ». Ces onze projets font partie d’une vingtaine ayant répondu à un AMI (appel à manifestation d’intérêt) auprès des 100 Caf et 35 MSA. Dans le cadre de la CCMSA ils seront soumis au conseil d’administration puis financés pendant deux ans à travers la convention d’objectif et de gestion de la CCMSA pour 2026 à 2030, en cours de négociation avec l’Etat. Pour rappel: faute de lancement national, le gouvernement avait annoncé en 2023 qu'il financerait des expérimentations locales, dont les plus connues ont été menées en Seine-Saint-Denis, dans le Gers et à Montpellier.

Céréales/engrais: l'accord entre la Russie et l'ONU va prendre fin le 22 juillet

L’accord entre la Russie et les Nations unies visant à faciliter les exportations de denrées alimentaires et d’engrais russes vers les marchés internationaux va prendre fin le 22 juillet, a indiqué l’ONU vendredi. L’accord avait été signé le 22 juillet 2022 pour trois ans, et «il ne sera pas renouvelé» en raison de désaccords, a indiqué à l’AFP une source proche des discussions. Il visait à faciliter les exportations de denrées alimentaires et d’engrais russes vers les marchés internationaux, afin notamment de réduire les prix mondiaux. De fait, les sanctions économiques qui frappent la Russie, depuis son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, épargnent engrais et céréales, mais la crainte de franchir accidentellement une ligne rouge et de se retrouver du mauvais côté de la loi avait paralysé les transporteurs et fait exploser les primes d’assurance. Après d’intenses discussions, Russie et ONU avaient établi un cadre en matière notamment d’assurance et de transactions financières qui soit compatible avec les trois systèmes de sanctions en vigueur (Etats-Unis, Royaume-Uni et Union européenne). Moscou s’est plaint à plusieurs reprises du fait que l’accord soit resté plus ou moins lettre morte. Le 22 juillet 2022, la Russie et l’Ukraine avait également signé un accord, sous l’égide des Nations Unies et de la Turquie, portant sur l’exportation des céréales ukrainiennes. Moscou avait refusé de le prolonger en juillet 2023, en dénonçant les entraves au commerce des produits agricoles russes.

Céréales/engrais: Moscou dit que l'accord avec l'ONU a échoué à cause des sanctions

La Russie a estimé le 12 juillet que son accord avec les Nations unies pour faciliter ses exportations de denrées alimentaires et d’engrais, conclu après le début de son offensive en Ukraine, avait échoué en raison des sanctions occidentales. Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé samedi que son prolongement n’avait pas été «prévu» au moment de sa signature. «Compte tenu de la ligne destructrice adoptée par les capitales occidentales, en particulier celles de l’Union européenne, qui consiste à multiplier les sanctions unilatérales illégales contre la Russie, aucune des tâches (de l’accord) n’a été menée à bien», a en outre accusé le ministère. Les sanctions économiques qui frappent la Russie, depuis son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, épargnent engrais et céréales, mais la crainte de franchir accidentellement une ligne rouge et de se retrouver du mauvais côté de la loi avait paralysé les transporteurs et fait exploser les primes d’assurance. Après d’intenses discussions, la Russie et l’ONU avaient établi un cadre en matière notamment d’assurance et de transactions financières qui soit compatible avec les trois systèmes de sanctions en vigueur (Etats-Unis, Royaume-Uni et Union européenne). Moscou s’est plaint à plusieurs reprises du fait que l’accord soit resté plus ou moins lettre morte. Le ministère russe des Affaires étrangères a néanmoins affirmé samedi que la coopération sur ces questions «pourrait se poursuivre» après l’expiration de l’accord, «dans l’intérêt de la sécurité alimentaire mondiale».

