Pac : les ministres de l’Agriculture de l'UE jugent les ajustements de Bruxelles « insuffisants »
Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 17 novembre à Bruxelles, n’ont pas semblé convaincus par les récents ajustements proposés par la Commission européenne pour le futur budget de la Pac. Un « signe d’ouverture positif, mais insuffisant », a résumé le ministre espagnol Luis Planas. L’Italie a présenté un document, soutenu par une douzaine d’États membres, dans lequel elle plaide pour que la prochaine Pac s’inscrive dans la « continuité » de l’actuelle, avec l’objectif de la « simplifier progressivement ». « Ce n’est pas le moment de désorganiser la Pac qui a fait ses preuves » en proposant « des ruptures trop brutales », a confirmé la française Annie Genevard. Il est, selon elle, « impossible d’accepter un budget en baisse » ainsi que la fusion dans un fonds unique. Comme elle, un certain nombre de ministres refusent de commencer à négocier la Pac tant que ces questions budgétaires ne seront pas réglées. Mais le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen estime, au contraire, avoir répondu aux inquiétudes des États membres. Il considère disposer désormais d’une « base solide pour avancer ». « Je n’ai pas d’autres cartes dans ma manche. Le dossier est désormais entre les mains des colégislateurs », a-t-il conclu. Le cadre financier pluriannuel 2028-2034 fera l’objet d’une première discussion entre les chefs d’État et de gouvernement de l’UE lors de leur sommet des 18 et 19 décembre.
Pac : dégressivité et plafonnement loin de faire l’unanimité chez les ministres de l’Agriculture de l’UE
De nombreux ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 17 novembre à Bruxelles, ont exprimé leur scepticisme quant au dispositif de dégressivité et de plafonnement des soutiens proposé par la Commission européenne pour la future Pac post-2027. Dans sa proposition, elle prévoit que les soutiens à l’hectare soient réduits de 25 % à partir de 20 000 € ; de 50 % entre 50 000 et 75 000 € ; de 75 % à partir de 75 000 € jusqu’à un plafond maximal de 100 000 €. Une douzaine d’États membres*, dont la France, se sont inquiétés, à des degrés divers, ce dispositif. « Ce n’est qu’un petit pourcentage de fermes qui seraient touchées, mais ce sont aussi les exploitations qui produisent le plus », a souligné l’Irlande. Même son de cloche du côté de la France, qui s’interroge sur la pertinence de cibler les soutiens selon un critère de revenu. « La Pac est une politique productive, pas sociale », estime Annie Genevard. Pour le Luxembourg, le système de dégressivité devrait au moins ne pas s’appliquer aux jeunes agriculteurs. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, défend pourtant sa proposition : « L’argent récupéré dans le cadre de la dégressivité ou du plafonnement restera de toute façon dans les États membres pour mieux soutenir les investissements, les mesures environnementales ou les zones à handicap naturel. Vers ceux qui en ont le plus besoin », justifie-t-il.
* France, Allemagne, Finlande, Irlande, Suède, Pologne, Lituanie, Croatie, Slovaquie, Autriche, République tchèque et Estonie
UE-Mercosur : Paris réclame une autorité indépendante européenne de contrôle
En marge de la réunion du Conseil Agriculture du 17 novembre à Bruxelles, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a une nouvelle fois rappelé les exigences françaises quant à la ratification de l’accord commercial UE-Mercosur, alors que les déclarations de l’exécutif ont pu apparaître ambivalentes ces dernières semaines. Outre l’obtention de « garanties très solides » sur l’applicabilité des mesures de sauvegarde et la réciprocité des normes, la ministre a réclamé la création d’une autorité indépendante européenne en matière de contrôle aux frontières. « Toutes les règles du monde ne valent que si on peut véritablement les contrôler. Et ça, c'est un immense problème », a-t-elle indiqué. Pour justifier sa demande, elle a notamment évoqué le blocage aux frontières de l’UE « la semaine dernière » d’une cargaison de 40 t de bœuf en provenance du Brésil « traité avec des médicaments interdits en France » grâce à un signalement en amont des autorités brésiliennes. « Que se serait-il passé si les Brésiliens ne l'avaient pas signalé ? », s’est-elle interrogée, avant d’ajouter : « Y aurait-il eu un contrôle suffisant pour retenir ces 40 tonnes de viande de bœuf ? » De son côté, la Commission européenne se montre plus prudente, estimant avoir déjà répondu à ces préoccupations via les mesures de sauvegarde renforcées ou la publication à venir de l'omnibus sur la sécurité alimentaire.
