Agrafil du 19 mars 2026

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Bien-être animal : Bruxelles prévoit des propositions «secteur par secteur» à partir de fin 2026

Intervenant devant la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, le 18 mars, le commissaire à la Santé Oliver Varhelyi a apporté des précisions sur le calendrier de travail de Bruxelles concernant la révision à venir de la législation sur le bien-être animal. Dans un premier temps, une proposition concernant l’élevage des animaux à fourrure sera présentée dans la prochaines semaine. Puis, le commissaire a «garanti que des premières propositions législatives seraient présentées à la fin de l’année concernant l’élevage en cages» que Bruxelles s’est engagée à progressivement éliminer. «Nous pensons qu’il faut agir au fur et à mesure, secteur par secteur» en trouvant à chaque fois des «solutions pragmatiques avec des périodes de transition adaptées», a précisé Oliver Varhelyi. La Commission européenne a déjà mené une consultation publique et prévoit de ses futurs propositions portent sur la suppression progressive des cages (pour les poules pondeuses, porcs, veaux, poulets de chair, lapins, canards, oies et cailles),l’interdiction du broyage des poussins mâles d’un jour, la mise en place d’indicateurs afin d’harmoniser les règles entre États membres et la possibilité d’imposer des normes de bien-être animal aux produits importés dans l'UE.

Elevage : la Comagri demande des soutiens accrus notamment pour l'innovation et le sanitaire

Alors que la Commission européenne prévoit de présenter avant l’été une stratégie sur l’élevage, la commission de l’Agriculture du Parlement européen a adopté le 18 mars un rapport d’initiative dans lequel elle fixe ses priorités dans cette optique. Les eurodéputés soulignent le rôle stratégique du secteur de l'élevage pour la sécurité alimentaire, les économies rurales et la nutrition. Ils demandent la création d'un groupe de haut niveau sur l'élevage afin d'élaborer des solutions adaptées à la diversité régionale. Les parlementaires insistent sur la nécessité de soutiens renforcés à l’innovation, à la promotion des produits d'élevage de l'UE à l'étranger (étiquetage plus clair, protection des indications géographiques) et aux mesures contre les maladies animales (stratégies coordonnées de vaccination, systèmes de détection précoce et de partage de données, banque de données de vaccination centralisée, dispositifs d'indemnisation des éleveurs). Il souhaitent aussi que des efforts soient faits pour garantir que les normes de l'UE en matière de bien-être animal, de santé et de performance environnementale soient prises en compte dans tous les accords commerciaux. Ce rapport d'initiative doit désormais être adopté lors d'une prochaine plénière à Strasbourg, probablement lors de la session d'avril (27-30).

Lait : les eurodéputés appellent Bruxelles à intervenir sur le marché

Les eurodéputés de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont unanimement appelé la Commission européenne à intervenir sur le marché laitier européen via notamment un programme de réduction volontaire de la production pour faire face à la crise qui se profile. Plusieurs ministres de l’Agriculture (Italie, Hongrie…) ont déjà adressé les mêmes demandes ces derniers mois lors des réunions mensuelles du Conseil. Selon les chiffres de l’observatoire européen du marché laitier, le prix du lait à la ferme dans l’UE a en effet entamé une baisse depuis le mois d’aout 2025. Il se situait en décembre 2025 à 48,15 centimes/kg soit un niveau inférieur de 12 % à celui de décembre 2024. Dans de nombreux pays, les coûts de production sont désormais supérieurs au prix de vente. «La question est toute simple: est-ce que la Commission européenne a l’intention d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard? », résume l’eurodéputé roumain Daniel Buda (PPE). Pour l’instant Bruxelles se contente de surveiller le marché et rappelle qu’en 2016 la programme de réduction de la production avait couté 150 000 millions d’euros. Le Français Éric Sargiacomo (S&D) a par ailleurs demandé l’ouverture d’une enquête de l’Autorité européenne des marché financier (AEMF) pour s’assurer du bon fonctionnement du marché à terme du beurre de l’EEX à Liepzig où, selon lui, la spéculation totalement «déconnectée de la réalité des agents économiques» est en partie responsable de la chute des prix du lait.