Maïs: stocks mondiaux révisés à la baisse, en raison de la production américaine (rapport Wasde)

Anticipant une baisse de la production aux Etats-Unis, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu le 11 juillet à la baisse ses estimations de stocks de maïs à l’échelle mondiale. Pour la campagne 2025-2026, l’USDA a abaissé ses prévisions de réserves mondiales de plus de trois millions de tonnes (à 272,1 Mt). Cet ajustement s’explique en partie par une réévalution des stocks de la campagne actuelle, qui diminuent de près d’un million de tonnes, selon Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. Mais surtout, l’USDA «révise à la baisse la perspective de production mondiale de maïs, et ce, en grande partie aux Etats-Unis», souligne auprès de l’AFP M. Le Molgat. La production américaine devrait être plus importante lors de la campagne 2025-2026 que lors de la précédente. Mais alors qu’elle devait tutoyer les 402 millions de tonnes, l’USDA estime désormais qu’elle s’établira à près de 399 Mt. «Ce n’est pas une surprise» pour les marchés, souligne Gautier Le Molgat. Les fonds se concentrent sur les stocks américains qui, en dépit de cette production moins importante que prévu, devraient gonfler de près de 24% d’une année sur l’autre.Côté soja, le ministère américain de l’Agriculture anticipe des réserves en légère augmentation.

Céréales : le Maroc, première destination du blé français depuis le port de Rouen

Suite à la mauvaise récolte 2024, le port de Rouen a exporté, de juillet 2024 à fin juin 2025, 5,21 millions de tonnes de céréales, contre 8,7 Mt un an plus tôt. Haropa Port voit toutefois sa part de marché, dans l’export de céréales françaises par voie maritime, légèrement augmenter, à 54 %. Dans le détail : 3,21 Mt de blé, 1,91 Mt d’orge et 90 000 t de maïs ont quitté le port, notamment à destination du Maghreb qui, à lui seul, totalise 1,67 Mt avec en haut du podium, le Maroc. L’Union Européenne a représenté 1,53 Mt des céréales exportées, dont 0,67 Mt vers le Portugal, et l’Afrique de l’Ouest 0,53 Mt. Contrairement aux années précédentes, la Chine a été beaucoup moins présente : 0,38 Mt importées contre 2,5 Mt l’année passée. La marchandise française a également été sollicitée par des acheteurs moins habituels comme la Lybie, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte ou la Thaïlande. La campagne d’export a été rythmée en deux temps : un premier semestre, de juillet à décembre 2024, en fort repli et une seconde partie plus dynamique, soutenue par la demande et par des prix français plus attractifs. Autre fait marquant : les exportations d’oléagineux et de protéagineux qui, elles, ont fortement augmenté, de + 74 %, pour atteindre 290 000 t. (Anne Gilet)

Moissons: les basses eaux du Rhin menacent le transport de céréales

La sécheresse de ces derniers mois impacte le débit du Rhin : habituellement enregistré autour de 1200 m3 par seconde à Strasbourg, il est passé, le 11 juillet, sous la barre des 800 m3. « Un débit normal permet aux bateaux d’emporter trois mètres de marchandises dans leurs cales, explique Vincent Steimer, directeur des unités territoriales à Voies navigables de France (VNF). Autour de 800 m3, ils ne peuvent embarquer que les deux-tiers de leurs chargement, et en dessous de 600 m3/seconde, seulement un tiers. » Dès lors, le fret fluvial perd largement de sa rentabilité. Et le situation ne semble pas près de s’améliorer : outre les précipitations, le Rhin est surtout alimenté par la fonte des glaces alpines et le lac de Constance. Or, les neiges accumulées en hiver ont déjà toutes fondues, et le lac est très bas, proche de ses records historiques. Une déconvenue pour les nombreux stockeurs et amidonniers présents le long du Rhin, qui exportent leurs produits en direction de la Mer du Nord. D’autant que les bons rendements de la moisson obligent les stockeurs à vider leurs silos. En 2025, le trafic agricole sur le Rhin était jusque-là au beau fixe, avec 615 000 tonnes de produits transportés lors du premier semestre, en hausse de 15 % par rapport à 2024. (Elena Blum)

