Agrafil du 16 janvier 2026

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UE-Inde : vers une exclusion de l’agriculture des négociations commerciales

Point d'achoppement des pourparlers commerciaux, l’ensemble du secteur agricole devrait être exclu du futur accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde, a appris Agra Presse le 15 janvier de source européenne. Toutefois, ce retrait ne devrait pas concerner la filière des vins et spiritueux, pour laquelle Bruxelles négocie actuellement une baisse des droits de douane. Pour faciliter la négociation, dont l’agriculture est un point d’achoppement, le sucre et les produits laitiers avaient déjà été exclus, comme l'avait confirmé en septembre Christophe Kiener, négociateur en chef de la Commission européenne chargé des pourparlers avec l’Inde, devant les eurodéputés. De son côté, la filière bovine française espérait ce retrait en raison « de conditions de production indiennes, en matière de traçabilité, de contrôle sanitaire et de garanties d’équivalence de production [qui] ne permettront jamais d’assurer le niveau d’exigence légitimement attendu par les consommateurs européens ». Après l’accord finalisé avec les pays du Mercosur, la Commission européenne souhaite mettre le pied sur l’accélérateur en vue de conclure très prochainement ses discussions commerciales avec l’Inde. Cette finalisation pourrait être annoncée en marge du 16e sommet à haut niveau UE-Inde, qui se déroulera le 27 janvier à New Delhi.

Contrôles des importations : Genevard annonce une centaine d'agents pour la brigade dédiée

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé le 15 janvier que la brigade « dédiée » aux contrôles des denrées importées serait composée d’une centaine d’agents. Cette brigade, « dès la première année, devra réaliser a minima 3 000 contrôles sur l’ensemble du territoire », a-t-elle dit à la plateforme cargo d’Air France de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. La ministre avait annoncé son intention de lancer cette brigade dès décembre, au lancement des Conférences de la souveraineté alimentaire, et a depuis réitéré cette promesse dans le cadre des différentes annonces pour calmer les manifestations d’agriculteurs, lesquels ont parfois effectué eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes. La création de cette brigade renvoie au plan de renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires aux frontières présenté par la Commission européenne le 9 décembre. Bruxelles s’est engagée notamment à augmenter de 33 % les audits des postes de contrôle frontaliers européens, de 50 % le nombre d’audits réalisés dans les pays tiers au cours des deux prochaines années, tout en renforçant la surveillance des produits et des pays non conformes. « Ce sont des redéploiements de personnels du ministère de l’Agriculture, donc pas de nouveau budget pour cela », avait précisé le cabinet d’Annie Genevard, en conférence de presse le 9 janvier.

Haies : les députés suppriment le crédit d’impôt visant une « gestion durable »

Lors du nouvel examen du projet de budget pour 2026 en séance publique le 15 janvier, les députés ont supprimé le crédit d’impôt pour la gestion durable des haies. Ils ont adopté, avec l’avis favorable du gouvernement, un amendement du rapporteur Philippe Juvin (DR) annulant la disposition introduite par le Sénat. « Un crédit d’impôt pour la gestion durable des haies serait largement redondant avec les aides déjà existantes », souligne l’auteur dans l’exposé des motifs. Et d’évoquer notamment le bonus haies de la Pac, « revalorisé de 7 €/ha à 20 €/ha en 2025, pour un coût supplémentaire de 20 M€ », ainsi que le Pacte en faveur de la haie, doté de 45 M€ en 2024, puis 40 M€ en 2025, et qui « devrait bénéficier de 27,9 M€ en 2026 ». La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a abondé : « N’inventons pas de nouvelles niches fiscales ». Pourtant en première lecture du projet de loi de finances (PLF), l'Assemblée puis le Sénat avaient adopté des amendements instaurant un crédit d’impôt pour les haies. Son montant était de 60 % des dépenses engagées pour les frais de certification et de gestion durable. Un plafond était prévu, à hauteur de 4 500 € par exploitation. Rappelons que le texte en cours d’examen est la version du Sénat, conséquence du rejet par l’Assemblée. 