Viande : en 2026, toutes les espèces reculeraient dans l’UE, sauf le porc (Commission)

D’après les prévisions de la Commission européenne, publiées le 18 mars, la production de viande de toutes les espèces de ruminants chuterait en 2026, tandis que le porc progresserait. Sur l’ensemble de l’année 2026, la production indigène* de porcs gagnerait 3,2 % en un an, à 235 millions de têtes. Une progression largement due à la croissance dynamique du leader espagnol (+17,3 %), quand celles des autres principaux producteurs resteraient modestes (dans l’ordre, +2,3 % pour le Danemark, +3,5 % pour l’Allemagne, +1 % pour la France). Côté bovins, la production est attendue en baisse de 3,1 %, à 22,9 millions de têtes. Premier producteur européen, la France résisterait mieux que la moyenne, avec une baisse limitée à 1,1 % (à 5,2 millions de têtes). Une estimation proche de celle de l’Institut de l’élevage, qui prévoit un recul de 0,7 % cette année pour la production bovine hexagonale, en volume (téc, et non têtes). Selon les services de la Commission, les productions de petits ruminants (ovins, caprins) subiraient des baisses plus sévères, autour de 15 %. Aucun changement de leader n’est attendu dans ces productions, l’Espagne restant le premier producteur d’ovins et la Grèce n°1 en caprins.
* Abattages - exportations + importations

Œufs/négociation commerciales : les distributeurs ont intégré le coût de l’ovosexage

Les marques d’œufs ont fait accepter aux distributeurs le coût de l’ovosexage au cours des négociations commerciales, a rapporté à Agra Presse le président du Snipo (conditionneurs et transformateurs), Loïc Thomas le 17 mars, ce qui pourrait augurer également une intégration de ce nouveau coût dans les contrats de production sous MDD (marques de distributeurs). Il rappelle que les marques nationales et régionales d’œufs ne représentent que 15 % du marché de l’œuf coquille, mais considère que le bon déroulement des négociations de 2026 ont eu « un effet psychologique important ». Lui-même a bon espoir que le coût de l’ovosexage sera progressivement intégré au cours de l’année lors du renouvellement des contrats des MDD. Il reconnaît que la conjoncture, marquée par le manque d’offre, aussi-bien française qu’européenne, est favorable aux producteurs. Depuis le 1er décembre 2025, le sexage in-ovo, permettant d’éviter l’élimination des poussins mâles, est à la charge des éleveurs, sur décision interprofessionnelle d’octobre dernier. Il était précédemment financé par une cotisation de la grande distribution.

UE/Australie : von der Leyen se rendra en Australie du 23 au 25 mars pour « renforcer les liens »

La Commission européenne a fait savoir, le 18 mars, que sa présidente, Ursula von der Leyen, se rendra en visite officielle en Australie du 23 au 25 mars afin de « renforcer les liens avec un partenaire de confiance et partageant les mêmes valeurs dans la région indo-pacifique » alors que les pourparlers commerciaux semblent entrer dans leur dernière ligne droite. De son côté, le Premier ministre australien, Anthony Albanese a confirmé qu’il rencontrerait la présidente de la Commission européenne, le 24 mars à Canberra. Dans un contexte géopolitique complexe marqué par des tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine, Ursula von der Leyen a fait de la conclusion des discussions avec l’Australie une priorité après avoir finalisé en 2026 celles avec les pays du Mercosur et l’Inde. Mais le sujet agricole demeure un point particulièrement sensible des négociations, notamment l’accès au marché de l’UE pour la viande rouge australienne. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont une nouvelle fois rappelé, le 17 mars, leurs « sérieuses inquiétudes quant à l’équilibre et l’équité du résultat ».

UE/Mercosur : le Paraguay devient le dernier pays du Mercosur à ratifier l’accord commercial

La Chambre des députés du Paraguay a validé à l’unanimité, le 17 mars, l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Après le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay, le Paraguay devient donc le dernier pays signataire du bloc sud-américain à avoir entériné le traité commercial. Le député paraguayen Juan Manuel Añazco a salué un « document historique », soulignant que 93% des exportations du Mercosur entreront en Europe sans payer de droits de douane. L'accord commercial prévoit notamment des avantages spécifiques pour le Paraguay dans le secteur agricole avec des quotas supplémentaires pour la viande porcine, les biocarburants et le sucre biologique. De son côté, la Commission européenne a décidé, le 27 février en plein Salon de l’agriculture à Paris, de procéder à l'application provisoire de l’accord UE-Mercosur, sans attendre l’aval du Parlement européen, qui a sollicité l’avis de la Cour de Justice de l’UE en janvier sur la compatibilité du texte avec les traités européens. En termes de calendrier, l’application provisoire sera effective deux mois après un échange de lettre avec les pays du Mercosur qui ont validé l’accord.

