Relations Post-Brexit: Londres prêt à «s'aligner» sur certaines règles de l'UE (ministre)
Un ministre britannique a déclaré le 18 mai que le gouvernement pourrait «s’aligner» sur les règles de l’UE dans certains domaines, tandis que les partis d’opposition ont accusé le Premier ministre Keir Starmer de «capitulation», avant un sommet inédit à Londres. M. Starmer, qui accueille le 19 mai le premier sommet UE-Royaume-Uni post-Brexit, s’apprête à signer cette semaine un nouvel accord multisectoriel avec l’Union européenne, dont les contours restent flous. La réunion à Londres vise à convenir des étapes vers une relation plus étroite entre le Royaume-Uni et le bloc de 27, cinq ans après leur divorce acrimonieux. Le ministre des relations avec l’Union européenne, Nick Thomas-Symonds, a déclaré à la BBC que les détails de l’accord étaient encore en cours d’élaboration. Le gouvernement travailliste a adopté une approche pragmatique, «quand il est dans notre intérêt national de nous aligner sur des normes communes afin de faciliter les échanges et de permettre aux entreprises (...) de commencer à commercer à nouveau avec l’UE», a-t-il expliqué. M. Starmer a exclu de rejoindre l’union douanière et le marché unique, mais a suggéré que le Royaume-Uni était prêt à s’aligner sur les réglementations de l’UE concernant les produits alimentaires et agricoles. Les diplomates de l’UE à Bruxelles cherchent à obtenir que la Grande-Bretagne garde ses eaux ouvertes pour les pêcheurs européens en échange d’un assouplissement des contrôles sur certaines importations alimentaires en provenance du Royaume-Uni.
Volaille : premier cas d’influenza au Brésil, premier exportateur mondial
Le ministère brésilien de l’Agriculture a communiqué ce 16 mai sur un « premier cas » d’influenza aviaire dans un élevage commercial de volailles, provoquant la fermeture de la Chine, l’Union Européenne, l’Argentine, le Mexique et le Chili. Ce cas a été confirmé le 15 mai à Monténégro dans l’Etat du Rio grande do Sul. Le Brésil est le premier exportateur mondial de volaille, et le dernier grand bassin de production indemne d'influenza aviaire. Cette nouvelle intervient quelques jours après la signature d’accords entre le président Luiz Inácio Lula da Silva et son homologue chinois Xi Jinping. Ces accords - deux protocoles bilatéraux et un mémorandum d’accord pour le développement de l’agriculture brésilienne – permettent notamment l’ouverture du marché chinois à la viande de canard, la viande de dinde et les cœurs, foies et gésiers de poulet. Ces trois produits représentent un potentiel de recettes d’un milliard de reais de recettes (180 millions de dollars au cours actuel), commente dans le communiqué du ministère du 13 mai le président de l’Association brésilienne des protéines animales (ABPA), Ricardo Santin. En 2024, rappelle le communiqué, la Chine a importé pour 155 millions de dollars d’abats de poulet, 50 millions de dollars de dinde, 1,4 million de dollars de viande de canard.
Viandes : fusion en vue de deux géants brésiliens Marfrig et BRF
Le géant brésilien de la viande bovine Marfrig va compléter son acquisition d'un autre géant Brasil Foods (BRF) pour devenir MBRF sur les places boursières, selon l’agence Reuters ce 15 mai. Marfrig détient aujourd’hui un peu plus de 50% du capital de BRF. Le numéro 2 mondial du bœuf (après le Brésilien JBS) fusionnerait donc avec le numéro un mondial de la volaille et du porc. La nouveau groupe s’établirait aux Etats-Unis et comprendrait National Beef, filiale de Marfrig depuis 2018. Marfrig poursuit ainsi son expansion amorcée en 2019, visant à s’imposer face à JBS, ainsi qu’à Tyson food ou au Chinois WH Group (maison mère de Smithfield Foods). Pour son premier trimestre 2025, le groupe Marfrig présente une augmentation de chiffre d’affaires de 27% à 38 562 millions de reais (6 170 millions d’euros), engendrée essentiellement en Amérique du Nord, et une augmentation de 20,8 % de son Ebitda (excédent brut) à 3 196 millions de reais (511 millions d’euros), essentiellement du fait de BRF. Le communiqué financier indique une distribution de 2,5 milliards de reais (400 millions d’euros) en décembre 2024 aux actionnaires de Marfrig de plus de 1,1 milliard de reais (176 millions d’euros) à ceux de BRF.
