Légumes : massification en cours usages mineurs de pesticides
Lors de la journée alliacée organisée par le CTIFL le 30 janvier dernier, Carole Halgand ingénieur de recherche en cultures légumières plein champs, a relevé l’évolution du statut de «majeur» à «mineur» pour cinq usages phytosanitaires sur dix existants en oignon et deux sur sept en poireau. Ces changements ont été acté dans la nouvelle version du catalogue des usages phytosanitaires publiée en août dernier qui abroge la version d’avril 2021. La plupart des légumes plein champ encore concernés par des usages majeurs, à l’image des carottes et des choux, ont subi la même évolution. C’est aussi le cas pour les cultures sous-abri ou moins mécanisées. La catégorie cucurbitacée à peau comestible, qui comprend notamment courgette et concombre, voit son nombre d’usages majeurs passer de dix à trois. Selon Carole Halgand d’autres évolutions pourraient encore intervenir dans ce sens courant 2024. L’interprofession des légumes industriels (Unilet) prévoit des annonces dans ce sens lors du salon de l'agriculture. Le changement de statut d’un usage de majeur à mineur à une importance capitale dans le cadre de la gestion des usages orphelins de plus en plus nombreux en légumes. En France, un usage mineur bénéficie d'une procédure simplifiée, vis à vis d’une demande d’homologation classique pour un nouvel usage. (par notre correspondant Tanguy Dhelin)
Céréales : cinq mesures pour assurer leur circulation sur la Seine pendant les JO
À l’occasion d’une conférence de presse le 15 février, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé l’adoption d’un protocole d’accord entre la préfecture d’Ile-de-France et la profession céréalière, afin d’assurer la continuité de l’activité céréalière en amont et pendant les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024. Le dispositif en question comprend cinq mesures, à savoir «la réduction du nombre de jours d’interruption de la navigation de dix à six jours et demi», «l’allongement des horaires des ouvertures des écluses avec une fermeture repoussée à minuit au lieu de 20h», mais aussi «l’identification des zones de stockage prioritaires pour les barges céréalières permettant leur amarrage entre les périodes d’ouverture de la circulation sur la Seine». En outre, un guichet unique visant à traiter «d’éventuelles difficultés» rencontrées par les opérateurs économiques durant les JO sera mis en place, de même qu’une méthode de travail permettant d’étudier les mécanismes de compensation «en cas de préjudices subis par les céréaliers». Pour rappel, la période estivale est «critique» pour la profession céréalière, alors que la récolte, le transport et le stockage des grains ont lieu. Sur les 3Mt de céréales qui empruntent la Seine, 1 Mt circulent à cette période de l’année, rappelle d’ailleurs Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales (interprofession céréalière).
Viande: Bruxelles publie la mesure miroir sur les facteurs de croissance
Le règlement d’exécution établissant une mesure miroir dans l’UE sur l’utilisation d’antibiotiques utilisés comme promoteurs de croissance a été publié le 12 février au Journal officiel de l’UE. Cette mesure, pourtant votée par les législateurs en décembre 2018, est depuis attendue par la France notamment qui avait même mis en place de manière transitoire un dispositif au niveau national. Le texte de la Commission européenne modifie les annexes du règlement concernant «les modèles de certificats pour l’entrée dans l’Union d’envois de certains produits d’origine animale et de certaines catégories d’animaux». Il précise que les animaux dont les viandes sont tirées ne doivent pas avoir reçu «de médicaments antimicrobiens destinés à favoriser la croissance ou à augmenter le rendement». Mais Interbev déplore, dans un communiqué du 15 février, que «les exportateurs n’auront besoin que d’une simple attestation sur l’honneur des vétérinaires». Autre critique de l’organisation interprofessionnelle de la viande: ces nouvelles normes n’entreront en vigueur qu'en septembre 2026.