Betterave : Südzucker veut réduire la sole en Allemagne et Belgique, craintes en France
Selon un article publié le 14 novembre (article payant) par La France agricole, le sucrier Südzucker et l’association des producteurs de betteraves sucrières du sud de l’Allemagne proposent aux producteurs locaux, via une lettre du 11 novembre, de réduire considérablement leurs surfaces de betteraves pour 2026, déjà contractualisées. Pour se justifier, le sucrier allemand évoque l’urgence d’enrayer la chute des prix du sucre, conséquence d’un excédent d’offre sur le marché européen. En contrepartie, une prime de 10 €/t pour la quantité correspondante de betteraves contractuelles livrées en 2027 (pour une teneur en sucre de 16 %) leur sera attribuée. En Belgique, la CBB (producteurs) indique dans un communiqué que « la raffinerie de sucre de Tirlemont (appartenant à Südzucker, NDLR) propose une réduction de 25 % des surfaces cultivées » pour 2026. Le syndicat dénonce une annonce tardive, perturbant « considérablement la planification des cultures », et pénalisant le revenu des betteraviers. En France, Südzucker détient Saint Louis Sucre. Contactée par Agra Presse, l'entité française indique que des négociations sont en cours avec la commission de répartition de la valeur, sans en préciser la teneur.
Céréales : l’USDA relève encore ses prévisions de production mondiale
Après six semaines de « shutdown », les publications mensuelles du département américain de l’Agriculture (USDA) ont repris le 14 novembre. La production mondiale de grains a été revue à la hausse. Néanmoins, le ministère précise que les chiffres sont à prendre avec des pincettes, les données s’avérant « limitées » face aux difficultés de collecte provoquées par le « shutdown ». Dans le détail, la production planétaire de grains pour 2025-2026 est attendue à 2 945 Mt dans le dernier rapport mensuel, contre 2 930 Mt dans celui de septembre, et 2 853 Mt en 2024-2025. Naturellement, les stocks prévisionnels de fin de campagne ont été relevés d’un mois sur l’autre, passant de 761,3 Mt à 768,9 Mt (770 Mt en 2024-2025). La hausse est essentiellement portée par le blé, dont la production est estimée à 828,9 Mt en novembre, contre 816,2 Mt en septembre. Les projections ont été relevées au Kazakhstan, en Australie, au Canada, en Russie, dans l’UE, en Argentine et aux États-Unis. En maïs, elle est maintenue à environ 1 286 Mt. En soja, elle est révisée en légère baisse, passant de 425,9 Mt à 421,7 Mt. À la suite de la publication du rapport, les prix sur Euronext ont reculé, que ce soit en blé, en maïs ou en colza (très corrélé au soja états-unien à Chicago).
Pesticides interdits/PFAS : des manifestants bloquent une usine de BASF
Plusieurs centaines de manifestants ont bloqué le 17 novembre au matin l'usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-et-Maritime), pour dénoncer la production de pesticides et des rejets de polluants éternels dans l'environnement, a constaté un journaliste de l'AFP. Les manifestants affirmaient être environ 500 agriculteurs et citoyens. Au moins une quinzaine de militants ont réussi à s'introduire dans l'enceinte de l'usine après avoir découpé le grillage, tandis que sept tracteurs et des amas de terre interdisaient le passage à six poids lourds bloqués devant l'entrée, selon l'AFP. « Des intrusions, des dégradations de matériels, des comportements pouvant porter atteinte à la sécurité du site et des attitudes d'intimidation à l'égard des personnels ont été constatés », a dénoncé la direction de BASF France. Si l’action a été rapidement contenue, le groupe a annoncé son intention de déposer plainte. L'usine « respecte les réglementations », ajoute-t-il, affirmant qu'un plan a permis « une réduction de 85 % des émissions de TFA » depuis janvier. Plusieurs organisations (Confédération paysanne, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest (CSVPO), Cancer Colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre) ont décrit cette opération comme une « inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de fipronil », expliquent-ils dans un communiqué.