Viande in vitro : Mosa Meat demande une autorisation de mise sur le marché au Royaume-Uni
Mosa Meat, spécialiste néerlandais de la viande in vitro, a annoncé le 15 mai avoir déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché britannique pour sa graisse cultivée en laboratoire à partir de cellules de bœuf. Cette demande déposée auprès de l’autorité de sécurité sanitaire britannique, la Food Standards Agency (FSA), « porte sur la graisse cultivée comme ingrédient, qui peut être mélangée à des ingrédients d'origine végétale pour créer de délicieux plats à base de bœuf », indique Mosa Meat dans un communiqué. L’objectif de la société néerlandaise est de commercialiser ses premiers burgers qui associeront des ingrédients cultivés et végétaux. Ces derniers temps, Mosa Meat multiplie les demandes d’autorisation de mise sur le marché pour son produit. En décembre 2024, la société a soumis « sa première demande de commercialisation de bœuf cultivé dans l'Union européenne, ainsi qu'une demande de commercialisation en Suisse », rappelle-t-elle. Au Royaume-Uni, où Mosa Meat avait présenté son premier burger in vitro en 2013, la société a été sélectionnée par la FSA pour participer à son programme d’évaluation des produits d’agriculture cellulaire aux côtés de Hoxton Farms (Royaume-Uni), BlueNalu (États-Unis), Gourmey (France), Roslin Technologies (Royaume-Uni), Uncommon Bio (Royaume-Uni), Vital Meat (France) et Vow (Australie).
Porc : Cooperl s’associe à un producteur local dans le centre de la Chine
Cooperl Arc Atlantique et l’entreprise porcine chinoise Hunan New Wellful ont fondé dans la province du Hunan (centre de la Chine) une coentreprise de production et de reproduction porcine, Hunan Wufeng Lixin Breeding Company, selon une annonce faite le 16 mai à la Bourse de Shanghai reprise par la presse financière internationale. La coopérative française y injecte 39,2 millions de yuans et l'entreprise chinoise 40,8 millions de yuans, soit des parts respectives de 49 % et de 51 % du capital de 80 millions de yuans (environ 10 M€). Hunan Wufeng Lixin Breeding Company se concentrera sur l'élevage de porcs et la vente de porcs reproducteurs, est-il précisé. À la mi-février, le Quotidien du peuple (communication extérieure officielle) avait annoncé la signature d’un mémorandum entre la coopérative française et « la plus grande entreprise publique d'élevage porcin du Hunan et un fournisseur majeur de porcs et de produits porcins pour la région de la Grande baie Guangdong-Hong Kong-Macao ». Ce document engageait les deux parties à coopérer dans les technologies d’élevage, le commerce et la transformation de viandes. En 2017, Cooperl avait déjà annoncé la construction d'une usine de charcuterie en Chine avec un partenaire chinois.
ICPE/bovins : les députés de la Coméco ouvrent la porte à un relèvement des seuils
Le 16 mai, les députés de la commission des Affaires économiques ont achevé l’examen de la proposition de loi (PPL) Entraves, adoptant une série d’amendements qui préparent le terrain pour un futur relèvement des seuils ICPE (installations classées pour l’environnement) s’appliquant aux élevages bovins. Proposés par les groupes DR, RN et EPR (macroniste), sous l’impulsion de la FNSEA, les cinq amendements identiques prévoient que le principe de non-régression environnementale ne s’oppose pas à ce relèvement. Les modalités d’application sont renvoyées à un décret en Conseil d’État. Le rapporteur Julien Dive (DR, Aisne) a proposé que cette mesure soit étendue aux élevages porcins et avicoles lors de la séance publique (à partir du 26 mai). Pour rappel, la France a fixé des seuils ICPE pour les bovins, alors que la réglementation européenne n’en prévoit pas (contrairement aux porcins et volailles). Par ailleurs, selon le média Contexte, le gouvernement préparerait un amendement à soumettre en séance publique visant à relever les seuils d’entrée des élevages bovins dans le régime d’enregistrement ICPE : l’exécutif voudrait les faire passer à 500 animaux pour l’engraissement (contre 400 actuellement) et à 200 pour la production de lait (contre 150).