Biocarburants aéronautiques : de «potentiels repreneurs» pour Global Bioenergies

«De potentiels repreneurs» ont manifesté leur intérêt, le 9 juillet, pour les activités de Global Bioenergies, indique l'entreprise spécialiste des biocarburants aéronautiques dans un communiqué le 11 juillet. «Deux offres et trois lettres d’intention» auraient été reçues. Les candidats ayant exprimé le souhait de bénéficier de plus de temps pour évaluer le dossier, la date de remise des offres préliminaires est repoussée au 18 juillet. L'audience d'examen au tribunal de commerce d'Evry reste fixée à septembre-octobre. La société souligne que la probabilité que les actions de Global Bioenergies soient reprises est «extrêmement faible, et qu'aucune discussion en ce sens n’a actuellement lieu.» Pour rappel, Global Bioenergies prévoyait en juin 2023 la construction d’une usine de biocarburants aéronautiques à horizon 2028. Mais «malgré un projet de partenariat prometteur avec un grand industriel souhaitant rester anonyme à ce stade, avec lequel une term sheet non engageante a été signée en février 2025, la société n’a pas réussi à financer le chapitre suivant dans sa configuration actuelle de société cotée en Bourse, avec des dettes significatives (13 M€)», rapporte Marc Delcourt, co-fondateur et p.-d.g. de Global Bioenergies, cité dans le communiqué.

Lait : moins de ressources pour le Cniel en 2024, débat en cours pour 2026-2028

Les ressources du Cniel (interprofession laitière) se sont amoindries en 2024 par rapport à 2023, selon les données publiées en juin dans le rapport annuel 2024. La contribution nationale obligatoire des éleveurs (1,22 €/1000 litres) et des transformateurs (0,442 €/1000 litres) est passée de 40 M€ à 36 M€, à cause de la baisse de la collecte de lait. La cotisation du 4e collège (distribution), dont le calcul ne repose pas sur les volumes vendus, est stable à 1,6 M€. Quant au cofinancement de l’Union européenne pour les actions de communication à l’international, il passe de 11 M€ à 6 M€. Ces actions ont été moins nombreuses, notamment à cause d’un changement des règles d’attribution pour les campagnes récurrentes sur la zone Amérique. 200 à 300 K€ sont aussi versés au titre du crédit d’impôt recherche. La baisse de la collecte, si elle devait être pérenne, pose la question du financement du Cniel qui devrait soit augmenter ses ressources, soit baisser ses dépenses et donc ses actions. La moitié des dépenses concerne la communication en faveur du lait et des produits laitiers. C’est un des enjeux du plan triennal pour 2026-2028 qui doit être finalisé au niveau du Cniel d’ici la fin août avant d’être transmis à l’Etat pour publication au Journal officiel avant le 31 décembre 2025.

Bovins/DNC: vendredi, l'éleveur de Savoie s'opposait toujours à l'abattage de ses vaches

Vendredi, un éleveur d’Entrelacs (Savoie) continuait de s’opposer, depuis deux jours, à l’abattage de plus d’une centaine de ses vaches après la découverte de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) parmi ses bêtes, a constaté ’AFP. Son élevage compte parmi les neuf foyers de cette maladie, affectant les bovins mais non transmissible à l’humain, recensés au 10 juillet en Savoie et Haute-Savoie, pour la première fois en France. Un total qui inclut la découverte d’un deuxième foyer en Haute-Savoie, à Marigny-Saint-Marcel, annoncé par la préfecture du département vendredi soir. «On a bloqué dès le soir (mercredi, ndlr). Et on a bien fait parce qu’à 6h le lendemain matin, les services de gendarmerie étaient déployés», a raconté l’éleveur Pierre-Jean Duchêne à l’AFP. «A ce stade, on ne sait pas ce qui va être décidé», déplore-t-il, après avoir reçu la visite d’un représentant du ministère de l’Agriculture qui n’a donné lieu à «aucune avancée». Il dit garder «une lueur d’espoir» mais sans «se faire d’illusions», car l’euthanasie des troupeaux concernés par au moins une infection fait partie des mesures de lutte contre la propagation de la maladie. Pierre-Jean Duchêne est préparé à bloquer l’accès à son exploitation jusqu’à savoir quelles seront les propositions des autorités, au-delà de l’indemnisation des vaches pour acheter un nouveau troupeau.