Influenza aviaire : Genevard annonce 4 M€ d’indemnisations économiques
La ministre de l’Agriculture a annoncé le 17 novembre une « aide économique aux éleveurs de volailles affectés par l’épizootie d’influenza aviaire » lors de la campagne 2024-2025, dotée d’un « budget maximal de 4 M€ ». Ces indemnisations économiques visent à « compenser les pertes liées à l’arrêt de production dans les exploitations situées en zones réglementées, en raison des interdictions de mise en place et de mouvements de volailles », rappelle le ministère dans un communiqué. Cette aide ne concerne donc pas les élevages foyers, qui perçoivent des indemnisations sanitaires visant à compenser les abattages sur ordre de l’administration. Concernant les indemnisations économiques – que les éleveurs pourront demander « prochainement » via le site de FranceAgriMer –, les pertes « seront indemnisées à hauteur de 90 %. Lors de la campagne 2024-2025 (du 1er août 2024 au 31 juillet 2025), la France a connu 15 foyers d’influenza aviaire, chacun étant entouré d’une zone réglementée de 10 km. Concernant la campagne en cours (2025-2026), démarrée le 1er août, l’Hexagone compte déjà 15 foyers en élevage – dont une dizaine en Vendée, important bassin avicole. Le ministère a placé l’ensemble du territoire métropolitain en risque « élevé » le 22 octobre.
Eau/élevage : une commune retoque un nouveau poulailler pour préserver son accès à l'eau
Le tribunal administratif de Dijon a rejeté, le 13 novembre, le recours du porteur d’un projet de poulailler industriel, qui contestait le refus de permis de construire opposé par la maire de Saint-Brancher (Yonne) en 2023, rapporte Arnaud Gossement, avocat spécialiste des questions environnementales, sur LinkedIn. La maire avait motivé sa décision en raison des effets délétères que le projet aurait eu sur la ressource en eau, précisant que ce risque doit tenir compte du changement climatique. Le tribunal administratif de Dijon a confirmé qu’une commune peut refuser une autorisation d’urbanisme lorsqu’un projet met en péril l’alimentation en eau potable, en tenant compte des besoins en eau de la population, mais aussi du changement climatique. « Il est très intéressant de relever que le tribunal administratif ne se fonde pas uniquement sur des données actuelles et passées, mais aussi sur des projections relatives à l’évolution de cette ressource en eau dans un contexte marqué par le changement climatique », souligne le cabinet Gossement avocats. Le jugement s’appuie en effet sur l’étude du Parc naturel régional du Morvan, qui prévoit une baisse possible de la ressource en eau de 30 % d’ici 2050. Selon cette étude, en cas de débit inférieur à 70 m3 par jour, les prélèvements dans le réservoir du réseau public pour abreuver une bande de volailles en fin de cycle de croissance seraient supérieurs de 5 m3 par jour au débit des sources qui l’alimentent.
Œufs/viennoiseries : la Fournée dorée finance cinq bâtiments d'élevage au sol
La Fournée dorée, troisième marque française de viennoiseries, a conclu un contrat qui « comprend, pour 2026 et 2027, le financement de la construction de cinq bâtiments d’élevage de poules au sol », selon un communiqué. Ce contrat tripartite implique cinq éleveurs installés en Vendée et une casserie, pour un montant d’investissement « entre 5 et 10 M€ », apprend-on dans Les Echos (article payant). « Les premiers œufs devraient arriver à l'été 2027 », précise le quotidien économique. Ils seront labellisés « Agri-Éthique », la marque de viennoiseries ayant récemment basculé l’ensemble de sa gamme dans ce label de commerce équitable (pour le blé et les œufs). L’objectif de l’industriel : assurer son approvisionnement sur un marché de l’œuf soumis à des tensions persistantes. « Tous les ans depuis 2021, nous rencontrons des difficultés d'approvisionnements », souligne le responsable des achats Guillaume Loste, auprès des Echos. « Depuis novembre, d'une semaine sur l'autre, nous ne sommes pas sûrs d'avoir des œufs. Ça donne lieu à un bras de fer avec les fournisseurs. » En raison de la transition vers les systèmes alternatifs à la cage (moins productifs), l’offre en œufs français peine à satisfaire la demande croissante, constate Les Marchés. Et côté importations, l’Allemagne et l’Espagne sont aux prises avec l‘influenza aviaire.