Assurances prairies : les députés de la Coméco reviennent au texte initial de la PPL Entraves
Lors de l’examen de la proposition de loi (PPL) Entraves en commission des Affaires économiques, qui s’est achevé le 16 mai, les députés ont adopté – contre l‘avis du rapporteur – un amendement qui revient à la rédaction initiale de l’article 4, consacré à l’assurance récolte des prairies. Déposé par Nicolas Ray (DR, Allier), cet amendement vise à « améliorer les possibilités de recours en cas de contestation de l’évaluation des pertes » par l’indice satellitaire mis en place par la réforme de l’assurance récolte. Les éleveurs – notamment les producteurs de bovins viande de la FNB (FNSEA) – dénoncent des évaluations largement inférieures à leurs pertes réelles en 2023 (sécheresse) et 2024 (excès d’eau). Par leur vote, les députés de la Coméco ont supprimé le « plan de renforcement » de l’assurance prairies adopté par le Sénat en janvier. Le rapporteur de la Coméco de l’Assemblée, Julien Dive (DR, Aisne) a demandé – sans succès – le retrait de l’amendement. Rappelant qu’« un accord avait été trouvé » avec le gouvernement au Sénat, M. Dive déplore que la rédaction initiale « n’aboutit qu’à une recommandation d’un comité départemental », non contraignant pour l’assureur. Bien que partageant cet argument, Nicolas Ray a maintenu et fait adopter son amendement, afin de « demander au gouvernement en séance d’améliorer le dispositif ».
Céréales : la fédération des négociants FNA change de nom et devient NégoA
Lé fédération du négoce agricole (FNA) change de nom et devient NégoA, annonce-t-elle dans un communiqué le 15 mai. Ce changement est intervenu lors des célébrations des 40 ans du syndicat, initialement créé sous le nom de l’INAC (Interfédération des entreprises du négoce, de l’approvisionnement et de la collecte des productions agricoles), avant de devenir la FNA en 1994. L’objectif de ce nouveau changement de nom : « Aligner la Fédération avec la réalité de son action sur le terrain, renforcer sa visibilité et fédérer ses acteurs autour d’un cap commun ». Pour rappel, NégoA, présidé par Antoine Pissier (dirigeant de la société éponyme basée dans le Loir-et-Cher) regroupe 300 entreprises du négoce agricole, représentatif des entreprises patrimoniales de commerce de grains et de distribution d’approvisionnement en France.
Céréales : un marché très indécis en 2025, selon le Cercle Cyclope
Le 39e rapport, paru le 13 mai, de la société d’études Cercle Cyclope, présidée par Philippe Chalmin, insiste sur l’instabilité et l’imprévisibilité régnant sur les marchés des matières premières, incluant les grains. Le principal responsable de ce constat est le nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump. C'est la raison pour laquelle l’ouvrage est intitulé « le piétinement sourd des légions en marche », en référence aux guerres commerciales provoquées par le président états-unien, adepte de la manière forte pour parvenir à ses fins. Le document rappelle que ses différentes déclarations et actions, notamment en matière de tarifs douaniers, ont engendré une forte volatilité des prix qui risque de perdurer. Bien entendu, les guerres au sens propre, notamment celle entre la Russie et l'Ukraine, ajoutent à l’instabilité ambiante. Toutefois, le rapport rappelle par exemple que, malgré le conflit, les exportations de céréales ont pu se faire presque sans encombre, démontrant la résilience des marchés. Malgré la confusion régnante, le Cercle Cyclope ne croit guère en un retournement majeur du marché des grains (à moins d’un incident exceptionnel), en raison notamment de la baisse de la consommation chinoise. De plus, « on ne peut exclure l’hypothèse d’un arrêt du conflit ukrainien et donc d’un assouplissement voire d’une annulation des sanctions qui pèsent sur la Russie », peut-on lire dans le rapport.