Dépollution de l'eau potable : mission d'inspection pour dégager des pistes de financement

Une mission d’inspection interministérielle est en cours pour élaborer un plan de financement de la dépollution de l’eau potable, notamment des PFAS ou « polluants éternels » et métabolites de pesticides qui préoccupent les autorités sanitaires, a appris l'AFP le 15 janvier auprès de Bercy. Il y a « une mission en cours qui doit éclairer la question des scénarios de dépollution et des coûts associés », a indiqué à l’AFP le ministère de l’Économie, conformément à ce qu’avait annoncé le gouvernement fin octobre. « Les résultats de ces travaux devront permettre d’identifier les modèles de financement des actions de dépollution et d’établir une stratégie de mobilisation des différents vecteurs (mesures préventives, tarification, mesures règlementaires) et une gouvernance », a indiqué Bercy sans plus de commentaires. Pas moins de quatre agences gouvernementales sont à pied d’œuvre, selon les éléments dévoilés par La Lettre d’un courrier de mission, qu’a aussi pu consulter l’AFP : l’IGEDD (Inspection générale de l’environnement et du développement durable), l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), l’IGF (Inspection générale des finances) et le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux). Le coût de cette dépollution s’annonce pharaonique. Rien que pour les PFAS, les premières estimations avancent jusqu’à 100 Md€ par an à l’échelle de l’Europe, selon des travaux universitaires commandités pour une enquête de plusieurs médias, coordonnée par Le Monde.

Coopératives : InVivo reprend le contrôle du groupe de distribution Teract

L’union de coopératives agricoles InVivo, géant de l’agro-industrie en Europe, a annoncé le 15 janvier qu’elle allait reprendre le contrôle du groupe de distribution Teract (Gamm Vert, Jardiland, Boulangeries Louise) avec un changement stratégique et un retrait de la Bourse au prix de 3,12 € par action. Teract, majoritairement détenu par InVivo, était issu du rapprochement en 2022 entre les activités de distribution de ce géant coopératif et un véhicule d’investissement financier, 2MX Organic, lancé par le trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari. Cette conviction « n’est plus aujourd’hui au centre du projet stratégique de la société ». InVivo et Les Fondateurs (nom de la structure de Xaviel Niel, Moez-Alexandre Zouari et Matthieu Pigasse) ont ainsi « acté, d’un commun accord, de faire évoluer l’actionnariat de la société », selon le communiqué. La société InVivo va donc déposer au cours des prochaines semaines auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) une offre publique de retrait sur les actions qu’elle ne détient pas, au prix de 3,12 € par action Teract, en vue de retirer l’entreprise de la cote. À l’issue du retrait de Teract de la Bourse, les participations détenues par Les Fondateurs seront cédées à InVivo Group.

Coopératives : feu vert à la fusion de Terres du Sud et Vivadour

L’Autorité de la concurrence a annoncé le 15 janvier avoir donné son feu vert à la fusion entre les coopératives du sud-ouest Terres du Sud et Vivadour. Ce dossier avait été notifié à l’Autorité le 16 décembre. « L’Autorité a vérifié que les agriculteurs du sud-ouest continueront à bénéficier d’alternatives suffisantes pour la collecte des céréales, des oléagineux et des protéagineux qu’ils cultivent, en particulier dans le département du Lot-et-Garonne. L’Autorité a par ailleurs vérifié si ce nouvel acteur deviendrait incontournable sur les marchés de la commercialisation de produits d’agrofourniture achetés par les agriculteurs. Enfin, elle s’est assurée que la future coopérative ne sera pas en mesure de dégrader les conditions de la collecte de poulets en vue de l’abattage et de faire pression sur les prix à l’encontre des abattoirs qui dépendent de la fourniture de ces volailles pour leur activité », peut-on lire. Terres du Sud regroupe environ 6 000 agriculteurs et Vivadour environ 3 000 agriculteurs. « La nouvelle entité constituerait la 20e plus importante coopérative agricole française en chiffre d’affaires consolidé », selon l'Autorité.