Insectes : Entoinnov installe ses bioréacteurs dans une ferme pilote
Le producteur d’insectes Entoinnov va installer en janvier 2026 ses bioréacteurs dans une première ferme pilote en Meurthe-et-Moselle, a-t-il indiqué le 17 novembre. « Dix bioréacteurs que nous avons mis au point et brevetés vont être installés chez un agriculteur céréalier afin d’élever des larves de vers de farine », explique Fayçal Ounnas, p.-d.g. d’Entoinnov. La société fournit les œufs et les bioréacteurs, des appareils dérivés de mélangeuses pour l’aliment animal. À charge pour l’agriculteur d’alimenter les larves, qui sont ensuite récupérées par Entoinnov pour être transformées en farine. La société possède un site de production de 2 000 m2 à Épinal (Vosges) pour effectuer cette tâche. Le premier agriculteur partenaire obtiendra un revenu mensuel d’environ 4 000 € pour 7 h de travail par semaine, selon Entoinnov. Il assure à ses propres frais l’alimentation des larves en coproduits céréaliers de sa ferme et récupère les déjections qui lui servent d’engrais sous forme de frass. Entoinnov a levé 1,5 M€ en 2023 et compte recruter d'autres agriculteurs. Fayçal Ounnas estime que cette organisation de la production permet une montée en charge graduelle, proche du modèle développé par d’autres opérateurs tels qu’Invers ou La Compagnie des insectes.
Tomme de Savoie : le programme sur les souches autochtones dans sa dernière ligne droite
Le programme scientifique So’Diff visant à renforcer la typicité de la tomme de Savoie IGP en identifiant des souches autochtones approche de son terme, annonce Savoicime, qui regroupe les IGP tomme, emmental et raclette, trois spécialités savoyardes. « La fin officielle du volet scientifique est prévue pour février 2026, avec une montée en puissance progressive des essais jusqu’à la fin de l’année 2025. Les premières tommes de Savoie élaborées avec ces souches différenciantes pourront être dégustées courant 2026 après confirmation, en conditions réelles, de l’intérêt de chacune des souches », peut-on lire dans un communiqué. Les essais avec neuf premières souches sélectionnées débutent actuellement. Ils sont réalisés par un panel de producteurs pour évaluer leur comportement en cave et mesurer leur contribution au goût final. Ces souches sont issues d’une collection de 180 souches autochtones, recensées et conservées par la filière tomme de Savoie depuis les années 1990. Des fournisseurs sont en cours d’identification pour produire ces souches autochtones. So’Diff a été lancé il y a trois ans, avec la collaboration de l’institut technique Actalia, de l’École nationale des industries du lait et des viandes (ENILV) et de l’université de Caen.
Vin : enquêtes après des dégradations en marge de la manifestation à Béziers
Des enquêtes ont été ouvertes après des dégradations notamment dans un supermarché et contre un négociant en vin en marge d'une manifestation le 15 novembre à Béziers, a indiqué le procureur. Un magasin Lidl a été dégradé et saccagé, selon la préfecture de l'Hérault. « Il s'agit de viticulteurs sur le chemin du retour de la manifestation », a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Béziers. « Nous ne vendons plus de vins espagnols depuis une bonne année sur l'ensemble du territoire de l'Occitanie. Les dégâts sont considérables, mais nous faisons tout pour rouvrir au plus vite », a déclaré une représentante de la direction nationale de Lidl France. Plus tard dans la nuit, vers 23h, des individus ont forcé les portes de l'entreprise Divipro, négociant en vin, à Nissan-lez-Ensérune. Vingt-six cuves contenant du vin ont été ouvertes et déversées, soit 3 000 hl, selon le procureur. « Nous condamnons les dégradations mais on les comprend aussi, surtout pour ce négociant dont tout le monde sait qu'il achète le vin très bas », a réagi auprès de l'AFP le porte-parole de la FDSEA de l'Hérault, Jean-Pascal Pelagatti. « En revanche, cette action à Lidl est regrettable, car elle touche au grand public », selon lui.
