Présidentielle: le Modef appelle à «faire barrage à Le Pen», pas de consigne des autres syndicats
À quelques jours du second tour de l'élection présidentielle 2022, qui opposera Emmanuel Macron (LREM) à Marine Le Pen (RN), le Modef appelle, dans un communiqué paru le 19 avril, à «faire barrage à l'extrême droite», pour «poursuivre la démocratie et la continuité de la vie syndicale». Le plus petit des quatre syndicats agricoles généralistes prévient toutefois «qu’un vote Macron ne vaudrait pas à l’adhésion de son programme ultra-libéral.» Pas de consigne de vote dans les autres centrales agricoles, ni à la Confédération paysanne (Conf'), ni à la Coordination rurale (CR), ni à la FNSEA, ni chez les Jeunes agriculteurs. La Confédération paysanne était toutefois signataire d'un appel de la Ligue des droits de l'homme (LDH) à manifester le 16 avril, avec comme mot d'ordre «contre l’extrême droite et ses idées, pas de Marine Le Pen à l’Élysée». Les signataires souhaitent «empêcher l’avènement d’un projet de société destructeur de l’État de droit, de la république démocratique sociale et solidaire que nous défendons chaque jour». Quant à la FNSEA, sa présidente devrait faire paraître prochainement une tribune portant sur le second tour de la présidentielle, indique-t-on dans son entourage. La position du syndicat majoritaire est à l'ordre du jour du conseil d'administration ce 20 avril. Enfin, pas de prise de position publique sur ce sujet à la Coordination rurale, qui tient à une position «a-partisane» stricte.
Présidentielle: «pas de changement de paradigme» de Macron sur l'écologie
Dans un entretien accordé à Agra presse le 19 avril, Audrey Bourolleau, «coordinatrice» du groupe de travail agricole de la campagne d'Emmanuel Macron, assure qu'«il n’y a pas de changement de paradigme» pour l'agriculture après le discours du président-candidat sur l'écologie à Marseille le 16 avril. «Nous resterons dans la ligne de l’accompagnement des transitions, pas d’interdiction sans solution. Le discours de Marseille pose un enjeu de méthode, celui de la planification pour accompagner tous les secteurs dans les transitions. L’agriculture a un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique par la capacité par exemple de stoker du carbone dans les sols». La directrice du campus Hectar ajoute que «ce qui a été annoncé sur la planification énergétique va aussi bénéficier aux agriculteurs». Si Emmanuel Macron était réélu, des mesures visant les énergies vertes seraient dévoilées lors «des prochains appels à projets qui sont à venir dans des déclinaisons de planification écologique.» Et de conclure: «Les énergies vertes oui, mais cela passera par de la concertation.» Quelques semaines après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) et les gestionnaires des réseaux de gaz (GRDF, GRTgaz, le SPEGNN et Teréga) avaient appelé à «la mise en œuvre immédiate de mesures volontaristes pour accélérer l’essor des gaz renouvelables».
Présidentielle: la loi agricole de Macron se concentrerait sur l'installation et la transmission
Dans un entretien accordé à Agra presse le 19 avril, Audrey Bourolleau, coordinatrice du groupe agriculture et alimentation de la campagne d'Emmanuel Macron, revient sur l'annonce faite par Emmanuel Macron, durant le Salon de l'agriculture, d'une loi «d'orientation et d'avenir agricole». «Cette loi d’avenir porte sur l’installation et la transmission», précise l'ancienne conseillère à l'agriculture de l'Elysée. «L’idée est de mettre en place d’une politique d’installation pour renouveler les générations et installer 20 000 nouveaux agriculteurs par an. Il n’y a pas encore de délimitation précise des contours de la loi. Mais l’idée est d’ouvrir sans tabou, à 360 degrés, l’ensemble des sujets qui puissent servir l’installation. C’est une entrée qui peut toucher aux sujets du foncier, des cédants, des diagnostics carbone…» Sur le contenu, Audrey Bourolleau explique qu'une première piste sera la «simplification» du dispositif: «Sur la politique d’installation, le syndicat Jeunes agriculteurs dit qu’il y a des simplifications à faire pour être plus efficace, pour mieux accompagner les nouveaux entrants. C’est dans cette optique que nous voulons travailler. Nous voulons aussi mettre en œuvre le fonds de portage du foncier qui a été annoncé.»