Maladies animales : les députés défiscalisent les indemnités d’abattage

Lors du nouvel examen du projet de budget pour 2026 en séance publique le 15 janvier, les députés ont adopté des amendements RN et LFI visant à exonérer complètement de fiscalité les indemnités versées en cas d'abattage sanitaire, sans distinction entre les animaux. Le dispositif actuel concerne la seule plus-value sur le cheptel affecté à la reproduction, expliquent les auteurs dans l'exposé des motifs. « Trop restrictif », selon eux. « Les mesures d’abattage ne distinguent pas entre les animaux en fonction de leur finalité, il paraît donc légitime que l’exemption d’impôt (…) soit également étendue à l’ensemble des animaux concernés », plaident-ils. Cette demande avait déjà été formulée par la FNSEA en 2024, sans succès. Rappelons que, en première lecture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, les députés avaient adopté un amendement socialiste visant déjà une défiscalisation totale des indemnités d’abattage. En vain, puisque l’ensemble du texte s’était vu rejeté par l’Assemblée nationale. Le Sénat avait lui adopté une majoration d’un an, pour la porter à deux ans, du délai laissé aux exploitants agricoles pour reconstituer leur cheptel.

Bovins/DNC : l’Occitanie demande aux banques des prêts à taux zéro pour les éleveurs

Après avoir débloqué en décembre une aide au repeuplement, la région Occitanie a annoncé le 15 janvier l’ouverture de son dispositif de garantie d’emprunt Foster aux éleveurs subissant les impacts économiques de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), tout en demandant aux banques des « prêts de trésorerie à taux zéro » pour ces mêmes éleveurs. Géré par le Fonds européen d’investissement, le fonds régional Foster est initialement destiné au développement des PME et exploitations agricoles. Pour un soutien accru, la présidente du conseil régional Carole Delga demande dans un courrier aux acteurs bancaires « la mise en place d’une aide à la trésorerie à taux 0 % pour les éleveurs de bovins des zones réglementées et vaccinales ». En raison de la lutte contre la DNC, les mouvements d’animaux sont interdits dans la zone vaccinale élargie qui comprend dix départements du sud-ouest, des Pyrénées-Atlantiques jusqu’à l’Hérault. « Cette restriction à l’exportation porte un grave préjudice aux éleveurs », fait valoir Mme Delga, qui note que nombre d’entre eux sont contraints de « maintenir plus longtemps certains animaux sur leurs exploitations ». Avec 29 foyers dans cinq départements, l’Occitanie est la dernière région en date à être touchée par l’épizootie de DNC.

Porc : Uniporc fait évoluer sa notation des carcasses de mâles entiers

A partir du 29 juin 2026, Uniporc appliquera un « indicateur de conformation complémentaire » pour les mâles entiers à la grille qualitative des carcasses de ces porcs non-castrés, confirme la direction de l’organisation professionnelle de pesée et de classification. Ce principe de modulation découle d’une proposition de la commission technique, acceptée en octobre 2025 par les abatteurs. Grâce à l’information fournie et à sa traduction en prix du porc, cette mesure est censée aider les éleveurs à modifier leur génétique ou leur conduite d’élevage de façon à mieux répondre aux besoins des abatteurs. Ces derniers souhaitent d’autant plus cette évolution que les mâles entiers (ou assimilés) sont devenus majoritaires en 2025 parmi les porcs abattus dans la zone Uniporc (53 % de mâles entiers, contre 47 % de mâles castrés). Précisément, la modulation, établie sur la base des données collectées au cours des 12 mois précédents, se traduirait aujourd’hui par un malus de quatre points et un bonus de deux points sur un indicateur compris entre -40 et +17 points. Le prix du porc vif pourrait ainsi varier jusqu’à 50 ct en plus ou en moins par animal, selon une simulation chez un groupement de producteurs de l’Ouest.

