Pratiques commerciales déloyales : accord européen sur l’application transfrontalière
Les colégislateurs européens se sont mis d’accord, le 12 novembre à l’issue de leur seconde réunion interinstitutionnelle, concernant l’application transfrontalière de la directive sur les pratiques commerciales déloyales, proposée par Bruxelles en décembre 2024. Dans le détail, les États membres auront également la possibilité d’intervenir ex officio pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales transfrontalières sans qu'aucune plainte officielle n'ait été déposée par un producteur. Le texte prévoit aussi des dispositions en cas de pratiques commerciales déloyales de la part d'acheteurs non membres de l'UE, une sujet porté par le Parlement européen. Enfin, ce compromis comprend un mécanisme d'entraide judiciaire afin d’échanger des informations ou entre autorités nationales. Les colégislateurs proposent également la création d’un mécanisme d’action coordonnée en cas de pratiques commerciales déloyales transfrontalières de grande ampleur impliquant au moins trois pays de l'UE. Le compromis doit à présent être définitivement validé par le Conseil de l’UE et le Parlement européen avant d’être publié au Journal officiel de l’UE. Les nouvelles règles seront applicables 18 mois plus tard. Mais ce sujet reviendra à l’ordre du jour en 2026 puisque la Commission européenne doit présenter une révision de la directive au cours du 3e trimestre.
NGT: les négociateurs s'attaquent à la question des brevets
Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE ont rendez-vous le 12 novembre pour un nouveau trilogue sur le dossier des nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT). Ils se pencheront plus spécifiquement sur la question des brevets qui est un des sujets centraux de discorde entre les deux institutions depuis le début des discussions. Et cela risque d’être encore le cas. «Le Conseil avait promis de proposer des solutions à chacune des principales préoccupations du Parlement européen concernant les brevets. Or, il ne l’a pas fait et s’est contenté de se réfugier derrière son mandat», déplore l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau, négociateur pour son groupe politique. Il espère que les Etats membres acceptent les demandes du Parlement européen en particulier l’interdiction «des brevets pour les caractères ou séquences présents dans la nature ou pouvant être obtenues par des méthodes de sélection conventionnelles sans invention technique». L’eurodéputé souhaite aussi des dispositions pour lutter contre les monopoles et sur le droit des agriculteurs à replanter leurs semences. Lors de la précédente session de négociation, mi-octobre, les colégislateurs s’étaient mis d’accord sur les critères d’équivalence entre les NGT de catégorie 1 et les plantes conventionnelles. Un trilogue final est espéré par la présidence danoise du Conseil de l’UE en décembre afin de finaliser les pourparlers.
UE/Mercosur : sous pression agricole, la France se veut « très ferme » dans son opposition
À l’approche d’échéances décisives pour la ratification de l’accord commercial UE/Mercosur, le secteur agricole maintient sa pression pour en obtenir le rejet par les décideurs européens. Alors que la position de la France sur ce sujet apparaissait plus floue qu’il y a quelques mois, les agriculteurs ont manifesté, le 12 novembre à Toulouse, forçant le chef de l’Etat à leur assurer, qu'en l'état, l'accord « recueillera un non très ferme de la France », selon des propos rapportés par Annie Genevard. Et la ministre de l’Agriculture d’ajouter qu’en l’absence de clause de sauvegarde, de « mesures miroirs » ou encore de « contrôles aux frontières », « la France ne peut pas valider à ce stade le projet d’accord avec les pays du Mercosur parce que ce projet d’accord ne protège pas les intérêts de nos agriculteurs ». Une position capitale en vue d’une éventuelle minorité de blocage au Conseil de l’UE. En parallèle, à Strasbourg, ce sont dorénavant 150 eurodéputés qui souhaitent solliciter un avis juridique de la Cour de justice de l’UE sur la compatibilité de l’accord avec les traités européens. La résolution sera officiellement déposée le 14 novembre en vue d’un vote en plénière entre le 24 et le 27 novembre. En cas d’issue positive, le processus de ratification pourrait être bloqué.