Fraises/framboises : l’AOPn dévoile ses chantiers pour 2026
Dans un communiqué de presse du 17 novembre, en prélude à son assemblée générale les 20 et 21 novembre, L’AOPn Fraises Framboises de France annonce le lancement de plusieurs chantiers. La filière confirme le lancement officiel de son réseau national d’observation variétale, destiné à mieux comprendre le comportement des variétés dans différentes conditions de culture afin d’orienter les choix variétaux futurs. L’AOPn a sélectionné 20 variétés à tester. Le maintien de la Gariguette, variété emblématique du patrimoine français, réintégrée au catalogue officiel en mai, commence également à produire ses effets : certains pépiniéristes ont déjà pu se procurer du matériel végétal issu des souches de maintenance de l’AOPn Fraises Framboises de France. La filière entend par ailleurs poursuivre des tests hédoniques auprès d’un panel de consommateurs, pour classer les variétés selon leur goût afin d’orienter les futures productions. L’AOPn annonce aussi vouloir étendre les lâchers de parasitoïdes de pucerons issus de ses élevages à un plus grand nombre de serres, afin de réduire l’usage d’intrants phytosanitaires, après « des résultats très encourageants obtenus en Lot-et-Garonne et en Bretagne ».
Ail : en reprenant Rochias, l’alsacien Colin devient leader de la transformation en Europe
Acteur majeur dans le domaine des épices et des condiments, le groupe alsacien Colin annonce le rachat de l’entreprise Rochias, spécialise de la transformation d’ail, d’oignons et d’échalotes et installée à Issoire (Puy-de-Dôme), rapporte Le Quotidien des entreprises le 12 novembre. La société auvergnate traite en moyenne 3 000 t d’alliacées par an (60 % d’ail, 20 % d’oignons et 20 % d’échalote) à l’intention d’une clientèle professionnelle (200 clients). Depuis 2021, la société travaillait à la relance d’une filière de production d’ail en Auvergne. La reprise de Rochias, entreprise centenaire, permet au groupe Colin de devenir leader européen de la transformation d’ail avec une capacité de plus de 2 300 tonnes, « un positionnement stratégique sur un marché en forte demande de produits naturels et tracés », souligne Le Quotidien des entreprises. Rochias devrait bénéficier de la force commerciale et logistique du groupe Colin (107 M€ de chiffre d’affaires en 2025), mais la société conservera son identité et son savoir-faire. De son côté, « Colin étend son maillage territorial, renforce sa proximité avec les producteurs français et consolide sa position sur le marché européen ».
Légumes : neuf Français sur dix n’en consomment pas assez, le transformé fait mieux
Selon les résultats de l’étude Nutrimétrie menée pour l’Unilet (interprofession des légumes en conserve et surgelés), neuf Français sur dix ne consommeraient toujours pas assez de légumes. En 2024, la consommation moyenne de légumes chez les adultes était de 140,6 g/j, bien en deçà des recommandations du PNNS (au moins 400 g/j de fruits et légumes confondus). Si la quasi-totalité des enfants (99,3 %) et des adultes (98,6 %) ont mangé au moins une fois des légumes ou de la soupe lors des trois jours étudiés par Nutrimétrie, la consommation de légumes varie fortement selon le profil socio-démographique. Les plus de 65 ans, les couples sans enfant et les cadres supérieurs mangent le plus de légumes, tandis que les adultes plus jeunes (18-44 ans), les familles monoparentales, les ouvriers et les employés en consomment moins. L’Unilet peut se féliciter en revanche que, selon Nutrimétrie, 17 % des légumes consommés chaque jour par les adultes le sont sous forme transformée (conserve ou surgelés). Une part qui atteint jusqu’à 20 % chez ceux qui atteignent les recommandations. Chez les enfants ayant une consommation moyenne de fruits et légumes (entre trois et cinq portions), les conserves couvrent 15 % des apports. De plus, toutes les catégories socio-professionnelles consomment des conserves et surgelés dans des proportions similaires.