Viande et lait in-vitro: les Pays-Bas investissent 60 M€, un soutien public d'un niveau inédit
Le gouvernement hollandais a annoncé, le 14 avril, un d'investissement de 60 millions d'euros (M€) pour «soutenir la formation d'un écosystème autour de l'agriculture cellulaire» (viande et produits laitiers in vitro). Mise à disposition d'ici fin 2022 par le Fonds national pour la croissance, cette enveloppe «représente le plus important investissement public au monde dans le secteur de l'agriculture cellulaire», selon Good food institute Europe. Cette première tranche de 60 M€ fait partie d'un plan plus large visant à investir entre 252 et 382 M€ dans l'agriculture cellulaire. Le but? «Stimuler l'éducation à l'agriculture cellulaire, la recherche académique, les infrastructures de changement d'échelle accessibles au public, l'intégration sociétale (y compris chez les agriculteurs et les consommateurs) et l'innovation», selon le consortium Cellular Agriculture Netherlands, à l'origine du programme. Créé en 2021, ce collectif rassemble 12 organisations (universités, ONG et entreprises), dont DSM, Unilever ou encore Mosa Meat. Le plan élargi devrait «générer une augmentation de 10 à 14 milliards d'euros par an pour le PIB hollandais d'ici 2050», estime Cellular Agriculture Netherlands, tout en évitant l'émission de 12 Mt de CO2eq et 100 000 à 130 000 tonnes d'ammoniac.
Corse: début du procès de la famille Rossi pour fraudes aux aides Pac
«Escroquerie en bande organisée» ou simple «négligence» d'une famille fâchée avec l'administratif ? Au premier des trois jours de leur procès devant le tribunal d'Ajaccio, le 19 avril, l'ex-directeur de la chambre d'agriculture de Corse-du-Sud et ses proches ont simplement concédé des «erreurs». Jean-Dominique Rossi, son épouse, ses deux fils et un certain Augustin Gardella, présenté par l'accusation comme ouvrier agricole mais absent pour cause de Covid-19, sont poursuivis jusqu'au 21 avril pour «escroquerie» et «blanchiment aggravé», le tout commis «en bande organisée» entre le 1er janvier 2015 et le 20 novembre 2019. Des fraudes aux aides françaises et européennes d'un montant total estimé à 1,456 million d'euros. Ce procès mettant en cause la famille Rossi a été déclenché par un contrôle anti-fraude, le 13 novembre 2018. Celui-ci avait eu lieu sans prévenir les éleveurs et été mené simultanément sur les cinq exploitations familiales. Aucune bête n'avait pu être présentée aux contrôleurs. Elles étaient encore en estive dans la montagne, avaient alors justifié les propriétaires. La loi prévoit pourtant que les agriculteurs puissent présenter leurs bêtes entre le 15 octobre et le 15 avril. «J'étais en retard», a concédé Béatrice Rossi au tribunal, assurant ne pas être «très rigoureuse» et être «une catastrophe» au niveau administratif.
Méthanisation : une nouvelle plateforme de R&D en Nouvelle Aquitaine
Une plateforme de R&D sur la méthanisation vient de voir le jour près de Pau, sur le site de la station de la maïsiculture, propriété et siège social de l’AGPM (producteurs de maïs français), à Montardon, selon l’organisation. Baptisée Meta plateforme, elle a été inaugurée le 15 avril par la région Nouvelle-Aquitaine. «Avec le postulat de ne pas entrer en compétition avec les cultures alimentaires, Meta plateforme étudiera la production de biomasse non alimentaire et sa transformation en un gaz renouvelable et en digestat». Elle «évaluera comment ce digestat peut améliorer la vie des sols», diminuer le besoin de fertilisant chimique et contribuer à la lutte contre le changement climatique en stockant du carbone. Elle «mesurera aussi les performances économiques» de l’intégration de la méthanisation dans les exploitations. Ce nouveau pôle de compétence sur la méthanisation agricole regroupe d’une part le nouveau plateau technique de l’Apesa (Centre technologique au service des transitions), qui rassemble laboratoires et plateforme expérimentale dédiés à la R&D sur la valorisation de la biomasse, et d’autre part l’unité expérimentale de méthanisation de l’institut technique Arvalis dédiée à la R&D sur les implications agronomiques et technico-économiques de la méthanisation agricole.