Blé dur/pâtes : Alpina Savoie vise une production sans résidu de pesticides fin 2025
Le pastier Alpina Savoie a commencé à basculer la majeure partie de sa production en « zéro résidu de pesticides », rapporte le quotidien Les Echos le 15 mai (article payant). Cet objectif, pour la fin d’année, porte sur les petites pâtes (avoine, vermicelles, alphabets, perles…) qui représentent 80 % de sa production. Le reste de ses gammes est très avancé en bio, segment sur lequel la marque était pionnière dès 2010. « Nous continuons de croire à fond au bio » indique le président d'Alpina Savoie, Nicolas Guize. « Mais, avec ce nouvel engagement, nous franchissons un nouveau cap vers des produits plus sains. C'est une garantie pour les consommateurs ». Aujourd’hui, les pâtes bio représentent 15 % des ventes du pastier savoyard, contre plus de 20 % avant la crise du marché bio. Si Alpina Savoie a limité la casse en réussissant à « gérer les excès de production » en agriculture biologique, elle veut séduire les consommateurs sur le créneau du zéro résidu de pesticides, notamment les jeunes générations.
Grandes cultures/pluies: incendies en séchoirs à grain en forte hausse en 2024
Le nombre d’accidents dans les séchoirs à grains est « en très forte augmentation » en 2024, année très pluvieuse, a indiqué le ministère de la Transition écologique lors d’un brief à la presse le 16 mai. « On est a plus de 40 accidents », principalement des incendies, « donc un chiffre multiplié par 8 ou 10 » par rapport aux années précédentes. Ce constat, fait dans le cadre du bilan de l’inspection des installations classées pour l’environnement (ICPE), est lié aux conditions pluvieuses de l’année rendant le grain plus humide. « Les séchoirs (…) ont souvent été poussés trop fort, ou dans des conditions mal maîtrisées, ou un peu hâtivement », a expliqué le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Les feux de séchoirs ont concerné essentiellement le tournesol et le maïs. D’autre part, le ministère a indiqué que Lactalis (lait) et Yara (engrais) sont en bonne voie de quitter la liste nationale des sites industriels soumis à vigilance renforcée en 2025, car leur plan d’actions pour entrer en conformité « progresse » mais il reste quelques échéances. Yara doit se mettre en règle sur son site à Montoir de Bretagne (Loire-Atlantique), et Lactalis à Lons-le-Saunier (Jura), sur certains « risques potentiels et non-conformité des rejets dans l’air ou l’eau ».
Pommes de terre : le CNIPT va réduire le droit de vote de la FCD et de Saveurs Commerce
L'interprofession de la pomme de terre de consommation (CNIPT) va priver les associations membres de son secteur « Commerce aux consommateurs » de leurs droits de vote sur les questions financières et budgétaires de l’organisation, et ce à partir du 1er août. Les organisations concernées sont la FCD (grande distribution) et Saveurs Commerce (commerçants de fruits et légumes). Elles gardent toutefois leurs voix sur les autres sujets, notamment techniques. « En aucun cas nous ne voulons exclure qui que ce soit », témoigne la directrice du CNIPT, Florence Rossillion, auprès d’Agra Presse. La dirigeante rappelle que, pour que l’accord interprofessionnel puisse être étendu à l’adoption d’une cotisation, « il faut représenter au moins les deux tiers de la profession à chaque maillon de la filière ». Dans le cas du commerce de pommes de terre auprès des consommateurs, le CNIPT n’est pas représentatif, du fait de l’absence de la FCA (Fédération du commerce coopératif et associé). Il est rappelé que cette association a refusé de rejoindre l'interprofession pour éviter de contribuer financièrement aux actions interprofessionnelles. Si un secteur n’est pas représentatif, ses membres peuvent contribuer volontairement, ce qui les désavantage financièrement par rapport à leurs confrères. Dans cette situation, le CNIPT a pris des mesures pour restreindre les droits de vote de ceux qui ne financent pas, « ce que chacun peut comprendre », commente la dirigeante.
Pommes de terre : Xavier Gasgnon (Coordination rurale) élu au bureau du CNIPT
Xavier Gasgnon, administrateur régional d'Interfel au nom de la Coordination rurale, est élu membre du bureau du CNIPT (interprofession de la pomme de terre de consommation). Cette élection a été permise par les modifications des statuts de l’interprofession entreprises lors de son assemblée générale extraordinaire du 14 mai. Le syndicat peut donc désormais participer à l’organe exécutif, alors qu’il ne siégeait auparavant qu’au conseil d’administration. Céréalier à Sceaux-en-Gâtinais, Xavier Gasgnon est par ailleurs secrétaire général de la CR 45 (Loiret).