Projets alimentaires territoriaux : nouvel appel à projets, territoires non couverts priorisés
Le ministère de l'Agriculture a annoncé, dans un communiqué le 14 novembre, le lancement de l'appel à projets annuel du Programme national pour l'alimentation (PNA), doté de 1,7 M€ et intitulé, cette année, « Vers la Stratégie nutrition climat (Snanc) ». L'appel à projets financera à nouveau des projets alimentaires territoriaux (PAT), mais aussi des projets « exemplaires ou innovants » à l’échelle nationale ou interrégionale. Du côté des PAT, le ministère indique qu'une priorité sera donnée « aux territoires qui ne sont pas encore couverts par un PAT ». Il précise aussi qu'il veillera à faire appliquer une « approche systémique des enjeux du territoire et sur la cohérence avec les PAT déjà en place sur le territoire ». Concernant les projets d'essaimage de démarches « exemplaires », le ministère demande qu'il porte sur un ou plusieurs des enjeux et des publics suivants : appui au secteurs social, médico-social et petite enfance vers « l'amélioration de l'offre alimentaire » ; mobilisation des « acteurs économiques » vers une « alimentation plus durable, de qualité, favorable à la santé et accessible à tous » ; et évolution de « l’environnement alimentaire des publics les plus vulnérables ou précaires ». La version définitive de la Snanc est toujours en cours d'arbitrage interministériel, indique-t-on à Matignon.
Gîtes ruraux : les députés veulent réduire la fiscalité de la location
Les députés ont décidé, le 17 novembre lors de l’examen du budget, d'exclure les gîtes ruraux de la fiscalité alourdie en 2025 sur les locations de courte durée. Afin de réguler les locations de type Airbnb, dans les zones tendues, le Parlement avait réduit fin 2024 l'abattement fiscal applicable aux meublés de tourisme de 71 % dans la limite de 188 700 € à 50 % dans la limite de 77 700 €. Mais son application produit « des effets de bord importants » pour les propriétaires de gîtes ruraux, « dont l’activité, très majoritairement implantée en zone rurale, ne contribue en rien à la tension du marché locatif », ont plaidé des députés de tous bords. Ces hébergements, « gérés pour l'essentiel par des particuliers ou des exploitants agricoles, constituent au contraire un levier essentiel du développement local », ajoutent-ils. Leurs amendements définissent les gîtes ruraux comme étant « une maison indépendante ou un appartement situé dans un bâtiment comprenant quatre habitations au plus » et n'étant « pas situé sur le territoire d’une métropole ». La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin s'est montrée défavorable, jugeant la définition trop large. « Saint-Jean-de-Luz n'est pas située dans une métropole », a-t-elle fait ainsi remarquer. Elle a jugé difficile de définir ce qu'est un gîte rural.
Nématode du pin : un arrêté impose des mesures de lutte obligatoires en Nouvelle-Aquitaine
Le préfet de Nouvelle-Aquitaine Étienne Guyot a indiqué dans un communiqué le 14 novembre prendre un arrêté dans les 48 heures rendant obligatoires de nouvelles mesures de lutte contre le nématode du pin dans les Landes et les Pyrénées-Orientales. Classé « organisme de quarantaine prioritaire » par la législation européenne, ce ver microscopique a été détecté pour la première fois en France début novembre, à Seignosse (Landes). « Cet arrêté vise à protéger durablement nos forêts et à prévenir toute propagation de cet organisme ravageur », souligne M. Guyot. Pour ce faire, le texte définit une « zone délimitée » de 20,5 km autour des pins contaminés, comprenant une « zone infestée » de 500 m de rayon et une zone de 20 km autour de cette zone infestée (détails sur le site de la Draaf Nouvelle-Aquitaine). À noter qu’elle pourra évoluer en cas de détection d’autres végétaux contaminés. Dans la zone infestée, tous les végétaux sensibles devront être abattus avant le 31 décembre. Dans la zone délimitée, la circulation et la sortie des végétaux sensibles sera interdite, sauf conditions spécifiques prévues dans l’arrêté. Les travaux (abattage, taille, élagage, dessouchage) sur des végétaux sensibles seront, quant à eux, soumis à autorisation de la Draaf (préfecture). En outre, toute suspicion de présence du nématode du pin sur résineux, toute mortalité ou dépérissement brutal de végétaux sensibles devra être signalées à la Draaf.