Biodiversité : Agoterra et Noé lancent les « premiers » certificats dans l’agriculture
L’entreprise à mission Agoterra (ex- TerraTerre, spécialisée dans la compensation carbone) et l’ONG Noé (protection de la nature) annoncent le lancement des « premiers certificats biodiversité dans l’agriculture », selon un communiqué commun le 12 novembre. « Chaque certificat reflète une contribution réelle, additionnelle et mesurable à la régénération de la biodiversité, en complément des efforts de réduction d’empreinte carbone », assurent-elles. Les deux acteurs ont créé une « méthodologie » qui est « fondée scientifiquement », et qui est « validée par un comité d’experts indépendants et alignée avec les cadres internationaux (IAPB, OBC, etc.) ». Des acteurs économiques majeurs tels que Dior, La banque postale ou encore Norsys (services numériques) ont rejoint l’aventure « en soutenant le développement de la méthodologie et de projets agricoles pilotes », assurent-ils. « L’agriculture est victime, responsable, mais surtout une solution avec un potentiel massif pour préserver et restaurer la biodiversité. Nous devons agir vite et collectivement pour avoir un impact réel ! » déclare Fondateur d’Agoterra, Mathieu Toulemonde, cité dans le communiqué.
Eau : 500 M€ nécessaires par an pour restaurer les cours eau, selon une mission parlementaire
Les députés de la commission du développement durable ont adopté, le 12 novembre, le rapport de la mission d’information sur l’état des cours d’eau. Les rapporteurs Julie Ozenne (écologiste, Essonne) et Freddy Sertin (Ensemble, Calvados) identifient quatre « principales pressions » qui détériorent les cours d’eau, par ordre d’importance décroissant : l’artificialisation, les pollutions diffuses agricoles, les pollutions ponctuelles issues de l’industrie, et les prélèvements excessifs. « La mission évalue le besoin de financement annuel pour restaurer les cours d’eau à 500 millions d’euros, ce qui reste faible par rapport aux bienfaits qu’apportent les cours d’eau », écrivent-ils. Pour financer cela, ils recommandent notamment de « rééquilibrer » les redevances des agences de l’eau « pour diminuer la part due par les usagers domestiques et rehausser la part pour pollutions diffuses et aux prélèvements ». D’autre part, ils préconisent d’instaurer une « trajectoire nationale de sobriété hydrique » avec des « objectifs de réduction des prélèvements et de consommation d’eau, déclinés dans les Sdage (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eau, NDLR) pour chaque secteur, y compris agricole ». En corollaire, ils recommandent de « rendre obligatoire » la création de schémas d’aménagement de gestion des eaux (SAGE, déclinaison locale des SDAGE, NDLR) sur tout le territoire « à partir de 2028 ».
Climat : l'agriculture européenne peut fortement réduire ses émissions (rapport d'ONG)
Des réductions allant de 25% à 59% des émissions de gaz à effet de serre agricoles de l’UE (en 2050 par rapport à 2023) sont possibles, selon les études et les scénarios analysés dans un rapport publié le 12 novembre par l’IEEP (Institute for European Environmental Policy) à la demande du Bureau européen de l’environnement (EEB). Contrairement aux affirmations disant que les émissions de GES du secteur agricole seraient «naturelles» ou «résiduelles» et donc «impossible à réduire», «les preuves sont là: l’UE peut atteindre ses objectifs climatiques tout en construisant un système agroalimentaire plus résilient pour tous», souligne l’ONG. Les réductions identifiées dans le rapport passent notamment par des avancées technologiques. Pour la production végétale, l'utilisation d'inhibiteurs de nitrification dans les engrais de synthèse est systématiquement identifiée comme un facteur central de réduction des émissions. Dans le secteur de l'élevage, le plus fort potentiel technologique d'atténuation est associé aux additifs alimentaires. Mais la quasi-totalité des scénarios prévoient aussi une baisse de la production animale et une réduction des cheptels, bien que l'ampleur de ces changements varie.
Pesticides : Bayer annonce réduire ses pertes malgré le poids des litiges
L'agrochimiste Bayer a annoncé le 12 novembre avoir limité sa perte nette à 963 millions d'euros au troisième trimestre, contre 4,18 milliards un an plus tôt, en restant grevé par d'importantes provisions pour litiges notamment aux Etats-Unis. Les provisions liées à des procès concernant son désherbant au glyphosate, accusé de provoquer le cancer, et les produits chimiques PCB (polychlorobiphényles), ont représenté 934 millions d'euros au troisième trimestre. Bayer se dit confiant dans sa capacité à « réduire considérablement les risques juridiques d'ici fin 2026 », selon un communiqué. Au plan opérationnel, le chiffre d'affaires a progressé de juillet à septembre de 0,9% sur an, à 9,66 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel (EBITDA) avant éléments exceptionnels a bondi de 20,8% à 1,51 milliard. La division agrochimique (Crop Science) a tiré cette performance, son chiffre d'affaires augmentant de 1,3% à 3,86 milliards d'euros à taux de change constants, porté par la forte demande en semences de maïs et un bon démarrage de saison en Amérique latine.
