Flambée de l'aliment: Avril débloque un fonds de 6 M€ pour soutenir les éleveurs
Le groupe Avril, acteur industriel et financier des huiles et protéines végétales, débloque un fonds de 6 M€ pour soutenir les éleveurs, a-t-il annoncé le 14 avril. «On a le devoir d’accompagner les filières plus en souffrance», a expliqué le directeur général Jean-Philippe Puig. Cela concerne les éleveurs, touchés par le renchérissement des matières premières et qui n’ont «pas encore eu la possibilité d’augmenter leurs prix de vente». A compter du 1er juillet, le groupe, via sa filiale Sanders, leur proposera un dispositif d’aides exceptionnelles, à hauteur de 6 M€, en vue de soutenir l’installation de nouveaux éleveurs et la transmission des élevages, accompagner la modernisation et la durabilité des élevages, optimiser l’accès à la protéine dans la nutrition animale. Avril a les reins suffisamment solides pour cela. Son bénéfice net s'est établi à 150 M€ en 2021, en hausse de 155%, pour un chiffre d'affaires en hausse de 19%, à 6,8 Mrd€. Les activités de première transformation (trituration de la graine et production de tourteaux, huiles raffinées, biocarburants), ainsi que celles dédiées à la production d'ingrédients pour l'industrie (oléochimie notamment) ont été les plus porteuses.
Tournesol : Avril veut doper ses capacités industrielles face à l’essor des cultures
Le groupe Avril prévoit d’augmenter de 300 000 t ses capacités de trituration du tournesol pour répondre à un objectif de hausse des surfaces cultivées en France, a-t-il indiqué le 14 avril. Il s’agit de transformer plus de 1 Mt de graines de tournesol (contre 700 000 t de capacités actuelles) à l’horizon de «deux ou trois ans», a précisé en conférence de presse le directeur général Jean-Philippe Puig. Le projet vise à être proches de l’autosuffisance en huile, sachant que la France importe aujourd’hui plus de 130 000 t par an. Avec 1 Mt de graines triturées, la filiale Saipol valoriserait plus de 50% de la production nationale de tournesol. Avril répond ainsi à l’ambition de la filière de porter ses surfaces à 900 000 ha d’ici à deux ans, soit +30% par rapport à 2021. L’enjeu est structurel, la France étant déficitaire. Cette dépendance vis-à-vis des importations est aggravée par la guerre en Ukraine, un fournisseur incontournable d’huile de tournesol. Il y a donc une dimension conjoncturelle dans l’objectif de 900 000 ha. Environ 800 000 ha sont prévus dès cette année, a indiqué le président Arnaud Rousseau, soulignant les atouts du tournesol, moins onéreux en engrais, en frais de séchage, plus économe en eau.
Ukraine : chute de la production de semence et pénurie en vue dans le pays
L’UFS (semenciers) a alerté le 14 avril sur la chute de la production de semence en Ukraine et ses répercussions «pendant probablement deux ans». La récolte 2022 sera d’«au mieux 50%» des semences nécessaires, a indiqué le président Claude Tabel. Celle de 2023 sera aussi affectée, d’après lui. Les agriculteurs ukrainiens manquent de semences avec l’invasion russe: 75% des volumes ont été livrés à fin mars, d’après ses chiffres. Des incertitudes demeurent sur leur capacité à produire, vu le manque de carburant, de main d’œuvre. Cette situation touche de plein fouet les semenciers français, dont l’activité avec l’Ukraine représente 400 M€ (dont 100 M€ d’exportations). Une enquête de l’UFS chiffre à 20% leur perte de chiffre d’affaires avec l'Ukraine en raison de la guerre. Le secteur réclame l’aide des pouvoirs publics, dans le cadre du plan de résilience. «Il y a besoin de sécuriser la production de semence dès cette année», déclare Claude Tabel. Des agriculteurs s’en détournent, attirés par les prix élevés sur le marché de la consommation. C’est le constat dressé par le vice-président Didier Nury: «depuis quinze jours, trois semaines», des multiplicateurs de semence renoncent à leurs engagements de production.