Alimentation animale: DSM-Firmenich va se séparer de la nutrition animale
Le groupe néerlando-suisse DSM-Firmenich va se séparer de sa nutrition animale et de ses vitamines pour le bétail, un segment très volatil, annonce-t-il le 15 février en marge de ses résultats annuels, plombé par ce pan d'activités. Ce dernier obéit «à une dynamique différente du reste du groupe», a souligné ce fabricant d'ingrédients pour la parfumerie et saveurs pour l'industrie agroalimentaire dans un communiqué, ce qui est «devenu encore plus apparent avec les défis sans précédent sur le marchés des vitamines», a-t-il reconnu. Basé à Kaiseraugst, près de Bâle en Suisse, cette activité a généré un chiffre d'affaires de plus de 3 milliards d'euros l'an passé et emploie 6.000 personnes. «C'est un moment difficile», a déclaré son directeur général, Dimitri de Vreeze, qui estime qu'il s'agit d'une activité «fantastique», mais une séparation sera «meilleure à la fois pour ces activités et ses employés», a-t-il ajouté dans le communiqué. Le groupe va soupeser «toutes les options» pour procéder à cette scission, qu'il espère réaliser en 2025. Le groupe est devenu un des nouveaux géants des ingrédients de parfumerie et agroalimentaires depuis la fusion en mai du néerlandais DSM avec l'entreprise familiale suisse Firmenich, en faisant un concurrent de poids pour rivaliser avec l'américain IFF et le suisse Givaudan. Mais moins de deux mois après ce rapprochement, le groupe avait annoncé une restructuration des activités de vitamines, qui ont souffert d'un mouvement de déstockage et de pressions sur les prix.
Prix planchers: Emmanuel Macron «s’engage» à travailler le sujet, selon la Conf’
La Confédération paysanne affirme que le président de la République Emmanuel Macron «s’engage à travailler sur notre revendication de prix planchers», dans un communiqué le 15 février. Interrogé, l’Elysée n’a pour l’instant pas confirmé cette information. Le syndicat minoritaire a rencontré Emmanuel Macron le 14 février, comme il est de coutume peu avant le salon de l’Agriculture. C’est à cette occasion que le chef de l’Etat aurait fait cette promesse. La Conf’ demande, de longue date, l’interdiction d’acheter les produits agricoles sous leur prix de revient (mécanisme de prix planchers). Une demande sous le feu des projecteurs dans le contexte de colère des agriculteurs, et qui a le soutien politique LFI et d’EELV (voir plus bas). Les deux partis ont déposé des propositions de lois visant à instaurer de tels dispositifs. Une proposition de LFI avait déjà été rejetée par le Parlement il y a quelques mois. De son côté, le gouvernement avait annoncé le 1er février vouloir porter «une extension de la loi Egalim au niveau européen» pour éviter le contournement du droit français par les centrales d’achat situées à l’étranger. Il a jusqu'ici toujours refusé de mettre en place des prix planchers, invoquant le plus souvent des dispositions contraires à la réglementation européenne. Peu après son élection, le président Emmanuel Macron avait mis en avant le concept de «juste prix», aboutissant à des reformes des relations commerciales dans les lois Egalim 1 et 2, et la loi Descrozaille.
Revenu des agriculteurs: les écologistes déposent une PPL à l’Assemblée
Le groupe Europe écologie les verts (EELV) de l’Assemblée va déposer une proposition de loi (PPL) visant à instaurer des prix planchers, a annoncé la députée Marie Pochon (Drôme) en conférence de presse le 15 février. «Nous allons déposer aujourd’hui une PPL visant à instaurer des prix minimum d’achat des produits agricoles, garantissant que les produits agricoles ne puissent pas être vendus en dessous d’un prix tenant compte du coût de production et de la rémunération du travail des agriculteurs» a indiqué l’élue. Le texte «reprend globalement les mêmes dispositifs» que ceux proposés par LFI dans une PPL sur les prix planchers et l'encadrement des marges votée le 30 novembre, a précisé Mme Pochon. Le texte des Insoumis avait failli passer, à six voix près, grâce au soutien des députés de gauche et du Rassemblement national (RN). En remettant ce sujet sur la table, le groupe écologiste espère apporter «un petit bout de solution qui permettrait (…) de dire qu’on a écouté, pour de vrai, les milliers d’agriculteurs et d’agricultrices qui ont manifesté ces dernières semaines, et tous ceux qui ne l’ont pas fait faute de temps, de moyens, ou parce qu’ils ne se retrouvaient pas forcément dans les appels». Par ailleurs, comme annoncé en janvier, les députés Insoumis ont déposé, le 13 février, une nouvelle proposition de loi visant à instaurer des prix planchers.