Gestion des risques: Quideos prêt à lancer une couverture prix sur l'ensemble des filières
Vin : Inter Rhône s’engage en faveur de prix d’orientation sur des rouges bio et HVE
Inter Rhône, l'interprofession des vins AOC de côtes du Rhône et de la vallée du Rhône, a annoncé le 12 novembre son engagement pour un « accord de durabilité », en vue de fixer des prix d’orientation sur des vins rouges bio et HVE. La décision, votée « à l’unanimité » le 7 novembre, concerne les AOC côtes-du-rhône et du côtes-du-rhône-villages, selon un communiqué. Elle vise notamment à « renforcer la lisibilité économique de la production en intégrant les réalités de coûts de production, afin de sécuriser le partage de la valeur ». Dans un avis le 15 juillet, la Commission européenne avait donné son feu vert au même projet sur les vins Pays d’Oc IGP, estimant que l'accord entre les producteurs de vins et leurs acheteurs sur la fixation de prix d’orientation en bio et HVE « respecte toutes les conditions de l’article 210 bis du règlement OCM ». Leur niveau est plafonné à 20 % au-dessus du coût de production. De son côté, la Cnaoc (vignerons d’appellation) vise une autre dérogation au droit de la concurrence, basée sur l’article 172 ter. Le syndicat souhaite voir des prix d’orientation pour la récolte 2026, une possibilité déjà offerte au raisin destiné aux IG qu’il s’agit d’élargir au moût et au vin en vrac.
Vin : la production mondiale se ressaisit en 2025, mais reste basse
La production mondiale de vin attendue en 2025 s'est « légèrement » redressée par rapport à 2024, année historiquement faible, mais reste basse et marquée par les aléas climatiques, selon l’OIV le 12 novembre. À 232 Mhl, elle affiche +3 % sur un an et -7 % comparée à la moyenne quinquennale. L'Europe se ressaisit, avec 140 Mhl prévus dans l'UE (+2 %), mais il s'agirait de sa deuxième vendange la plus faible depuis le début du siècle. De forts contrastes régionaux apparaissent. La France s'attend à 35,9 Mhl, un chiffre de 16 % inférieur à la moyenne 2020-24, sous l’effet de la chaleur, de la sécheresse et des mesures d'arrachage. Mêmes difficultés en Espagne, avec 29,4 Mhl attendus. L'Italie (47,4 Mhl), à nouveau premier producteur mondial, retrouve en revanche ses volumes historiques, quand des pays d'Europe du centre et de l'est dépassent leur moyenne (Hongrie, Roumanie, Autriche). Les Etats-Unis, quatrième producteur mondial, ne récupèrent que partiellement leurs volumes, à 21,7 Mhl, soit +3 % par rapport à la faible vendange de 2024. Quant à l'hémisphère sud, le bilan là aussi est mitigé, et globalement en deçà de la moyenne, avec une reprise « modeste » en Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande et Brésil, compensant un recul marqué au Chili lié à des intempéries et un manque d'eau récurrent.
Céréales : le ministère révise à la baisse de la production 2025 de maïs
Dans son rapport mensuel publié le 12 novembre, le ministère de l’Agriculture (Agreste) a revu à la baisse ses estimations de récolte française 2025 de maïs grain, passant d’environ 13,5 Mt en octobre dernier à 13,2 Mt désormais. La raison : « un rendement revu à la baisse, notamment pour les parcelles non irriguées », précise le rapport. Notons qu’Agreste a publié les différences de productivité des parcelles irriguées et non irriguées. Celles irriguées ont produit 4,8 Mt de grains (contre 5 Mt en 2024), pour un rendement moyen de 108,3 q/ha (113,6 q/ha en 2024). Celles en pluviales ont produit 7,4 Mt (contre 8,5 Mt en 2024), pour un rendement moyen de 75,9 q/ha (87,4 q/ha en 2024). Toutes les régions françaises sont touchées par les baisses de production, hormis les zones nord et est du pays. Le Sud-Ouest a particulièrement souffert. Notons également que la production de blé tendre 2025 a été revue en légère hausse entre octobre et novembre, passant d’un peu moins de 33,2 Mt à un peu plus de 33,3 Mt.