Charcuterie : Arcado devient actionnaire majoritaire d’André Bazin, aux côtés d’Eureden

Comme attendu, le groupe charcutier Arcado, spécialiste des charcuteries sous signes officiels de qualité de Bourgogne-Franche-Comté, est devenu début janvier l’actionnaire majoritaire de la société franc-comtoise André Bazin, aux côtés de la coopérative bretonne Eureden. « Eureden considère que sur certains métiers, il est pertinent de mettre en place des partenariats structurants en s'associant avec un spécialiste du marché concerné », a commenté Béatrice Perrot, directrice de la communication externe du groupe coopératif, auprès d’Agra Presse. Arcado produit notamment des salaisons sèches pour la grande distribution, dont des saucisses IGP de Morteau et de Montbéliard. Le charcutier André Bazin est réputé auprès des industriels de l’agroalimentaire et acteurs de la restauration pour ses ingrédients de charcuteries ou viandes cuites (21 000 t par an). Il développe aussi ses ventes en grande distribution, comme le jambon cuit sous la marque Paysan Breton, lancé en janvier 2025. S’agissant de l’approvisionnement en matières premières, la coopérative bretonne continuera de l’approvisionner. Eureden souhaitait aussi, en l’adossant à Arcado, pérenniser cette entreprise, éprouvée économiquement en 2024.

Céréales : les 40 M€ promis par les autorités sont «très insuffisants», estime l'AGPB

Lors d'une conférence de presse organisée à Paris le 15 janvier, le président de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA) Éric Thirouin a déclaré que les 40 M€ d’aides annoncés par la ministre de l’Agriculture le 9 janvier « sont très insuffisants ». Tout en reconnaissant que toute aide est bonne à prendre, il en espère au moins le double : « Nous avons déposé un amendement pour le porter à 80 M€ », a-t-il précisé. L’association spécialisée rappelle que le secteur connaît des revenus négatifs depuis trois ans, et que la situation ne peut plus durer. « On a l’impression d’avoir été laissé à l’abandon. La France et l’Europe ont-ils une vision pour l’agriculture ? […] Néanmoins, les dernières annonces d’aides, même si elles sont insuffisantes, démontrent que nous sommes enfin écoutés », estime Éric Thirouin. L’AGPB a tenu à rappeler ses autres demandes. Elle réclame la prise en charge des cotisations sociales par la MSA à hauteur de 20 M€. Enfin, elle demande 100 M€ émanant de la réserve de crise de 450 M€ gérée par l’UE, demande officiellement portée par les autorités françaises. Au total, ce sont 200 M€ d’aides d’urgence qui sont réclamés par le syndicat.

Céréales : des revenus encore négatifs en 2025 pour les céréaliers, selon l’AGPB et Arvalis

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 15 janvier, l’AGPB (producteurs de blé) et Arvalis ont présenté une enquête indiquant que les producteurs français de céréales et d’oléoprotéagineux (ceux considérés dans l’Otex 15 par les statistiques officielles) ont accusé un revenu annuel moyen négatif autour 5 000/6 000 € par exploitant. La situation est certes moins dégradée qu’en 2024, année de moisson catastrophique, mais reste très inquiétante. « Cela fait trois années consécutives que nous sommes en revenu négatif. Il aura fallu trois ans pour que les autorités daignent écouter la crise dans laquelle nous sommes. […] Le mythe éternel du céréalier en situation privilégiée (par rapport aux autres productions, notamment l’élevage, NDLR) a vécu », pointe le président de l’AGPB Éric Thirouin. Ce dernier ajoute que l’année 2026 pourrait, elle aussi, être une année de revenus négatifs, « les cours sur Euronext cette année restant aussi bas qu’en 2025 ». L’association spécialisée relance son appel de détresse envers les autorités françaises et européennes, les sommant d’avoir un projet clair sur l’avenir de l’agriculture, comme le font à leurs yeux d’autres pays, tels que la Russie, la Chine ou les États-Unis. L’AGPB a rappelé plusieurs de leurs propositions sur le long terme, telle que la création de stocks stratégiques au niveau européen, mesure sur laquelle elle poursuit ses travaux afin de préciser davantage ses besoins, et le relèvement du prix d’intervention.