«Concurrence déloyale»: un député de l'Eure et des agriculteurs attaquent l'Etat en justice
Le député de l'Eure, Philippe Brun, et un collectif d'agriculteurs attaquent l'Etat en justice pour «concurrence déloyale», afin de l'obliger à appliquer la loi qui interdit l'importation de produits agricoles pour lesquels des pesticides ont été utilisés ou ne respectant pas les normes européennes. «Nos agriculteurs font face à une concurrence déloyale sur les importations de denrées agricoles. On leur impose des normes contraignantes qui ne s'appliquent pas aux produits importés», fait valoir le député socialiste dans un communiqué. Ce sujet est l'une des raisons de la colère des agriculteurs qui ont bloqué une partie de la France en janvier et menacent de se mobiliser de nouveau avant le Salon de l'agriculture, prévu dans neuf jours à Paris. Le député et l'association Justice pour nos Agriculteurs soulignent que l'article 44 de la loi du 30 octobre 2018 (dite loi Egalim) interdit l'importation de produits agricoles pour lesquels il a été fait usage de pesticides non autorisés par la règlementation européenne ou ne respectant pas les exigences d'identification et de traçabilité imposées par cette même réglementation européenne. Mais «les décrets d'application de cet article n'ont pas été pris», déplorent-ils. Deux recours sont en préparation: «L'un pour condamner le gouvernement à faire appliquer la loi, et un autre pour demander l'indemnisation des agriculteurs et des consommateurs lésés en raison de la défaillance du gouvernement à faire appliquer la loi».
Manifestations: Macron «a pris la mesure de la situation», affirme la CR après une entrevue
Le président Emmanuel Macron «a pris la mesure de la situation» , a estimé la Coordination rurale, 2e syndicat agricole, affirmant avoir été «écoutée» notamment sur ses demandes d'urgence de trésorerie et sur la simplification administrative, le 14 février à l'issue d'un entretien à l'Elysée. Le chef de l'Etat «a pris la mesure de la situation, il a bien écouté» et entendu «notre message subliminal: Foutez-nous la paix et laissez-nous travailler», a déclaré à la presse Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne et figure du syndicat. A ses côtés, Karine Duc, co-présidente de la Coordination rurale (CR) en Lot-et-Garonne, a identifié «quatre points forts» dans les demandes présentées au chef de l'Etat: des «mesures d'urgence de trésorerie»; la «simplification à tous les étages» et la levée des contraintes de production, notamment environnementales; l'exigence de «clauses miroirs» - sur la réciprocité des normes de production pour les denrées importées - et enfin un gros effort «sur les transmissions» de fermes. Evoquant l'empilement des normes et la paperasserie, Serge Bousquet-Cassagne a estimé avoir été «bien compris» par le président: «C'est son administration qui déconne, qui surjoue les lois. A lui de faire le boulot. Parfois, il prend des lois qui sont pas ou peu appliquées sur le terrain», a-t-il affirmé, donnant l'exemple du développement de l'agrivoltaïsme qui serait «freiné» par l'administration en région.
Manifestations: des agriculteurs manifestent devant le château de Chambord
Une centaine d'agriculteurs occupent le 15 février après-midi une partie des jardins du domaine national de Chambord (Loir-et-Cher), à l'appel de la Coordination rurale locale, a constaté un journaliste de l'AFP. Arrivés en fin de matinée sur un peu plus de soixante tracteurs, les agriculteurs ont rangé leurs engins à une centaine de mètres du château, avant de déployer des banderoles revendicatives. «On ne voulait pas empêcher les gens de travailler, mais on voulait aussi un impact médiatique. On a la chance d'avoir Chambord dans le département. Et ça symbolise aussi le fait qu'on est toujours les gueux contre les rois», a expliqué Axel Masson, responsable de la Coordination rurale dans le sud du Loir-et-Cher. Les agriculteurs présents ont réclamé en vain un déplacement du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, lui-même élu du département. Le préfet du Loir-et-Cher s'est déplacé pour entendre leurs revendications, notamment sur la simplification administrative et les problèmes de revenus rencontrés par les exploitants, a constaté l'AFP. «On voulait que le ministre vienne, ça n'a pas été possible en raison de son déplacement dans les Pyrénées-Orientales aujourd'hui, à la rencontre d'autres agriculteurs. On a quand même eu un entretien avec son cabinet et le préfet», a déclaré M. Masson, indiquant avoir obtenu un entretien en présence du ministre «sous 48 heures».