Céréales : l’AGPB appelle les céréaliers à demander la prise en charge des cotisations 2026
Dans un communiqué du 12 novembre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) conseille aux céréaliers de demander la prise en charge des cotisations sociales des céréaliers pour 2026, pour eux individuellement, mais aussi pour peser dans les négociations avec les pouvoirs publics. L’organisation rappelle que la trésorerie des producteurs est dans le rouge et leurs revenus négatifs « pour plus de 80% » d’entre eux. Les prix des céréales sont au plus bas, alors que les coûts de production, s’ils ont baissé sur certains postes, restent tout de même très élevés, provoquant un effet ciseau. L’AGPB précise que le dispositif de prise en charge des cotisations MSA existe déjà dans chaque département, mais reste trop peu sollicité par les céréaliers. Son président Eric Thirouin déclare de son côté que « certains d’entre nous ont déjà fait cette demande l’année dernière et restent toujours en attente d’une réponse positive (…) Ces demandes viendront renforcer nos revendications auprès du gouvernement et des parlementaires ». L’association recommande aux producteurs de grandes cultures de déposer avant la fin de l’année leur demande de prise en charge auprès de leur guichet MSA départemental, en vue d’une application effective en 2026.
Lait/méthane : une coop norvégienne suspend l’aliment anti-méthane Bovaer
L’entreprise laitière norvégienne Norsk melkeråvare a annoncé le 12 novembre suspendre « par mesure de précaution » l'usage de l’additif anti-méthane Bovaer, ayant eu connaissance de troubles de santé chez les vaches au Danemark. « À ce jour, aucun effet négatif documenté n'a été constaté en lien avec l'utilisation de Bovaer en Norvège », a noté son directeur, Johnny Ødegård, dans un communiqué. Mais au Danemark, où cet additif est obligatoire depuis début octobre pour les élevages de plus de 50 vaches, des éleveurs ont rapporté des cas de fièvre, diarrhée, réduction de fertilité et même de morts dans leurs troupeaux. Norsk melkeråvare, filiale de la plus grande coopérative laitière Tine, dit suspendre l’usage de cet additif de DSM-Firmenich dans l’attente d’informations supplémentaires sur les causes de ces problèmes. Le Bovaer, a été approuvé par l’Efsa (autorité européenne de sécurité des aliments) en 2021 pour un usage à dose maximale. Il inhibe la production de méthane, puissant gaz à effet de serre produit par les ruminants. Son efficacité est de 20 à 45 % chez la vache laitière selon DSM-Firmenich. En 2023, Bel et l'APBO avaient intégré une prime à leur contrat pour l'usage de ces additifs.
Lait : les propositions de la Conf' pour sortir de la crise de gouvernance au Cniel
La Confédération paysanne (Conf') veut apporter sa contribution pour résoudre la crise de gouvernance du Cniel, pointant du doigt un affrontement entre la FNPL (éleveurs, FNSEA) et la Fnil (industriels). « Nous avons proposé aux autres membres du collège producteurs d’organiser une rencontre entre notre collège et le collège industriels pour trouver une solution à la crise actuelle », déclare Raphaël Cotty, représentant de la Conf au collège producteurs du Cniel. Le collège producteurs rassemble la FNPL (éleveurs, FNSEA), la Conf' et la Coordination rurale (CR). Le collège industriels a la Fnil (industrie privée) comme seul membre. Par ailleurs, la Conf' propose que le temps passé à la présidence soit déterminé par le niveau de contribution au budget du Cniel. L'objectif est de préserver le principe d’une présidence tournante, remis en oeuvre récemment après onze ans de présidence de l'éleveur Thierry Roquefeuil. Avec cette proposition, la Conf veut parvenir à un «consensus». Sur le fond, le principal point de blocage est la répartition de la contribution entre les deux parties pour le prochain budget du Cniel. L’accord interprofessionnel 2025-2028 n’est toujours pas conclu alors qu’il devait être remis à l’Etat en septembre.