Oléoprotéagineux : la filière vise une hausse des surfaces de 500 000 ha en dix ans

Dans un communiqué du 14 janvier, Terres Univia (interprofession des oléoprotéagineux) a présenté les dix mesures stratégiques à mettre en place sur la période 2025-2035, dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en décembre. Grâce à ces mesures, l'interprofession espère, dans un « scénario volontariste », une hausse de 500 000 ha en dix ans « de cultures riches en protéines ». Dans le détail, les dix leviers à activer sont : la stimulation de la demande et la valorisation de l’origine française ; l’assurance « d’un revenu compétitif » aux agriculteurs ; la préservation des débouchés des huiles (incluant le non alimentaire et l’énergie) ; l’octroi d’un soutien étatique « ciblé et stable pour les filières des légumineuses à graines » ; le soutien à « l’innovation agronomique et variétale » ; l’engagement « d’une transition agroécologique gagnante » ; le renforcement de l’organisation en filière et de la contractualisation ; la modernisation et l’adaptation « des infrastructures et de la logistique » ; la contribution à un export de qualité ; et la mise en place d’un « suivi et d’une gouvernance agile et efficiente entre l’État et les filières ». Pour rappel, Terres Univia avait fait part d'une certaine insatisfaction au sujet des Conférences de la souveraineté, reprochant aux autorités de ne pas avoir élaboré leur propre diagnostic réglementaire.

Engrais : selon l’AGPB, le marché reste bloqué malgré la possible suspension du MACF

Lors d’une conférence de presse à Paris le 15 janvier, les représentants de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) ont indiqué que, malgré les annonces de possible suspension du dispositif MACF avec effet rétroactif, le marché des engrais reste dans la même situation qu’en 2025, c’est-à-dire bloqué. « Les importateurs d’engrais restent dans l’incertitude, et ont donc besoin de visibilité pour se positionner », prévient Cédric Benoist, secrétaire général adjoint de l’association spécialisée. Le vote du Parlement européen à ce sujet est attendu en mars, laissant donc planer le doute, rappellent les représentants de l’AGPB. Or, les distributeurs d’engrais, et par ricochet les agriculteurs, ne sont pas encore tous totalement couverts, alors que les besoins restent présents. Le risque de payer le prix fort pour eux augmente par conséquent, alerte le syndicat. Raison pour laquelle l’AGPB a rappelé la nécessité que l’État garantisse le risque financier de non-adoption de la suspension du dispositif MACF auprès des importateurs, afin de faire décrocher les cours des engrais dès à présent. Cette demande avait été émise le 8 janvier, aux côtés de l’AFCOME, l’association représentant les commerçants d’engrais.

Ananas : une première récolte test dans le Sud-Est pour la fin 2026

À l’occasion du salon Sival, du 13 au 15 janvier à Angers, Amandine Boubennec (CTIFL) a présenté les premiers résultats d'un test de trois variétés commerciales d’ananas (Cayenne Lisse, Queen Victoria et MD2) sur le centre de Balandran (Gard)Elles ont montré un excellent potentiel de croissance et la première récolte test est prévue fin 2026. Deux conduites avaient été adoptées : des pots cultivés en serre verre et des bacs en tunnel plastique. En serre, la culture a montré un certain ralentissement de la pousse sous l’effet de la température et de l’hygrométrie, alors la pousse a été plus « confortable » sous tunnel. Mais, dans les deux cas, « nous n’avons enregistré aucun arrêt de la croissance », a-t-elle précisé. L’équipe de Balandran a aussi été agréablement surprise de voir que les vitroplants acclimatés ont montré un taux de reprises de 99 % quelle que soit la variété. Ces premiers résultats tendraient à montrer la possibilité de production dans le sud de la France. Cependant, certains points doivent d’abord être étudiés. En particulier le moment du traitement de l’induction florale (usage de l’éthylène) : « C’est ce qui permet d’augmenter l’homogénéité dans la production, nécessaire pour la commercialisation. » L’autre point sera de voir si la production peut se dupliquer au nord du pays, où l’éclairage serait nécessaire, avec un impact sur les coûts de production.