PLOA: les écologistes veulent «généraliser» les PSE et le test d’activité
Le groupe politique Ecologie les verts appelle le gouvernement à «soutenir et financer massivement la transition agroécologique» dans le PLOA (Pacte et Loi d’orientation agricoles). «Aujourd’hui, la lutte contre les pesticides n’est pas une option, mais une obligation pour notre santé. Il faut se donner les moyens, et que les agriculteurs aient de la visibilité», a déclaré le sénateur Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) en conférence de presse, le 15 février. Parmi leur dizaine de propositions détaillée, les écologistes veulent «généraliser» les paiements pour services environnementaux (PSE). «On veut que la totalité de l’enveloppe de la PAC soit [orientée vers] des PSE», a indiqué le député européen Benoît Biteau, en assurant que les PSE actuellement expérimentés par les Agences de l’eau font le «bonheur» des agriculteurs récipiendaires. «C’est du gagnant-gagnant les PSE, et donc ce doit être aujourd’hui le seul fil conducteur de la construction des politiques publiques», a estimé l’élu européen. Daniel Salmon a aussi souligné l’importance «d’accompagner» l’installation, des NIMA (non-issus du milieu agricoles) en particulier, en proposant de «généraliser» l’accès au test d’activité agricole.
Normes: un rapport parlementaire remis à Bercy pour élaguer le «maquis» des normes
Le ministre de l'Économie et la ministre des Entreprises Olivia Grégoire ont reçu, le 15 février, un rapport de cinq parlementaires proposant 14 mesures de simplification de la vie des chefs d'entreprise. Ces mesures, saluées comme un "travail exceptionnel" par M. Le Maire lors d'une conférence de presse à Bercy, pourraient se retrouver en grande partie dans le projet de loi annoncé pour cet été. Les parlementaires ratissent large, de la «fin des redondances» administratives à la réduction des délais de contentieux, notamment prud'homaux, en passant par une sanction pécuniaire pour les administrations qui paient trop tard leurs fournisseurs. Il s'agit aussi de «lever les derniers verrous» au principe du «dites-le nous une fois pour toutes», c'est-à-dire n'avoir à fournir le même document qu'une fois, même si plusieurs administrations le réclament. Ainsi, exemple cité jeudi, une productrice de viande de charolais bio rencontrée par les parlementaires a dû fournir neuf fois le même document nécessaire à la construction d'un nouveau bâtiment. Ils avancent aussi l'idée de monter d'un cran tous les seuils des obligations liées aux nombres de salariés, afin de les alléger. «Une très bonne idée" pour Bruno Le Maire, du moment qu'en temps de disette budgétaire, les seuils fiscaux correspondants ne soient pas modifiés.
Foncier : les sénateurs rejettent la PPL socialiste visant à préserver les sols
Le Sénat a rejeté, le 15 février en séance publique, la proposition de la loi (PPL) de la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy visant à «préserver des sols vivants», imposant notamment un diagnostic décennal des sols agricoles. Lors de la discussion générale, les groupes LR, Les Indépendants et Union centriste ont exprimé leur opposition au texte. «Le gouvernement vous propose de différer l’adoption de cette proposition de loi puisque, dans la perspective de la transposition de la future directive européenne, vous aurez la capacité de mettre en œuvre» les dispositions de la PPL, a déclaré le secrétaire d’Etat à la Biodiversité Hervé Berville. Le 7 février, le texte avait été rejeté par la commission de l’Aménagement du territoire et du développement durable: d’une part, des discussions en cours dans l’UE sur la directive sols «pourraient conduire le Parlement à légiférer prématurément», selon elle. D’autre part, la commission avait jugé l’instauration d’un diagnostic des sols «en décalage avec la forte demande sociétale de simplification des normes». Une mesure qui rappelle le PLOA et son diagnostic de santé et qualité des sols. À ce propos, le président de JA Arnaud Gaillot a «plutôt le sentiment (…) que ça sera enlevé» de la loi d’orientation, avait-il dit lors d’une audition au Sénat le 7 février, en référence à un échange avec le Premier ministre.