PPA: quatre ans après la France, l'Espagne signe un accord de régionalisation avec la Chine
Dans un communiqué du 12 novembre, le ministère espagnol de l’Agriculture annonce la conclusion ce même jour avec la Chine d’un protocole d’accord de régionalisation au regard de la PPA (peste porcine africaine), qui permettra l’exportation de viandes de porc issues des zones libres de cette maladie si elle survenait. Il a été signé à l’occasion de la visite royale à Pékin en même temps que deux protocoles sur la pêche et l’aquaculture, pour une entrée en vigueur immédiate. « L’Espagne renforce sa position en tant que fournisseur sûr et compétitif sur le marché chinois, dans la perspective de futures opportunités de croissance », commente le ministre Luis Planas dans le communiqué. Ce dernier y souligne que la production porcine constituaient un pilier du grand export national. La Chine, première destination, a importé en 2024 540 000 tonnes de viandes d’Espagne pour plus de 1,097 millions d’euros, mentionne le communiqué. La France avait obtenu un tel accord de régionalisation de la PPA avec la Chine en décembre 2021. Et elle vient d’en conclure un, le 29 octobre, avec le Japon.
Apiculture : le miel de tilleul de Picardie obtient l’IGP
Le miel de tilleul de Picardie a obtenu le label Indication géographique protégée (IGP) de l’Union européenne, selon un règlement d’exécution paru au Journal officiel de l’UE du 11 novembre. Cela fait suite à la demande d’enregistrement faite par la France et publiée au JO UE le 24 juillet, qui n’a fait l’objet d’aucune déclaration d’opposition dans les trois mois suivants. D’après son cahier des charges, le miel de tilleul de Picardie est un miel monofloral produit « essentiellement à partir du nectar des fleurs de tilleul (Tilia sp) ». Il a une couleur « jaune paille avec des reflets verdâtres » et une saveur « rafraîchissante et mentholée ou pharmaceutique ». Ses caractéristiques sont largement dues à l’abondance de l’espèce de tilleul à petites feuilles (Tilia cordata), qui produit plus de nectar que le tilleul à grandes feuilles. L’aire géographique de ce miel s’étend sur plusieurs centaines de communes du Pas-de-Calais, de l’Oise, de l’Aisne, ainsi que sur une trentaine de communes situées dans la Somme et le Val d’Oise. En 2023, la production s’élevait à 100 tonnes pour une quarantaine de producteurs dont transhumants, confiait alors l’association ADA Hauts-de-France à Agra Presse.
Fruits et légumes : le Conseil d’État maintient l'interdiction des étiquettes non compostables
Par une décision du 10 novembre, le Conseil d’État a rejeté la requête de l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel), qui demandait l’abrogation de la réglementation française interdisant l’apposition d’étiquettes non compostables sur les fruits et légumes (loi Agec de 2020). Le Conseil d’État avait sursis à statuer, c’est-à-dire reporté sa décision, jusqu’à ce que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) se prononce sur la qualification d’emballage des étiquettes directement apposées sur les fruits et légumes. Pour rappel, Interfel soutenait que ces étiquettes doivent être considérées comme des emballages au sens de la directive européenne sur les emballages et déchets d’emballages. Dans son arrêt du 1er août 2025, la CJUE a estimé que les étiquettes directement apposées sur les fruits et légumes ne peuvent être considérées comme des emballages que si elles remplissent une de ces trois fonctions : contenir et protéger le produit, permettre sa manutention et son acheminement et assurer sa présentation. Sur cette base, le Conseil d’État a confirmé que les étiquettes directement apposées sur les fruits et légumes ne relèvent pas de la définition d’emballage et que l’interdiction nationale des étiquettes non compostables est conforme au droit de l’UE.
Fruits/banane : Washington évoque une baisse des droits de douane
Le ministre américain des Finances a affirmé le 12 novembre qu’une annonce «significative» était dans les tuyaux aux Etats-Unis pour rendre moins chères des denrées non produites sur place, actuellement frappées par les droits de douane voulus par Donald Trump. Depuis un cinglant revers à des scrutins locaux, la majorité républicaine a remis la question du coût de la vie en tête de ses priorités. Or les droits de douane mis en place par l’exécutif touchent presque toutes les importations, même quand la production locale ne peut couvrir les besoins. Dans une interview à la chaîne de télévision Fox news mercredi, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dit que les consommateurs pouvaient s’attendre à une annonce «significative dans les prochains jours concernant les choses qui ne sont pas cultivées aux Etats-Unis». «Le café en fait partie, les bananes, d’autres fruits, des choses comme ça», a-t-il ajouté, affirmant que «cela fera baisser les prix très rapidement». Le ministre n’a pas donné de précisions, mais le président Donald Trump avait déclaré dans une précédente interview qu’il allait «réduire certains droits de douane, on aura du café qui viendra» aux Etats-Unis. Les bananes consommées aux Etats-Unis sont massivement importées, principalement de quatre pays: Guatemala, Equateur, Costa Rica et Honduras, selon les données du ministère de l’Agriculture. Ces derniers mois, cette production a été frappée par 10 ou 15% de surtaxe.