Légumes surgelés : feu vert de la concurrence au rapprochement Eureden-Greenyard

Dans un communiqué paru le 15 janvier, l’Autorité de la concurrence a validé la création d’une entreprise commune entre la société belge Greenyard et le groupe coopératif breton Eureden. Le projet avait été annoncé en mars 2025. À l’issue de son examen de l’ensemble des marchés concernés par l’opération, l’Autorité a constaté que la position de l’entreprise commune était limitée ou que « la fusion des activités des parties ne modifiera pas significativement la structure de la concurrence sur les marchés de l’approvisionnement en légumes en Bretagne ». Elle a également tenu compte de l’existence d’une dynamique concurrentielle interrégionale pour la production de certaines variétés de légumes (Terre de l’Ouest, Arcal, Ardo Foods, Bonduelle), offrant le choix aux agriculteurs. Elle a par ailleurs écarté les risques d’entente : « Leurs parts de marché sont très asymétriques rendant difficilement conciliables leurs incitations économiques à se coordonner ». Les deux parties vont apporter leurs activités (production et de commercialisation de légumes surgelés et de plats préparés surgelés à base de légumes) de leurs filiales Gelagri Bretagne et Greenyard Frozen France dans la nouvelle structure. Celle-ci devrait également fournir sous marques D’Aucy et Paysan Breton, à destination exclusivement d’Eureden.

Vin : cap sur la « bio-régénératrice » au Domaine Matteri, repris par un investisseur

Repris l’an dernier par la société d’investissement à impact Micellium, le domaine provençal Matteri met le cap sur la « bio-régénératrice », a-t-il annoncé le 15 janvier. Un plan de transformation est lancé sur cinq ans, visant « l’ensemble de l’écosystème : sols, vignoble, pratiques culturales et vinification, gouvernance et transmission des savoirs », selon un communiqué de l’entreprise de 50 ha dans le Var. Concrètement, des actions sont prévues en « restauration de la vie des sols, reconstitution des cycles de l’eau et du carbone, renforcement de la biodiversité et déploiement de pratiques agroécologiques ». Le Domaine Matteri s’engage à renouveler son vignoble, avec un tiers des parcelles replantées sur sept ans, priorité étant donnée aux cépages d’intérêt patrimonial. En conversion vers la bio, il vise une certification AB « sous trois ans » pour 100 % des surfaces, ainsi que le label américain ROC (Regenerative Organic Certified). Diverses pratiques agroécologiques sont au programme concernant les composts, couverts végétaux, haies, zones humides, biocontrôle, hydrologie régénératrice et diversification des cultures. Micellium, fondé en 2023 par le cofondateur d'Akuo Energy Patrice Lucas, se présente comme une holding autour des transitions écologique, agricole et énergétique.