Agrivoltaïsme: 15 recommandations «pour préserver l’activité agricole»
La Plateforme verte, association professionnelle dédiée à la transition énergétique créée en 2018, a présenté 15 recommandations «pour un agrivoltaïsme préservant l’activité agricole», à des parlementaires, représentants de la FNSEA, de chambres d’agriculture, de l’Inrae, de syndicats comme le Ser (énergies renouvelables) et de l’Afnor. Elle propose notamment d’élargir les productions agricoles éligibles à l’agrivoltaïsme et la puissance maximale des projets actuellement soutenus au titre de l’innovation (de 3 à 5 MWc - Mégawatt-crètes). Parmi les autres propositions phares : la possibilité de continuer à toucher les aides de la Pac quand on produit de l’électricité solaire tout en respectant les règles de l’agrivoltaïsme. Une mesure proposée limite le montant des loyers versés par les exploitants agrivoltaïques aux propriétaires fonciers, pour éviter que ceux-ci se détournent du bail rural consenti à un fermier. Les dirigeants de la Plateforme verte ont rappelé à cette occasion que la Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de quadrupler l’électricité photovoltaïque d’ici 2028.
Biocontrôle : la Nouvelle-Aquitaine accélère vers la «sortie» des phytos de synthèse en 2030
La région Nouvelle-Aquitaine accélère la «sortie» des pesticides de synthèse en 2030 et la réduction des antibiotiques pour les filières animales, a-t-elle indiqué le 15 avril en lançant une «feuille de route biocontrôle et biosolutions 2022-26». Ce document a été signé avec la Draaf, le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, la chambre d’agriculture, l’école Bordeaux Sciences Agro, le GIE Transition écologique en agriculture, les fédérations de coopératives et de négoces, l’Acta (instituts techniques), Inrae. Il s’agit de fédérer les acteurs, mobiliser la recherche, accompagner les entreprises, déployer les solutions agro-écologiques, d’après un communiqué. Ambition commune pour 2026 : atteindre 18 Mrd € de chiffres d’affaires dans l’industrie des biosolutions en Nouvelle-Aquitaine (soit +25% par an), faire grimper la part des biosolutions à 25% des achats en protection des plantes (contre 13% en 2021). Déjà en 2019, la région avait lancé de premières initiatives en créant le cluster «Biocontrôle et biosolutions pour les filières végétales et animales», ainsi que le projet Vitirev autour d’une filière vitivinicole «plus écologique et innovante, en sortant des pesticides de synthèse».
Clauses miroirs: des mesures applicables sous conditions, selon le think tank Jacques Delors
L'UE peut imposer ses normes, via des clauses miroirs, sur les produits agroalimentaires importés pour des raisons de santé des personnes, des animaux ou des plantes mais il est plus difficile de justifier ces mesures lorsqu'elles concernent le bien-être des animaux ou la protection de l'environnement, estime, dans une analyse publiée le 15 avril, le think tank Europe Jacques Delors. Ce travail, signé par Geneviève Pons (directrice) et Pascal Lamy (vice-président) entre autres, propose une dizaine de principes pour assurer la compatibilité de toute mesure miroir agroalimentaire de l'UE avec le droit commercial international. Parmi elles, le fait que toute mesure miroir ne doit pas être discriminatoire ou équivalente à un protectionnisme déguisé. Les auteurs précisent également que l’imposition de normes aux importations agroalimentaires devrait s'accompagner d'une action correspondante au niveau international avec la création d’un nouveau forum ayant pour objectif de discuter de la durabilité de la production agricole et alimentaire.