Commission européenne : Janusz Wojciechowski appelé à la démission en Pologne
Alors que les manifestations d’agriculteurs en Pologne ont repris pour dénoncer une nouvelle fois la décision de la Commission européenne de prolonger la libéralisation des échanges commerciaux avec l’Ukraine jusqu’en 2025, le gouvernement polonais a trouvé son bouc émissaire : le commissaire européen à l’Agriculture, le Polonais Janusz Wojciechowski. «Il y a un homme en Europe qui a uni tous les agriculteurs européens et polonais contre les réformes qu’il propose. Janusz Wojciechowski. Il doit démissionner!», estime le vice-Premier ministre et Władysław Kosiniak-Kamysz. Janusz Wojciechowski, nommé par le précédent gouvernement du parti populiste nationaliste Droit et Justice (PiS), est de plus en plus isolé au sein de la Commission européenne. Même son propre parti semble le lâcher : le président du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a lui aussi appelé Janusz Wojciechowski à la démission. Mais la décision est encore entre ses mains. Ailleurs en Europe aussi, il est contesté. L’association des agriculteurs espagnols (Asaja) qui a rencontré le commissaire le 14 février à Bruxelles a demandé le lendemain sa démission «pour son inefficacité». Et lors du forum annuel du think tank Farm Europe, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, n’a pas non plus été tendre avec Janusz Wojciechowski estimant que : «Son travail a été un échec. Ce n’était pas la bonne personne au bon endroit».
Italie: plus d'un millier d'agriculteurs manifestent à Rome
Plus d'un millier d'agriculteurs ont de nouveau manifesté le 15 février à Rome, notamment en conduisant des tracteurs sur un grand stade antique de la ville, le Circus Maximus, dans le cadre d'une mobilisation qui dure depuis plusieurs semaines en Europe, a constaté l'AFP. Parallèlement, un petit groupe s'est rassemblé au Palazzo Chigi, siège du gouvernement de Giorgia Meloni, tandis qu'une délégation s'était rendue jeudi matin au siège de la Commission européenne à Rome pour remettre une lettre de revendications. Depuis début janvier, des agriculteurs manifestent de la Sicile jusqu'au nord du pays contre la baisse de leurs revenus et la hausse de leurs coûts de production, même si l'ampleur du mouvement n'a pas atteint le niveau des rassemblements en France, en Allemagne ou en Belgique. Ils s'opposent surtout au prix du carburant agricole et au Pacte vert de l'Union européenne, censé atténuer les conséquences du réchauffement climatique mais qui, selon eux, nuisent à leur métier. «Actuellement, les Italiens, les agriculteurs ne décident de rien», a déploré devant les journalistes l'un des représentants des agriculteurs, Pino Convertini. «Nous n'avons ni un pouvoir de négociation sur les prix, ni sur les choix politiques faits en haut lieu. Alors, que devons-nous faire?»
Espagne: des tracteurs en plein Madrid devant le ministère de l'Agriculture
Une quinzaine de tracteurs sont restés stationnés environ deux heures le 15 février devant le ministère espagnol de l'Agriculture, en plein coeur de Madrid, avant une réunion avec le ministre Luis Planas qui a commencé peu avant 18H00 pour protester contre la crise du secteur. Les engins se sont arrêtés, pelle en l'air, en fin de matinée sur le seuil du ministère, un bâtiment situé en face de la gare d'Atocha, et les agriculteurs ont déployé des banderoles clamant «Les agriculteurs sur le pied de guerre» ou «Planas, la ruine de la campagne, tu l'avais proposée, tu l'as gagnée», a constaté un photographe de l'AFP. Sous la pluie, quelque 250 représentants du secteur accompagnés de syndicats, arrivés pour la plupart en bus, ont gêné la circulation sur cette grosse artère de la capitale avant de repartir avant 15H00. Le ministre reçoit depuis 18H00 (17h GMT) les trois principaux syndicats d'agriculteurs et d'éleveurs (Asaja, COAG et UPA), au lendemain d'une réunion avec les différents représentants du secteur alimentaire. La veille, les agriculteurs espagnols avaient manifesté comme ils le font depuis plus d'une semaine pour dénoncer les difficultés du secteur, bloquant des routes un peu partout dans le pays, de Séville (sud) en passant par Valladolid (nord-ouest), ainsi qu'en Catalogne (nord-est). A l'instar de leurs confrères européens, les agriculteurs espagnols protestent contre une concurrence qu'ils jugent déloyale de la part de pays hors de l'UE.