Maïs : l’AGPM moins pessimiste que le ministère au sujet de la baisse de la sole 2025
Contactée par Agra Presse, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) table sur une baisse de la sole française de maïs grain 2025 moins importante qu’attendu par les services statistiques du ministère de l’agriculture (Agreste). « Nous tablons sur une baisse de 2 % à 5 % environ entre 2024 et 2025, sachant que 2024 avait été exceptionnelle. Nous devrions tout de même obtenir une surface supérieure à celle de 2023 », témoigne Franck Laborde, son président. Pour rappel, Agreste table, dans son dernier rapport mensuel publié le 13 mai, sur un recul annuel de 8,2 %, à 1,41 Mha. Les prévisions doivent encore s’affiner, les semis n’étant pas totalement terminés ; ils sont faits à 90 % au 12 mai, d'après Céré’Obs. Le président de l’AGPM précise que les travaux d’emblavement se déroulent à un rythme « normal », après les conditions très difficiles de 2024. Il confirme que les attentes de recul d’assolement s’expliquent par les meilleures conditions de semis d’hiver, engendrant une baisse des reports de cultures d’hiver vers celles de printemps. « Les rendements en 2023 et 2024 ont été bons », ce qui a pu encourager les céréaliers à retenter l’expérience en maïs, ajoute Franck Laborde. En revanche, les prix sont jugés actuellement bas, constituant « une inquiétude ». « Le contexte internationale n’est guère favorable », déplore-t-il.
Cerises : la production française pourrait augmenter de 6 % en 2025 (Agreste)
La production française de cerises pour la campagne 2025 est attendue en hausse de 6 % sur un an, indique une note d’Agreste (ministère de l'Agriculture ) publiée le 14 mai, soit +15 % par rapport à la moyenne 2020-2024. À l’échelle des régions, une augmentation de 19 % sur un an est prévue en Occitanie, malgré une légère baisse des surfaces en production (-1 %). Plus précisément, dans le Roussillon, on s’attend à un « net rebond, après un long épisode de sécheresse et la très faible récolte 2024 », tandis qu’en vallée de la Garonne, « le gel sur variétés précoces n’aurait pas de conséquence sur le niveau de production ». En Auvergne-Rhône-Alpes, « la floraison, en retard d’une semaine par rapport à 2024, s’est bien déroulée et la charge des arbres est satisfaisante » ; aussi les auteurs tablent-ils sur une croissance de 5 % sur un an, malgré une baisse des surfaces de 4 %. En Paca, la production est prévue stable, avec une baisse des surfaces de 1 %. « Dans les principaux pays producteurs, en Espagne et en Turquie, des pertes sont signalées pour la récolte 2025 », ajoutent les auteurs, précisant que les prévisions françaises peuvent évoluer selon « les évènements météorologiques ou sanitaires », d’autant que la cerise est « un fruit particulièrement fragile ».
Eau : 21 bassines en Charente-Maritime validées par le Conseil d’Etat
Le Conseil d’Etat a validé la construction de 21 réserves de substitution en Charente-Maritime, ou « méga-bassines », par une décision du 30 avril, soit un stockage de 5 millions de mètres cubes d’eau dans le bassin de la Boutonne. Cela doit bénéficier à environ 120 exploitants agricoles dont 67 qui seront directement raccordés aux ouvrages. La procédure avait démarré il y a sept ans : en septembre 2018, un arrêté du préfet de la Charente-Maritime a autorisé le Syres 17 (Syndicat mixte des réserves de substitution de la Charente-Maritime) à créer et à exploiter 21 réserves de substitution sur le bassin de la Boutonne, ainsi qu’à réhabiliter une réserve existante. En février 2021, le tribunal administratif de Poitiers a annulé cet arrêté tandis qu’en mai 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé le jugement poitevin. C’est cette décision bordelaise que les associations Nature environnement 17 (FN17), SOS Rivières et environnement et la LPO souhaitaient faire annuler par le Conseil d’Etat, qui a donc rejeté leur demande. Les premiers chantiers devraient débuter « l’an prochain », selon nos confrères de La France Agricole, pour un coût total estimé à « 32 millions d’euros dont 80% d’argent public », d’après l’association FN17 citée par Reporterre.