Entreprises du paysage : les particuliers portent la progression de l’activité en 2024
L’Unep (entreprises du paysage) a dévoilé le 13 novembre son étude biennale sur les chiffres clés de la branche (à fin 2024). Le secteur a assuré un chiffre d’affaires de 8,5 Md€. En deux ans, l’activité a progressé de 10 %, tandis que le nombre d’actifs a augmenté de 3 %. Le chiffre d’affaires a connu une progression de 60 % en une décennie (il était de 5,3 Md€ en 2014). Les travaux de création de jardins et d’espaces verts représentent toujours plus de la moitié du chiffre d’affaires du secteur (56 %), même si leur part recule légèrement par rapport à 2022, au profit des travaux d’entretien (41,5 %). Les particuliers génèrent à eux seuls 49 % du chiffre d’affaires de la profession. Les marchés publics représentent près d’un quart (24,5 %). « Si leur poids relatif recule progressivement, leur volume financier reste en progression, porté par la montée des projets de végétalisation et d’aménagements urbains », souligne l’Unep. Le syndicat souligne aussi le dynamisme du secteur : sur un ensemble de 33 550 entreprises en activité, près de 60 % ont moins de huit ans.
Cotisations sociales : un député LR lance deux critiques, à consolider, au régime agricole
Dans une question au gouvernement parue le 11 novembre, le député Les Républicains (LR) dénonce deux types de « difficultés » rencontrées par « de nombreux assurés agricoles » en matière de cotisations sociales. La première est l'« exigence de cotisation annuelle minimale, y compris lorsque l'activité cesse en cours d'année », « sans possibilité d'ajustement immédiat », ce qui constitue une « inégalité de traitement » avec les travailleurs indépendants. Cependant, dans le régime agricole, il n’y a pas de cotisation la première année, ce qui explique que la MSA demande le règlement des cotisations l’année pleine au moment de la cessation de son activité, rappelle la MSA, interrogée par Agra Presse. L'autre grief : le député estime que les pluriactifs « se voient souvent prélever deux fois des cotisations sociales pour les mêmes risques (maladie, retraite, allocations familiales), sans que leurs droits soient pour autant doublés ». Ces cotisations ne sont pas similaires (ou ne doublonnent pas), mais complémentaires, car ces personnes génèrent des droits en retraite dans les deux régimes (donc cumulables) et elles sont couvertes pour des risques différents en ATMP par exemple, indique la MSA.
Agroalimentaire : Pablo Perversi (Danone) élu président de FoodDrinkEurope
L’association européenne de l’industrie agroalimentaire FoodDrinkEurope a annoncé, le 17 novembre, l’élection, par le conseil d’administration, de l’espagnol Pablo Perversi à la présidence de l'organisation. Président de la zone Europe chez Danone depuis 2023, Pablo Perversi, qui occupait déjà un poste au sein du conseil d’administration de l'organisation, succède ainsi à Henrik Samuelson, ancien vice-président des marques grand public de Paulig, qui avait été nommé en novembre 2024. « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence de FoodDrinkEurope à un moment aussi crucial pour notre secteur », a d’ores et déjà déclaré Pablo Perversi, qui souhaite « bâtir un système alimentaire d’avenir, au service des populations et de la planète ».
Cercles de réflexion : Agriculture Stratégies recrute un directeur des études
Le cercle de réflexion Agriculture Stratégies (ex-Momagri) vient de recruter Jérémy Denieulle, comme directeur des études, annonce ce docteur fraichement diplômé en géopolitique sur LinkedIn. Il remplace numériquement Alessandra Kirsch, qui avait quitté la structure début 2025 alors qu'elle y occupait la fonction de directrice générale, pour rejoindre le CGAAER (ministère de l'Agriculture). Le poste de directeur général est désormais occupé par l'un des associés, indique le président Bernard Ader à Agra Presse. « C’est l’occasion de prolonger mes recherches sur la géopolitique et la géoéconomie agricoles, en contribuant à une réflexion collective sur les transformations de nos systèmes alimentaires », se félicite-t-il. Jérémy Denieulle a récemment soutenu une thèse de géopolitique sur le blé et l'Afrique. Il a aussi réalisé pour l'Iris une étude commandée par l'Ademe sur les aspects géopolitiques des scénarios Transition(s) 2050 pour cinq matières premières agricoles (blé, maïs, volailles, bovins, tomates). En 2024, Agriculture Stratégies avait fixé une nouvelle feuille de route et une nouvelle gouvernance.