Ukraine: la guerre accroît les risques au Moyen-Orient, prévient la Banque mondiale
Les pressions inflationnistes, exacerbées par la guerre en Ukraine, accroissent les risques de troubles sociaux et humanitaires dans les pays les plus pauvres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), affirme la Banque mondiale dans un rapport publié le 14 avril. «La hausse des prix des denrées alimentaires pourrait avoir des effets considérables, au-delà de l'augmentation de l'insécurité alimentaire», écrit l'institution dans ses dernières prévisions économiques, soulignant que «historiquement, dans la région MENA, les augmentations des prix du pain ont contribué à davantage de troubles sociaux et de conflits». Dans la région MENA, qui dépend fortement des approvisionnements en blé de la Russie et de l'Ukraine, le conflit va «probablement exacerber les pressions inflationnistes provoquées par la pandémie de Covid-19», souligne le rapport. Selon la Banque mondiale, le taux d'inflation devrait passer de 1,2% en 2021 à 3% cette année dans les riches pays du Golfe producteurs de pétrole. Les pays importateurs, eux, subiront une inflation de 3,7%, contre 1,4% l'an dernier. Pour certains pays importateurs de pétrole, «les subventions alimentaires seront difficiles à maintenir avec des ressources limitées», prévient l'organisation.
Prix du lait : Bel et l’APBO signent un accord sur une revalorisation de 50€/1000l
L’industriel Bel et les producteurs de lait de l’APBO ont signé un accord, le 8 avril, pour augmenter le prix de référence —fixé à 377€/1000l l’automne dernier— de 50€/1000l sur mars-avril-mai et de 45€/1000l de juin à septembre pour l’année 2022, annonce un communiqué du 14 avril. Les deux parties ont également convenu que la revalorisation du prix de référence serait de minimum 35€/1000l pour le quatrième semestre. Ce montant sera renégociable en septembre «en fonction du contexte économique». Cet accord porte le prix de référence 38/32 moyen à 413,25€/1000l au minimum pour l’année. Pour le lait bio, la hausse est de 25€/1000l sur mars-avril-mai, de 22,5€/1000l de juin à septembre et sera de 17,5€/1000l minimum pour le quatrième trimestre. Le prix de référence pour le lait bio s’établira ainsi entre 503 et 495,5€/1000l «en fonction de la période». La renégociation avait été déclenchée début avril en raison de la hausse «exceptionnelle» des charges des éleveurs. Conformément à la loi, le contrat-cadre signé il y cinq ans permet à Bel et à l’APBO de se remettre autour de la table «en fonction d’indicateurs définis». L’APBO annonce, par ailleurs, l’élection d’un nouveau président en la personne de Frédéric Dorilleau, en poste depuis le 1er avril.
Salades en sachet: les fabricants pressent l’aval de revaloriser les tarifs
Le SVFPE, syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l’emploi (salades en sachet, etc…) appelle «de toute urgence» la distribution et la restauration à augmenter leurs tarifs, dans un communiqué le 14 avril. Le syndicat assure que les entreprises produisant des légumes pour la 4e gamme connaissent «de graves difficultés» à cause de la hausse «vertigineuse et généralisée des coûts de production». Une hausse observée «sur toutes les composantes des coûts, tant au niveau agricole qu’industriel», aggravée par la guerre en Ukraine et par «l’accélération des phénomènes météos imprévisibles». Dans l’esprit de la charte d’engagements des industriels et distributeurs, signée le 31 mars dans le cadre d’Egalim 2, le SVFPE adresse trois demandes au maillon aval: «activer les clauses d’indexation quelques soient leurs échéances» ; «rouvrir les négociations y compris lorsque les critères des clauses de révision automatique et de renégociation ne sont pas remplis»; et «prendre en compte les demandes de hausses de coûts sur les marques de distributeurs et les produits destinés à la restauration commerciale et collective».
Influenza : les recommandations de l’Anses sur les enfouissements de cadavres
Dans un avis publié le 14 avril, en pleine crise d'influenza aviaire en Europe, l’Anses recommande de mieux «anticiper et de tester les modalités de gestion» d’enfouissement des cadavres issus d’animaux d’élevage ou de faune sauvage. Parmi les mesures à mettre en œuvre selon l’agence: une identification plus précise des quantités de cadavres pouvant être pris en charge, des incitations pour les élevages «à s’équiper de systèmes permettant de stocker temporairement les cadavres sous couvert du froid», un inventaire par département des sites avec possibilité d’enfouissement, ainsi qu’un protocole de suivi des sites d’enfouissement. Les chercheurs rappellent que «très peu de données sont disponibles» sur la dégradation et la gestion des cadavres en grande quantité ». Les crises actuelles présenteraient selon eux l’occasion de «mener un suivi détaillé et des expérimentations». L’agence alerte par ailleurs les autorités sur le statut de la chaux, dont l'utilisation comme désinfectant est depuis peu soumise à une autorisation de mise en marché (AMM). Une première demande a été déposée pour la désinfection des parcours et des surfaces, qui ne comprend pas l’utilisation sur les cadavres, prévient l'Anses. Sauf demande d’extension, «il ne sera alors plus possible de recourir à la chaux pour cet usage».