Œufs/USA : Trump attaque la politique californienne favorable à l’élevage hors-cage

L’administration Trump a attaqué cette semaine l’Etat de Californie accusé de contribuer au renchérissement des œufs sur ce territoire du fait de « contraintes bureaucratiques » à la production, rapporte nos confrères américains du Hagstrom Report, le 11 juillet. « Par une combinaison d’initiatives électorales, de textes législatifs et de règlements, la Californie a effectivement empêché les agriculteurs du pays d’utiliser un certain nombre de méthodes de production agricole qui étaient largement utilisées — et qui ont aidé à maintenir les œufs [à des prix] abordables », énonce la plainte. L’administration s’appuie sur une « clause de suprématie » fédérale, datant de 1970, supposée empêcher un Etat d’imposer des normes supplémentaires en termes de qualité des œufs. Wayne Pacelle, président d’Animal Wellness Action met en garde contre l’élimination des normes de bien-être animal dans les États qui « ouvrira les vannes aux œufs bon marché des fermes industrielles au Mexique », mettant ainsi en danger les élevages hors-cage qui produisent selon lui près de la moitié des œufs aux Etats-Unis. Il impute la flambée des prix des œufs à l’influenza aviaire et à « l’abattage excessif » de 130 millions de poules sur les 330 millions en production avant l’épizootie.

Agtech/foodtech: nouvelle chute des investissements, aspirés par l'intelligence artificielle

Après s'être stabilisé à un niveau très bas, à 16 milliards de dollars en 2024, le montant des investissements placés à travers le monde dans les start-up de l'agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l'agriculture et l'agroalimentaire) continue de dévisser, constatent les analystes américains d'Agfunder dans une note publiée le 3 juillet. Sur le premier semestre 2025, le nombre d'opérations a été plus que divisé par deux, passant de 1187 à 551. Les start-up ont levé 5,1 milliards de dollars, en baisse de 37% par rapport à l'an passé (8,4 milliards de dollars au premier semestre), revenant ainsi à son niveau de 2015. A son pic en 2021, le secteur avait levé 36 milliards de dollars en une année. Pour les analystes, la tendance tient à plusieurs facteurs : cycle du capital risque, confoncture économique et géopolitique, essor de l'intelligence artificielle. «De 2013 à 2021, nous avons observé une gentrification de nouveaux secteurs dont l'agtech et la foodtech, attirant les plus grands fonds et poussant les valorisations à la hausse», explique l'un des fondateurs d'Agfunder, Rob Leclerc. «Désormais, nous voyons les sociétés de capital risques se retirer de tout ce qui n'est pas de l'intelligence artificielle». Et de souligner que les start-up d'intelligence artificielle ont capté 100 milliards de dollars cette année, soit un tiers du marché du capital-risque.

Dégradations lors de manifestations: prison avec sursis pour un dirigeant de la CR47

Le syndicat agricole a été relaxé mais un des dirigeants de la Coordination rurale dans le Lot-et-Garonne a été condamné à six mois de prison avec sursis, le 11 juillet, pour des dégradations commises l’an dernier lors d’une manifestation. Le tribunal correctionnel d’Agen a assorti cette peine d’une période probatoire de deux ans en condamnant José Perez, coprésident de la CR47, pour avoir dégradé des locaux de l’Office français de la Biodiversité à Clairac (Lot-et-Garonne) le 11 avril 2024, en intimidant des agents. Deux autres militants du syndicat ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis dans cette affaire, parmi une vingtaine qui avaient comparu en mai et juin derniers pour une série de faits commis lors de manifestations agricoles en 2024. La justice leur reprochait notamment d’avoir détérioré une vingtaine de radars routiers, détruit la cargaison d’un camion de légumes en provenance d’Espagne, empêché la circulation de trains ou endommagé des voies près d’Agen, ainsi que diverses dégradations de bâtiments de services de l’État (Office français de la biodiversité, direction des impôts, Urssaf, etc.), de collectivités, de sociétés d’autoroutes ou encore d’enseignes de la grande distribution.