Lait: les coopératives demandent des hausses de tarifs entre 15 et 20%
Engrais, énergie, alimentation animale, emballages…Face aux hausses «colossales» des coûts de production et de transformation du lait, la Coopération laitière alerte, le 19 avril, sur la nécessité de faire passer des hausses de tarifs «entre 15 et 20% selon les produits» sur les contrats conclus avec leurs clients et notamment les distributeurs. La répercussion de l’inflation jusqu’au consommateur est nécessaire pour assurer «la solidité des coopératives» et «l’équilibre du revenu des producteurs», estime son président Damien Lacombe auprès d'Agra Presse. Plus largement, l’enjeu est de maintenir la production laitière. «Les producteurs pourraient être tentés d’arrêter l’élevage pour faire des céréales qui sont très bien valorisées aujourd’hui», s'inquiète celui qui est également le président de Sodiaal. Il souligne que les marchés internationaux sont «plus réactifs» à l'inflation que le marché national. Signe pour lui qu'il est temps de sortir d'une logique «déflationniste» qui prend «uniquement» en considération le pouvoir d'achat. Il est encore «trop tôt» pour dire si les distributeurs sont enclins à accepter les hausses demandées. La plupart des coops sont aujourd’hui en discussion avec leurs clients et espèrent parvenir à renégocier les contrats au 1er mai ou, au plus tard, le 1er juin.
Viande bovine: ElvéAOP signe son premier contrat cadre Egalim 2, avec Intermarché
ElvéAOP, association d'organisations de producteurs (AOP) de viande bovine, a annoncé la signature, le 13 avril, de son premier contrat cadre conforme à la loi Egalim 2, avec le groupement Les Mousquetaires. Outre l'AOP, les structures signataires sont Agromousquetaires (via l'abatteur SVA Jean Rozé) et l'enseigne Intermarché. «Ce contrat permet aux éleveurs d’avoir une juste rémunération de leur production, élément important partagé par ces trois parties», précise ElvéAOP dans un communiqué. L'accord concerne «la filière "Un éleveur près de chez vous" et Label rouge», soit «environ 12 000 éleveurs et 600 négociants répartis sur l’ensemble du territoire français». Il s'agit de la mise en conformité d'un précédent contrat cadre conclu en 2018. Officiellement reconnue en tant qu'AOP le 3 février, ElvéAOP regroupe 24 organisations de producteurs non commerciales (OPNC) de toute la France, avec l'objectif d'atteindre 15 000 éleveurs pour un million d'animaux vendus par an (20% de la production française). Cette association a été créée en avril 2021 par Elvéa France, réseau d'OPNC lancé par la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) en 1989.
Gel : l’appel des Cuma à mutualiser les matériels de protection
La Fédération nationale des Cuma (coopératives d'utilisation de matériel agricole) a lancé le 19 avril un appel à «amplifier la création de Cuma pour faire face aux aléas climatiques comme le gel». D’après ses chiffres de 2020, elles sont au nombre de dix «dédiées à l'installation de tours antigels» (pour un total de 189 unités). Sept supplémentaires ont été créées en 2021.» Depuis l'année dernière, et avec le soutien de France Relance, les projets de création de coopératives permettant à plusieurs agriculteurs d'acquérir ensemble des tours antigel se sont multipliés, particulièrement en zone de productions viticoles et fruitières, selon un communiqué. La couverture par ces tours peut être conséquente, comme en Charente où des centaines d'hectares de vignes sont protégées par un réseau de tours antigel.» 140 M€ sont prévus dans le plan France Relance pour l’acquisition d’équipements de protection face aux aléas climatiques. «A l’automne dernier, le doublement du plafond (à 600 000 €) pour les Cuma a accéléré le nombre de projets», signale-t-on à la FNCuma.
Social: Jean-Marie Marx nommé médiateur de la MSA
L’ingénieur agronome au conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) Jean-Marie Marx est médiateur de la Mutualité sociale agricole (MSA) depuis le 1er avril. Il a été nommé à ce poste par le conseil d’administration de la CCMSA, annonce cette dernière dans un communiqué le 19 avril. M. Marx prend la suite de Roland Baud, en poste depuis janvier 2016, pour un mandat de trois ans. Dans le cadre de sa mission, il devra émettre un avis sur les litiges entre les affiliés et leur caisse locale. «Tout assuré ou ayant-droit relevant du régime agricole de protection sociale peut le saisir à titre personnel», rappelle la MSA. M. Marx devra aussi remettre un rapport annuel pour alerter la MSA sur d’éventuelles difficultés d’application de la règlementation et d’exécution de procédures administratives.