Climat : la justice belge suspend le procès intenté par un agriculteur contre TotalEnergies

Un procès intenté en Belgique à TotalEnergies par un agriculteur reprochant au géant pétrolier sa responsabilité dans le dérèglement climatique a été suspendu le 18 mars, dans l’attente d’une décision du Tribunal judiciaire de Paris, le 25 juin, sur un dossier similaire. TotalEnergies est accusé par des ONG et la Ville de Paris d’avoir manqué à son devoir de vigilance sur les risques environnementaux.  Au cœur du débat : les juges doivent déterminer si ces risques, mentionnés dans la loi sur le « devoir de vigilance » des grandes entreprises introduite en 2017, comprennent les effets du changement climatique. Les enjeux sont de taille pour le groupe français puisque les plaignants réclament la cessation des nouveaux projets d’hydrocarbures, une réduction de la production de pétrole de 37 % en 2030 et de 25 % de celle du gaz à la même date. Le dossier belge opposant TotalEnergies à Hugues Falys, agriculteur de la province du Hainaut, présente des similitudes. M. Falys exige d’être indemnisé à hauteur de 130 000 euros pour une série d’événements météorologiques extrêmes ayant affecté les récoltes dans son exploitation. En outre, il réclame au tribunal d’enjoindre à TotalEnergies de réduire son empreinte carbone et d’abandonner tout nouveau projet de prospection pétrogazière à l’échelle mondiale. Un tel procès est inédit en Belgique, où jamais une multinationale du pétrole n’a été poursuivie pour son inaction face au dérèglement climatique.

Vin : les IGP se dotent d’un socle commun pour améliorer leur durabilité

Les vins IGP se dotent d’un socle commun pour « structurer et valoriser leurs démarches de durabilité », a indiqué le 18 mars leur confédération. Ce nouveau dispositif a été adopté la veille par le comité national des vins IGP de l’Inao, d’après le communiqué. Le 16 septembre, l’Inao avait publié un guide pour accompagner les organismes de gestion et de défense (ODG) dans « l’élaboration d’une démarche de durabilité appelée par les changements économique, social, et environnemental ». Mais certains d’entre eux ont eu des difficultés à se l’approprier, relate la Confédération des vins IGP. Le socle commun, travaillé avec l’IFV (institut technique), se veut « plus concret, plus lisible et plus simple à mettre en œuvre ». Il repose d’abord sur un bilan d’évaluation, à travers 26 mesures, permettant « d’identifier et de valoriser les actions déjà engagées ». A partir de ce diagnostic, les ODG pourront « définir une stratégie d’évolution et de renforcement de leurs engagements en matière de durabilité ». En 2024, les ODG avaient été invités par l’Inao à mettre en commun et parfaire leurs réflexions sur les enjeux de durabilité, dans l’objectif de renforcer la capacité des Siqo à répondre aux « défis contemporains : volatilité des marchés économiques, dérèglement climatique, attentes sociétales des consommateurs… », selon l’institut.

Agriculture urbaine : 25% d’adhérents en plus pour l’Afaup en 2025

Dans son rapport annuel 2025, l’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle (Afaup) indique avoir accueilli 130 adhérents supplémentaires en 2025, soit 25% en un an. Preuve, semblerait-il, que l’agriculture urbaine attire toujours malgré une baisse de régime ces derniers années. L’Afaup s’appuie sur des structures référentes régionales, qui servent de relais auprès des réseaux locaux. Cette année, l’Association a l’intention de définir une charte pour la lier aux réseaux locaux et rédiger un guide méthodologique pour accompagner la création de réseaux locaux. Et il y a bien évidement les élections municipales : « Les choix politiques locaux pèseront fortement sur l’avenir de l’agriculture urbaine. L’Afaup restera pleinement mobilisée pour porter le manifeste « Un Quartier, Une ferme » et renforcer le dialogue avec les élus », explique l’association. Il s’agit de préparer les évolutions à venir à partir de 2027 : « Les financements se font plus rares ou prennent du retard, les collectivités ne considèrent pas toujours l’agriculture urbaine comme une priorité et cela nous motive d’autant plus à redoubler d'efforts ». 4 560 lieux d’agriculture urbaine ont été recensés dans plus de 1 200 communes.