Influenza: la CFA demande un «plan de sauvegarde de la génétique»
Après qu'auront été mises en oeuvre les mesures permettant «une reprise sécurisée de la production et une indemnisation à hauteur des pertes» liées à la crise d'influenza, c'est un «plan de sauvegarde génétique» qu'il faudra construire, «avec les pouvoirs publics», pour les «espèces les plus touchées», demandent les aviculteurs de la CFA (FNSEA) dans un communiqué paru le 14 avril. Région particulièrement touchée ces dernières semaines, les Pays de la Loire produisent un tiers des œufs à couver français et près de trois quarts des canetons. 820 foyers ont été détectés ces derniers mois en Vendée et dans les départements limitrophes. La CFA ne chiffre pas encore les conséquences sur les filières d'accouvage et de sélection. «Des centres de génétiques ont été touchés», indique-t-on. Dans la filière oeufs, ce sont 800 000 poulettes qui ont été abattues, dont l’absence retardera les mises en place, rapporte le CNPO (interprofession de l'oeuf). Pour l'heure, la CFA demande une amélioration des indemnisations, avec une «prise en charge des pertes économiques plus importante», dont la durée «doit être adaptée au potentiel de reprise des différentes espèces».
Vin : une chambre d’agriculture s’engage avec un label zéro résidu de pesticides
La chambre d’agriculture de Gironde vient de signer un partenariat avec le collectif Nouveaux champs pour permettre aux viticulteurs qui le souhaitent de s’engager dans la démarche du label Zéro résidu de pesticides (ZRP), a-t-elle indiqué le 13 avril. «Cette initiative est la première venant d’une chambre d’agriculture. Avec leurs conseillers, les chambres sont bien placées pour embarquer les agriculteurs dans ce type de démarche», commente Gilles Bertrandias, président du collectif. Nouveaux champs compte une soixantaine d’adhérents. Il s’agit en général de groupements. La chambre de Gironde propose à chaque viticulteur un accompagnement personnalisé comprenant un diagnostic, un suivi de parcelles, des audits et des analyses des lots, précise-t-elle dans un communiqué. Le label ZRP a été créé en 2018 par le collectif Nouveaux champs, qui se qualifie comme «un mouvement citoyen de producteurs français», à l’initiative d’acteurs de la filière des fruits et légumes du Sud-Ouest.
Imitations végétales de la viande: l'Europe de l'ouest dépasse l'Amérique du nord
Selon le rapport annuel de l'organisation américaine Good food institute (GFI), qui promeut les imitations végétales de la viande, les ventes de ces produits ont progressé de 19% en Europe de l'ouest, pour atteindre 2,3 milliards d'euros. Un chiffre désormais supérieur à celui observé en Amérique du nord (1,9 milliard d'euros), selon ce rapport paru le 14 avril. Et une progression en ligne avec celle observée dans l'Hexagone ; en début d'année, NielsenIQ évaluait à 105 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé en France en grande distribution, soit une progression de 16 % sur un an (entre novembre 2020 et novembre 2021). Le secteur reste très modeste en comparaison de l’industrie française de la viande et préparation à base de viande, qui pèse 32,3 milliards d’euros. Selon GFI, l'Europe de l'est est également dynamique, où les ventes d'imitations végétales progressent de 17%, à 176,6 millions de dollars, citant les chiffres d'Euromonitor. A travers le monde, le chiffre d'affaires des entreprises du secteur progresse de 17% (à 5,15 milliards d'euros). Et déjà plus de 100 entreprises proposent des imitations végétales de viande, selon le décompte de GFI, dont une vingtaine sont apparues en 2021.
Espaces naturels : le décret définissant la «protection forte» publié au JO
Le décret définissant la «protection forte» des espaces naturels, notion prévoyant une protection renforcée de l’environnement, a été publié le 14 avril au Journal officiel. Selon le texte réglementaire, une zone placée sous «protection forte» concerne celle où «les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées», reprenant ainsi la proposition soumise à consultation publique jusque début février. Le décret liste également les zones reconnues automatiquement comme telles, à l’image des cœurs de parcs nationaux ou des réserves biologiques, ainsi que celles qui le deviennent après étude, comme certaines zones humides ou cours d’eau. Jusqu’alors, seulement 1,8% du territoire national était concerné, et 0,2% de l’espace maritime français en Méditerranée. Le président sortant Emmanuel Macron a promis de monter à 5 % d’ici 2027. Pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le décret est une simple «labellisation de l’existant», quand l’ONG Pew estime que la France tente de «diluer la notion».
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