Champagne : des salariés de LVMH manifestent pour réclamer leur prime de participation

Quelque 500 salariés de la filière champagne du géant du luxe LVMH ont manifesté le 15 janvier à Reims, à l'appel de la CGT, pour protester contre la suppression d'une prime de participation. Une nouvelle réunion avec la direction s'est tenue la veille, selon la CGT, déjà mobilisée en décembre, mais les propositions sont jugées insuffisantes par le syndicat. « Le 8 janvier, la direction est revenue vers nous avec un montant de 1 000 euros, et hier (le 14 janvier, NDLR), avec un montant de 2 700 euros », pour compenser l'absence de participation, a expliqué Alexandre Rigaud, délégué syndical CGT chez MHCS (Moët-Hennessy champagne services) lors de son discours. La filiale vins et spiritueux de LVMH – qui comprend ses marques de champagnes (Moët et Chandon, Veuve Clicquot, Krug, Ruinart, Dom Pérignon...), mais aussi les vins (Château Cheval Blanc, Château d'Yquem...), les cognacs Hennessy ou encore le whisky Glenmorangie – a connu un net recul en 2024, avec un chiffre d'affaires de 5,9 Md€ (-11 %). Sur les neuf premiers mois de 2025, les ventes ont encore chuté (-7 %), notamment sous l'effet des droits de douane. Le groupe estimait toutefois que les ventes renouaient avec la croissance (hors taux de change) au troisième trimestre, « avec une amélioration en champagne, une bonne croissance en vins rosés et une demande toujours faible en cognac ».

Nématode du pin : premiers résultats de lutte « rassurants » en Nouvelle-Aquitaine

Les premiers résultats en matière de lutte contre le nématode du pin, après la découverte d’un premier foyer en novembre 2025 dans les Landes, sont « rassurants », a annoncé le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, dans un communiqué du 15 janvier. À ce jour, l’ensemble des analyses effectuées dans la zone infestée et dans un rayon de trois kilomètres autour de cette zone se sont révélés négatifs. Parallèlement, les travaux d’abattage des arbres sensibles ont débuté dans la zone infestée, de même que la surveillance dans la zone tampon de vingt kilomètres autour de la zone infestée. D’ores et déjà, plus de 960 ha ont été prospectées. Reste qu’environ 36 000 ha de forêts, mais aussi de nombreux parcs et jardins de particuliers et de collectivités doivent être couverts. « Ces prospections pour identifier les arbres résineux dépérissant ou morts sont menées de façon centrifuge en partant des zones les plus proches du cœur du foyer et en s’éloignant progressivement », souligne le communiqué. La reprise des chantiers d’exploitation forestière s’effectuera progressivement, après inspection des arbres et les bois qui devront être transportés vers des entreprises assurant un traitement assainissant garantissant la maîtrise du risque sanitaire.

Distribution : Aldi dément la vente de ses magasins français

Aldi a démenti le 15 janvier auprès de l'AFP les « spéculations » de la presse française au sujet d'« une éventuelle vente » de ses quelque 1300 magasins en France. Le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi planchait sur une sortie du pays. D'après La Lettre, « le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française », la maison mère « rechignant » à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023. « Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses » a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP. « Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français », a assuré le groupe, pour qui les « spéculations » au « sujet d'un prétendu processus de vente » ou « retrait de France » sont « sans fondement ». Aldi est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%). Il a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France en 2022, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

Climat : avec d’abondantes pluies hivernales, le Maroc sort de sept années de sécheresse

La sécheresse qui a sévi au Maroc pendant sept ans vient de prendre fin grâce à d’abondantes précipitations hivernales, a annoncé le 12 janvier le ministre marocain de l'Eau Nizar Baraka. Entre le 1er septembre et le 12 janvier, le pays a enregistré un cumul pluviométrique de 108 mm, soit une hausse de 95 % par rapport à la même période l’an dernier et de 17,6 % par rapport à la moyenne saisonnière, a précisé M. Baraka devant la Chambre des représentants lors d’une séances de questions consacrée à la situation hydrique. Cette amélioration a été renforcée par des chutes de neige d’une ampleur exceptionnelle, rapporte le portail d’information marocain Médias 24. Grâce à ces apports hydriques, le taux de remplissage des barrages est passé de 28 % à 46 % en une année, plusieurs réservoirs clefs étant désormais pleins, selon les données officielles. Après des années de restriction d’eau, ces pluies soulagent le secteur agricole. Sept années de sécheresse avaient épuisé les barrages marocains, réduit les récoltes de blé, diminué le cheptel national, entraîné d’importantes pertes d’emplois dans l’agriculture et contraint le pays à accélérer son projet de dessalement. D’ici 2030, le Maroc espère produire 60 % de son eau potable à partir d’eau de mer traitée, contre 25 % aujourd’hui, avait indiqué M. Baraka à Reuters en décembre.