Pommes/poires : légère hausse de la production UE et marché qui retrouve son rythme
À l’occasion de l’Observatoire du marché des fruits à pépins de la Commission européenne, l’Association mondiale des pommes et des poires (WAPA) a annoncé une hausse modérée de la production des deux fruits dans l’Union européenne (UE). La production de pommes est désormais estimée entre 10,9 et 11 millions de tonnes (Mt), soit environ 5 % de plus que les prévisions d’août (10,4 Mt). Celles des poires atteindrait un peu plus de 1,8 Mt, légèrement supérieure aux estimations du mois d’août. Ces hausses s’expliquent principalement par les conditions météorologiques favorables de la fin de l’été, qui ont amélioré la taille et la coloration des fruits pour les variétés de mi et de fin de saison. Bien que la production soit légèrement supérieure aux attentes initiales, les volumes totaux demeurent néanmoins inférieurs au plein potentiel européen, estimé à 13 Mt pour les pommes et 2 Mt pour les poires, confirmant une récolte européenne 2025-2026 « moyenne à faible » pour les fruits à pépins. Après un démarrage lent des ventes dans certains pays, le marché a désormais retrouvé son rythme, soutenu par une consommation intérieure dynamique et de nouvelles perspectives à l’export. La baisse de la production turque contribue notamment à renforcer les exportations européennes, ouvrant de nouveaux débouchés au Moyen-Orient, en Inde, en Afrique du Nord, ainsi qu’en Asie du Sud-Est et Amérique latine.
Famine: l'ONU alerte sur «16 zones critiques» où la situation s'aggrave
Des millions de personnes supplémentaires dans le monde pourraient être confrontées à la famine ou au risque de famine, ont averti le 12 novembre les deux organes de l’ONU dédiés à l’alimentation et à l’agriculture, dans un contexte tendu par la limitation des financements. Selon un rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM), l’insécurité alimentaire aiguë à laquelle sont confrontées 16 zones critiques dans le monde s’accentue. «Les conflits, les chocs économiques, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’insuffisance critique des financements exacerbent des conditions déjà désastreuses», notent la FAO et le PAM, tous deux basés à Rome, dans un communiqué commun. Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen figurent parmi les pays les plus touchés, «où les populations sont confrontées à un risque imminent de famine catastrophique», souligne le rapport des deux organisations. L’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Birmanie, le Nigeria, la Somalie et la Syrie sont considérés quant à eux comme étant dans une situation «très préoccupante». Les quatre autres zones critiques sont le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et la situation des réfugiés rohingyas au Bangladesh.
Sécurité sanitaire : Gilles Salvat nommé directeur général de l'Anses par intérim (JO)
L’actuel directeur général délégué de l’Anses pour la recherche et la référence, Gilles Salvat, a été nommé directeur général de l’Anses par intérim, selon un arrêté publié le 11 novembre au Journal officiel (JO). L’arrêté a été pris par le ministère de la Transition écologique. Gilles Salvat commencera cet intérim le 15 novembre, date à laquelle le directeur général en exercice, Benoît Vallet, cessera cette fonction après trois années à ce poste. Les candidats à la direction générale de l’Anses avaient jusqu’au 8 novembre pour envoyer leur candidature, conformément à l’avis de vacance publié au JO le 9 octobre. Ils doivent être auditionnés par « une commission mise en place par les ministères de tutelle de l’agence », soit les ministères de l’Ecologie, de l’Agriculture, de la Santé et du Travail. A l’issue, le candidat retenu sera auditionné par l’Assemblée nationale et le Sénat. Il sera ensuite nommé par décret du président de la République, pour un mandat de trois ans. Au-delà des compétences attendues listées dans l’avis, les candidats doivent remplir une déclaration publique d’intérêt.