Fruits transformés : le groupe Charles & Alice veut renforcer ses approvisionnements français

A l’occasion de ses quinze ans, le groupe Charles & Alice a confirmé, le 18 mars, faire de l’approvisionnement français un axe central de sa stratégie. L’entreprise dont le chiffre d’affaires s’élevait à 221 millions d’euros en 2025, soit un doublement en quinze ans, s’approvisionne déjà à 70 % en fruits d’origine française et entend encore renforcer cette part. La pomme, principale matière première de ses compotes, est 100 % française depuis 2016 pour la gamme sans sucres ajoutés, dont 70 % des volumes sont contractualisés. « Nous souhaitons participer à la ''refruitalisation'' de la France », a indiqué son directeur général, Laurent Huynh, récemment nommé, en conférence de presse. Dans cette logique, l’entreprise a noué des partenariats de long terme, notamment en poire Williams, avec 10 hectares plantés en 2021 et 5 hectares supplémentaires en 2025 via des contrats à quinze ans avec de jeunes arboriculteurs. Certains approvisionnement restent toutefois encore complexes, en particulier en ce qui concerne les fruits rouges (fraises, framboises etc.), pour lesquels l’offre française de fruits destinés à la compote demeure insuffisante. Le groupe indique travailler à l’identification de nouveaux partenariats, sans calendrier fixé à ce stade. 

Céréales : le Coceral relève ses prévisions de production 2026 dans l’UE plus le Royaume-Uni

Dans ses derniers rapports trimestriels publiés le 17 mars, le Coceral (représentant les commerçants européens de grains) a relevé ses prévisions de production 2026 de céréales et d’oléagineux par rapport à sa précédente édition de décembre 2025 dans l’UE à 27 plus le Royaume-Uni. Dans le détail, elle passe de 296,7 Mt à 298,8 Mt sur les trois derniers mois. Toutefois, si ce niveau de production se confirmait dans les faits, il resterait inférieur à celui observé l’an dernier (310,5 Mt). En céréales, le relèvement de la projection est essentiellement dû au maïs, dont la production passerait de 58,9 Mt à 60,7 Mt sur la période. Le Coceral table sur un retour de rendements dans la normale, après la sécheresse qui a frappé les cultures l’an dernier. L’association voit une possible baisse des surfaces européennes néanmoins, les producteurs ayant été déçus ces dernières années par ces mêmes. Ainsi, ils devraient davantage se tourner vers le tournesol ou encore le soja, indique le Coceral. En blé (tendre et dur inclus), la projection de production a été revue en léger recul, passant de 143,9 Mt en décembre 2025 à 142,6 Mt en mars 2026. En orge, elle passe de 58,2 Mt à 59,3 Mt sur la période.

Négoce : le bas niveau des prix des grains grève les profits de Louis Dreyfus Company

Selon un communiqué du 18 mars, le négociant Louis Dreyfus Company a accusé un recul de ses bénéfices entre 2024 et 2025, compte tenu de la faiblesse des cours des grains. Ajoutons à cela les incertitudes liées au marché, engendrées par les tarifs douaniers décidés par l’administration états-unienne, ainsi qu’une ambiance macroéconomique mondiale jugée morose. Les profits nets du groupe passent de 726 M$ à 653 M$ d’un an sur l’autre. De son côté, l’Ebitda passe de 1,883 Md$ à 1,831 Md$ sur la période. Louis Dreyfus Company a rappelé que l’abondance mondiale des récoltes de céréales et d’oléagineux, en particulier de maïs et de soja, a maintenu une pression constante sur les prix. Le négociant relate néanmoins une progression des volumes chargés et exportés, compte tenu de l’accroissement de ses capacités de chargement, et d’une forte demande internationale en maïs et en soja. Cette hausse des exports a permis un accroissement de son chiffre d’affaires, passant de 50,6 Md$ en 2024 à 53,2 Md$ en 2025.

Oléagineux : Thibault Ledermann nommé directeur de la Fop

Dans un communiqué du 18 mars, la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA) a annoncé la nomination de Thibaut Ledermann au poste de directeur. Il avait rejoint l’association spécialisée en 2015, en tant que responsable des relations terrains. Il est également directeur du GIE Terres de Com depuis 2021, « structure de communication collective et de promotion de la filière oléoprotéagineuse, tout en poursuivant parallèlement certaines missions autour des relations terrain et de la communication au sein de la FOP ». Avant d’intégrer la FOP, il a occupé le poste de directeur de la Fédération régionale Nord Bassin Parisien (FRNBP), organisation régionale membre de la FNSEA.

Erratum sur la date du congrès de la FNSEA

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans le précédent Agrafil, le congrès de la FNSEA se déroulera les 31 mars, 1er et 2 avril, et non le 25 et 26 mars.