Bassines : deux militants de la Conf’ convoqués à la gendarmerie dans la Vienne
La Confédération paysanne de la Vienne et celle des Deux-Sèvres ont dénoncé « une répression syndicale », dans un communiqué du 13 mai, alors que deux de leurs membres ont été convoqués à la gendarmerie de Vivonne (Vienne) le 16 mai, « très probablement suite à leur participation à la mobilisation du 16 novembre 2024 à Saint-Sauvant (Vienne), contre la construction de la bassine SEV14 ». Le syndicat s’était en effet mobilisé « pacifiquement » contre ce projet qui, selon eux, « menaçait l’équilibre hydrique local et la survie de l’outarde canepetière », un oiseau sauvage. Pour rappel, l’autorisation avait ensuite été déclarée illégale et suspendue par la cour administrative d’appel de Bordeaux le 18 décembre 2024, au motif qu’elle ne comporte pas de dérogation « espèces protégées » ; cette décision valait aussi pour les réserves de Sainte-Soline (SEV15), Messé (SEV24) et Mougon (SEV26). Le matin de la convocation, le 16 mai, un rassemblement de soutien a eu lieu devant la gendarmerie, avec « une quarantaine de personnes » selon le média La Nouvelle République. Pour le syndicat, d'après le même communiqué, cette « criminalisation » des manifestants « vise à maintenir toutes les résistances dans le silence et à décourager toute critique du modèle dominant ».
Retraites : trois militants de la Conf’ condamnés après une opération péage gratuit en Aveyron
À la suite d'une opération « péage gratuit » au viaduc de Millau (Aveyron) en mars 2023, dans le cadre des mobilisations contre la réforme des retraites, trois militants de la Confédération paysanne, Éric Darley, Francis Roux et Christian Roqueirol, ont été condamnés le 15 mai à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal de proximité de Millau. Ils ont été reconnus coupables de rébellion en réunion, mais pas de dégradations matérielles, et devront verser « 500 euros pour réparation du préjudice moral à quatre gendarmes », d'après Midi Libre (article payant). À la sortie du tribunal, face aux médias, ils ont exprimé leurs sentiments de colère et d’injustice, leur action de 2023 étant à leurs yeux certes illégale, mais non-violente. « Nous sommes cinq à avoir eu 60 jours d’ITT au total » (incapacité temporaire de travail), ont-ils déclaré à La Dépêche, « nous avons tous porté plainte » et « à ce jour, nous n’avons pas de nouvelles ». Ils ont pointé que, « les gendarmes, eux, n’ont pas eu d’ITT ». Les condamnés feront appel. Pour mémoire, la manifestation litigieuse a réuni une cinquantaine de personnes et elle consistait, classiquement, à relever les barrières du péage pour laisser passer gratuitement les automobilistes. L’intervention des forces de l’ordre a été décrite comme violente notamment par le média Reporterre.
Faim dans le monde : nouvelle progression de l’insécurité alimentaire en 2024
Pour la sixième année consécutive, 2024 a vu l’insécurité alimentaire et la malnutrition infantile aiguës une nouvelle fois progresser, avec une augmentation de 13,7 millions de personnes par rapport à 2023. C’est le constat alarmant fait par les auteurs du rapport mondial sur les crises alimentaires publié le 16 mai. Dans le détail, 295,3 millions de personnes dans 53 pays et territoires ont été en situation de faim aiguë, s’établissant à 22,6 pour cent de la population évaluée. Le rapport précise qu’il s’agit de la cinquième année consécutive où le seuil de 20 % est dépassé. Parmi ce total, 1,9 million de personnes étaient au bord de la famine en 2024, plus du double par rapport à l’année précédente et un nombre record depuis le lancement de ce rapport annuel en 2016. Les auteurs mettent en avant les conflits armés comme principale raison expliquant cette évolution. Ainsi, plus de 95% de ces personnes se trouvaient en Palestine, dans la bande de Gaza, et au Soudan. La publication de se rapport se fait dans un contexte baisse des financements humanitaires. Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, « c’est plus qu’un échec des systèmes - c’est un échec de l’humanité ».
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 19 mai 2025
Jeudi 22 mai
Le Sénat auditionne l’Agence bio en commission d’enquête sur les agences de l'État