Grèce: les agriculteurs intensifient à nouveau leur mobilisation
Les agriculteurs grecs ont décidé le 15 février d'intensifier leur mobilisation et de poursuivre des blocages de routes à travers le pays avant de converger mardi prochain vers Athènes avec leurs tracteurs, des protestations similaires à celles de leurs collègues dans d'autres pays européens. «Nous n'avons d'autre choix que de continuer notre lutte», a lancé Nikos Maroudas, président de la Fédération des associations agricoles, cité par des médias locaux, à l'issue d'une réunion à Larissa, chef-lieu de la Thessalie (centre), la plaine principale du pays, frappée par des inondations et des feux de forêt l'année dernière. Cette décision intervient deux jours après que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis eut reçu des représentants de la Fédération agricole dans une tentative d'apaiser la mobilisation, entamée il y a deux semaines. Le Premier ministre s'était montré «ouvert à la discussion» tout en prévenant que «les marges fiscales du pays sont limitées». Le gouvernement conservateur a promis une baisse des factures d'électricité pour les agriculteurs pour les dix prochaines années qui sera mise en place dès le 1er avril, ainsi qu'une baisse de la TVA sur les engrais et sur la nourriture pour les animaux, qui devrait passer de 13% actuellement à 6%. Le Premier ministre a assuré que les aides financières à ceux touchés par les catastrophes naturelles seront versées rapidement dès fin février.
Oignon: le taux d'auto-approvisionnement a grimpé de 12 points en dix ans
Selon les chiffres présentés par Mathieu Serrurier, expert économique du CTIFL, le 30 janvier dernier lors d’une journée dédiée aux alliacées, le taux d’auto-approvisionnement de l’oignon a bondit de 12 points en 10 ans pour atteindre 85% sur la moyenne des années 2020-2022. Un chiffre qui le place sur le podium des grandes familles de légumes les plus auto-consommées derrière le poireau et loin devant la carotte. Selon les chiffres d’Eurostat, la France se positionne comme le troisième producteur européen sur la moyenne 2020-2022 avec 733 milliers de tonne produites et une hausse importante de 80% sur 10 ans. Dans le même temps, les Pays-Bas affiche une production de 1 704 milliers de tonnes et une progression de 26%, et l’Espagne 1340 milliers de tonne d’oignon produit et une hausse de 7%. Cette belle dynamique de la filière oignon française prend son origine avec le développement de nouvelles zones de production, et notamment la Beauce. «Il y a eu un gros développement depuis 20 ans sur les bassins céréaliers, avec une filière qui a su se structurer sur l’appui technique» analyse Philippe Quaranta, directeur de Jardins du Midi, acteur national de la mise en marché. (Par notre correspondant Tanguy Dhelin)
Echalote traditionnelle bretonne: des avancées dans le dossier d'IGP
Dans un communiqué du 12 janvier dernier, le collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne annonce des avancées concernant la demande d’Indication géographique protégée pour “l’échalote de Bretagne” déposée en avril dernier. Après étude du dossier, l’Inao a décidé de nommer une Commission d’enquête pour définir les contours de la future IGP avec les producteurs, mais aussi l’amont et l’aval de la filière, notamment les multiplicateurs. S’appuyant sur le règlement européen, le collectif souligne qu’en cas de validation de l’IGP, les produits comparables «ne pourront pas être commercialisés avec une quelconque référence, directe ou indirecte, à la Bretagne». Depuis plusieurs années, les producteurs bretons tentent de se démarquer de l’échalote dite de «semis», dont le besoin en main d’œuvre et de facto les coûts de production sont moindres. Dans un second communiqué du 18 janvier, le Collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne regrette l’arrivée sur le marché français d’une «nouvelle variété hollandaise d’oignon allongé abusivement reconnue comme "échalote"». (par notre correspondant Tanguy Dhelin)
Bien-être animal : à Paris, L214 expose des cadavres de poulet de la filière Le Gaulois
Près de cinquante militants de l'association de défense des animaux L214 se sont rassemblés le 15 février au matin sur l'esplanade du Trocadéro à Paris pour dénoncer les conditions d'élevage des poulets commercialisés par l'entreprise Le Gaulois. Les militants ont exposé pendant environ une heure 44 cadavres de poulet, du stade de poussin à leur mise en barquette, pour illustrer «44 jours de croissance effrénée», selon l'association. Ces cadavres sont issus «d'un élevage Le Gaulois» et «ont été collectés jour après jour par un lanceur d'alerte qui avait un accès autorisé dans l'élevage», a indiqué l'association. «Avec cette illustration on peut voir qu'on passe d'un petit poussin de 50 grammes à un poulet de 3 kilos [au moment de l'abattage], donc il a multiplié sa taille par 60 en à peine six semaines. Ça illustre la folie qui se passe dans les élevages», a déclaré Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. Contacté par l'AFP, le groupe LDC qui commercialise Le Gaulois a dénoncé une campagne de «dénigrement» envers sa marque et de «désinformation sur l'élevage français». «C'est faire offense au professionnalisme de tous nos agriculteurs, de tous les salariés de notre filière, qui font de cette volaille la plus vertueuse au monde. Tous les cahiers des charges et toutes les règlementations sont au rendez-vous», a-t-il déclaré. L214 demande à la marque de cesser d'utiliser des souches génétiques «à croissance ultra rapide» portant le nom de Ross 308 ainsi que de «s'engager à bannir les pires pratiques d'élevage».