Coopératives : Benoît Collardot élu président de Dijon Céréales

Benoît Collardot est le nouveau président de Dijon Céréales. Agriculteur céréalier à Flagey-Echézeaux (Côte-d’Or), il succède donc, à 44 ans, à Didier Lenoir qui a occupé ce poste durant plus de trente ans. Benoît Collardot est entré dans le conseil d’administration de la coopérative en 2006 en tant que stagiaire avant d’intégrer le bureau en 2018. Il occupait dernièrement le poste de vice-président. Sa mission : « consolider les équilibres économiques à court terme, renforcer le cœur agricole de la coopérative et poursuivre le développement des filiales et des projets de diversification, tout en intensifiant les coopérations régionales existantes dans un cadre structuré ». (Anne Gilet)

Coopératives : Hervé Mucke a quitté la direction de la Corab

« Après une réflexion personnelle et professionnelle approfondie, j’ai décidé de quitter mes fonctions de directeur général de la Corab ». C’est par ces mots qu’Hervé Mucke a, sur le réseau Linkedin, annoncé son départ de la coopérative de Charente-Maritime dédiée au bio : un départ effectif depuis la semaine passée. Il occupait cette fonction depuis septembre 2024. « Diriger, c’est porter une vision, mais aussi savoir reconnaître lorsque les conditions ne sont plus pleinement réunies pour la mettre en œuvre collectivement. Les orientations stratégiques que je jugeais nécessaires n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’un consensus suffisant », précise-t-il. Ajoutant « les enjeux actuels - décarbonation, adaptation au changement climatique, évolutions démographiques et contexte géopolitique - appellent des réponses ambitieuses et structurantes. » Selon lui, « l’agriculture biologique demeure un socle essentiel, mais appelé à s’inscrire dans une réflexion plus large ». Son poste n’est, pour l’heure, pas remplacé au sein de la Corab. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 19 janvier 2026

Samedi 17 janvier
Signature de l'accord UE-Mercosur (Paraguay)

Lundi 19 janvier
Comité de suivi des négociations commerciales
Les députés poursuivent l'examen du projet de loi de finances pour 2026
Conférence de presse sur l'actualisation de la stratégie de l'Inrae 2025-2030 
Conférence de presse Episens (meunerie/boulangerie)
Conférence de presse des viandes limousines

Mardi 20 janvier
4e journée de prévention du mal-être en agriculture
Remise du Grand prix de l'Afja (presse agricole), en présence d'Annie Genevard
Conférence sur la bio et la santé par l'Isara de Lyon
Résultats d'une expérimentation sur les émissions d'ammoniac en Bretagne (chambre/Airbreizh)
Audition de Sarah Lacoche (DGCCRF) et de Florian Colas (Douanes et droits indirects) devant le commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale

Mercredi 21 janvier
Vote en séance plénière du Parlement européen sur la saisine de la Cour de justice de l'UE au sujet de l'accord UE-Mercosur (Strasbourg)
Audition de Philippe Palazzi (Casino) devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale
Cérémonie des vœux de la Coopération agricole
Cérémonie des vœux de la CGF (grossistes) 
Conférence de presse annuelle Haropa Port
Conférence de presse du Citepa sur la Cop30 (climat)
Carrefour des gestions locales de l’eau à Rennes, organisé par IdealCo (jusqu’au 22)

Jeudi 22 janvier
Rapport Générations futures/Fnab sur les contaminations au prosulfocarbe
Conférence de presse Intersnack
Signature d'un partenariat agrivoltaïque entre Océalia et TSE