Riz/bœuf : des scientifiques sud-coréens mettent au point un aliment hybride
Une équipe de chercheurs de l’Université Yonsei de Séoul, en Corée, ont mis au point un aliment hybride, élaboré en cultivant des cellules de muscle et de graisse de bœuf à l’intérieur de grains de riz, rapporte une étude publiée dans la revue scientifique Matter le 14 février. Selon l’équipe, l’aliment obtenu pourrait offrir une solution de remplacement à la viande, à la fois moins chère et plus durable d’un point de vue environnemental. «Le riz possède déjà un niveau élevé de nutriments, mais l’ajout de cellules bovines peut encore l’améliorer», précise Sohyeon Park, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse paru le même jour. Pour développer cet aliment, l’équipe a d’abord enrobé les grains de riz de gélatine de poisson, permettant ainsi aux cellules de mieux s’y accrocher. Des cellules souches de muscle et de graisse bovines ont ensuite été ensemencées dans le riz, et laissées en culture pendant neuf à onze jours, rapporte l’étude. Selon l'équipe de chercheurs, comparé au riz ordinaire, le produit final contient 8% de protéines et 7% de matières grasses supplémentaires. Pour 100 grammes de protéines produites, on estime que le riz hybride libère moins de 6,27 kg de dioxyde de carbone, soit huit fois moins que la production de viande bovine, selon le communiqué de presse.
Distribution: Ludovic Holinier est le nouveau directeur général délégué de Teract
Le groupe de distribution Teract (Jardiland, Gamm Vert, boulangeries Louise) annonce, dans un communiqué du 14 février, la nomination de Ludovic Holinier en tant que directeur général délégué. Il prendra ses fonctions le 1er mars, à la suite de Guillaume Darrasse. Ludovic Holinier était le directeur général du groupe de distribution belge Cora/Louis Delhaize depuis 2019. Avant cela, il a occupé des fonctions au sein du groupe Auchan pendant une trentaine d’années. L’actuel directeur général délégué de Teract Guillaume Darrasse quitte la filiale de l’union de coopératives agricoles InVivo et de 2MX Organic (Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari) pour le groupe de grande distribution nordiste. Il prendra la présidence d’Auchan Retail France et la direction générale déléguée d'Auchan Retail.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 19 février 2024
Lundi 19 février
Réunion du comité de suivi des négociations commerciales
Inauguration du Campus Lactalis (apprentis), à Laval
Mardi 20 février
Entrevue de la FNSEA et des JA avec Emmanuel Macron
Rapport annuel de Terre de liens (foncier)
Conférence de presse de Chambres d'agriculture France
Conférence de presse de Culture viande (abattoirs)
Conférence de presse d'Anvol (interprofession volaille)
2e Rencontres nationales du retour à la terre, à Angers
Journée de soutien à la filière endives (Apef, UdE, interpro chicorée) à Lille
Voyage de presse dans la station expérimentale de Trevarez (chambres d'agriculture)
Mercredi 21 février
Lancement du programme Méthane 2030 (gaz entériques) par Apigène
Conférence de presse Collectif Nouveaux Champs (zéro résidus de pesticides)
Jeudi 22 février
Conférence de presse de Groupama
Samedi 24 février
Inauguration du Salon de l'agriculture, jusqu'au 3 mars